Phares

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Phares. 

 

 

La rosée de l’aurore ne finit plus de s’éparpiller amoureusement sur tout ce qui vit. Le rose teinté de lilas de l’horizon  décalque clairement de l’océan serti de petits moutons à sa surface .Le levant va s’introduire momentanément; question de minutes. Les grives orangées sautillent sur les gazons verts induits de cette pluie matinale. Leur balancement de tête  indique à leur ouïe les bruissements et le froissement de leurs prochaines victuailles. Leur chant mélodieux annoncent l’éclatement de la joie et la bienvenue de la journée .Des goélands fous s’élancent et lancent des cris à fendre l’âme .Les vagues viennent s’effilocher sur les rochers encore recouverts d’algues de la dernière marée. L’air salin parfume l’atmosphère. Aucun nuage à la pointe de l’horizon, le jour sera magnifique .Une légère brise du large fait balancer les chiffons laissés sur les cordes à sécher. 

 

Sur la grève, entre deux rochers sentinelles, Jean-Marc se promène tout en méditant sa prochaine homélie. Son regard se fixe sur le roulis des vagues et des restes d’algues qu’elles transportent. L’écume de la crête des vagues s’approche de ses pieds et va disparaître dans le sable pour recommencer inlassablement. Planté stoïquement Jean-Marc respire à fond les effluves du grand large .Il porte son regard à la ligne d’horizon et y voit un cargo tergiversant en douceur .À l’arrière le  soleil apparaît dans toute sa splendeur vermeil et étincelant. Une traînée de rayons vermillon  s’étiole sur la mer. Un goéland, curieux, vient se dandiner près de lui en inspectant les lieux à la recherche de sa pitance. Il lance un cri dominateur pour indiquer son  territoire .Les vagues  continuent de se trémousser et étaler leurs mousses. Jean-Marc revient, dans son esprit, à son laïus qu’il prononcera lors de  la messe  ce matin. Arrivé dans cette paroisse depuis plus d’une dizaine d’années les liens se sont bien établis entre lui et ses paroissiens. 

 

Cette semaine, par contre, un incident l’a beaucoup fait réfléchir; et comme il n’arrive rien pour rien il s’est convaincu qu’il en glisserait un mot dans son sermon dominical de ce matin. Il se remémore la conversation animée d’avec une de ses ouailles sur l’humilité et l’orgueil .Maryse, sa paroissienne, l’a piqué au vif en lui disant que les hommes pouvaient être fiers de s’accomplir dans tous les domaines de  leur vie .Elle lui disait que la réussite sociale avait une importance primordiale à ses yeux.Elle lui avouait que la richesse était gage d’accomplissement et de supériorité. Jean-Marc se souvient qu’il ne désirait plus entendre ce discours, il y mit fin de façon presque abrupte ; à son grand désarrois et à celui de Maryse. Son silence trahissait sa désapprobation mais  le respect de sa paroissienne .Il se demande comment il reprendra ce fil d’idées dans son homélie. Les principes se bousculent dans sa tête. 

 

Un vol de cormorans vient le tirer subtilement de ses rêveries. Toute en cadence les oiseaux se dirigent vers les hauts fond pour y plonger, tête  première,  rapporter leurs proies. À tour de rôle les ailés noirs s’enfoncent dans l’onde et y ressortent avec de petits poissons au bec. Jean-Marc fait quelques pas sur le rivage. Il ramasse un coquillage qu’un Bernard l’ermite a dû abandonner en déménageant de logis. Il le met dans sa poche et ses yeux viennent se poser sur le phare à quelques centaines de mètres. La lumière du guide des navires bat toujours de son rythme. Les rayons du soleil n’en viennent pas à bout .L’aube resplendit avec le levant épanouit. La ligne d’horizon, vierge, renvoie la sérénité du matin. Les ailes de l’harmonie transcendent  la pureté du paysage. Jean-Marc fixe à nouveau le phare et dans son esprit la lumière l’atteint. Guidé par les ondes lumineuses autant que par le débit du jet luminaire ; ses idées foisonnent et s’imbriquent les unes aux autres comme un casse-tête .Il sort de la poche de sa  vareuse un crayon et un calepin et y couche les grandes lignes de son texte .Les vagues, dans leur roulement, servent de musique de fond. Satisfait, Jean-Marc empoche ses outils et se dirige sur sa droite pour y ramasser une branche d’arbre  parfaite pour en faire un bâton de marche . 

