On a besoin d’un plus petit…. que soi.

On a besoin d’un plus petit…. que soi. dans Liens mansourencounter.1240043286

 

On a besoin d’un plus petit…. que soi.

 

Après le parcours de  cinq kilomètres, sous la chaleur torride du mois de juillet, nous nous sommes enfin arrêtés pour reprendre notre souffle. Nos uniformes suintent   et nos muscles endoloris crient au secours. Vivement un peu d’eau. Nous recherchons, tous les trente élèves –officiers, un endroit de fraîcheur  afin de reposséder nos esprits .Ces cinq kilomètres venaient  de nous rentrer dans le corps.  Et nous n’étions pas au bout de nos peines. Il reste, encore, la piste à obstacles à notre plus grand dam.

 

Le soleil trappe dru  et extirpe toute notre énergie. Nos instructeurs nous laissent  reprendre notre haleine et ramasser  le quelque peu de vitalité que nous avons  en réserve. Les cinq minutes écoulées, ils nous rassemblent à nouveau et nous présentent la piste à obstacles. Piste à obstacles que tous les militaires connaissent  bien pour l’avoir parcourue quelques fois.

 

Billes de bois à enjamber, pont de cordes, filet de câbles de dix mètres de haut, câble tendu au dessus d’une grande marre d’eau  tout en prenant garde de ne pas tomber. Toujours être à l’affût  d’obstacles cachés ici et là. Et  le plat de résistance : le mur. Ce fameux mur de deux mètres de haut qu’il faut   sauter sans aide, sans corde et avec tout notre équipement sur le dos; fusil y compris .Ce mur a été et est encore un cauchemar pour tout soldat.

 

Pour la première fois, nos instructeurs nous font voir la piste en marchant  pour que nous ayons le loisir de deviner les obstacles qui se dresseront devant nous .Nous jaugeons la hauteur, la largeur et la profondeur du terrain. Câbles, échelles, billes de bois  rien ne nous échappe. Et, lorsque nous arrivons devant  le monstre qui est ce mur de deux mètres la panique nous saisit .Il me dépasse  d’environ vingt centimètres. Sa parois lisse ne laisse aucune chance à qui que ce soit. Surtout  nous avons toute notre équipement et pourtant il faut le traverser ce mur  si nous voulons réussir  notre formation. Nous en faisons le tour et l’examinons comme un médecin examine son patient avant une grave opération. Bien planté en terrain  plat, aucune bosse ou dénivellation de terrain ne peut aider. Alain, notre athlète, veut essayer de le passer. Les instructeurs donnent leur aval. Il  s’élance et comme nous l’avons imaginé il vient s’écraser  sur le mastodonte. Jacques à son tour  prends son courage à deux mains, se donne un élan et, lui aussi ne suffit pas à la tâche. Je m’essaie mais c’est peine perdue. Notre moral est au plus bas.

Nous discutons entre nous pour  savoir quel serait  le meilleur moyen de franchir cet  obstacle de taille. Nos instructeurs, cachés dans le sous-bois,  rient dans leur barbe ; eux savent. Quelques –uns de nos compagnons, sans s’en faire, recommencent le petit jeu jusqu’à épuisement. Nous avons pensé même tricher pour essayer de passer ce monstre  en s’aidant mutuellement  mais les sous-officiers nous ont formellement avertis. Alain essaye  à nouveau et avec peine et misère fini par se hisser tout au haut  de la barricade. Pourrions nous faire la même chose ; nous en doutions fortement .Assis  en cercle  autours du mur nous invoquions le Dieu du Mur.

 

C’est alors  qu’un de nos sous-officiers instructeurs, un sergent, vient se joindre à notre meeting. Il nous regarde un après l’autre et nous lance :

-Pour des futurs officiers, vous n’êtes pas rendus bien loin messieurs.

Nos regards se sont croisés et ensuite  nous le fixions comme des enfants qui veulent savoir la clé de l’énigme. Le mur, pour sa part, devait le dépasser d’au moins  cinquante centimètres. Nous nous demandions, par tous les diables,  comment  ferait-il, lui, pour le passer. Il est plus petit que nous et nous le dépassons tous en grandeur.

C’est alors qu’il nous dit :

-Ce n’est pas une question  de grandeur, messieurs, mais de logique. Il faut vous servir de l’obstacle pour traverser l’obstacle .Vous devez vous servir des difficultés pour vaincre les difficultés.

Nous nous regardions tous, éberlués,  les uns et les autres.

-Vous allez voir, messieurs, la méthode que j’utilise vous paraîtra enfantine et simple. Une démonstration va vous convaincre.

Nous lui avons donc laissé toute la place et, entre nous, nous  nous jetions des petits sourires en coin qui semblent dire : il va s’écraser à son tour sur le mur.

Il  se place à environ  une dizaine de mètres  de la muraille, prends un bon élan et comme une gazelle place son pied sur les parois   monte sur le mur et arrive au faîte. Il a marché sur le mur mais à  la vertical.

Les exclamations  de joie indescriptibles fusent de toutes parts dans nos rangs  nous n’en revenons tout simplement pas.

Notre sergent-instructeur, de petite taille, est en haut du mur et nous harangue :

-Alors à qui le tour ?

-Moi, dis-je avec empressement.

Je  m’installe au même endroit  que le sergent  et me donne un bon élan, machinalement et  magiquement  je prends pied sur le mur et d’un trait je suis tout en haut avec l’instructeur. Nous redescendons de l’autre côté. L’obstacle est franchi. Le peloton suit.

Cette leçon m’a servi à plusieurs occasions dans ma vie .

 

Le secret est d’écouter ,surtoutles plus petits que soi.

 

Pierre D.

