Altruisme.

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Altruisme


J’aime me retrouver dans ce petit parc public tout au fond de ma rue. Malgré qu’il soit entouré de maisons unifamiliales et de complexe à appartements, on y perçoit une petite paix champêtre.   Minuscule sous-bois  avec toutes ces agréables odeurs d’humus et des différentes plantes. Les arbres y trônent majestueusement tout en nous donnant une ombre généreuse surtout  par les belles matinées  d’été. J’adore y déambuler et  écouter le chant des oiseaux  de plusieurs espèces. Ils sont  dans leur habitat. Un divin concert de gazouillis accompagne la brise légère et le bruissement   des feuilles des arbres.  Quelle belle symphonie pour l’ouïe.

Depuis quelques jours, avec le beau temps, je me dirige hâtivement  tous les matins vers mon oasis  toujours désiré. Le printemps  est revenu  et  les bourgeons éclatent de toutes parts et de partout. D’un pas anxieux j’ai  une hâte frénétique de me retrouver en compagnie de mes amis les oiseaux  et, aussi, de me ressourcer aux odeurs de  ma petite forêt  en pleine ville.

 Lorsque j’emprunte  le  sentier central, ce premier matin là, j’y vois  le sol jonché d’une myriade de détritus et de déchets a en choquer la vue  et le sens civique. Ma première réaction, comme un peu tout le monde, c’est de vociférer, de me choquer,  contre les gens qui, avec un sans gêne, ont  déversé leur dévolu en lançant à tous hasards leurs débris aux quatre vents. Bouteilles vides, sac de plastique, papiers-mouchoirs, contenant de yaourt, et quoi d’autres. De grands  lambeaux  de papier –emballage,  venus de  nulle part,  se sont entortillés dans les buissons un peu épars. Quel spectacle désolant.

 

Je m’installe, inconfortablement,  sur un des deux bancs de bois  barbouillés de graffitis incompréhensibles. Mes yeux n’en finissent plus  de  se poser sur  ce champs de bataille improvisé. Je n’entends pas les oiseaux qui pourtant ; bien là.   Ma réaction en est de quitter sur le champ  ce petit dépotoir à ciel ouvert en pleine ville. Je me ravise, me trace une infime stratégie, cherche un sac de plastic vide. J’en trouve un et  commence  a ramasser les déchets. En peu de temps mon sac est plein à rebords, qu’a cela ne tienne il  y en a un peu partout de ces sacs laissés  à l’abandon  dans le parc. Je les remplis au fur et à mesure. Je viens m’asseoir  sur le banc, de temps en temps, pour contempler mon œuvre. La quantité inimaginable de déchets me porte a me décourager de mon geste  mais je persévère.

Je me  dis :

-Si quelqu’un vient ici aujourd’hui et ne se sent pas bien ; au moins il pourra voir un peu de nature pour se revigorer.

Je continue mon manège  tout en essayant d’écouter les  grives et  les mésanges. Les  chants  commencent a être perceptibles. C’est comme si les oiseaux m’encourageaient a continuer le ménage de leur maison. Je fais plusieurs fois le trajet vers les bacs à ordures qui se remplissent  lentement.

 

Un écureuil  bondit  de bute en bute me saluant au passage. Je vais plus en avant dans le sous-bois et libère les arbustes des effroyables lambeaux de papier-emballage. Je reviens m’installer sur le banc au centre  du parc et je respire, enfin. Je soupire :

-Ce n’est pas parfait mais  c’est un commencement.

Lorsque mon regard se pose plus au loin,  j’y aperçois un monticule de déchets  qui sera ma prochaine destination. Je profite du peu des rayons de soleil  que galarneau  nous prodigue. Je reprends mon courage à deux mains et me dirige vers le petit désastre  d’immondices. J’y trouve, là-aussi, des sacs vides et commence  a  y faufiler les déchets. Quand  je termine, je me dirige encore une fois vers les poubelles publiques et y  enfouis mes quelques sacs bourrés. Chemin faisant je croise une jeune maman avec sa petite fille  qui s’amène dans le parc. Elle me regarde curieusement et  avec une démarche qui démontre de l’inquiétude  me dit :

 

-C’est bien ce que vous faites de ramasser ces déchets.

 

C’est alors qu’elle  me conte  qu’elles et ses voisines ont des craintes de venir dans le parc  parce qu’il y a toutes sortes de gens qui y viennent, surtout des jeunes, qui consomment de l’alcool et salissent l’endroit  sans respect. Sa petite fille me  fixe et  dis  à sa maman :

-Maman  pourquoi le monsieur ramasse les papiers ?

Sa mère lui répond :

-Audrey il faut ramasser nos  déchets  c’est bien plus propre.

Je lui dis, pour ma part :

-Vous savez c’est ma petite contribution et j’aime venir ici surtout les matins d’été. Je ne sais pas qui  a pu jeter ces choses là  et  salir de cette façon ; je n’ai pas a les juger et je n’ai pas a récriminer contre eux. En les critiquant  nous  accumulons d’autres déchets  sur leurs déchets. Alors  vaut bien mieux arrêter  la roue d’engrenage. Si l’endroit est propre il attirera   des gens propres et ceux qui jettent leurs déchets par habitude vont hésiter a le faire  la prochaine fois. Mais si cet endroit est sale et plein de déchets  ils ne se gêneront pas de continuer a le salir.