 

Une des extrémités du bâton ressemble étrangement à une tête de goéland. Du travail en perspective- se dit Jean-Marc. Il commence, déjà, a enlever les restes d’écorce sur sa future canne. Il ressasse ses idées de son homélie et d’un signe de tête, que lui seul voit, il s’approuve. 

 

Revenant sur ses pas, et, ayant dans sa mire le phare, Jean-Marc se dirige vers le presbytère. Il remarque le temps de l’apparition de la lumière et le temps mort. Il regarde sa montre et chronomètre le phare. La lumière ne dure qu’environ deux seconde ensuite elle disparaît pour une seconde. Elle revient ensuite pour deux autres secondes et disparaît pour deux secondes.  Il se demande si cela a une signification: 

 

-Tiens ! C’est la première fois depuis que je suis ici et   remarque l’impulsion de cette lumière. Y  a t-il un code ?  Je vais me renseigner aujourd’hui au gardien du phare. 

 

Enjambant la clôture  séparant la route et la berge, Jean-Marc traverse la voie  et se dirige chez lui. 

 

Lors de la célébration de l’Eucharistie, suite à la lecture de l’Évangile, 

 

Ou on y disait : 

‘’Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 16,19-31. 

 »Jésus disait cette parabole : « Il y avait un homme riche, qui portait des vêtements de luxe et faisait chaque jour des festins somptueux. 

Un pauvre, nommé Lazare, était couché devant le portail, couvert de plaies. 

Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche ; mais c’étaient plutôt les chiens qui venaient lécher ses plaies. 

Or le pauvre mourut, et les anges l’emportèrent auprès d’Abraham. Le riche mourut aussi, et on l’enterra. 

Au séjour des morts, il était en proie à la torture ; il leva les yeux et vit de loin Abraham avec Lazare tout près de lui. 

Alors il cria : ‘Abraham, mon père, prends pitié de moi et envoie Lazare tremper dans l’eau le bout de son doigt pour me rafraîchir la langue, car je souffre terriblement dans cette fournaise. - 

Mon enfant, répondit Abraham, rappelle-toi : Tu as reçu le bonheur pendant ta vie, et Lazare, le malheur. Maintenant il trouve ici la consolation, et toi, c’est ton tour de souffrir. 

De plus, un grand abîme a été mis entre vous et nous, pour que ceux qui voudraient aller vers vous ne le puissent pas, et que, de là-bas non plus, on ne vienne pas vers nous. ‘ 

Le riche répliqua : ‘Eh bien ! père, je te prie d’envoyer Lazare dans la maison de mon père. 

J’ai cinq frères : qu’il les avertisse pour qu’ils ne viennent pas, eux aussi, dans ce lieu de torture ! ’ 

Abraham lui dit : ‘Ils ont Moïse et les Prophètes : qu’ils les écoutent ! ¦ 

Non, père Abraham, dit le riche, mais si quelqu’un de chez les morts vient les trouver, ils se convertiront. ‘ 

Abraham répondit : ‘S’ils n’écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts : ils ne seront pas convaincus. ‘ »  » 

 

Jean-Marc, après s’être installé a la chaire, sort son calepin d’entre les pages de son bréviaire et y retrouve les notes qu’il a prises sur le bord de la mer. 

 

Avant d’ouvrir les lèvres  il fait une courte prière pour que le  Seigneur lui donne les bonnes paroles. Délaissant son calepin il amorce son homélie par ces paroles: 

 

-Oui Moise et les prophètes ont étés des phares, Jésus est un Phare;mais regardons nous la bonne Lumière. Lorsqu’il nous demande de nous aimer les uns les autres de nous entraider les uns les autres que choisissons-nous ? Notre propre confort sur cette terre ou bien d’aider le pauvre qui attend à la porte que nous le secourrions ? Le Christ se retrouve dans ce pauvre qui demande la charité; un peu de nourriture, d’eau, de vêtements de soins, d’amour  et quoi sais-je encore. 

