L’amour du silence conduit au Silence de l’Amour.

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L’amour du silence conduit au Silence de l’Amour. 

(Pour Hélène) 

Les brumes matinales enveloppent la cime des arbres, le soleil peine à y pénétrer. Le fond de l’air  frais transperce les vêtements. Les oiseaux piailleurs lancent leurs cris d’adoration à l’astre du jour. Un huard tapi,  dans une baie du lac,  catapulte son chant dominateur. La nature se réveille en douceur. La rosée décore abondamment  feuilles, branches et fleurs. Les toiles d’araignées, toutes scintillantes de ces petites perles, ressemblent  à des colliers de grande valeurs. Un jeune renard  s’aventure à travers du chemin, son poil roux trempé du liquide matinal  suinte sur ses pattes. Nadine et  Marc, à pas feutrés, longent le sentier bordant la montagne .Ils  chérissent  se promener dès l’aube sur  cette piste en forêt. 

Entre eux pas un mot ne se prononce; tout est gestuel. Leurs yeux expriment le sensationnalisme et la sensibilité des lieux. 

 

Leurs mains viennent à se toucher  pour se réchauffer. Leurs regards se croisent  pour murmurer quelques mots d’amour  soupirés. Ils n’osent pas parler craignant de  déranger le climax de l’instant présent .Les deux marcheurs se dirigent vers l’antre de la forêt. Toujours liés par leurs mains entrecroisées, leurs  jambes effleurent les petits buissons  longeant le  passage  du chemin. Les effluves des arbres envahissent leurs narines ; ils se sentent bien. Marc passe son bras autours des épaules de Nadine tout en la rapprochant de lui, elle se blottit au creux de son épaule. Ils ne forment qu’un. Un geai bleu  vient tourner au dessus du couple enlacé  et  les exhorte à ne pas outrepasser son territoire, un sourire fuse sur les lèvres de l’homme et de la femme. Leur complicité est complète depuis plusieurs années maintenant. Ils n’ont plus à se déclarer par quelques phrases que ce soit leur amour et leur tendresse. Le senti et le ressenti de un envers l’autre  relève du sixième sens, par la transmission de pensées; par l’esprit. Ils se devinent l’un  et l’autre. Ils s’écoutent dans leur silence .Ils s’aiment  avec sérénité. 

 

Une perdrix vient, tout à coup, battre de l’aile près d’eux ; elle protège sa progéniture. Nadine sursaute un tantinet et Marc la rassure  en lui serrant les épaules. Ils échangent un minuscule rire  et ils continuent leur chemin. Le soleil darde ses rayons  au travers des branches d’arbre laissant de grandes traînées de lumière obliques  qui percent le dôme des feuilles. La brume, peureuse, s’évapore en voyant ces colonnes de feu apparaître. Les oiseaux, maintenant  tout en émoi, emplissent la forêt d’une vie grouillante. Nadine et Marc s’arrêtent un instant pour savourer cette cacophonie naturelle. Ils sont soudés ensemble de leur corps tout en se réchauffant. Ils se sont imbriqués sous un rayon bienfaisant  de soleil qui a réussi, tant bien que mal,  à percer  les brumes. Le jour  s’amorce parfaitement .Les deux  promeneurs repartent le cœur léger. Une chouette  annonce qu’il est temps pour elle d’aller se reposer et de laisser la place à ses cousins  oiseaux diurnes. 

Nadine  reprends la main de Marc en la caressant  et en la posant dans sa jolie chevelure. Le geste renferme  un rituel amoureux, Marc devine. 

 

Rendus au bout du sentier, à l’orée du bois, ils aperçoivent un chevreuil gambader, simplement, dans les hautes herbes. Les deux amoureux stoppent net pour ne pas l’effrayer et  admirer cet animal magnifique qui est chez lui. Une fois le cervidé éloigné  ils continuent leur excursion matinale. La piste les conduit à une petite source dégringolant du  flanc de la montagne .Ils s’y  désaltèrent  cérémonieusement. Ils échangent  un regard  tendre  et se donnent le signal de la continuité. 

 À quelques centaines de mètres se trouve un énorme caillou qui va leur servir de banc de parc pour se reposer et méditer sur le magnifique paysage. Collés, un sur l’autre, les yeux n’en finissent plus de détailler cette fresque boréale. L’astre du jour  a repris sa place qui lui revient. Une vallée de conifères s’étiole  devant eux comme un tapis de luxe. La forêt revit ainsi que leur amour. 

Marc est  sourd  et Nadine est  muette. 

 

Pierre D. 

Les Ailes du Temps 

Laval

(18/9/2009)

 

 

 

 


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3 commentaires

  1. canelle49 dit :

    Mgnifique texte encore une fois. le silence dans l’amour n’est jamais silence on peut tant se dire d’un regard d’un geste que les mots parfois sont inutiles.

    Merci encore pour ce magnifique texte ne t’arrête jamais toi qui me fais rêver!

    Helene

    Dernière publication sur air du temps : Un cri d'amour !

  2. lunebleue dit :

    « Le silence seul est grand »
    Bonne continuation
    Cordialement
    Lunebleue

  3. alyze dit :

    Tout simplement magnifique .
    ALLY

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