Réussir sa vie et réussir dans la vie .

 

Réussir sa vie et réussir dans la vie . dans Liens succes1

 

Réussir sa vie et réussir dans la vie.

 

Voici  des valeurs intrinsèques à notre vie, et ce, de tous les jours.
Combien de fois n’entendons nous pas  les gens à la retraite ou les préretraité(e) (es)  confortablement assis sur leurs lauriers – ou  leur divan – analysant les chiffres de rendement de leur pension, de leur REER ou de placements  qu’ils ont fait. Ils étaient actifs  à leur travail et faisaient sensiblement  la même chose; calculer et recalculer. En fait, rien n’a changé ou presque .Maintenant ils sont, souvent, à deux (en couple) a exécuter la même activité: comptabiliser leurs avoirs, leurs assurances et leur testament.

Les buts de la vie, selon moi et plusieurs, ne s’arrête pas qu’à un petit  » moton », maison, REER ou tout autre cumul de biens matériels. Si c’est cela, plusieurs passent par dessus des valeurs autrement plus valorisantes et humaines.

Les gens vivent d’insécurité et de peurs. Ils s’isolent dans leur confortable petit logis et attendent. Pourtant lorsque nous mourons nous n’emportons pas avec nous nos biens, maison, auto et tout argent que l’on a accumulé  dans une vie. Nous emportons avec nous toutes les valeurs spirituelles que nous avons acquises durant notre vie.

Ce qui m’amène a dire  qu’il y a une grande différence entre  réussir sa vie et réussir dans la vie.

Bravo si vous avez œuvré au sein d’une entreprise pendant plus  de 25…..30…35  et même quarante ans .Félicitations si vous avez réussi  a obtenir des primes de départ faramineuses et vous vous êtes bâti un fond de pension plus que généreux. Extraordinaire si vous avez encore votre maison, votre auto et vos déplacements dans le sud  des États-Unis: c’est bien.

Mais êtes-vous heureux (se) ? Avez-vous le sentiment que votre vie n’a été qu’une course pour l’obtention de plus de matériel, d’argent et de petits plaisirs individualistes? Ou,  au contraire, avez vous acquis de la maturité, de l’équilibre dans votre quotidien. Vous êtes  vous efforcés d’aider les autres dans la mesure du possible et de vos capacités. Et  si on vous demanderait de recommencer toute votre vie, diriez vous  oui avec un grand sourire, sans regrets ni d’amertume. Je recommencerais au tout début.

Réussir  sa vie, selon les critères de notre société, est-ce  se vautrer  jusqu’à la tombe  dans notre matériel ?Ou bien ,justement , d’avoir la certitude d’être pleinement conscient d’avoir acquis cette sagesse pour en être capable d’aider les autres a se développer et a s’entraider ?

La vie ne s’arrête pas  lorsque nous allons  à notre retraite. Au contraire nous avons encore beaucoup de temps pour faire aller cette curiosité et nos talents innovateurs.

Tous les jours  sont une occasion de valorisation de soi en aidant les autres de toutes les façons possibles.

 Pierre Dulude
Laval

Les Ailes du Temps 


Archive pour mars, 2009

Rachelle…!

 

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Rachelle ….!

 

Dans un doux début de matinée de juillet  je me dirige allègrement et, sans presse,  vers la jetée sur les rives du St-Laurent à Saint Jean Port Joli. Je longe le quai. Le vent est exquis,  les effluves  du courant marin m’enivrent. Les goélands et les engoulevents s’énervent au dessus des flots. Je m’installe  sur  une traverse en bois, étends mes jambes. Le soleil  est  généreux  et je le remercie. Un léger clapotis  vient se frotter  aux abords du quai  ce qui donne l’impression  d’un rythme  musical.

Qu’il fait bon vivre, me dis –je  légèrement. Au loin, les montagnes de Charlevoix se dressent  embellissant l’horizon. Je détourne  les yeux et  les fixe vers  Québec tout en saluant au passage  Grosse Ile. Que d’histoire dans ce paysage. Je ferme les yeux et j’entrevoie  les voiliers Anglais remonter le fleuve.

