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La neige ,encore fraîchement tombée, dégouline sur mon pare-brise. Une odeur suffocante m’entoure dans la voiture . Les lampadaires reflètent de manière rigolote leur lumière blafarde dans cette neige virevoltante .

Je venais de me stationner devant le dépanneur et, juste devant la vitrine, qui arbore un étalage de caisses bières, toutes aussi appétissantes les unes que les autres.

Oui j’ai soif. Et , pour moi, boire c’est mourir.

Mon moteur d’auto presque surchauffé en avait assez des efforts a fournir,;je le laisse se reposer pendant que je sombre dans des pensées envahissantes.

Cette journée de février pénible avec tous ses lots d’accros me hante. Je relis mentalement la lettre que ma patronne m’a écrite. Évidemment après son larcin elle se faufile pour disparaître sans laisser d’adresse aux secrétaires. Impossible de lui parler ou de la rejoindre.

Elle s’est évanouie dans les rues étroites de la ville. Lorsque j’ouvre cette lettre c’est comme si je recevais une tonne de briques sur les épaules. Pourquoi m’avait –elle écrit cette lettre, juste avant mon départ pour une semaine de vacance que je méritais et à laquelle j’avais le droit .Je ne le saurai jamais.

Jamais me dit le vent dans la neige.

Sa missive contient un ramassis d’humiliations et de désapprobations. Elle a eu son effet. Elle m’a avoué qu’eux, les patrons, ne donnent pas ça trois semaines de vacances aux employés et que ça ne s’est jamais fait .

Mais moi je l’ai fait, j’en avais le droit, d’où découle la lettre. Elle voulait gagner, avoir raison et démontrer qui était ‘’le patron’’. Je l’ai défiée quand même.

Écrasé dans ma voiture, fatigué, face au magasin, je me remémore ce qui s’est passé depuis un an à ce travail. Il y a eu l’incendie ou quatre personnes ont perdu la vie et les millions de dollars de dommage……l’enquête et les assurances et, on en cachait des choses, beaucoup de choses. Mais le silence était de mise. Ces gens là prépare leur sortie et ça se voit .Mais avant de partir ils vont faire le ménage.

Perdus dans mes rêveries, une pensée en particulier vint m’ébranler, je m’en vais à notre chalet pour finir les travaux commencés quelques semaines auparavant. Et si je m’achète une caisse de bière, tout en reluquant les cartons amoncelées devant mes yeux, personne ne le saurais, ni vu ni connu.
Cet éclair diabolique me traverse l’esprit que quelques secondes, sept secondes. Sept secondes qui fait d’un être humain une bête sans scrupules.

Pour moi boire signifiait la mort à coup sûr et sûrement la mort de d’autres .Cette idée de folie me traverse le cerveau à la vitesse de l’éclair.

Je goûte, en pensée, le liquide que entre dans ma bouche et l’euphorie qui s’en suit, tout une machination maléfique commence a se bâtir dans mes pensées; comment expliquer mon geste , quels mensonges employer, quelles raisons invoquer, quel, quel, quel !
Sept secondes d’irrationalisme, sept secondes de dépassement du point de non retour, sept secondes dans le monde la folie irréversible .

Tout en fixant d’un regard hypnotique les cartons de bières au travers la vitrine les essuies glaces font leur travail.
J’ai une conjointe qui ne me soutient plus depuis belle lurette ,au contraire elle approuve même le geste de celle qui m’a écrit cette lettre, et, ce n’était pas la première fois qu’elle agissait de la sorte, elle était mue par un monde de négativisme a me faire perdre ,sont lot était la haine , sa haine qu’elle a pour moi . Le couple est dysfonctionnel. Je ne demande pas l’impossible, l’irréel, je demande qu’un peu de compassion, d’amour, de fraternité et de solidarité mais c’est peine perdue.
Je me retrouve seul ,ce soir –là , en face d’un dilemme effrayant que j’ai déjà connu dans ma vie .Quelle déception d’entendre ces paroles d’une femme si malheureuse et si maligne .Mon désarrois est au comble .

