Cloître.

Cloître. dans Liens 2499725097_df9f02c887

 

Cloître

(Monastère de Saint-Benoît du Lac)

 

Le soir  s’avance en catimini, la lune blanchâtre siège au faîte du firmament. L’office du soir, les complies sont achevées par le Santa Regina, s’étiole doucement en écho dans les recoins du monastère .Le silence de nuit prends sa place en  douceur. Les  fidèles dans leurs derniers pas pour se diriger à leur chambre ou sortir à l’extérieur  vident peu à peu la chapelle. Ces pas feutrés,  pour ne pas déranger qui que ce soit, se glissent furtivement dans le  cloître qui mène à la porte d’entrée .Le silence  désertique s’installe confortablement. J’aime  m’arrêter en plein centre de ce cloître et m’adosser à un rebord  de fenêtre. Je laisse la quiétude m’envahir totalement  jusqu’à ce que les versets du psaume 118-3 me reviennent en tête :

‘’ Je suis un étranger sur la terre,
Ne me cache pas Tes volontés
Mon âme a brûlé de désir,
en tout temps pour Tes décisions
Tu menaces les orgueilleux, les maudits,
ceux qui fuient Tes volontés
Épargne-moi l’insulte et le mépris,
je garde Tes exigences…’’

Mes oreilles bourdonnent encore des dernières strophes de chant grégorien  de l’office exécutées par mes frères les moines. Je reste   immobile,  en silence, contemplant les rayons de lune accrochant  des perles blafardes aux lucarnes des fenêtres. Les lumières tamisées au plus bas laissent  aux faisceaux lunaires  toute la place .Des particules de poussières minuscules s’entrechoquent  comme s’ils réagissaient au passage des âmes qui se sont réconfortées lors de l’office.

‘’Lorsque des grands accusent Ton serviteur,
je médite sur Tes ordres
Je trouve mon plaisir en Tes exigences,
ce sont elles qui me conseillent………’’

 
L’endroit  devient mystérieux et majestueux en même temps .Il est semblable à une immense artère où circule dans plusieurs sens des rayons de  Lumière Divines. On y entend presque les plaintes, les supplications et les prières de gratitude qui ressortent de la chapelle .Dieu agit.

 

Le silence enveloppant, telle une couverture en hiver,  sécurise. Aucun bruit, aucun froissement ne vient déranger cette apothéose et cette placidité.

L’apaisement m’envahit  au plus profond de moi. Mon ouïe perçoit le chant des papillons, le glissement du vent sur les ailes de l’envolée d’outardes et la ligne de démarcation des couleurs de l’arc en ciel. Je me laisse bercer par les ondules de cette  sérénité bienfaisante.   

Toujours protégé par le rayon de lune qui perce la fenêtre je discerne   le signal du grand silence de nuit par l’extinction des lumières. Une  Paix Divine règne maintenant. Le bourdonnement de mes oreilles a cessé je suis un avec l’Ensemble.  Un  calme  intérieur m’habite et j’écoute les voix célestes psalmodier  les derniers versets du psaume :

‘’….Sept fois chaque jour je Te loue
pour Tes justes décisions
Grande est la Paix de qui aime Ta loi
jamais il ne trébuche
Seigneur, j’attends de Toi le Salut
j’accomplis Tes volontés…..’’

 

Le temps passe et repasse. Je jette un petit coup d’œil furtif sur ma gauche et sur ma droite. Je me dirige, tout en traversant les torrents de lumière lunaire des fenêtres, vers la sortie.
Un fluide angélique me suit .Je vais bien dormir ce soir.

 

Pierre D.

Les Ailes du Temps©

Laval

7 juillet 2009

 

 

 

 

 

 


Archive pour 8 juillet, 2009

Cloître.

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Cloître

(Monastère de Saint-Benoît du Lac)

 

Le soir  s’avance en catimini, la lune blanchâtre siège au faîte du firmament. L’office du soir, les complies sont achevées par le Santa Regina, s’étiole doucement en écho dans les recoins du monastère .Le silence de nuit prends sa place en  douceur. Les  fidèles dans leurs derniers pas pour se diriger à leur chambre ou sortir à l’extérieur  vident peu à peu la chapelle. Ces pas feutrés,  pour ne pas déranger qui que ce soit, se glissent furtivement dans le  cloître qui mène à la porte d’entrée .Le silence  désertique s’installe confortablement. J’aime  m’arrêter en plein centre de ce cloître et m’adosser à un rebord  de fenêtre. Je laisse la quiétude m’envahir totalement  jusqu’à ce que les versets du psaume 118-3 me reviennent en tête :

‘’ Je suis un étranger sur la terre,
Ne me cache pas Tes volontés
Mon âme a brûlé de désir,
en tout temps pour Tes décisions
Tu menaces les orgueilleux, les maudits,
ceux qui fuient Tes volontés
Épargne-moi l’insulte et le mépris,
je garde Tes exigences…’’

Mes oreilles bourdonnent encore des dernières strophes de chant grégorien  de l’office exécutées par mes frères les moines. Je reste   immobile,  en silence, contemplant les rayons de lune accrochant  des perles blafardes aux lucarnes des fenêtres. Les lumières tamisées au plus bas laissent  aux faisceaux lunaires  toute la place .Des particules de poussières minuscules s’entrechoquent  comme s’ils réagissaient au passage des âmes qui se sont réconfortées lors de l’office.

‘’Lorsque des grands accusent Ton serviteur,
je médite sur Tes ordres
Je trouve mon plaisir en Tes exigences,
ce sont elles qui me conseillent………’’

 
L’endroit  devient mystérieux et majestueux en même temps .Il est semblable à une immense artère où circule dans plusieurs sens des rayons de  Lumière Divines. On y entend presque les plaintes, les supplications et les prières de gratitude qui ressortent de la chapelle .Dieu agit.

 

Le silence enveloppant, telle une couverture en hiver,  sécurise. Aucun bruit, aucun froissement ne vient déranger cette apothéose et cette placidité.

L’apaisement m’envahit  au plus profond de moi. Mon ouïe perçoit le chant des papillons, le glissement du vent sur les ailes de l’envolée d’outardes et la ligne de démarcation des couleurs de l’arc en ciel. Je me laisse bercer par les ondules de cette  sérénité bienfaisante.   

Toujours protégé par le rayon de lune qui perce la fenêtre je discerne   le signal du grand silence de nuit par l’extinction des lumières. Une  Paix Divine règne maintenant. Le bourdonnement de mes oreilles a cessé je suis un avec l’Ensemble.  Un  calme  intérieur m’habite et j’écoute les voix célestes psalmodier  les derniers versets du psaume :

‘’….Sept fois chaque jour je Te loue
pour Tes justes décisions
Grande est la Paix de qui aime Ta loi
jamais il ne trébuche
Seigneur, j’attends de Toi le Salut
j’accomplis Tes volontés…..’’

 

Le temps passe et repasse. Je jette un petit coup d’œil furtif sur ma gauche et sur ma droite. Je me dirige, tout en traversant les torrents de lumière lunaire des fenêtres, vers la sortie.
Un fluide angélique me suit .Je vais bien dormir ce soir.

 

Pierre D.

Les Ailes du Temps©

Laval

7 juillet 2009

 

 

 

 

 

 

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