Des ténèbres vers la Lumière

Des ténèbres vers la Lumière dans Liens rose

Des ténèbres vers la Lumière 

Mes esquisses s’empilent les unes sur les autres. Travail de patience . Difficile d’essayer de dessiner un arbre si on a pas la main .Je ne me décourage pas et essaye un autre essais . Installé confortablement face au mastodonte tout en feuille ,je le déshabille dans sa structure y recherchant le contours de ses branches et5 les prémices de son squelette. Le soleil de juillet ,aidant, l’ombre devient une denrée rare. Je suis satisfait de mon emplacement sur le gazon fraichement coupé du petit parc attenant à la rivière . Des promeneurs déambulent lentement badinant avec les coulis de chaleur. Adossé a un érable, ce dernier m’arrose de son ombre bienfaisante . Mon point de vue artistique n’en est pas moins déprécié. J’examine ,encore une fois, les menus détails de mon géant de bois . A sa base un ‘y’ se dénonce de lui-même . J’imagine l’énorme fronde qu’on pourrait y sculpter .J’y vais donc avec ce détail important . Je laisse glisser sur ma feuille blanche mon crayon-fusain. L’âme de l’arbre commence à apparaître. Heureux du résultat je poursuis. Je grimpe tout là-haut en suivant les branches principales. Un grillon saute sur ma feuille et je me dis : -Tiens ! Un critique d’art en herbe . 

Je le laisse aller à ses déclarations de frottements d’ailes et trace une courbe sinueuse de branches entremêlées amoureusement . Mon grillon déguerpit aussi vite qu’il est apparu. Il a surement dû apercevoir les cardinaux piailleurs dans les branches des cèdres tout juste à côté. 

Je lève les yeux et fixe mon regard sur la pelouse ou sont installés plusieurs personnes . Tout est calme, serein et méditatif. Une dame ,couchée sur une couverture semble apprécier son bouquin d’une épaisseur inimaginable. Un couple s’entrelace affectivement ;les gens sont heureux. Les oiseaux gazouillent doucement s’adjoignant les petits cris perçants des grillons et des cigales.  Les colonnes de chaleur embaument les effluves douces et suaves des fleurs sauvages. Je retourne a mon croquis et rajoute quelques lignes aux branches dénudées . J’entends ,non loin de moi, des voix qui s’approchent .Une de ces voix donne des directives et l’autre approuve .Mon attention se porte sur l’envolée de canards sur le miroir de la rivière. Je replonge sur ma feuille et complète une section apparente de mon arbre . A l’endroit, où je suis installé, on ne me voit presque pas du petit chemin, ni de la pelouse .Je me fais discret ne voulant pas être dérangé et déranger. Concentré sur mon dessin ,mes oreilles captent la conversation des gens assis a l’arrière de la petite haie de cèdres. 

Je crois distinguer une voix féminine et une voix plus jeune d’un homme .  -Es-tu confortable ? As-tu besoin de quelque chose ? As-tu chaud ?  La dame se fait insistante . Le jeune homme répond un peu impatient: 

-Je suis bien comme ça maman ;assis toi et profites de la beauté du paysage .  Un silence secret s’installe entre les deux . Je poursuis fébrilement mon dessin . Une petite mésange , à son tour ,vient écornifler mon chef-d’œuvre au dessus de mon épaule . Elle disparaît sans demander son reste . Les voix reprennent en conversion banale sur les membres de leur famille . La dame lance ses inquiétudes aux oreilles du jeune homme . J’entends ce dernier respirer bruyamment . 

-Es-tu bien assis dans ta chaise ? Tu sais ,on pourrait la déplacer ou te coucher par terre si tu veux . Ton coussin est bien en place ? As-tu mis les freins de ton fauteuil roulant ? 

Je viens de comprendre que le jeune homme est en fauteuil roulant . Au travers des branches de la haie j’essaie d’entrevoir la mère et son fils . J’y parviens en me déplaçant un peu vers ma droite . Je ne laisse pas paraître ma présence pour ne pas faire éclore mon indiscrétion. Le soleil , a son plus haut , darde de ses rayons sur les feuilles lisses des peupliers . Un pigeon vient se dandiner sur la pelouse y cherchant quelque pitance . Le jeune homme demande a sa mère :  -Est-ce que la bouteille d’eau est à proximité ;j’ai soif . 