 

-Étant venu au monde dans le monde, Jésus n’avait pas de titre terrestre. Élevé dans des conditions très humbles il n’avait pas d’ambitions d’avoir de possessions matérielles, de gloire et de pouvoir que les gens auraient aimé qu’il affectionne .Lui et ses apôtres ne possédaient rien. Il leur demandait d’aller évangéliser les hommes sans rien demander en retour. Il nous montre de vivre un détachement sans précédent de toutes possessions terrestres comme pour le jeune homme riche .Et, quand fut le temps pour lui d’expier sur la croix- comme le dit St-Paul- il s’est fait obéissant jusqu’à la mort. 

Il a obéi à son Père Céleste. 

 

-Il nous  montre l’humilité de l’obéissance. Il nous enseigne à aimer nos ennemis et ceux qui nous persécutent. Il nous montre a  aider le plus faible et le servir. Il nous montre de choisir la dernière place et pourtant c’est bien Lui qui est à la dernière place. Qui voudrait être à Sa place à Lui ? Installé sur une croix après avoir subi toutes les affres, insultes, humiliations, être battu et flagellé et mourir ?
Qui souhaiterait vivre ce qu’Il a vécu ? Et pourquoi ? Pour nous sauver c’est à dire nous monter le chemin de notre libération. Il a donné sa vie pour nous .Et rien n’est plus beau que de donner sa vie pour ses amis et ceux qu’on aime .Il nous  aime comme son Père nous aime .Son Père a sacrifié son fils pour nous ; c’est la plus belle preuve d’Amour que nous ne pouvons voir. 

 

-Jamais Jésus n’a demandé des faveurs aux hommes. Aux tentations dans le désert, Satan lui propose des choses que le Christ refuse carrément. Il  lui dit : 

  » Je suis venu faire la Volonté de mon Père. 

Le Christ est la Lumière du Monde  Il est notre phare à nous .Tout comme notre phare  que nous avons sur notre côte et qui guide les navires la nuit pour les empêcher de venir s’écraser sur les rochers .Laissons nous guider par la Lumière Céleste du Christ et ses enseignements. 

 

Jean-Marc cherche des yeux Maryse dans l’église  et ils échangent un sourire de compréhension. 

 

À la brunante, Jean-Marc  déambule le long du rivage. La marée envahit les coins cachés de la grève .Le couchant s’étire et s’étiole  prêt  à gagner son lit .Le phare   brille de tout son feu, deux secondes, une seconde, deux secondes et  deux secondes. Quelques ouatés gambadent dans un firmament  volontaire à montrer de petits diamants brillants qui apparaîtront. Il se dirige vers la mer envahissante et respire à fond l’air salin du large .Une parole lui vient à l’esprit  qu’il prononce tout haut : 

 

-Ne rien préférer à l’Amour du Christ. 

 

Pierre D. 

Les Ailes du Temps 

Laval, 24 mars 2011 

 


Archive pour 24 mars, 2011

Phares

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Phares. 

 

 

La rosée de l’aurore ne finit plus de s’éparpiller amoureusement sur tout ce qui vit. Le rose teinté de lilas de l’horizon  décalque clairement de l’océan serti de petits moutons à sa surface .Le levant va s’introduire momentanément; question de minutes. Les grives orangées sautillent sur les gazons verts induits de cette pluie matinale. Leur balancement de tête  indique à leur ouïe les bruissements et le froissement de leurs prochaines victuailles. Leur chant mélodieux annoncent l’éclatement de la joie et la bienvenue de la journée .Des goélands fous s’élancent et lancent des cris à fendre l’âme .Les vagues viennent s’effilocher sur les rochers encore recouverts d’algues de la dernière marée. L’air salin parfume l’atmosphère. Aucun nuage à la pointe de l’horizon, le jour sera magnifique .Une légère brise du large fait balancer les chiffons laissés sur les cordes à sécher. 

