Merci….mille fois merci….!

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Merci….mille fois merci….! 

2010 s’achève  et se pointe  2011. Que dire sinon : merci ! 

Merci d’être là et de  lire mes écrits .Merci  des quelques instants que vous accordez  à des mots, des phrases qui  s’étiolent tout au long des feuilles de papier. Merci à Dieu pour ce don. 

Je vous souhaite encore beaucoup d’instants de bonheur, de Paix et de Lumière pour l’année qui vient. Et en avant pour  la suivante ! 

Pierre D. 

Les Ailes du  Temps. 

’ Je prends les ailes de l’aurore et  me pose au-delà des mers’’
                                                                  Ps.138-1 

 


Archive pour décembre, 2010

Réfractions.

Réfractions. dans Liens Snow1

 

Réfractions. 

Au hasard de ma marche il m’interpelle, majestueux, magnifique tout de blanc vêtu. Les rayons du soleil à son levant  dégoulinent sur ses branches enduites du duvet neigeux de la dernière précipitation. Le silence qui clame son existence dans la forêt entoure en spirale l’harmonie matinale. L’air est bon, doux et soyeux. Les oiseaux festoient le lever du jour et saluent le sublime. Je m’immobilise face à ce centenaire vigoureux jusqu’à ses extrêmes. J’examine tous ces menus détails de ses ramifications. L’extase me gagne. Une apothéose magique me submerge. Le ciel bleu, en toile de fond, jure aux moindres minuscules couleurs du chêne. Le tronc du vénérable musclé montre les cicatrices de son âge. Le sentier par lequel je suis arrivé, couvert de neige et de mes pas, sillonne vers une ouverture rassurante .Il n’y a pas âme qui vive ici pour le moment  sauf quelques ailés perturbateurs. Ce sont des corbeaux piailleurs en quête de pitance. La beauté du spectacle indique de les ignorer pour l’instant .Tout en haut, caché dans un nid de feuilles, un écureuil déblaie de la neige son entrée. Un geai bleu, par un cri strident signale sa présence. Stoïque, comme une statue, je me fonds dans le tableau. Des mésanges inconscientes du subterfuge viennent caquasser près de mes pieds. Ma respiration devient invisible. 

Les corbeaux, pour leur part, viennent s’amonceler sur les branches. Leur chant rauque détonne dans l’ombre du silence de la forêt. Le soleil interpénètre l’arbre pour lui donner une sensation d’immense brasier hivernal. J’en suis en mes réflexions profondes lorsque je sens une présence à quelques mètres de moi .Je ne me retourne pas sur le champ et je ne m’inquiète pas outre mesure. Les corbeaux, étalés sur plusieurs branches du chêne, forment comme une portée de chant grégorien. Dans mon esprit je joue les notes des quatuors. Une mélodie y semble graver mais je donne ma langue au chat. 

Mes yeux suivent le fugace  chemin et je fais un demi-tour sur moi-même pour apercevoir la présence que je ressentais à mes côtés. Elle aussi  admire la sublime beauté du décor. Je lui fais signe de la tête en guise de salut elle me répond réciproquement et avec un léger sourire. J’entame quelques brides de conversation : 

-Vous aussi vous aimez les aurores et ses silences uniques ? 

Elle me répond tout en douceur : 

-Oui c’est le temps que je préfère de toute la journée. Tout se réveille et revit. Les ténèbres vont immigrer dans leurs antres. Vous admirez l’ancêtre des lieux ? Colossal ne trouvez-vous pas ? Il a fière allure ce bon sire. S’il pouvait exprimer mot il en aurait long à dire. Mais par sa prestance il n’a pas besoin de mots .Ce sont comme les humains à qui l’ont dit : ‘’ Ce que vous êtes parle si fort que nous n’entendons pas ce que vous dites ‘’. Et  nous pouvons le constater des deux sens. 

Je muris cette dernière phrase et, poliment, je dis  à mon interlocutrice : 

-Mon nom est Pierre et je suis heureux de vous rencontrer par un si beau matin. 

Elle enlève son gant et me tends la main en me disant : 

-Je suis Prudence. Enchantée. 

J’enlève à mon tour mon gant et lui serre la main. Nous remettons nos gants car le froid pénètre. Nous retournons vers  le prince des lieux. 

Tout en silence nous laissons nos  esprits, en prière, nous emmitouflés. Les corbeaux ont déserté les branches du chêne. Des gais bleus ont pris la relève. Les rayons jaunâtres du soleil parcourent les pourtours des branches à la recherche de la perfection. Tous les feuillus dénudés autours du chêne semblent être en réflexion eux aussi. Je regarde Prudence et lui demande : 

-Avez-vous passé la Noel avec votre famille ? 

Elle rétorque : 

-Non, je passe les fêtes seule et c’est un choix de vie. Je n’aime guère toutes ces rencontres bruyantes et, souvent, dénuées du vrai sens de la Solennité. Je préfère être en prière, en  méditation et en contemplation. Je préfère être personne pour personne et je m’en sens d’autant mieux. Beaucoup de gens ne saisissent pas ce que cela signifie et je les bénis. Ne rien recevoir et donner voilà ma façon de voir .Qu’en pensez vous ? 