Sa mère lui tends le contenant et lui demande s’il veut une paille . Il refuse :  -Maman je ne suis plus un enfant ! Cesse s’il te plait de me traiter de la sorte . Le chant des grillons recouvre le cris joyeux des enfants dans le parc au loin.
La mère reprend : 

-Je ne te prends plus pour un enfant Richard mais quelques fois tu agis comme si tu en étais resté un. Nous devons porter des gants blancs pour te parler . Tout ce que nous désirons c’est de t’aider et, toi, tu t’y refuses .
Je comprends fort bien ta position ,depuis toutes ces années ,mets-toi à notre place pour une fois . 
J’entends l’homme grommeler des phrases inaudibles. Je sens qu’il y a de la tension dans l’air pour ces deux là , je demeure à l’écart avec mes élucubrations de pseudo artiste .Encore un petit coup de crayon ici et là. Je rallonge les branches et rajoute des petites branchettes secondaires. Je suis absorbé par mon travail lorsque l’orage de paroles du jeune homme éclate: 

-Un enfant, un enfant tu crois toujours que je suis le bébé difforme venu au monde il y a trente-cinq ans. Tu me couves comme une mère poule de peur qu’il ne m’arrive des malheurs. J’étouffe maman là-dedans; j’étouffe . Je n’ai pas moyen de pouvoir décidé ce que je voudrais que tu es toujours sur me pénates pour diriger ma vie. Tu me fais sentir le poids de mon infirmité par toutes tes attentions .Pourquoi suis-je venu au monde handicapé de la sorte , Je ne vis pas une vie normale comme tous ces gens qui sont ici cet après-midi. 

Un sanglot vient écorcher au passage les quelques récriminations que le jeune homme lance à la figure de sa mère . Je me sens mal à l’aide d’être partie prenante indirecte de cette conversation entre une mère et son fils . La mère veut objecter : 

-Mais Richard… 

Le fils lui coupe carrément la parole : 

-Laisses moi continuer ! Ça fait trop longtemps que j’ai ça sur le cœur . Depuis plusieurs années que j’accumule et me renfrogne. Combien de fois , par découragement , je voulais en finir . Combien de fois me suis-je posé la question du  ‘ qu’est-il arrivé’ pour que j’en sois réduit a vivre dans ce fauteuil roulant toute ma vie . Je ne l’accepte pas , maman. Je ne m’accepte pas .Je suis difforme et incapable de poser de simples gestes ,que vous êtres humains dit normaux , faites tous les jours. Et tu viens me narguer et m’imposer tes vues sur ma vie et comment je devrais la vivre . 

Richard, incapable de continuer , s’arrête et renifle doucement .Ses paroles ont dépassé sa pensée. Il regarde sa mère la tête détournée vers un saule pleureur majestueux. Les larmes glissent sur les bourrelets de ses joues. Ils gardent un profond silence empreint de culpabilité. Je respire tout doucement et espère ardemment que ces deux là vont se rejoindre dans la Lumière Divine de la Paix . 

Mon arbre a beaucoup d’allure .Une coccinelle vient s’y nicher a mon grand plaisir . 

La mère reprends: 

-Puis-je parler maintenant ? As-tu sorti tout ton fiel envers moi ? Oui je suis maternelle avec toi et il est vrai que je cherche ton confort mais je ne le fais pas pour contrôler; pour te contrôler. Il est vrai aussi que j’empiète beaucoup sur ton autonomie c’est probablement ma façon à moi de me sentir moins coupable vis à vis toi et ta condition. Laisse moi te dire ceci ; lorsque tu es venu au monde et que de mon ventre tu es sorti et lorsque le médecin m’a annoncé que tu ne marcherais jamais c’est comme un coup de poignard au cœur que j’ai reçu. A près l’accouchement ils voulaient m’amener te voir et j’ai refusé. Dans la nuit je suis allée de moi même à la pouponnière , je t’ai pris dans mes bras .Tu m’as souris de ton sourire de nouveau-né je t’ai enfoui tendrement sur mon épaule et ton souffle me chantait une berceuse d’amour . Une pensée m’a traversé l’esprit cette nuit là en me disant que jamais, ,jamais je ne t’abandonnerais . J’ai agi comme toute mère l’aurait fait. 