J’essaie d’imaginer  la vie  au mois de juillet dix sept cent cinquante neuf; quelques deux cents trente sept ans  antérieurement.
J’imagine Rachelle, assise au même endroit  où je suis présentement. Je lui donne la parole dans mes pensées. Elle fredonne la chanson Isabeau…….

 

-…Le plus jeune des trente, il se mit a chanter. Il se mit a chanter sur le bord de l’ile, il se mit a chanter sur le bord de l’eau …sur le bord du vaisseau…..

 

Combien de fois  Rachelle a-t-elle entamé cette mélodie pour endormir  ses enfants  ou tout simplement  pour chasser l’ennui. Combien de fois, isolée dans sa maison, s’est-elle mise a  chantonner pour se donner un tantinet de courage. Cette fois, blottie sur le quai en bois, face au fleuve, elle fixe l’horizon vers Rivière du Loup.

Ce soir le fleuve, le ciel et les montagnes de Charlevoix lui peignent l’immensité. Un spectacle divin danse devant ses yeux émerveillés. Rachelle attend ; elle ne peut qu’attendre. Le clapotis  des vagues viennent battre la mesure de son refrain. Tout doucement son murmure se mêle au vent qui siffle au contact de la hampe du drapeau fleurdelisé, fiché tout en haut de son mât. Un vol  de bernaches  effleure les moutons du sommet des vagues. Rachelle le suit des yeux  pour le perdre en direction de Gross-Ile.

-Les britanniques ont brûlé des maisons sur  Grosse-Ile la nuit dernière. Ils ont incendié des centaines de maisons le long de la côte sud. À quand notre tour ?
Se dit Rachelle, triste.

-Les feux ressemblaient à des lutins en furie sur le fleuve .Les canons, en pleine nuit, nous ont réveillés en sursaut .Nous entendions ces bruits sourds et inquiétants. Les troupes d’habits rouges n’étaient pas éloignées.

-François, Oh François où es-tu ? J’ai mal à moi. J’ai mal à mon âme .Où es-tu ? Tes bras me manquent et les miens sont vides de toi.

 

-…Sur le bord  de l’île, sur le bord du vaisseau….La chanson que tu chantes, je voudrais la savoir .Je voudrais la savoir sur le bord de l’ile, sur  le bord de l’eau, sur le bord du vaisseau….

 

-Rachelle, laisse  une larme dégouliner  sur sa joue frêle et continue son monologue.

-Depuis six semaines les Anglais remontent le fleuve avec des bateaux de guerre, ils se dirigent vers Québec ; la fin  se rapproche. Qu’allons-nous devenir ? Et les enfants ? François que vas-tu retrouver si tu reviens ?

 

Tout en effeuillant une marguerite  elle lance les pétales au gré des flots.

-Il revient ce soir, un pétale, demain soir, une pétale, après demain soir, une pétale ….jamais!

 

-….Embarque dans ma barque, je te la chanterai, je te la chanterai sur les bord  de l’ile, je te la chanterai sur le bord de l’eau sur le bord du vaisseau…..

 

Rachelle gazouillait légèrement en  songeant à son homme .Ils étaient bien ensembles. Les premiers travaux sur leur terre ont été très pénibles et d’arrache-pied mais avec leur amour  il ne se trouvait aucun obstacle infranchissable. Puis vint le printemps en cinquante neuf  et la proclamation des autorités, appuyées du clergé, de former des corps de milice. François devait partir pour défendre le  pays.

 

-…Quand elle fut dans la barque, elle se mit a pleurer, elle se mit a pleurer sur le bord de l’ile, elle se mit a pleurer sur le bord de l’eau,  sur le bord du vaisseau….

