Un…deux….trois…petits pas !

Hiver

 

 

Un ….deux…trois petits pas …!

 

La journée  tire à sa fin. Décembre  glisse doucement dans son mois. Le soleil, par tous ses efforts, essaie d’envoyer  sur terre encore de la chaleur mais le froid  y érige une barrière  presque impénétrable. La brunante s’installe et les lumières des sapins extérieurs  percent  pointilleusement les parcelles de nuit qui commencent a s’étioler.

Des pigeons accrochés aux quatre fils électriques superposés  semblent  tracer une portée de chant grégorien  mélodieux et angélique. La scène  devient  cocasse  lors de l’arrivée de  quelques énormes corneilles croassant qui font balancer les fils  de haut en bas et dans tous les sens ; la mélodie se transforme en cacophonie irrévérencieuse. Les notes disparaissent  subito-presto en s’envolant  vers d’autres cieux cléments et plus sûrs. Un écureuil naviguant sur cet autoroute  de fils électriques  stoppe nette lorsqu’il aperçoit ces gentlemen’s  en tuxedo. Il hésite,  et, prend au plus court vers le bas. Ce sont les derniers locataires de l’extérieur qui s’aventurent encore dans ce froid sibérien.

 

Dans la maison,  toute en chaleur,   flotte une odeur  agréable d’excellente nourriture qui mijote. Une musique de circonstance, en sourdine, coule doucement  entre les appartements. Un climat  de fête, de réjouissances   trône,  accompagné du traditionnel sapin de Noël se dresse dans le  salon avec la crèche  protégée par les dernières branche du conifère tout  illuminé de multiples feux multicolores. De longs filets de glaçons argentés cascadent vers le bas. Tout autours de l’arbre, épars, des dizaines de paquets n’attendent que leur propriétaire pour se faire découvrir.

Les enfants  jouent dans leur chambre tout en faisant des plans des plus fantastiques les uns que les autres au sujet des présents qu’ils recevront, du moins pour ce qu’ils ont demandé  à papa  et à maman. Ils ont une bonne idée  de ce qui peut se trouver, en ce moment sous l’arbre de Noël ; mais qui sait ? Quelques fois il peut y avoir des surprises et des déceptions. Mais, et ils le savent  très bien, l’essence même de la fête de Noël  n’est pas  de recevoir des présents ou cadeaux  mais bien la naissance de Jésus ; mais ils sont curieux quand même . Comme à chaque année, temps oblige , ils tiennent leur caucus annuel de souvenirs.

 

Jonathan, le plus âgés des trois,  le plus sérieux, reste quand même calme et posé. Il semble réfléchir  tout bas   assis sur son lit. Il regarde  ses  deux frères se chamailler pour quelques peccadilles de casse-tête  reçu  le  Noël  passé. Il y manque des morceaux  que des amis, dans le courant de l’année écoulée,  ont dû égarer. En  petit commandant de la  troupe, Jonathan, sollicite ses frères au calme ; ce que font  ces derniers. Responsable et toujours  raisonnable il n’élève jamais la voix  et a le don de se faire comprendre. Lui,  il aime entendre son père lui rappeler un souvenir, lorsqu’il était tout jeune,  encore bébé il commençait a marcher.  Papa  lui contait qu’il se tenait debout sur ses petites jambes  et, pour se rassurer, il se tenait au mur de la grande pièce de leur maison. Il faisait le tour de la grande pièce tout en suivant le mur pour revenir à son  point de départ. Quelques fois son petit périple durait  plusieurs minutes. Et, tout fier  d’avoir fait  tout son tour,  il regardait son père et sa mère en souriant et recommençait toujours très prudent. Jusqu’au jour il  a  marché sans  s’appuyer au mur.  Calculateur et  très habile de ses mains, son père l’imaginait en ingénieur ou en menuisier   qui  érige  des maisons ou toutes autres constructions de la sorte. Il aime les outils  et aime s’en servir et se débrouille très bien. Il a demandé, pour Noël, une trousse de construction et espère ardemment  l’obtenir.