Je fixe encore mon regard à la vitrine et ma vie s’y déroule translucidement .

La radio lance ses inepties comme à l’habitude mais je n’entends plus.
Je ne souhaite plus vivre.
Qu’est-ce qui m’a sorti de ma torpeur est-ce l’image de mon fils Sacha, le plus jeune, qui m’appelle ? J’entends sa voix dans ma torpeur.

- Papa ! Papa !
Ou est-ce la fin d’une chanson à la radio ou bien est-ce que le froid qui vient me saisir ? Toujours est-il que d’un grand coup de soubresauts je revins les deux pieds sur la planète et je commence a pleurer.

Réalisant mon emportement je pense à mon fils Sacha qui vient en courant, lorsque je revenais de travailler, vers moi en me sautant dans les bras et en me disant : ‘’ Papa, papa je me suis ennuyé’’ et moi de répondre :
- Mais Sacha ça ne fait que quinze minutes que je suis parti.
Et lui de rajouter :
- Ça fait rien ; c’était long…….!
Les larmes me coulent le long des joues. Je me sentais donc seul, isolé et solitaire. Je pense à mes trois enfants avec qui je n’aurais plus de contacts si je bois et, surtout, plus aucun contact avec Dieu.
Je crois que Sacha ne réalisera jamais à quel point, ce soir –là, il m’a sauvé la vie et sauvé la vie à beaucoup de gens.
Car je sais que si moi je bois de l’alcool, ça faisait quinze ans à cette époque que je ne buvais plus, j’aurais déclanché l’apocalypse pour moi et bien d’autres personnes.

Dix-huit mois plus tard j’ai perdu cet emploi; restructuration disaient-ils.

Et je n’ai pas bu.

Pierre D. (C)
Laval,Québec,Canada

 


Archive pour 22 septembre, 2008

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La neige ,encore fraîchement tombée, dégouline sur mon pare-brise. Une odeur suffocante m’entoure dans la voiture . Les lampadaires reflètent de manière rigolote leur lumière blafarde dans cette neige virevoltante .

Je venais de me stationner devant le dépanneur et, juste devant la vitrine, qui arbore un étalage de caisses bières, toutes aussi appétissantes les unes que les autres.

Oui j’ai soif. Et , pour moi, boire c’est mourir.

Mon moteur d’auto presque surchauffé en avait assez des efforts a fournir,;je le laisse se reposer pendant que je sombre dans des pensées envahissantes.

Cette journée de février pénible avec tous ses lots d’accros me hante. Je relis mentalement la lettre que ma patronne m’a écrite. Évidemment après son larcin elle se faufile pour disparaître sans laisser d’adresse aux secrétaires. Impossible de lui parler ou de la rejoindre.

Elle s’est évanouie dans les rues étroites de la ville. Lorsque j’ouvre cette lettre c’est comme si je recevais une tonne de briques sur les épaules. Pourquoi m’avait –elle écrit cette lettre, juste avant mon départ pour une semaine de vacance que je méritais et à laquelle j’avais le droit .Je ne le saurai jamais.

Jamais me dit le vent dans la neige.

Sa missive contient un ramassis d’humiliations et de désapprobations. Elle a eu son effet. Elle m’a avoué qu’eux, les patrons, ne donnent pas ça trois semaines de vacances aux employés et que ça ne s’est jamais fait .

Mais moi je l’ai fait, j’en avais le droit, d’où découle la lettre. Elle voulait gagner, avoir raison et démontrer qui était ‘’le patron’’. Je l’ai défiée quand même.

