Au-delà !

 


Au-delà ! dans Liens oiseau1

Au-delà ! 

Le jour point en toute quiétude. L’aquarelle du lever du soleil éclate . Les nuages dansent allégrement dans un ciel acceuillant.L’air embaume de ses effluves et de ses senteurs ennivrantes. Les oiseaux se sont mis au travail pour ravitailler les petits piailleurs. La nature  s’exhibe en toute beauté. La journée s’annonce chaude et humide. Ce matin Élodie  ira sarcler dans son jardin si finement entretenu.
Depuis le printemps elle en a mis des efforts de la sueur et de ses forces pour son potager .Ce carré de terre labouré ,tout au fond de son terrain, s’occupe d’elle depuis plusieurs années tout comme la réciprocité. Mais cette année elle a essayé de nouveaux  agencements qui lui réussissent bien et à merveille . Vêtue de sa salopette de travail elle prends avec elle ses instruments aratoires et s’enligne vers son chef-d’œuvre en friche. Tout en marchant allégrement elle réfléchit à elle-même : 

-Il ne faudrait pas que mes amies me voient dans cet accoutrement ,ils me ridiculiseraient avec bonhommie. Qu’importe je suis à l’aise ! 

Ses yeux se posent sur le rectangle de plantes alignées en rang d’oignons . Tout semble être en ordre comme elle l’avait laissé la veille .Aucune petite bête ou bestiole sont venues l’endommager. Elle vérifie les plants de tomates,les carrés de ciboulette et les plants rampants de concombres.Elle évalue le travail à faire et le temps qu’elle aura à passer avec ses compagnons en herbe. Enfilant ses gants elle commence son labeur  de grattage,de sarclage et de débroussaillage .
Le soleil ,bienfaisant,l’encourage. Elle fredonne un léger chant. 

Une grive joyeuse vient lui tenir compagnie et surveille les moindres proies qui pour pourraient surgir des coups de rateau. Élodie le devine et atténue ses gestes pour ne rien brusquer.Concentrée  dans son activité elle ne remarque pas l’envolée  d’outardes qui se pose dans le champs attenant à son terrain. Elles cacassent en chœur comme dans une assemblée politique . Le dialogue finit par atterir dans l’oreille de notre jardinnière qui lève la tête  et reluque ,au loin, les magnifiques oiseaux .Son regard se pose sur l’horizon, enfin.Les montagnes ,tout au fond sont invitantes. Le ciel  d’un indigo sombre resplendit majestueusement et le soleil ressemble à une perle blanchâtre dans un écrin noir.Élodie se sent saisie par cette beauté.Elle respire profondément et s’accote sur son manche de rateau. Elle prends un moment de contemplation et se dit : 

-Parfois,j’ai comme l’impression que ma vie c’est ce jardin. Je ne m’occupe que du superficiel, du temporel et de l’éphémère. Sans aller plus loin.Mais le résultat en vaut la chandelle. 

Ses yeux restent suspendus à la clôture qui sépare son terrain et l’immense champs de l’autre côté qui débouche sur le grandiose paysage tout au fond : 

-Mais qu’est ce que j’attends pour y aller. Qu’est ce que j’attends pour aller me fondre dans cet aurore ? Pendant toutes ces années je ne me suis préoccupé que du superficiel, de mon image ;de l’image que je voulais bien montrer aux autres tout comme mon habillement de ce matin.S’occuper des quand dira-t-on et de l’opinion des autres .Mais moi mon opinion qu’elle est -elle ? Quelles sont mes convictions et mes croyances ?En  fait,qui suis-je ? 

Tout en méditant ces phrases qui émergent de sa pensée, Élodie vit une euphorie jamais ressentie à ce jour . Les outardes prennent leur envol,elle les regarde s’éloigner et former leur V ancestral. Une strophe d’un psaume lui vient à l’idée : 

’Je prends les ailes de l’aurore
et me pose au-delà des mers)’’
 

Simultanément son regard s’enfuit au-delà des montagnes et de la mer. Pendant un moment elle n’est  plus à s’occuper de ses plants de tomates, sa laitue et ses  pommes de terre. La grive, pour sa part, lui lance son chant quémandeur; sa famille a faim. 