   Une quiétude doucereuse flotte maintenant  dans les airs . Des soupirs surgissent des buissons  ravalés par des jaseurs  des cèdres indiscrets. Hypnotisé par ma gravure  je lui trouve fière allure . Pas un Marc-Aurèle Fortin mais un petit chef-d’œuvre à ma  dimension. Une famille de canards vient constater où en sont les hostilités. Ils déambulent prudemment vers les berges de la rivière . Une voix, celle de Richard  en bémol , rentrouvre le dialogue : 

- Excuses-moi maman  je ne voulais pas te faire de peine. Tu es la meilleure amie que je n’aurai jamais eu de toute ma vie . Je sais que tu as toujours été présente pour moi et combien de jours, de nuits  en  souffrances as-tu vécu ? Je suis enclin à oublier ça. Tu sais ,un de mes amis me disait l’autre jour que lorsqu’on se sent coupable on ignore Dieu. La culpabilité devient notre Dieu. 

Sa mère attends qu’il   finisse  et reprends : 

-C’est moi qui s’excuse mon Richard parfois l’amour peut devenir très étouffant comme tu dis . Je ne suis pas responsable de ta condition comme toi tu ne l’es pas non plus .Tu es un humain à part entière et à l’avenir j’essaierai de mettre cela encore plus en pratique .
Aujourd’hui est le premier jour du reste de notre vie ? Qu’en penses-tu ? 

Richard déplace sa chaise vers sa mère et cette dernière s’assoie sur ses genoux l’enserrant de ses bras . 

Je suis adossé à l’érable la tête dans les nuages et une larme glisse sur ma joue. Je l’essuie vivement et  retourne à mon croquis. Les canards ,sortis de on ne sait où, font un amerrissage extraordinaire sur l’onde.  Le ciel est bleu d’azur ;aucun orage à l’horizon. 

Pierre D. 

Les Ailes du Temps 14 janvier 2011 

 


Archive pour janvier, 2011

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Mes esquisses s’empilent les unes sur les autres. Travail de patience . Difficile d’essayer de dessiner un arbre si on a pas la main .Je ne me décourage pas et essaye un autre essais . Installé confortablement face au mastodonte tout en feuille ,je le déshabille dans sa structure y recherchant le contours de ses branches et5 les prémices de son squelette. Le soleil de juillet ,aidant, l’ombre devient une denrée rare. Je suis satisfait de mon emplacement sur le gazon fraichement coupé du petit parc attenant à la rivière . Des promeneurs déambulent lentement badinant avec les coulis de chaleur. Adossé a un érable, ce dernier m’arrose de son ombre bienfaisante . Mon point de vue artistique n’en est pas moins déprécié. J’examine ,encore une fois, les menus détails de mon géant de bois . A sa base un ‘y’ se dénonce de lui-même . J’imagine l’énorme fronde qu’on pourrait y sculpter .J’y vais donc avec ce détail important . Je laisse glisser sur ma feuille blanche mon crayon-fusain. L’âme de l’arbre commence à apparaître. Heureux du résultat je poursuis. Je grimpe tout là-haut en suivant les branches principales. Un grillon saute sur ma feuille et je me dis : -Tiens ! Un critique d’art en herbe . 

Je le laisse aller à ses déclarations de frottements d’ailes et trace une courbe sinueuse de branches entremêlées amoureusement . Mon grillon déguerpit aussi vite qu’il est apparu. Il a surement dû apercevoir les cardinaux piailleurs dans les branches des cèdres tout juste à côté. 