Les Ailes du Temps ©

Laval

21 juillet 2009.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Archive pour 22 juillet, 2009

On a besoin d’un plus petit…. que soi.

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On a besoin d’un plus petit…. que soi.

 

Après le parcours de  cinq kilomètres, sous la chaleur torride du mois de juillet, nous nous sommes enfin arrêtés pour reprendre notre souffle. Nos uniformes suintent   et nos muscles endoloris crient au secours. Vivement un peu d’eau. Nous recherchons, tous les trente élèves –officiers, un endroit de fraîcheur  afin de reposséder nos esprits .Ces cinq kilomètres venaient  de nous rentrer dans le corps.  Et nous n’étions pas au bout de nos peines. Il reste, encore, la piste à obstacles à notre plus grand dam.

 

Le soleil trappe dru  et extirpe toute notre énergie. Nos instructeurs nous laissent  reprendre notre haleine et ramasser  le quelque peu de vitalité que nous avons  en réserve. Les cinq minutes écoulées, ils nous rassemblent à nouveau et nous présentent la piste à obstacles. Piste à obstacles que tous les militaires connaissent  bien pour l’avoir parcourue quelques fois.

 

Billes de bois à enjamber, pont de cordes, filet de câbles de dix mètres de haut, câble tendu au dessus d’une grande marre d’eau  tout en prenant garde de ne pas tomber. Toujours être à l’affût  d’obstacles cachés ici et là. Et  le plat de résistance : le mur. Ce fameux mur de deux mètres de haut qu’il faut   sauter sans aide, sans corde et avec tout notre équipement sur le dos; fusil y compris .Ce mur a été et est encore un cauchemar pour tout soldat.

 

Pour la première fois, nos instructeurs nous font voir la piste en marchant  pour que nous ayons le loisir de deviner les obstacles qui se dresseront devant nous .Nous jaugeons la hauteur, la largeur et la profondeur du terrain. Câbles, échelles, billes de bois  rien ne nous échappe. Et, lorsque nous arrivons devant  le monstre qui est ce mur de deux mètres la panique nous saisit .Il me dépasse  d’environ vingt centimètres. Sa parois lisse ne laisse aucune chance à qui que ce soit. Surtout  nous avons toute notre équipement et pourtant il faut le traverser ce mur  si nous voulons réussir  notre formation. Nous en faisons le tour et l’examinons comme un médecin examine son patient avant une grave opération. Bien planté en terrain  plat, aucune bosse ou dénivellation de terrain ne peut aider. Alain, notre athlète, veut essayer de le passer. Les instructeurs donnent leur aval. Il  s’élance et comme nous l’avons imaginé il vient s’écraser  sur le mastodonte. Jacques à son tour  prends son courage à deux mains, se donne un élan et, lui aussi ne suffit pas à la tâche. Je m’essaie mais c’est peine perdue. Notre moral est au plus bas.

Nous discutons entre nous pour  savoir quel serait  le meilleur moyen de franchir cet  obstacle de taille. Nos instructeurs, cachés dans le sous-bois,  rient dans leur barbe ; eux savent. Quelques –uns de nos compagnons, sans s’en faire, recommencent le petit jeu jusqu’à épuisement. Nous avons pensé même tricher pour essayer de passer ce monstre  en s’aidant mutuellement  mais les sous-officiers nous ont formellement avertis. Alain essaye  à nouveau et avec peine et misère fini par se hisser tout au haut  de la barricade. Pourrions nous faire la même chose ; nous en doutions fortement .Assis  en cercle  autours du mur nous invoquions le Dieu du Mur.

 

C’est alors  qu’un de nos sous-officiers instructeurs, un sergent, vient se joindre à notre meeting. Il nous regarde un après l’autre et nous lance :

-Pour des futurs officiers, vous n’êtes pas rendus bien loin messieurs.

Nos regards se sont croisés et ensuite  nous le fixions comme des enfants qui veulent savoir la clé de l’énigme. Le mur, pour sa part, devait le dépasser d’au moins  cinquante centimètres. Nous nous demandions, par tous les diables,  comment  ferait-il, lui, pour le passer. Il est plus petit que nous et nous le dépassons tous en grandeur.

C’est alors qu’il nous dit :

-Ce n’est pas une question  de grandeur, messieurs, mais de logique. Il faut vous servir de l’obstacle pour traverser l’obstacle .Vous devez vous servir des difficultés pour vaincre les difficultés.

Nous nous regardions tous, éberlués,  les uns et les autres.

-Vous allez voir, messieurs, la méthode que j’utilise vous paraîtra enfantine et simple. Une démonstration va vous convaincre.

Nous lui avons donc laissé toute la place et, entre nous, nous  nous jetions des petits sourires en coin qui semblent dire : il va s’écraser à son tour sur le mur.

Il  se place à environ  une dizaine de mètres  de la muraille, prends un bon élan et comme une gazelle place son pied sur les parois   monte sur le mur et arrive au faîte. Il a marché sur le mur mais à  la vertical.

Les exclamations  de joie indescriptibles fusent de toutes parts dans nos rangs  nous n’en revenons tout simplement pas.

Notre sergent-instructeur, de petite taille, est en haut du mur et nous harangue :

-Alors à qui le tour ?

-Moi, dis-je avec empressement.

Je  m’installe au même endroit  que le sergent  et me donne un bon élan, machinalement et  magiquement  je prends pied sur le mur et d’un trait je suis tout en haut avec l’instructeur. Nous redescendons de l’autre côté. L’obstacle est franchi. Le peloton suit.

Cette leçon m’a servi à plusieurs occasions dans ma vie .

 

Le secret est d’écouter ,surtoutles plus petits que soi.

 

Pierre D.

Les Ailes du Temps ©

Laval

21 juillet 2009.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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