 

Sur la grève, entre deux rochers sentinelles, Jean-Marc se promène tout en méditant sa prochaine homélie. Son regard se fixe sur le roulis des vagues et des restes d’algues qu’elles transportent. L’écume de la crête des vagues s’approche de ses pieds et va disparaître dans le sable pour recommencer inlassablement. Planté stoïquement Jean-Marc respire à fond les effluves du grand large .Il porte son regard à la ligne d’horizon et y voit un cargo tergiversant en douceur .À l’arrière le  soleil apparaît dans toute sa splendeur vermeil et étincelant. Une traînée de rayons vermillon  s’étiole sur la mer. Un goéland, curieux, vient se dandiner près de lui en inspectant les lieux à la recherche de sa pitance. Il lance un cri dominateur pour indiquer son  territoire .Les vagues  continuent de se trémousser et étaler leurs mousses. Jean-Marc revient, dans son esprit, à son laïus qu’il prononcera lors de  la messe  ce matin. Arrivé dans cette paroisse depuis plus d’une dizaine d’années les liens se sont bien établis entre lui et ses paroissiens. 

 

Cette semaine, par contre, un incident l’a beaucoup fait réfléchir; et comme il n’arrive rien pour rien il s’est convaincu qu’il en glisserait un mot dans son sermon dominical de ce matin. Il se remémore la conversation animée d’avec une de ses ouailles sur l’humilité et l’orgueil .Maryse, sa paroissienne, l’a piqué au vif en lui disant que les hommes pouvaient être fiers de s’accomplir dans tous les domaines de  leur vie .Elle lui disait que la réussite sociale avait une importance primordiale à ses yeux.Elle lui avouait que la richesse était gage d’accomplissement et de supériorité. Jean-Marc se souvient qu’il ne désirait plus entendre ce discours, il y mit fin de façon presque abrupte ; à son grand désarrois et à celui de Maryse. Son silence trahissait sa désapprobation mais  le respect de sa paroissienne .Il se demande comment il reprendra ce fil d’idées dans son homélie. Les principes se bousculent dans sa tête. 

 

Un vol de cormorans vient le tirer subtilement de ses rêveries. Toute en cadence les oiseaux se dirigent vers les hauts fond pour y plonger, tête  première,  rapporter leurs proies. À tour de rôle les ailés noirs s’enfoncent dans l’onde et y ressortent avec de petits poissons au bec. Jean-Marc fait quelques pas sur le rivage. Il ramasse un coquillage qu’un Bernard l’ermite a dû abandonner en déménageant de logis. Il le met dans sa poche et ses yeux viennent se poser sur le phare à quelques centaines de mètres. La lumière du guide des navires bat toujours de son rythme. Les rayons du soleil n’en viennent pas à bout .L’aube resplendit avec le levant épanouit. La ligne d’horizon, vierge, renvoie la sérénité du matin. Les ailes de l’harmonie transcendent  la pureté du paysage. Jean-Marc fixe à nouveau le phare et dans son esprit la lumière l’atteint. Guidé par les ondes lumineuses autant que par le débit du jet luminaire ; ses idées foisonnent et s’imbriquent les unes aux autres comme un casse-tête .Il sort de la poche de sa  vareuse un crayon et un calepin et y couche les grandes lignes de son texte .Les vagues, dans leur roulement, servent de musique de fond. Satisfait, Jean-Marc empoche ses outils et se dirige sur sa droite pour y ramasser une branche d’arbre  parfaite pour en faire un bâton de marche . 

 

Une des extrémités du bâton ressemble étrangement à une tête de goéland. Du travail en perspective- se dit Jean-Marc. Il commence, déjà, a enlever les restes d’écorce sur sa future canne. Il ressasse ses idées de son homélie et d’un signe de tête, que lui seul voit, il s’approuve. 

 

Revenant sur ses pas, et, ayant dans sa mire le phare, Jean-Marc se dirige vers le presbytère. Il remarque le temps de l’apparition de la lumière et le temps mort. Il regarde sa montre et chronomètre le phare. La lumière ne dure qu’environ deux seconde ensuite elle disparaît pour une seconde. Elle revient ensuite pour deux autres secondes et disparaît pour deux secondes.  Il se demande si cela a une signification: 

 

-Tiens ! C’est la première fois depuis que je suis ici et   remarque l’impulsion de cette lumière. Y  a t-il un code ?  Je vais me renseigner aujourd’hui au gardien du phare. 

 

Enjambant la clôture  séparant la route et la berge, Jean-Marc traverse la voie  et se dirige chez lui. 

