Apprentissage !

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Apprentissage…..!


 

Une autre année qui commence .Une autre année qui se rajoute au poids des autres. Encore un an  fait de jours, de semaines et de mois .Richard, confortablement installé devant sa fenêtre face à la rue, fixe son regard au loin et semble  y tracer une ligne médiane. Il essaie, tant bien que mal, de suivre cette ligne imaginaire. Ses pensées  en reviennent sans cesse, inlassablement, aux derniers mois qui viennent de s’écouler. Il ne les a pas eu faciles ceux-là. Il remonte la pente abrupte de sa descente aux enfers comme il se plaît a dire. Quelqu’un lui avait dit,  un jour,  que pour trouver l’échelle de l’espoir  il suffisait de descendre au fond du gouffre du désespoir  et cette échelle s’y trouverait; mais il s’agissait d’y aller. Il y est allé, malgré lui,  dans ce gouffre. Ses plaies et blessures morales encore toutes béantes lui ramènent les temps ardus par lesquels il vient de passer. Respirant  à fond  et soupirant  en douceur il amorce un bilan profond  de ces temps écoulés  et disparus.

 

De sa fenêtre il observe les gens qui  , la tête enfouie dans  leur épais manteau d’hiver , essaient de marcher plus rapidement pour contrer les bourrasques de vent et la neige folle .Richard se sent bien  dans la chaleur de son appartement . Un sentiment d’abandon vient lui enlacer le cœur  mais  ne se laisse pas étouffer  pour autant. Méthodiquement il repasse les faits, gestes, paroles et situations qu’il a vécu depuis quelques six ou sept mois. Structuré, organisé il a toujours agit de la sorte. À la suite de situations heureuses ou malheureuses  il examinait  les coups et les contrecoups  et tous les autres aspects  de ses insuccès ou de ses réussites, de ses torts et la responsabilité des autres et  tirait son bilan pour  avancer et continuer. Mais cette fois  la constatation  des dégâts  est profonde. Une larme se fraie un chemin  sous sa paupière. Il la laisse dégouliner sur sa joue et un torrent  de ses soeurs jumelles suivent le même chemin. Richard  pleure et se soulage. Il oublie le vieux mythe qu’un homme ça ne pleure pas. Sa sensibilité et ses émotions sont à fleur de peau.

 

Il vient de vivre  une séparation douloureuse  d’avec sa conjointe. L’amour n’était plus au rendez-vous ; l’amitié non plus. Il sent à l’intérieur de lui un vide incommensurable presque impossible  a combler. Il sait que le mal passera et que le temps arrangera toutes les choses .Il   a déjà  posé les jalons des prémisses pour sa guérison. La neige s’est mise a tomber drue  et le vent se met de la partie encore plus  insistant. Richard observe quelques  autos s’embourber  légèrement dans de petits congères. Il se compte bien chanceux, aujourd’hui, de ne pas sortir et de pouvoir vivre son instant présent. Pour lui, cette expérience de cette séparation, n’est pas  l’unique. Il a déjà connu la faim, la soif, la solitude et les affres de l’alcoolisme et il sait que boire n’est pas du tout la solution Il en a vu beaucoup d’autres mais cette  fois il  la trouve bien difficile a gérer. Plus il avance en âge plus les cicatrices demeurent longtemps sensibles .Il se demande s’il n’avait pas mis tous ses œufs dans le même panier.

S’il n’espérait pas une sorte de magie ou de pensée magique que tout ce cheminement  était pour guérir de tous les maux inimaginables.

Une pensée lui vient à l’esprit  et  il se dit  que c’est là que résidait sa faiblesse. Son autonomie en prenait  pour son rhume et un bon coup solide.
Il avait misé  tout son avoir sur le même billet  et il se retrouvait  bredouille comme plusieurs années auparavant .En plus, en même temps, des créanciers le harcelaient  et il venait de perdre un contrat assez lucratif.

 

Méthodiquement, Richard, essaie de mettre de l’ordre dans tout ce cafouillis. Une chose à la fois  se dit-il  logiquement. Il sait qu’il n’arrivera   à rien si la panique s’empare de lui. Il couche sur papier les grandes lignes  des évènements. Il remonte le temps et commence a décrire ce qui  lui vient à l’esprit. Séparation, perte de  contrat, gestion d’argent, les enfants, l’auto et le logement; tout y passe. Il ne se laisse pas impressionner par les émotions de peur, d’insécurité  et de craintes. Sa voie est tracée; il le sait. Il  chemine maintenant  vers le court terme ensuite le moyen terme et ensuite au plus long terme .Il prends des décisions fermes et se libère l’esprit. Il  aura des gestes a poser et  il sait avec certitude que ce seront là ses prochains pas. Dans son fort intérieur il admet, impuissant, qu’il abdique face à toute cette situation et laisse le tout dans les Mains de Dieu.

 

Richard, encore à sa fenêtre, se dit :

 

-J’ai comme l’impression que je suis encore dans l’attente, et Dieu veut que j’attende. Combien de fois me suis-je retrouvé devant une fenêtre de cette façon ? Je ne le sais pas;  mais souvent. À toutes les fois  il y a eu une ou des solutions et cette fois, encore, les solutions  apparaîtront j’en suis sûr. Je vais faire mon possible et laisser Dieu faire l’impossible. Ce qui m’arrive  présentement est très difficile a vivre mais il y a des leçons a tirer de toute  cette situation.  Je ne demande pas d’argent ou de bien matériel ou de quelques avantages puériles ou éphémères mais bien  la Paix intérieure, du calme, de la patience et du silence pour faire taire ces voix de peurs et d’appréhension qui me harcèlent.

Les secondes, les minutes, les heures  glissent sur mes ailes tout comme les gouttes de pluie lors d’un vol  dans l’orage. Ces  fractions minuscules du temps  s’évaporent  allègrement  sur  mon pelage. Je glisse au travers l’air  amalgamant les expériences, les visions et les rêves. Je me faufile, serpentant,  en agglutinant les myriades de  monceaux de  rires, de joies, de peine et de souffrances. Je virevolte dans l’atmosphère  tout comme le paquebot  flotte  légèrement  sur les mers du globe et arrivent, un jour ou l’autre, à bon port. Les nuages sont pour moi des baies de plaisir et des  boules de coton a escalader et a dévaler. Je joue  à cache-cache avec le soleil entre les couches de  nuages superposées les unes aux autres. Lors d’une descente sur  la terre ferme je me demande toujours quelle sera ma prochaine destination et où  vais-je atterrir. Vers quelle destinée devrais-je faire face. Quels en seront les objectifs et  que vais-je apprendre.

Tant et tant de questions. Tant et tant de suppositions, d’interrogations, de projections et de situations nouvelles et inusités. Un apprentissage constant est mon lot. Je suis en plein centre d’un cyclone de tourments présentement; je me dois de rester serein.

 

La neige s’est quelque peu ralentie et le vent semble s’être endormi dans les branches dénudées des arbres. Un calme de quiétude s’est installé à l’extérieur tout  comme à l’intérieur. La voie de résolution  est en marche. L’apprentissage recommence.

Richard  se dirige droit vers son téléphone pour  appeler une amie; une confidente.

 

 

Pierre D.

Laval

 

 

 


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