L’attrait plutôt que la réclame.

L'attrait plutôt que la réclame. dans Liens propre

 

L’attrait plutôt que la réclame.



En cette belle matinée de septembre, douce et accueillante, je me retrouve dans mon endroit préféré sur les bords de la rivière. Le soleil vient me caresser la peau comme une plume d’oisillon encore tout chaud. La fraîcheur de l’air réconforte. Les canards sur les abords de l’eau font leurs acrobaties pour aller chercher au travers des algues leur pitance.

Tout est calme et serein. Le silence enterre les bruits du pont, au loin, avec son trafic lourd du quotidien.

Une légère brise se balance au dessus des petites vagues de la rivière. Je suis a regarder les palmipèdes se vautrer le postérieur dans les airs lorsqu’ils s’enfoncent la tête dans l’eau pour explorer la végétation aquatique; ils en sont comiques et ridicules à la fin.

Mais quel beau spectacle. Un couple de goéland s’agace mutuellement pour savoir qui aura quoi. Leurs cris fendent l’air supportant le silence.

Je suis bien.

Je remercie le ciel de me permettre de vivre ces instants.
L’endroit, lieu privilégié pour bien des gens, semble avoir été beaucoup fréquenté depuis les derniers jours; il a fait une chaleur torride et les promeneurs ont dû en profiter.

Un peu partout sur le gazon et sous les arbres on y voit des déchets de toutes sortes. Des bouteilles d’eau vides, des papiers, du carton, des sacs de friandises jetés à tout hasard et une multitude de détritus que seuls les humains ont amenés avec eux et abandonnés là.

À certains endroits le coup d’œil choque. J’en suis a réfléchir sur le respect et le manque de respect lorsque, au fond du sentier sur ma gauche, arrive un quidam vociférant. Il s’exprime haut et fort.
Tout en déambulant sur le sentier il donne des petits coups de pieds aux déchets qui se trouvent sur son chemin et les repousse vers le milieu de la pelouse.

Tout en s’exclamant en homme en colère; il continue de tasser les bouteilles, sacs vides, papiers mouchoirs pour ne pas les voir ; il me regarde et me dit :
-Les gens sont négligents n’est ce pas ?
Je ne réponds pas.
Tout irrité, mon personnage un peu loufoque, s’acharne sur les débris par terre en les éparpillant encore plus abondamment.

Il continue son chemin et j’en suis bien soulagé. Je retourne à mes méditations lorsqu’il est loin mais il a réussi a me déranger ; il m’a fallu plusieurs minutes pour reprendre le fil.
Je fixe le scintillement des reflets du soleil sur l’eau lorsque je détourne la tête et y voit un autre individu qui arrive à l’autre bout du sentier sur ma droite.

Celui –là ne semble pas du tout agité, mais calme, et je le vois se penchant pour ramasser les déchets et les mettre dans un sac de plastique qu’il tient dans ses mains.

Un petit pas une bouteille, un petit pas un papier et ainsi de suite. Lorsqu’il arrive à ma hauteur ; il me sourit. Je lui rends son sourire.

Aucun mot n’est échangé entre nous sauf l’approbation de moment. Il me dépasse et croise l’autre monsieur hargneux.

Je le regarde, comme un danseur de ballet, faire ses entrechats pour rafler les dégâts par terre. Il semble si agile en toute simplicité. Je vais le rejoindre pour engager la conversation. Le quidam est à bonne distance.
-Monsieur, excusez moi.
Il me regarde avec étonnement et arrête sa cueillette.
-Oui, bonjour.
-Est-ce que ça vous arrive souvent de ramasser des choses que les gens ont laissées traînées comme ici en ce moment ?
Il me regarde, comme si je venais de trahir un grand secret.
-À toutes les fois que je viens ici je le fais, et ce, pour plusieurs raisons.

La première est que lorsque, moi aussi, j’étais plus jeune je ne portais pas attention à mon environnement et je manquais carrément de respect envers ce qui m’entourait; alors je compense aujourd’hui et je paye une vieille dette, façon de m’exprimer.

La deuxième raison en est que lorsque je viens me reposer ici j’aime que l’endroit soit propre et bien entretenue ; je ne suis pas le seul a faire ce que je fais là.
-Une troisième raison ?

Si l’endroit est propre et qu’il n’y ait pas de déchets par terre ou autours des bancs ; lorsqu’une personne viendra se promener et se reposer, comme vous, elle ne verra pas des choses qui ne sont pas sensées se retrouver dans cet endroit et il y aura un beau rayon de soleil dans sa vie, car si elle y voit toutes sortes de cochonneries étalées partout ses pensées seront orientées vers le positif.

De cette façon je rends service et je suis sûr d’avoir fait ma bonne action de la journée.

Mais…! Chut ! Ne le dites à personne.
Je suis surpris de sa réponse que je trouve sensée et sage.

Il repart à la conquête de la propreté des lieux et m’entraîne dans son sillage.

Je trouve un sac de plastique vide et fais comme lui.

Au bout d’une quinzaine de minutes l’endroit redevient partie de la nature.

Mon sage me dit :
-Alors ! Comment vous sentez vous maintenant ? Mieux ?

Vous savez, nous aurions pu critiquer comme notre monsieur rageur de tout à l’heure mais qu’est ce que cela nous aurait donné; je vous le demande.

Je ne veux pas savoir qui a jeté ces déchets.

Je les ramasse , c’est tout, je ne juge personne .

Nous ne le savons pas ; peut-être ces personnes étaient si malheureuses; c’est de leur rendre service sans qu’elles s’en aperçoivent l’acte est d’autant plus anonyme !

Bonne journée mon bon monsieur.
-À vous aussi monsieur et merci.
Je retourne sur mon banc de prédilection et continue ma méditation, maintenant, plus lumineuse. Je viens de recevoir une belle leçon de vie.
A tous les jours ,lorsque je m’installe à cet endroit, avant de m’asseoir, je fais le tour du petit sentier à l’affût de déchets a ramasser; pour n’y voir que la nature .

Pierre D. (C)
Laval,Québec,Canada

 

 


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