06:21

06:21 dans Liens lever_de_soleil

 

06:21, du rouge à l’or. 

Moment sublime et terrestre. La nature, le paysage, attendent de pied ferme leur pourvoyeur de chaleur et de lumière. La coulée de brume, vestiges de la nuit, monte en colonnes vers le zénith. Comme une sentinelle, juchée sur son rempart,  moi aussi je suis  fébrile à l’annonce de l’apparition de la boule de feu. Campé, tout en haut, de la terrasse du clocher du Monastère et je guette l’instant magnifique du lever de soleil. Quelques outardes énervées prennent leur place à la dernière minute. Un coulis de nuage s’immisce devant le point stratégique pour donner de l’effet. L’horizon se pare d’un teint pastel pâle comme fond de toile. Un pigeon vient tout proche de moi et  savoure le salut de l’astre du jour. Climax. En kaléidoscope doux , sans brusquerie les tons changent tout en gentillesse; ils déroulent le tapis rose  comme pour un personnage important.
Le naturel retient sa respiration et espère .Des oiseaux, frondeurs, piaillent dans les fonds des bois .Le lac  s’immobilise tout à coup pour donner de  l’inspiration à la scène. Encore quelques secondes et les premières notes de l’apothéose retentiront. Les dernières brumes, comme le chevaucheur des nuées, déboulent en cascades vers  le lac  qui les engouffre. Quelques unes s’accrochent aux arbustes. Tout au fond de l’apogée un clin d’œil se fait ressentir. Un court arc de cercle d’un rouge flamboyant se montre le sourcil.

Le voilà !

Les  volatiles, tout en émoi, chantent en chœur  l’entrée solennelle de leur bienfaiteur. Ils remercient Dieu de sa générosité. Je contemple cette montée graduelle. On a comme impression que le paysage change de forme et de figure .Un tourbillon de brumâtes s’élance vers le firmament comme un oiseau se lancerait vers le soleil pour se brûler les ailes. Tout s’éclaire, resplendit en toute beauté. Maintenant en face de nous un cercle parfait, rouge feu , détonne de myriades d’éclats. Les minuscules nuages à l’avant scène dessinent, sans le savoir, une colombe aux ailes vermillon et au plumage blanc neige.

Sur le lac les outardes glapissent d’allégresse et de gratitude. Les pigeons qui logent dans le clocher s’envolent par groupes de sept. Ils virevoltent tout en cadence et en chœur. Un vol exécuté à la précision. Les gouttes de rosée rougeâtres, de la nuit évanouie, perlent sur l’herbe vert tendre. L’ascension du soleil se poursuit tout en légèreté. Un autre groupe de pigeons prend son envol et croise leurs congénères. Je regarde ma montre et il est 06 :21  il y a quelques minutes nous étions aux Vigiles. Un passage d’un psaume m’est resté dans l’esprit et mon fil d’idée le reprend : 

‘’Resterez-vous au repos dans les enclos 

quand les ailes de la Colombe se couvrent d’argent 

et ses plumes d’un reflet d’or pâle :

 Quand Shaddai, là-bas, disperse des rois, 

Et qu’il neige au Mont Sombre ‘’ 

J’essaie de saisir le sens de ces vers. Mon regard se disperse, pour sa part, vers le lac qui s’est mis à bouger en minuscules vagues que le vent tatillonne. Ces vers ne sont- ils pas une signification de notre indifférence  dans notre confort quand il se passe des malheurs ailleurs ou autours de nous. Ne signifient-ils pas, au moins, de s’en occuper et de poser des gestes si minimes soient-ils ?
La  Colombe, signe de Paix, s’encrasse d’argent et d’avoir .Son plumage se couvre d’or ce qui risque de l’empêcher de voler normalement et de s’écraser. Et alors ce sont les conflits. 
Les pigeons viennent passer si près que je sens leurs coups d’ailes près de ma tête. Le cercle de feu  entre dans sa phase de métamorphose il se pare d’un teint verge d’or. Les filets ouatés des nuages le dissimulent sans le gêner. Instant éminent et affectueux.

Mon esprit gambade vers les conversations que j’ai eues la veille avec un ami. Il me disait ses difficultés et ses incompréhensions à saisir ce que veulent dire les notions, lors de l’Offertoire, de la transformation du Corps et du Sang du Christ. Il ne saisissait pas clairement les définitions données par l’Église. 