Aussi si les gens, sans regarder ce qu’ils font et en ne critiquant pas,  ramasse les  affres des autres  nous pourrons  créer  une chaîne sans fin en remettant  toujours au suivant. Nous pouvons avoir trois attitudes. La première serait d’ignorer complètement ce qui traîne parterre et  passer notre chemin  dans l’indifférence. Un jour nous aurons besoin d’espace vert pour nous  ressourcer et nous y trouverons qu’immondices et déchets pas très favorables pour le moral. La deuxième attitude c’est  de faire un petit effort de ramasser tout en vociférant et en  critiquant nos semblables. Qui n’a pas, dans sa vie, jeter des choses inutiles parterre ou  dans parcs  ou ailleurs. Payons  notre petite facture. Et la troisième attitude demande un geste altruiste  et d’humilité  en faisant notre petite part et de ramasser pour rendre service à d’autres.

Je me dis si une personne venait ici aujourd’hui pour voir un peu  d’arbre et entendre le chant des oiseaux  et trouverait l’endroit propre, bien ma journée aura eu  le bon effet.

 

La jeune maman me dit merci et se  dirige vers le  carré de sable pour les enfants. Sur son chemin elle trouve un  minuscule contenant de plastic qu’elle  s’empresse de ramasser et  se dirige  tout droit vers  la poubelle pour s’en débarrasser.

 

Une grive vient se poser  à quelques mètres  de mes pieds. Sa démarche, telle une danse, me réjouit. Une cacophonie  de chants d’oiseau recouvre maintenant l’espace de plus en plus vert. Le soleil est haut et je quitte tout doucement mon endroit de prédilection. Avant de partir,  je jette un coup d’œil  à la maman et la petite  Audrey qui ont entamé un nouveau jeu ; celui de trouver des  petits déchets et les jeter  dans la poubelle au grand plaisir de l’enfant. Tout en remontant le petit sentier je découvre sous les amas de feuilles d’autres déchets, les ramasse et en sortant du parc les dépose dans la poubelle. Ma journée  est faite pour ce matin.

Demain on recommence.

 

Pierre D.

Laval,7 mai  2009

Les Ailes du Temps.

 

 


 

 

 


Archive pour mai, 2009

Altruisme.

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Altruisme


J’aime me retrouver dans ce petit parc public tout au fond de ma rue. Malgré qu’il soit entouré de maisons unifamiliales et de complexe à appartements, on y perçoit une petite paix champêtre.   Minuscule sous-bois  avec toutes ces agréables odeurs d’humus et des différentes plantes. Les arbres y trônent majestueusement tout en nous donnant une ombre généreuse surtout  par les belles matinées  d’été. J’adore y déambuler et  écouter le chant des oiseaux  de plusieurs espèces. Ils sont  dans leur habitat. Un divin concert de gazouillis accompagne la brise légère et le bruissement   des feuilles des arbres.  Quelle belle symphonie pour l’ouïe.

Depuis quelques jours, avec le beau temps, je me dirige hâtivement  tous les matins vers mon oasis  toujours désiré. Le printemps  est revenu  et  les bourgeons éclatent de toutes parts et de partout. D’un pas anxieux j’ai  une hâte frénétique de me retrouver en compagnie de mes amis les oiseaux  et, aussi, de me ressourcer aux odeurs de  ma petite forêt  en pleine ville.

 Lorsque j’emprunte  le  sentier central, ce premier matin là, j’y vois  le sol jonché d’une myriade de détritus et de déchets a en choquer la vue  et le sens civique. Ma première réaction, comme un peu tout le monde, c’est de vociférer, de me choquer,  contre les gens qui, avec un sans gêne, ont  déversé leur dévolu en lançant à tous hasards leurs débris aux quatre vents. Bouteilles vides, sac de plastique, papiers-mouchoirs, contenant de yaourt, et quoi d’autres. De grands  lambeaux  de papier –emballage,  venus de  nulle part,  se sont entortillés dans les buissons un peu épars. Quel spectacle désolant.

 

Je m’installe, inconfortablement,  sur un des deux bancs de bois  barbouillés de graffitis incompréhensibles. Mes yeux n’en finissent plus  de  se poser sur  ce champs de bataille improvisé. Je n’entends pas les oiseaux qui pourtant ; bien là.   Ma réaction en est de quitter sur le champ  ce petit dépotoir à ciel ouvert en pleine ville. Je me ravise, me trace une infime stratégie, cherche un sac de plastic vide. J’en trouve un et  commence  a ramasser les déchets. En peu de temps mon sac est plein à rebords, qu’a cela ne tienne il  y en a un peu partout de ces sacs laissés  à l’abandon  dans le parc. Je les remplis au fur et à mesure. Je viens m’asseoir  sur le banc, de temps en temps, pour contempler mon œuvre. La quantité inimaginable de déchets me porte a me décourager de mon geste  mais je persévère.