 

Ses  frères, accroupis  au plancher, font équipe maintenant  pour compléter le casse-tête infirme de  plusieurs morceaux. Ils s’esclaffent  tout en se roulant par terre. Le deuxième, celui qui vient  après  Jonathan, Philippe,  s’égosille   plus  bruyamment.  Il a une voix de ténor. Son père  lui a souvent  dit  qu’il  ferait un très bon sergent-major dans l’armée car il a une voix qui porte. Et Philippe s’en sert pour se défendre .Débrouillard et curieux, lui aussi, avec une mémoire photographique  se rappelle  un petit fait anodin que son père aime raconter à son sujet. Il avait l’habitude, lorsqu’il a débuté a  faire ses premiers pas, de se  meurtrir  lorsqu’il tombait et  avait les pleurs très stridents et puissants. Ses parents devaient  quasiment s’en boucher les oreilles. Son père le prenait dans ses bras et l’amenait à la cuisine et pour que cessent les cris et les larmes. Il lui ouvrait toutes les portes des armoires. Attisé plus par la curiosité de voir toutes ces nouvelles choses que par la douleur,  les pleurs stoppaient. Son paternel  lui disait qu’il lui achèterait un casque de hockeyeur pour le protéger de ses chutes  tellement il  se  faisait  mal lorsqu’il  se heurtait. Il ne l’a jamais fait en fin de compte.

 

Philippe, d’un geste brusque, redéfait le casse-tête  et dit au petit dernier :

-On recommence ?

Sacha, le petit dernier, avec son  air joyeux et enjoué accepte. Il aide Philippe a mélanger les morceaux effilochés. Ses petits doigts  s’entremêlent aux  éléments de carton. Son sourire candide exprime la joie de vivre. Lui aussi, débrouillard et rapide, se souvient d’un petit fait inusité que son père raconte à qui veut bien l’entendre. Il voulait absolument obtenir une collection de volumes de bandes dessinées. Mais le prix de ces livres était assez dispendieux. Il imagina  alors un subterfuge intelligent  en créant sa propre fondation : ‘’la Fondation des Sacha’’. Il  initiale une  levée de fonds auprès des adultes. Évidemment  c’est  son père qui fut  le  presque seul coopérant  à cette fondation. Il n’avait que huit ou neuf ans  à cette époque. Son père   voyait en lui un administrateur hors pair de grandes compagnies.

 

Les trois enfants comme trois petits oiseaux piaillaient  en s’amusant. Ils deviennent anxieux  et  s’adonnent à la projection  et à la divination de ce que peuvent contenir les boîtes sous le sapin de Noël. Le plus curieux des trois, Philippe, essaie de convaincre les  deux autres d’aller s’approcher  du butin  dans le  salon et d’y faire une  petite enquête approfondie. Sacha  acquiesce  mais Jonathan refuse et  exprime sa désapprobation. Ils restent tous les trois dans la chambre et attendent patiemment l’appel des parents pour  le repas. Leur rire est franc et sincère. Les souvenirs fusent  de leurs petites têtes. Ils se rappèlent encore la fois  ou  leur père personnifiait le Père Noël. Il y avait eu tellement de bruit et de brouhaha cette fois là que Sacha  cherchait son père pour se faire sécurisé mais  ce dernier était absent. On avait dû inventer toute une histoire pour ne pas le faire démasquer. Sacha ne semblait pas y croire du tout.

 

Philippe, coquin lui,  l’avait identifié lorsqu’il s’était assis sur les  genoux du vieux bonhomme habillé en rouge  et lui  avait même  tiré la barbe  au grand dam de toutes et tous.

Les enfants dans ce temps féerique et de joie sont les porteurs du message d’amour et de fraternité de tous les hommes et femmes de bonne volonté. Une voix, de la cuisine,  se fait entendre :

-C’est servi les enfants; Joyeux Noël !

 

Pierre D.