Écrasé dans ma voiture, fatigué, face au magasin, je me remémore ce qui s’est passé depuis un an à ce travail. Il y a eu l’incendie ou quatre personnes ont perdu la vie et les millions de dollars de dommage……l’enquête et les assurances et, on en cachait des choses, beaucoup de choses. Mais le silence était de mise. Ces gens là prépare leur sortie et ça se voit .Mais avant de partir ils vont faire le ménage.

Perdus dans mes rêveries, une pensée en particulier vint m’ébranler, je m’en vais à notre chalet pour finir les travaux commencés quelques semaines auparavant. Et si je m’achète une caisse de bière, tout en reluquant les cartons amoncelées devant mes yeux, personne ne le saurais, ni vu ni connu.
Cet éclair diabolique me traverse l’esprit que quelques secondes, sept secondes. Sept secondes qui fait d’un être humain une bête sans scrupules.

Pour moi boire signifiait la mort à coup sûr et sûrement la mort de d’autres .Cette idée de folie me traverse le cerveau à la vitesse de l’éclair.

Je goûte, en pensée, le liquide que entre dans ma bouche et l’euphorie qui s’en suit, tout une machination maléfique commence a se bâtir dans mes pensées; comment expliquer mon geste , quels mensonges employer, quelles raisons invoquer, quel, quel, quel !
Sept secondes d’irrationalisme, sept secondes de dépassement du point de non retour, sept secondes dans le monde la folie irréversible .

Tout en fixant d’un regard hypnotique les cartons de bières au travers la vitrine les essuies glaces font leur travail.
J’ai une conjointe qui ne me soutient plus depuis belle lurette ,au contraire elle approuve même le geste de celle qui m’a écrit cette lettre, et, ce n’était pas la première fois qu’elle agissait de la sorte, elle était mue par un monde de négativisme a me faire perdre ,sont lot était la haine , sa haine qu’elle a pour moi . Le couple est dysfonctionnel. Je ne demande pas l’impossible, l’irréel, je demande qu’un peu de compassion, d’amour, de fraternité et de solidarité mais c’est peine perdue.
Je me retrouve seul ,ce soir –là , en face d’un dilemme effrayant que j’ai déjà connu dans ma vie .Quelle déception d’entendre ces paroles d’une femme si malheureuse et si maligne .Mon désarrois est au comble .

Je fixe encore mon regard à la vitrine et ma vie s’y déroule translucidement .

La radio lance ses inepties comme à l’habitude mais je n’entends plus.
Je ne souhaite plus vivre.
Qu’est-ce qui m’a sorti de ma torpeur est-ce l’image de mon fils Sacha, le plus jeune, qui m’appelle ? J’entends sa voix dans ma torpeur.

- Papa ! Papa !
Ou est-ce la fin d’une chanson à la radio ou bien est-ce que le froid qui vient me saisir ? Toujours est-il que d’un grand coup de soubresauts je revins les deux pieds sur la planète et je commence a pleurer.

Réalisant mon emportement je pense à mon fils Sacha qui vient en courant, lorsque je revenais de travailler, vers moi en me sautant dans les bras et en me disant : ‘’ Papa, papa je me suis ennuyé’’ et moi de répondre :
- Mais Sacha ça ne fait que quinze minutes que je suis parti.
Et lui de rajouter :
- Ça fait rien ; c’était long…….!
Les larmes me coulent le long des joues. Je me sentais donc seul, isolé et solitaire. Je pense à mes trois enfants avec qui je n’aurais plus de contacts si je bois et, surtout, plus aucun contact avec Dieu.
Je crois que Sacha ne réalisera jamais à quel point, ce soir –là, il m’a sauvé la vie et sauvé la vie à beaucoup de gens.
Car je sais que si moi je bois de l’alcool, ça faisait quinze ans à cette époque que je ne buvais plus, j’aurais déclanché l’apocalypse pour moi et bien d’autres personnes.

Dix-huit mois plus tard j’ai perdu cet emploi; restructuration disaient-ils.

Et je n’ai pas bu.

Pierre D. (C)
Laval,Québec,Canada

 

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