Je regarde la jeune femme aux yeux émeraude et lui dis : 

-Tiens donc ! Nous sommes deux à présent.
Et je suis persuadé qu’il existe de par le monde des frères et des sœurs comme nous qui vivons essentiellement la même chose. Quand nous en aurons fini de cette vie terrestre nous n’emporterons pas le matériel mais bien nos valeurs spirituelles. Les valeurs de l’âme .C’est ce que le Christ est venu nous dire. Mais ces paroles sont évincées de nos fêtes aujourd’hui. 

Prudence regarde le chêne resplendir aux coups de rayons du soleil ascendant dans le ciel. Les geais entament une suite de notes concordantes.  Toute la forêt, maintenant, exulte la sérénité. Le silence plane tel un oiseau en vol de cascades. J’ouvre les lèvres et exprime : 

-Vous portez le nom d’une des plus belles vertus : prudence. 

 

Elle me sourit : 

-Ma mère aimait ce nom elle m’y a collé à ma naissance .Étant enfant elle me disait constamment : ‘’ sois comme ton nom et il ne t’arrivera rien.’’ Et j’ai suivi ses conseils. La prudence  vis-à-vis de nos gestes, de nos dires et de nos relations. Il vaut mieux utiliser la prudence que la méfiance; car là où il y a méfiance il n’y a pas d’amour. Là où la méfiance règne le déséquilibre règne. Et, pour en revenir en équilibre, l’amour nous sert de balancier. 

Un profond silence respectueux s’étiole entre nous deux. Le vieux chêne semble d’accord. Un bref nuage frondeur passe devant le soleil pour en cacher sa splendeur ce qui a pour effet de donner une autre dimension aux branches enneigées de notre arbre. De minuscules détails ressortent à notre grande surprise : 

-Même dans l’ombre  la beauté s’y trouve. – Dis-je spontanément.- 

Je remonte le collet de mon manteau et me prépare à quitter les lieux .Je regarde, encore une fois, Prudence  et la remercie de sa présence du matin. Elle me répond par un léger sourire et me  salue. Je fixe une dernière fois le chêne et remercie le Seigneur de nous donner tant de beauté et de bienfaits. Les mésanges m’accompagnent jusqu’à la sortie, à l’orée du bois .Je respire profondément et m’engage prudemment sur le sentier de retour. 

‘’ Je prends les ailes de l’aurore et  me pose au-delà des mers’’
                                                                                    Ps.138-1 

  Pierre D. 

Les Ailes du Temps 

Laval 

26 décembre 2010                                         

 

Pourquoi à nous ?

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Pourquoi à nous ? 

Mes paupières, encore toutes alourdies de sommeil, tardent à s’ouvrir. Bien immergés dans ma couchette douillette et enveloppé de mes peaux de mouton je m’accroche, encore, aux restes de rêves qui me submergent. Gaëlle, ma petite sœur, s’approche de moi. Elle me frôle la joue de sa main givrée et insiste pour je me lève. La nuit désertique nous enserre de son étreinte. Gaëlle me dit : 

- Mikael, réveille-toi. Lèves toi et viens voir. Viens. 

Se tenant en face de moi, elle me cache de ce qui semble être une pâle lumière blafarde .Je sors mon bras des couvertures et lui dit tout en douceur : 

-Tu m’empêche de voir Gaëlle, qu’est ce que c’est cette lumière ? Nous ne sommes pas le matin .Que se passe-t-il ? Où sont papa et maman ? 

Gaëlle prends dans ses bras mon petit agneau surgissant des couvertures et le place sous son vêtement pour l’empêcher d’avoir froid. En même temps elle me montre l’éclat de la lumière à l’extérieur de la tente .Une lumière blanche, douce et rassurante flotte dans la nuit encore toute noire. 

Ma curiosité d’enfant me pousse en bas de mon lit et me dirige vers la sortie de la tente .Gaëlle me suit de près comme à son habitude. J’entrouvre les pans de la tente, cette lumière aveuglante sur le coup devient illuminante . Nos yeux s’y familiarisent en douceur .Papa et maman sont debout et observent une personne tout de blanc vêtue. Son visage, passible  et d’une délicatesse sereine s’adresse  aux bergers qui sont réunis en demi cercle. Il leur dit  que dans une grotte, près de Bethléem, est né un enfant mâle, le Sauveur annoncé depuis des milliers d’années. Il leur indique le chemin en leur pointant une étoile qui émet un rayon  tout comme une boussole. Je regarde vers le firmament parsemé d’étoiles et y aperçois cet astre magnifique qui lance son faisceau .Gaëlle se serre contre moi tout en caressant la tête de l’agneau venant, lui aussi ,aux nouvelles. Papa regarde maman et lui dit : 

-Allons-y avec les enfants .Viens Mikael et toi aussi Gaëlle. 