Laval


Archive pour 12 décembre, 2008

Un…deux….trois…petits pas !

Hiver

 

 

Un ….deux…trois petits pas …!

 

La journée  tire à sa fin. Décembre  glisse doucement dans son mois. Le soleil, par tous ses efforts, essaie d’envoyer  sur terre encore de la chaleur mais le froid  y érige une barrière  presque impénétrable. La brunante s’installe et les lumières des sapins extérieurs  percent  pointilleusement les parcelles de nuit qui commencent a s’étioler.

Des pigeons accrochés aux quatre fils électriques superposés  semblent  tracer une portée de chant grégorien  mélodieux et angélique. La scène  devient  cocasse  lors de l’arrivée de  quelques énormes corneilles croassant qui font balancer les fils  de haut en bas et dans tous les sens ; la mélodie se transforme en cacophonie irrévérencieuse. Les notes disparaissent  subito-presto en s’envolant  vers d’autres cieux cléments et plus sûrs. Un écureuil naviguant sur cet autoroute  de fils électriques  stoppe nette lorsqu’il aperçoit ces gentlemen’s  en tuxedo. Il hésite,  et, prend au plus court vers le bas. Ce sont les derniers locataires de l’extérieur qui s’aventurent encore dans ce froid sibérien.

 

Dans la maison,  toute en chaleur,   flotte une odeur  agréable d’excellente nourriture qui mijote. Une musique de circonstance, en sourdine, coule doucement  entre les appartements. Un climat  de fête, de réjouissances   trône,  accompagné du traditionnel sapin de Noël se dresse dans le  salon avec la crèche  protégée par les dernières branche du conifère tout  illuminé de multiples feux multicolores. De longs filets de glaçons argentés cascadent vers le bas. Tout autours de l’arbre, épars, des dizaines de paquets n’attendent que leur propriétaire pour se faire découvrir.

Les enfants  jouent dans leur chambre tout en faisant des plans des plus fantastiques les uns que les autres au sujet des présents qu’ils recevront, du moins pour ce qu’ils ont demandé  à papa  et à maman. Ils ont une bonne idée  de ce qui peut se trouver, en ce moment sous l’arbre de Noël ; mais qui sait ? Quelques fois il peut y avoir des surprises et des déceptions. Mais, et ils le savent  très bien, l’essence même de la fête de Noël  n’est pas  de recevoir des présents ou cadeaux  mais bien la naissance de Jésus ; mais ils sont curieux quand même . Comme à chaque année, temps oblige , ils tiennent leur caucus annuel de souvenirs.

 

Jonathan, le plus âgés des trois,  le plus sérieux, reste quand même calme et posé. Il semble réfléchir  tout bas   assis sur son lit. Il regarde  ses  deux frères se chamailler pour quelques peccadilles de casse-tête  reçu  le  Noël  passé. Il y manque des morceaux  que des amis, dans le courant de l’année écoulée,  ont dû égarer. En  petit commandant de la  troupe, Jonathan, sollicite ses frères au calme ; ce que font  ces derniers. Responsable et toujours  raisonnable il n’élève jamais la voix  et a le don de se faire comprendre. Lui,  il aime entendre son père lui rappeler un souvenir, lorsqu’il était tout jeune,  encore bébé il commençait a marcher.  Papa  lui contait qu’il se tenait debout sur ses petites jambes  et, pour se rassurer, il se tenait au mur de la grande pièce de leur maison. Il faisait le tour de la grande pièce tout en suivant le mur pour revenir à son  point de départ. Quelques fois son petit périple durait  plusieurs minutes. Et, tout fier  d’avoir fait  tout son tour,  il regardait son père et sa mère en souriant et recommençait toujours très prudent. Jusqu’au jour il  a  marché sans  s’appuyer au mur.  Calculateur et  très habile de ses mains, son père l’imaginait en ingénieur ou en menuisier   qui  érige  des maisons ou toutes autres constructions de la sorte. Il aime les outils  et aime s’en servir et se débrouille très bien. Il a demandé, pour Noël, une trousse de construction et espère ardemment  l’obtenir.