Élodie sent tout son corps emporté vers la lumière; au-delà. Elle s’imagine partie inhérente à ce vol d’oiseaux tergiversant vers le creux de l’horizon. Le vent caresse ses ailes et son dos. Elle laisse son imagination voyager au son de ses congénères vers le firmament. Elle est devenue oiseau; pour l’instant .Elle regarde vers le sol et se voit du haut des airs, accotée sur son râteau, perdue dans ses pensées. Elle entrevoit sa maison et son jardin. La sensation en est une divine. L’horizon n’a plus de limite maintenant. Dans son vol elle a le goût de faire des virevoltes des tonneaux et des acrobaties aériennes. Elle sent la douce brise couler sur les plumes de son dos. Le paysage terrestre lui sert de boussole. En un moment elle a parcouru toute la plaine. Élodie se sent libre et frivole. Son périple l’emporte vers une destination inconnue. Elle se laisse bercer, à présent, par les contrevents venant s’enticher dans ses ailes. Comme une pilote de chasse elle utilise cette force pour se propulser encore plus haut au firmament. Elle se dit : 

-Ça doit être ça le Paradis ! Plus de poids, d’image, de comparaisons et haine. Plus de souffrance ni d’indifférences et de rejet. Plus de peine ; que de l’amour et de la compassion. Un état constant de légèreté et de lumière. Un glissement parfait sur des sentiers de douceurs. 

Ses ailes la portent, maintenant vers le retour à la terre, sa terre. Son imagination est ses pensées se croisent lorsqu’elle voit au pied de cette clôture frontière une jolie fleur jaune moutarde se débattre dans des hautes herbes étouffantes. Élodie se penche et  fais de l’oxygène  à la fleurette qui exalte à la vie : 

-Tiens-lui dit-elle- tu seras la gardienne  de mon secret d’envol d’aujourd’hui. Seulement toi, moi et Dieu qui sauront. 

Soupirant profondément, Élodie se remet à l’ouvrage avec courage et détermination au grand bonheur de son amie la grive. Le soleil darde et elle doit arroser ses plants avant qu’il ne prenne trop de force. Tendant son regard au loin, Élodie recueillie, sent un nouveau souffle à sa vie. Elle ne peut définir la teneur  de ce vent intérieur mais elle est prête à refaire le périple. Elle contemple son travail et en est fière : 

-Nous aurons de bons légumes, encore cette année. 

 

Pierre D. 

Les Ailes du Temps 

Laval, 14 novembre 2010. 

 


Archive pour 14 novembre, 2010

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Le jour point en toute quiétude. L’aquarelle du lever du soleil éclate . Les nuages dansent allégrement dans un ciel acceuillant.L’air embaume de ses effluves et de ses senteurs ennivrantes. Les oiseaux se sont mis au travail pour ravitailler les petits piailleurs. La nature  s’exhibe en toute beauté. La journée s’annonce chaude et humide. Ce matin Élodie  ira sarcler dans son jardin si finement entretenu.
Depuis le printemps elle en a mis des efforts de la sueur et de ses forces pour son potager .Ce carré de terre labouré ,tout au fond de son terrain, s’occupe d’elle depuis plusieurs années tout comme la réciprocité. Mais cette année elle a essayé de nouveaux  agencements qui lui réussissent bien et à merveille . Vêtue de sa salopette de travail elle prends avec elle ses instruments aratoires et s’enligne vers son chef-d’œuvre en friche. Tout en marchant allégrement elle réfléchit à elle-même : 

-Il ne faudrait pas que mes amies me voient dans cet accoutrement ,ils me ridiculiseraient avec bonhommie. Qu’importe je suis à l’aise ! 

Ses yeux se posent sur le rectangle de plantes alignées en rang d’oignons . Tout semble être en ordre comme elle l’avait laissé la veille .Aucune petite bête ou bestiole sont venues l’endommager. Elle vérifie les plants de tomates,les carrés de ciboulette et les plants rampants de concombres.Elle évalue le travail à faire et le temps qu’elle aura à passer avec ses compagnons en herbe. Enfilant ses gants elle commence son labeur  de grattage,de sarclage et de débroussaillage .
Le soleil ,bienfaisant,l’encourage. Elle fredonne un léger chant. 