Je me  dis :

-Si quelqu’un vient ici aujourd’hui et ne se sent pas bien ; au moins il pourra voir un peu de nature pour se revigorer.

Je continue mon manège  tout en essayant d’écouter les  grives et  les mésanges. Les  chants  commencent a être perceptibles. C’est comme si les oiseaux m’encourageaient a continuer le ménage de leur maison. Je fais plusieurs fois le trajet vers les bacs à ordures qui se remplissent  lentement.

 

Un écureuil  bondit  de bute en bute me saluant au passage. Je vais plus en avant dans le sous-bois et libère les arbustes des effroyables lambeaux de papier-emballage. Je reviens m’installer sur le banc au centre  du parc et je respire, enfin. Je soupire :

-Ce n’est pas parfait mais  c’est un commencement.

Lorsque mon regard se pose plus au loin,  j’y aperçois un monticule de déchets  qui sera ma prochaine destination. Je profite du peu des rayons de soleil  que galarneau  nous prodigue. Je reprends mon courage à deux mains et me dirige vers le petit désastre  d’immondices. J’y trouve, là-aussi, des sacs vides et commence  a  y faufiler les déchets. Quand  je termine, je me dirige encore une fois vers les poubelles publiques et y  enfouis mes quelques sacs bourrés. Chemin faisant je croise une jeune maman avec sa petite fille  qui s’amène dans le parc. Elle me regarde curieusement et  avec une démarche qui démontre de l’inquiétude  me dit :

 

-C’est bien ce que vous faites de ramasser ces déchets.

 

C’est alors qu’elle  me conte  qu’elles et ses voisines ont des craintes de venir dans le parc  parce qu’il y a toutes sortes de gens qui y viennent, surtout des jeunes, qui consomment de l’alcool et salissent l’endroit  sans respect. Sa petite fille me  fixe et  dis  à sa maman :

-Maman  pourquoi le monsieur ramasse les papiers ?

Sa mère lui répond :

-Audrey il faut ramasser nos  déchets  c’est bien plus propre.

Je lui dis, pour ma part :

-Vous savez c’est ma petite contribution et j’aime venir ici surtout les matins d’été. Je ne sais pas qui  a pu jeter ces choses là  et  salir de cette façon ; je n’ai pas a les juger et je n’ai pas a récriminer contre eux. En les critiquant  nous  accumulons d’autres déchets  sur leurs déchets. Alors  vaut bien mieux arrêter  la roue d’engrenage. Si l’endroit est propre il attirera   des gens propres et ceux qui jettent leurs déchets par habitude vont hésiter a le faire  la prochaine fois. Mais si cet endroit est sale et plein de déchets  ils ne se gêneront pas de continuer a le salir.

Aussi si les gens, sans regarder ce qu’ils font et en ne critiquant pas,  ramasse les  affres des autres  nous pourrons  créer  une chaîne sans fin en remettant  toujours au suivant. Nous pouvons avoir trois attitudes. La première serait d’ignorer complètement ce qui traîne parterre et  passer notre chemin  dans l’indifférence. Un jour nous aurons besoin d’espace vert pour nous  ressourcer et nous y trouverons qu’immondices et déchets pas très favorables pour le moral. La deuxième attitude c’est  de faire un petit effort de ramasser tout en vociférant et en  critiquant nos semblables. Qui n’a pas, dans sa vie, jeter des choses inutiles parterre ou  dans parcs  ou ailleurs. Payons  notre petite facture. Et la troisième attitude demande un geste altruiste  et d’humilité  en faisant notre petite part et de ramasser pour rendre service à d’autres.

Je me dis si une personne venait ici aujourd’hui pour voir un peu  d’arbre et entendre le chant des oiseaux  et trouverait l’endroit propre, bien ma journée aura eu  le bon effet.

 

La jeune maman me dit merci et se  dirige vers le  carré de sable pour les enfants. Sur son chemin elle trouve un  minuscule contenant de plastic qu’elle  s’empresse de ramasser et  se dirige  tout droit vers  la poubelle pour s’en débarrasser.

 

Une grive vient se poser  à quelques mètres  de mes pieds. Sa démarche, telle une danse, me réjouit. Une cacophonie  de chants d’oiseau recouvre maintenant l’espace de plus en plus vert. Le soleil est haut et je quitte tout doucement mon endroit de prédilection. Avant de partir,  je jette un coup d’œil  à la maman et la petite  Audrey qui ont entamé un nouveau jeu ; celui de trouver des  petits déchets et les jeter  dans la poubelle au grand plaisir de l’enfant. Tout en remontant le petit sentier je découvre sous les amas de feuilles d’autres déchets, les ramasse et en sortant du parc les dépose dans la poubelle. Ma journée  est faite pour ce matin.

Demain on recommence.

 

Pierre D.

Laval,7 mai  2009

Les Ailes du Temps.

 

 


 

 

 

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