 

Ses  frères, accroupis  au plancher, font équipe maintenant  pour compléter le casse-tête infirme de  plusieurs morceaux. Ils s’esclaffent  tout en se roulant par terre. Le deuxième, celui qui vient  après  Jonathan, Philippe,  s’égosille   plus  bruyamment.  Il a une voix de ténor. Son père  lui a souvent  dit  qu’il  ferait un très bon sergent-major dans l’armée car il a une voix qui porte. Et Philippe s’en sert pour se défendre .Débrouillard et curieux, lui aussi, avec une mémoire photographique  se rappelle  un petit fait anodin que son père aime raconter à son sujet. Il avait l’habitude, lorsqu’il a débuté a  faire ses premiers pas, de se  meurtrir  lorsqu’il tombait et  avait les pleurs très stridents et puissants. Ses parents devaient  quasiment s’en boucher les oreilles. Son père le prenait dans ses bras et l’amenait à la cuisine et pour que cessent les cris et les larmes. Il lui ouvrait toutes les portes des armoires. Attisé plus par la curiosité de voir toutes ces nouvelles choses que par la douleur,  les pleurs stoppaient. Son paternel  lui disait qu’il lui achèterait un casque de hockeyeur pour le protéger de ses chutes  tellement il  se  faisait  mal lorsqu’il  se heurtait. Il ne l’a jamais fait en fin de compte.

 

Philippe, d’un geste brusque, redéfait le casse-tête  et dit au petit dernier :

-On recommence ?

Sacha, le petit dernier, avec son  air joyeux et enjoué accepte. Il aide Philippe a mélanger les morceaux effilochés. Ses petits doigts  s’entremêlent aux  éléments de carton. Son sourire candide exprime la joie de vivre. Lui aussi, débrouillard et rapide, se souvient d’un petit fait inusité que son père raconte à qui veut bien l’entendre. Il voulait absolument obtenir une collection de volumes de bandes dessinées. Mais le prix de ces livres était assez dispendieux. Il imagina  alors un subterfuge intelligent  en créant sa propre fondation : ‘’la Fondation des Sacha’’. Il  initiale une  levée de fonds auprès des adultes. Évidemment  c’est  son père qui fut  le  presque seul coopérant  à cette fondation. Il n’avait que huit ou neuf ans  à cette époque. Son père   voyait en lui un administrateur hors pair de grandes compagnies.

 

Les trois enfants comme trois petits oiseaux piaillaient  en s’amusant. Ils deviennent anxieux  et  s’adonnent à la projection  et à la divination de ce que peuvent contenir les boîtes sous le sapin de Noël. Le plus curieux des trois, Philippe, essaie de convaincre les  deux autres d’aller s’approcher  du butin  dans le  salon et d’y faire une  petite enquête approfondie. Sacha  acquiesce  mais Jonathan refuse et  exprime sa désapprobation. Ils restent tous les trois dans la chambre et attendent patiemment l’appel des parents pour  le repas. Leur rire est franc et sincère. Les souvenirs fusent  de leurs petites têtes. Ils se rappèlent encore la fois  ou  leur père personnifiait le Père Noël. Il y avait eu tellement de bruit et de brouhaha cette fois là que Sacha  cherchait son père pour se faire sécurisé mais  ce dernier était absent. On avait dû inventer toute une histoire pour ne pas le faire démasquer. Sacha ne semblait pas y croire du tout.

 

Philippe, coquin lui,  l’avait identifié lorsqu’il s’était assis sur les  genoux du vieux bonhomme habillé en rouge  et lui  avait même  tiré la barbe  au grand dam de toutes et tous.

Les enfants dans ce temps féerique et de joie sont les porteurs du message d’amour et de fraternité de tous les hommes et femmes de bonne volonté. Une voix, de la cuisine,  se fait entendre :

-C’est servi les enfants; Joyeux Noël !

 

Pierre D.

Laval

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