Je lève les yeux et fixe mon regard sur la pelouse ou sont installés plusieurs personnes . Tout est calme, serein et méditatif. Une dame ,couchée sur une couverture semble apprécier son bouquin d’une épaisseur inimaginable. Un couple s’entrelace affectivement ;les gens sont heureux. Les oiseaux gazouillent doucement s’adjoignant les petits cris perçants des grillons et des cigales.  Les colonnes de chaleur embaument les effluves douces et suaves des fleurs sauvages. Je retourne a mon croquis et rajoute quelques lignes aux branches dénudées . J’entends ,non loin de moi, des voix qui s’approchent .Une de ces voix donne des directives et l’autre approuve .Mon attention se porte sur l’envolée de canards sur le miroir de la rivière. Je replonge sur ma feuille et complète une section apparente de mon arbre . A l’endroit, où je suis installé, on ne me voit presque pas du petit chemin, ni de la pelouse .Je me fais discret ne voulant pas être dérangé et déranger. Concentré sur mon dessin ,mes oreilles captent la conversation des gens assis a l’arrière de la petite haie de cèdres. 

Je crois distinguer une voix féminine et une voix plus jeune d’un homme .  -Es-tu confortable ? As-tu besoin de quelque chose ? As-tu chaud ?  La dame se fait insistante . Le jeune homme répond un peu impatient: 

-Je suis bien comme ça maman ;assis toi et profites de la beauté du paysage .  Un silence secret s’installe entre les deux . Je poursuis fébrilement mon dessin . Une petite mésange , à son tour ,vient écornifler mon chef-d’œuvre au dessus de mon épaule . Elle disparaît sans demander son reste . Les voix reprennent en conversion banale sur les membres de leur famille . La dame lance ses inquiétudes aux oreilles du jeune homme . J’entends ce dernier respirer bruyamment . 

-Es-tu bien assis dans ta chaise ? Tu sais ,on pourrait la déplacer ou te coucher par terre si tu veux . Ton coussin est bien en place ? As-tu mis les freins de ton fauteuil roulant ? 

Je viens de comprendre que le jeune homme est en fauteuil roulant . Au travers des branches de la haie j’essaie d’entrevoir la mère et son fils . J’y parviens en me déplaçant un peu vers ma droite . Je ne laisse pas paraître ma présence pour ne pas faire éclore mon indiscrétion. Le soleil , a son plus haut , darde de ses rayons sur les feuilles lisses des peupliers . Un pigeon vient se dandiner sur la pelouse y cherchant quelque pitance . Le jeune homme demande a sa mère :  -Est-ce que la bouteille d’eau est à proximité ;j’ai soif . 

Sa mère lui tends le contenant et lui demande s’il veut une paille . Il refuse :  -Maman je ne suis plus un enfant ! Cesse s’il te plait de me traiter de la sorte . Le chant des grillons recouvre le cris joyeux des enfants dans le parc au loin.
La mère reprend : 

-Je ne te prends plus pour un enfant Richard mais quelques fois tu agis comme si tu en étais resté un. Nous devons porter des gants blancs pour te parler . Tout ce que nous désirons c’est de t’aider et, toi, tu t’y refuses .
Je comprends fort bien ta position ,depuis toutes ces années ,mets-toi à notre place pour une fois . 
J’entends l’homme grommeler des phrases inaudibles. Je sens qu’il y a de la tension dans l’air pour ces deux là , je demeure à l’écart avec mes élucubrations de pseudo artiste .Encore un petit coup de crayon ici et là. Je rallonge les branches et rajoute des petites branchettes secondaires. Je suis absorbé par mon travail lorsque l’orage de paroles du jeune homme éclate: 

-Un enfant, un enfant tu crois toujours que je suis le bébé difforme venu au monde il y a trente-cinq ans. Tu me couves comme une mère poule de peur qu’il ne m’arrive des malheurs. J’étouffe maman là-dedans; j’étouffe . Je n’ai pas moyen de pouvoir décidé ce que je voudrais que tu es toujours sur me pénates pour diriger ma vie. Tu me fais sentir le poids de mon infirmité par toutes tes attentions .Pourquoi suis-je venu au monde handicapé de la sorte , Je ne vis pas une vie normale comme tous ces gens qui sont ici cet après-midi. 