 

De sa marguerite il ne restait que quatre pétales blanches. Ne voulant  croire à un mauvais présage, Rachelle, la lâcha  sur les flots. Elle se remit a fredonner sa chanson. Un immense vague à l’âme la saisit et les larmes roulent à présent sur son visage .Elle regarde vers le large et imagine voir apparaître le voilier qui lui ramène son mari. Elle se décrit, en imagination, le bâtiment et la blancheur des voiles claquant au grand vent. La ligne d’horizon, pourtant, est vide. Son cœur bat  comme si son mirage  se matérialise. Elle soupire profondément  et se souviens du matin du départ de François et de ses compagnons. Les adieux déchirants priment sur les ordres des chefs militaires et ceux  du bateau. Elle revoit, encore, son soldat sur le pont lui envoyer des baisers  plein les mains et ses cris étouffés par le vent.

-Ne t’en fais pas nous reviendrons, prends bien soin des enfants.

Le cri des mouettes tire Rachelle  de ses rêveries. Le soleil couchant lui rappelle qu’elle doit rejoindre les siens. Les prédateurs recommenceront a rôder.

 

-…..Je pleure mon anneau d’or, dans l’eau il est tombé. Dans l’eau il est tombé sur le bord de l’ile, dans l’eau il est tombé sur le bord de l’eau, sur le bord du vaisseau….

 

…Ne pleurez point la belle, je vous le plongerai, je vous le plongerai sur le bord de l’ile, je vous le plongerai sur le bord de l’eau, sur le bord du vaisseau…..

 

…De la première plonge, il n’a rien ramené, il n’a rien  ramené sur le bord de l’ile, il n’a rien ramené sur le bord de l’eau, sur le bord du vaisseau.

 

-Pourquoi es-tu au loin, François, nous avons besoin de toi ici. Si nous perdons la guerre qu’arrivera-t-il de nous ? Et si la France nous abandonne aux mains des Anglais que pourrons nous faire ? Nous avons besoin de toi ici François. Que vont hériter nos enfants ?

Le soleil, maintenant, se cache derrière les montagnes de Charlevoix tout en éclatant dans une féérie de couleurs, Les nuages tracent  des petites formes de bateaux de coton. Le bleu du ciel accueille, à bars ouverts, cette aquarelle.

-Ce ne sera pas pour ce soir. Demain soir peut-être  mais je sais qu’il reviendra.

Se dit Rachelle en essuyant le reste des larmes  du revers de sa manche. Elle termine sa chanson.

 

-….De la seconde plonge, l’anneau  a voltigée, l’anneau a voltigée  sur le bord de l’ile, l’anneau a voltigée sur le bord de l’eau, sur les bords du vaisseau….

 

Se refusant  de quitter le quai, comme si un aimant l’avait saisie, elle insistait. Rachelle scrute encore une fois le panorama. Elle ne voit rien .Il lui semble que ce soir  son cœur lui défende  de ne plus espéré  le retour de François. Elle chasse ces mauvaises pensées et termine sa chanson. La deuxième plonge lui donnait l’espoir.

 

-….À la troisième plonge  le galant s’est noyé……. le galant s’est noyé sur le bord de l’ile….. Le galant s’est noyé sur le bord de l’eau…..sur le bord du vaisseau.

Rachelle, silencieuse à présent et debout, contemple le fleuve .Le vent lui aide a sécher ses larmes en lui caressant les joues. Elle s’en retourne vers ses enfants.

François perdit la vie sur les Plaines D’Abraham en septembre 1759, la France perdit sa colonie.

Un goéland  échoue tout près de moi  et me tire de ma méditation. Il m’observe comme s’il venait me consoler. Je sens en moi une tristesse   m’inonder. Je prends quelques instants pour  revenir les deux pieds sur terre. Je  regarde, au loin, Grosse Ile et l’ouverture du fleuve vers Québec. Le soleil, haut à son zénith me rappelle que, moi aussi, je dois aller  prendre un repas. Je me lève et quitte  le quai,  je m’étonne de fredonner….

-…A la  troisième plonge………..

 

(Écrit à St-Jean Port Joli  en  juillet 1996)

Pierre

Les Ailes du Temps

Laval

 

 

 

 

 

 

 

 

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