Je lui dis : 

-Selon moi je ne cherche pas à rationaliser tous ces concepts, mais une chose qui m’est venue à l’esprit, une journée lors de la messe, je me suis remémorer un souper d’adieu que nous avions eu quelques camarades et amis. Nous savions, à ce moment là que nous ne nous reverrions probablement jamais .Alors dans un geste symbolique nous avons levé nos verres en guise de notre amitié et en souvenir de tous et chacun. Lors de la Dernière Scène Jésus a fait la même chose en disant à ses disciples, réunis avant sa Passion et sa Mort sur la Croix, de se souvenir de ce geste  et leur a dit : 

-‘’ Vous ferez cela en mémoire de moi’’ 

‘’Cela’’ : le partage du pain et du vin. Geste qui subsiste encore aujourd’hui. À toutes les fois qu’il y a  l’Eucharistie c’est ce que nous nous remémorons. Son geste d’Amitié, d’Amour d’Abnégation, d’Obéissance et de Don  de soi. Un geste des plus significatifs de Compassion. Un geste de souvenir  qui nous unit à Lui. Mon ami m’a dit : 

-Vu de cette façon c’est plus simple et compréhensible.  Un vol d’outardes vient me tirer soudainement des mes pensées. Je sens leur fébrilité à être attirées par le sud. Elles pratiquent leur vol en V .Le soleil a passé du rouge à l’or .En ce mois de septembre exceptionnel il éclate brillamment. Du haut de mon perchoir j’admire amoureusement le paysage qui débouche sur l’infini. Le lac tortueux et majestueux renvoie une série d’images dignes des plus grands tableaux.

C’est Dom Guéranger (Premier Abbé du Monastère) qui a pondu la devise de l’endroit en disant :

‘’ Dans la Beauté de la Paix ‘’

et sa phrase éclate ce matin encore plus. Je ressens cette  Paix et cet équilibre dans les forces environnantes. Les oiseaux, maintenant, donnent tout un concert  des plus joyeux. La vie a repris en trémolos. Une autre belle journée sur le podium qui amènera son lot de questions et de réponses.

 Pierre D.  

Les Ailes du Temps 

Septembre 2010 

 


Archive pour 18 septembre, 2010

06:21

06:21 dans Liens lever_de_soleil

 

06:21, du rouge à l’or. 

Moment sublime et terrestre. La nature, le paysage, attendent de pied ferme leur pourvoyeur de chaleur et de lumière. La coulée de brume, vestiges de la nuit, monte en colonnes vers le zénith. Comme une sentinelle, juchée sur son rempart,  moi aussi je suis  fébrile à l’annonce de l’apparition de la boule de feu. Campé, tout en haut, de la terrasse du clocher du Monastère et je guette l’instant magnifique du lever de soleil. Quelques outardes énervées prennent leur place à la dernière minute. Un coulis de nuage s’immisce devant le point stratégique pour donner de l’effet. L’horizon se pare d’un teint pastel pâle comme fond de toile. Un pigeon vient tout proche de moi et  savoure le salut de l’astre du jour. Climax. En kaléidoscope doux , sans brusquerie les tons changent tout en gentillesse; ils déroulent le tapis rose  comme pour un personnage important.
Le naturel retient sa respiration et espère .Des oiseaux, frondeurs, piaillent dans les fonds des bois .Le lac  s’immobilise tout à coup pour donner de  l’inspiration à la scène. Encore quelques secondes et les premières notes de l’apothéose retentiront. Les dernières brumes, comme le chevaucheur des nuées, déboulent en cascades vers  le lac  qui les engouffre. Quelques unes s’accrochent aux arbustes. Tout au fond de l’apogée un clin d’œil se fait ressentir. Un court arc de cercle d’un rouge flamboyant se montre le sourcil.

Le voilà !

Les  volatiles, tout en émoi, chantent en chœur  l’entrée solennelle de leur bienfaiteur. Ils remercient Dieu de sa générosité. Je contemple cette montée graduelle. On a comme impression que le paysage change de forme et de figure .Un tourbillon de brumâtes s’élance vers le firmament comme un oiseau se lancerait vers le soleil pour se brûler les ailes. Tout s’éclaire, resplendit en toute beauté. Maintenant en face de nous un cercle parfait, rouge feu , détonne de myriades d’éclats. Les minuscules nuages à l’avant scène dessinent, sans le savoir, une colombe aux ailes vermillon et au plumage blanc neige.