Le groupe de bergers se dirige d’un pas assuré vers l’endroit indiqué par le rayon blanchâtre de l’étoile. La nuit est froide .Nous nous  agrippons aux vêtements de nos parents et suivons à qui mieux mieux. Ma petite sœur me redonne mon petit agneau devenu trop lourd et encombrant pour elle. Je l’enfoui sous mes vêtements tout au chaud. Il me réchauffe tout à la fois .Chemin faisant je me rapproche de mon père et lui demande : 

-Papa   allons-nous ? Où nous dirigeons-nous ? Qui allons- nous voir ? Qui était la personne qui nous a parlé ? 

Mon père, voyant notre curiosité et nos inquiétudes nous prends dans ses bras et répond : 

-Celui que nous allons voir c’est le Fils de Dieu que nous ont annoncé les prophètes depuis des années et des années. C’est le Roi d’Israël, c’est le Sauveur qui nous est né. Nous allons lui rendre hommage  et lui apporter des choses pour le réconforter  Lui, sa mère et son père. Nous avons amené du lait de chèvre, des peaux de mouton et du pain. 

La nuit coule doucement sur la vallée. L’éclat de la lumière réchauffe nos cœurs tout en s’approchant de la grotte. Je pose encore des questions à mon père qui nous a déposés par terre, moi et Gaëlle: 

-Mais papa si c’est un Roi, comme tu dis, pourquoi n’est –il pas venu au monde dans un grand château ? Pourquoi  en plein désert ? Et pourquoi  Il s’annonce à nous ? Et pourquoi pas aux Rois et aux Princes de ce monde ? Pourquoi à nous ? Nous n’avons rien et nous sommes des reclus de la société .Nous sommes méprisés de tous et  c’est à nous qu’il vient. Nous sommes des pauvres bergers sans possession. 

Ma mère reprend la parole : 

Mon beau petit Mikael tu en poses des questions. Tu les lui demanderas à Lui et surement qu’il va te répondre. 

-Mais maman ce n’est qu’un bébé, il ne pourra pas me répondre. 

Ma mère regarde mon père et un sourire complice s’installe entre eux. La grotte est à la portée de la main Plus que quelques dizaines de pas à faire et nous y sommes. Le froid nous transit. Mon agneau s’est enfoui, à nouveau, la tête dans mon vêtement .Le sable  se froisse sous nos pas. Nous sommes comme hypnotisés par
l’illumination qui émane de la petite grotte .Nous apercevons un couple  accroupi près d’un petit berceau de fortune rempli de paille fait d’une mangeoire d’animal. Un enfant emmailloté dort paisiblement. Notre groupe  s’immobilise et tous nous nous mettons sur nos genoux. La mère de l’enfant, encore ses traits tirés de la fatigue de l’accouchement, baisse les yeux sur  le bébé l’enveloppant du doux regard d’une mère. Le père assis  près du berceau veille .Mon père et ma mère offrent à la mère le lait et les peaux. Les autres bergers offrent à leur tour quelques victuailles. Nous regardons l’enfant qui a ouvert les yeux en guise de remerciement. Il règne dans la grotte une plénitude et une quiétude sécurisante .Un silence affectueux plane de toutes ses ailes. 

 

Mes questions sans réponses, à présent, sont presque toutes résolues. Nous ne sentons plus la froidure de la nuit et les affres de notre ignorance .Un plus pauvre que nous vient nous montrer la Voie. Je m’approche du berceau mais ma mère me retient. La mère de l’enfant couché dans la mangeoire me fait un signe approbateur. Ma mère me laisse aller vers Lui. Je m’approche à pas calfeutrés et me penche sur  l’auge. L’enfant ouvre à demi les yeux et son regard me pénètre profondément comme s’il me parlait .Une sensation de bien-être m’envahit tout au fond de mon cœur. Gaëlle me prend la main et sourit. J’ose toucher à la petite main du poupon  qui me saisit le doigt. Un frisson me coule dans les cheveux. Mon petit agneau émet un minuscule bêlement. En un éclair c’est comme si je voyais la création du Seigneur .Mon père demande le nom de l’enfant. La mère lui répond avec  douceur : 

-Nous l’appellerons Jésus. 

Je saisi mon petit agneau blanc, tout à fait réveillé maintenant, et le dépose aux pieds de l’enfant couché dans la mangeoire pour le tenir au chaud; sous l’œil consentant  de mes parents. Un sourire délicat émane du petit visage du nouveau né. Nous restons encore quelques temps avec  cette petite famille. Mon père nous donne le signal du départ. Soudés, tous ensembles, nous nous redirigeons  vers notre campement tout en entendant les dernières notes des flûtes des bergers qui rendent hommage à l’enfant Dieu. Chemin faisant je demande à mon père : 

-Papa que va –t-il lui arriver à Jésus ? Où vont-ils aller ? 

-Mikael – me dit mon père – nous allons laisser Dieu faire son œuvre. 

Le jour se prépare à poindre. Un nouveau jour se lève pour la fin des temps. 

Pierre D. 

Les Ailes du Temps 

Laval, 13 décembre 2010. 

 

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