Une grive joyeuse vient lui tenir compagnie et surveille les moindres proies qui pour pourraient surgir des coups de rateau. Élodie le devine et atténue ses gestes pour ne rien brusquer.Concentrée  dans son activité elle ne remarque pas l’envolée  d’outardes qui se pose dans le champs attenant à son terrain. Elles cacassent en chœur comme dans une assemblée politique . Le dialogue finit par atterir dans l’oreille de notre jardinnière qui lève la tête  et reluque ,au loin, les magnifiques oiseaux .Son regard se pose sur l’horizon, enfin.Les montagnes ,tout au fond sont invitantes. Le ciel  d’un indigo sombre resplendit majestueusement et le soleil ressemble à une perle blanchâtre dans un écrin noir.Élodie se sent saisie par cette beauté.Elle respire profondément et s’accote sur son manche de rateau. Elle prends un moment de contemplation et se dit : 

-Parfois,j’ai comme l’impression que ma vie c’est ce jardin. Je ne m’occupe que du superficiel, du temporel et de l’éphémère. Sans aller plus loin.Mais le résultat en vaut la chandelle. 

Ses yeux restent suspendus à la clôture qui sépare son terrain et l’immense champs de l’autre côté qui débouche sur le grandiose paysage tout au fond : 

-Mais qu’est ce que j’attends pour y aller. Qu’est ce que j’attends pour aller me fondre dans cet aurore ? Pendant toutes ces années je ne me suis préoccupé que du superficiel, de mon image ;de l’image que je voulais bien montrer aux autres tout comme mon habillement de ce matin.S’occuper des quand dira-t-on et de l’opinion des autres .Mais moi mon opinion qu’elle est -elle ? Quelles sont mes convictions et mes croyances ?En  fait,qui suis-je ? 

Tout en méditant ces phrases qui émergent de sa pensée, Élodie vit une euphorie jamais ressentie à ce jour . Les outardes prennent leur envol,elle les regarde s’éloigner et former leur V ancestral. Une strophe d’un psaume lui vient à l’idée : 

’Je prends les ailes de l’aurore
et me pose au-delà des mers)’’
 

Simultanément son regard s’enfuit au-delà des montagnes et de la mer. Pendant un moment elle n’est  plus à s’occuper de ses plants de tomates, sa laitue et ses  pommes de terre. La grive, pour sa part, lui lance son chant quémandeur; sa famille a faim. 

Élodie sent tout son corps emporté vers la lumière; au-delà. Elle s’imagine partie inhérente à ce vol d’oiseaux tergiversant vers le creux de l’horizon. Le vent caresse ses ailes et son dos. Elle laisse son imagination voyager au son de ses congénères vers le firmament. Elle est devenue oiseau; pour l’instant .Elle regarde vers le sol et se voit du haut des airs, accotée sur son râteau, perdue dans ses pensées. Elle entrevoit sa maison et son jardin. La sensation en est une divine. L’horizon n’a plus de limite maintenant. Dans son vol elle a le goût de faire des virevoltes des tonneaux et des acrobaties aériennes. Elle sent la douce brise couler sur les plumes de son dos. Le paysage terrestre lui sert de boussole. En un moment elle a parcouru toute la plaine. Élodie se sent libre et frivole. Son périple l’emporte vers une destination inconnue. Elle se laisse bercer, à présent, par les contrevents venant s’enticher dans ses ailes. Comme une pilote de chasse elle utilise cette force pour se propulser encore plus haut au firmament. Elle se dit : 

-Ça doit être ça le Paradis ! Plus de poids, d’image, de comparaisons et haine. Plus de souffrance ni d’indifférences et de rejet. Plus de peine ; que de l’amour et de la compassion. Un état constant de légèreté et de lumière. Un glissement parfait sur des sentiers de douceurs. 

Ses ailes la portent, maintenant vers le retour à la terre, sa terre. Son imagination est ses pensées se croisent lorsqu’elle voit au pied de cette clôture frontière une jolie fleur jaune moutarde se débattre dans des hautes herbes étouffantes. Élodie se penche et  fais de l’oxygène  à la fleurette qui exalte à la vie : 

-Tiens-lui dit-elle- tu seras la gardienne  de mon secret d’envol d’aujourd’hui. Seulement toi, moi et Dieu qui sauront. 

Soupirant profondément, Élodie se remet à l’ouvrage avec courage et détermination au grand bonheur de son amie la grive. Le soleil darde et elle doit arroser ses plants avant qu’il ne prenne trop de force. Tendant son regard au loin, Élodie recueillie, sent un nouveau souffle à sa vie. Elle ne peut définir la teneur  de ce vent intérieur mais elle est prête à refaire le périple. Elle contemple son travail et en est fière : 

-Nous aurons de bons légumes, encore cette année. 

 

Pierre D. 

Les Ailes du Temps 

Laval, 14 novembre 2010. 

 

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