Sur le lac les outardes glapissent d’allégresse et de gratitude. Les pigeons qui logent dans le clocher s’envolent par groupes de sept. Ils virevoltent tout en cadence et en chœur. Un vol exécuté à la précision. Les gouttes de rosée rougeâtres, de la nuit évanouie, perlent sur l’herbe vert tendre. L’ascension du soleil se poursuit tout en légèreté. Un autre groupe de pigeons prend son envol et croise leurs congénères. Je regarde ma montre et il est 06 :21  il y a quelques minutes nous étions aux Vigiles. Un passage d’un psaume m’est resté dans l’esprit et mon fil d’idée le reprend : 

‘’Resterez-vous au repos dans les enclos 

quand les ailes de la Colombe se couvrent d’argent 

et ses plumes d’un reflet d’or pâle :

 Quand Shaddai, là-bas, disperse des rois, 

Et qu’il neige au Mont Sombre ‘’ 

J’essaie de saisir le sens de ces vers. Mon regard se disperse, pour sa part, vers le lac qui s’est mis à bouger en minuscules vagues que le vent tatillonne. Ces vers ne sont- ils pas une signification de notre indifférence  dans notre confort quand il se passe des malheurs ailleurs ou autours de nous. Ne signifient-ils pas, au moins, de s’en occuper et de poser des gestes si minimes soient-ils ?
La  Colombe, signe de Paix, s’encrasse d’argent et d’avoir .Son plumage se couvre d’or ce qui risque de l’empêcher de voler normalement et de s’écraser. Et alors ce sont les conflits. 
Les pigeons viennent passer si près que je sens leurs coups d’ailes près de ma tête. Le cercle de feu  entre dans sa phase de métamorphose il se pare d’un teint verge d’or. Les filets ouatés des nuages le dissimulent sans le gêner. Instant éminent et affectueux.

Mon esprit gambade vers les conversations que j’ai eues la veille avec un ami. Il me disait ses difficultés et ses incompréhensions à saisir ce que veulent dire les notions, lors de l’Offertoire, de la transformation du Corps et du Sang du Christ. Il ne saisissait pas clairement les définitions données par l’Église. 

Je lui dis : 

-Selon moi je ne cherche pas à rationaliser tous ces concepts, mais une chose qui m’est venue à l’esprit, une journée lors de la messe, je me suis remémorer un souper d’adieu que nous avions eu quelques camarades et amis. Nous savions, à ce moment là que nous ne nous reverrions probablement jamais .Alors dans un geste symbolique nous avons levé nos verres en guise de notre amitié et en souvenir de tous et chacun. Lors de la Dernière Scène Jésus a fait la même chose en disant à ses disciples, réunis avant sa Passion et sa Mort sur la Croix, de se souvenir de ce geste  et leur a dit : 

-‘’ Vous ferez cela en mémoire de moi’’ 

‘’Cela’’ : le partage du pain et du vin. Geste qui subsiste encore aujourd’hui. À toutes les fois qu’il y a  l’Eucharistie c’est ce que nous nous remémorons. Son geste d’Amitié, d’Amour d’Abnégation, d’Obéissance et de Don  de soi. Un geste des plus significatifs de Compassion. Un geste de souvenir  qui nous unit à Lui. Mon ami m’a dit : 

-Vu de cette façon c’est plus simple et compréhensible.  Un vol d’outardes vient me tirer soudainement des mes pensées. Je sens leur fébrilité à être attirées par le sud. Elles pratiquent leur vol en V .Le soleil a passé du rouge à l’or .En ce mois de septembre exceptionnel il éclate brillamment. Du haut de mon perchoir j’admire amoureusement le paysage qui débouche sur l’infini. Le lac tortueux et majestueux renvoie une série d’images dignes des plus grands tableaux.

C’est Dom Guéranger (Premier Abbé du Monastère) qui a pondu la devise de l’endroit en disant :

‘’ Dans la Beauté de la Paix ‘’

et sa phrase éclate ce matin encore plus. Je ressens cette  Paix et cet équilibre dans les forces environnantes. Les oiseaux, maintenant, donnent tout un concert  des plus joyeux. La vie a repris en trémolos. Une autre belle journée sur le podium qui amènera son lot de questions et de réponses.

 Pierre D.  

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