Un sanglot vient écorcher au passage les quelques récriminations que le jeune homme lance à la figure de sa mère . Je me sens mal à l’aide d’être partie prenante indirecte de cette conversation entre une mère et son fils . La mère veut objecter : 

-Mais Richard… 

Le fils lui coupe carrément la parole : 

-Laisses moi continuer ! Ça fait trop longtemps que j’ai ça sur le cœur . Depuis plusieurs années que j’accumule et me renfrogne. Combien de fois , par découragement , je voulais en finir . Combien de fois me suis-je posé la question du  ‘ qu’est-il arrivé’ pour que j’en sois réduit a vivre dans ce fauteuil roulant toute ma vie . Je ne l’accepte pas , maman. Je ne m’accepte pas .Je suis difforme et incapable de poser de simples gestes ,que vous êtres humains dit normaux , faites tous les jours. Et tu viens me narguer et m’imposer tes vues sur ma vie et comment je devrais la vivre . 

Richard, incapable de continuer , s’arrête et renifle doucement .Ses paroles ont dépassé sa pensée. Il regarde sa mère la tête détournée vers un saule pleureur majestueux. Les larmes glissent sur les bourrelets de ses joues. Ils gardent un profond silence empreint de culpabilité. Je respire tout doucement et espère ardemment que ces deux là vont se rejoindre dans la Lumière Divine de la Paix . 

Mon arbre a beaucoup d’allure .Une coccinelle vient s’y nicher a mon grand plaisir . 

La mère reprends: 

-Puis-je parler maintenant ? As-tu sorti tout ton fiel envers moi ? Oui je suis maternelle avec toi et il est vrai que je cherche ton confort mais je ne le fais pas pour contrôler; pour te contrôler. Il est vrai aussi que j’empiète beaucoup sur ton autonomie c’est probablement ma façon à moi de me sentir moins coupable vis à vis toi et ta condition. Laisse moi te dire ceci ; lorsque tu es venu au monde et que de mon ventre tu es sorti et lorsque le médecin m’a annoncé que tu ne marcherais jamais c’est comme un coup de poignard au cœur que j’ai reçu. A près l’accouchement ils voulaient m’amener te voir et j’ai refusé. Dans la nuit je suis allée de moi même à la pouponnière , je t’ai pris dans mes bras .Tu m’as souris de ton sourire de nouveau-né je t’ai enfoui tendrement sur mon épaule et ton souffle me chantait une berceuse d’amour . Une pensée m’a traversé l’esprit cette nuit là en me disant que jamais, ,jamais je ne t’abandonnerais . J’ai agi comme toute mère l’aurait fait. 

   Une quiétude doucereuse flotte maintenant  dans les airs . Des soupirs surgissent des buissons  ravalés par des jaseurs  des cèdres indiscrets. Hypnotisé par ma gravure  je lui trouve fière allure . Pas un Marc-Aurèle Fortin mais un petit chef-d’œuvre à ma  dimension. Une famille de canards vient constater où en sont les hostilités. Ils déambulent prudemment vers les berges de la rivière . Une voix, celle de Richard  en bémol , rentrouvre le dialogue : 

- Excuses-moi maman  je ne voulais pas te faire de peine. Tu es la meilleure amie que je n’aurai jamais eu de toute ma vie . Je sais que tu as toujours été présente pour moi et combien de jours, de nuits  en  souffrances as-tu vécu ? Je suis enclin à oublier ça. Tu sais ,un de mes amis me disait l’autre jour que lorsqu’on se sent coupable on ignore Dieu. La culpabilité devient notre Dieu. 

Sa mère attends qu’il   finisse  et reprends : 

-C’est moi qui s’excuse mon Richard parfois l’amour peut devenir très étouffant comme tu dis . Je ne suis pas responsable de ta condition comme toi tu ne l’es pas non plus .Tu es un humain à part entière et à l’avenir j’essaierai de mettre cela encore plus en pratique .
Aujourd’hui est le premier jour du reste de notre vie ? Qu’en penses-tu ? 

Richard déplace sa chaise vers sa mère et cette dernière s’assoie sur ses genoux l’enserrant de ses bras . 

Je suis adossé à l’érable la tête dans les nuages et une larme glisse sur ma joue. Je l’essuie vivement et  retourne à mon croquis. Les canards ,sortis de on ne sait où, font un amerrissage extraordinaire sur l’onde.  Le ciel est bleu d’azur ;aucun orage à l’horizon. 

Pierre D. 

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