 

Lors de la célébration de l’Eucharistie, suite à la lecture de l’Évangile, 

 

Ou on y disait : 

‘’Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 16,19-31. 

 »Jésus disait cette parabole : « Il y avait un homme riche, qui portait des vêtements de luxe et faisait chaque jour des festins somptueux. 

Un pauvre, nommé Lazare, était couché devant le portail, couvert de plaies. 

Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche ; mais c’étaient plutôt les chiens qui venaient lécher ses plaies. 

Or le pauvre mourut, et les anges l’emportèrent auprès d’Abraham. Le riche mourut aussi, et on l’enterra. 

Au séjour des morts, il était en proie à la torture ; il leva les yeux et vit de loin Abraham avec Lazare tout près de lui. 

Alors il cria : ‘Abraham, mon père, prends pitié de moi et envoie Lazare tremper dans l’eau le bout de son doigt pour me rafraîchir la langue, car je souffre terriblement dans cette fournaise. - 

Mon enfant, répondit Abraham, rappelle-toi : Tu as reçu le bonheur pendant ta vie, et Lazare, le malheur. Maintenant il trouve ici la consolation, et toi, c’est ton tour de souffrir. 

De plus, un grand abîme a été mis entre vous et nous, pour que ceux qui voudraient aller vers vous ne le puissent pas, et que, de là-bas non plus, on ne vienne pas vers nous. ‘ 

Le riche répliqua : ‘Eh bien ! père, je te prie d’envoyer Lazare dans la maison de mon père. 

J’ai cinq frères : qu’il les avertisse pour qu’ils ne viennent pas, eux aussi, dans ce lieu de torture ! ’ 

Abraham lui dit : ‘Ils ont Moïse et les Prophètes : qu’ils les écoutent ! ¦ 

Non, père Abraham, dit le riche, mais si quelqu’un de chez les morts vient les trouver, ils se convertiront. ‘ 

Abraham répondit : ‘S’ils n’écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts : ils ne seront pas convaincus. ‘ »  » 

 

Jean-Marc, après s’être installé a la chaire, sort son calepin d’entre les pages de son bréviaire et y retrouve les notes qu’il a prises sur le bord de la mer. 

 

Avant d’ouvrir les lèvres  il fait une courte prière pour que le  Seigneur lui donne les bonnes paroles. Délaissant son calepin il amorce son homélie par ces paroles: 

 

-Oui Moise et les prophètes ont étés des phares, Jésus est un Phare;mais regardons nous la bonne Lumière. Lorsqu’il nous demande de nous aimer les uns les autres de nous entraider les uns les autres que choisissons-nous ? Notre propre confort sur cette terre ou bien d’aider le pauvre qui attend à la porte que nous le secourrions ? Le Christ se retrouve dans ce pauvre qui demande la charité; un peu de nourriture, d’eau, de vêtements de soins, d’amour  et quoi sais-je encore. 

 

-Étant venu au monde dans le monde, Jésus n’avait pas de titre terrestre. Élevé dans des conditions très humbles il n’avait pas d’ambitions d’avoir de possessions matérielles, de gloire et de pouvoir que les gens auraient aimé qu’il affectionne .Lui et ses apôtres ne possédaient rien. Il leur demandait d’aller évangéliser les hommes sans rien demander en retour. Il nous montre de vivre un détachement sans précédent de toutes possessions terrestres comme pour le jeune homme riche .Et, quand fut le temps pour lui d’expier sur la croix- comme le dit St-Paul- il s’est fait obéissant jusqu’à la mort. 

Il a obéi à son Père Céleste. 

 

-Il nous  montre l’humilité de l’obéissance. Il nous enseigne à aimer nos ennemis et ceux qui nous persécutent. Il nous montre a  aider le plus faible et le servir. Il nous montre de choisir la dernière place et pourtant c’est bien Lui qui est à la dernière place. Qui voudrait être à Sa place à Lui ? Installé sur une croix après avoir subi toutes les affres, insultes, humiliations, être battu et flagellé et mourir ?
Qui souhaiterait vivre ce qu’Il a vécu ? Et pourquoi ? Pour nous sauver c’est à dire nous monter le chemin de notre libération. Il a donné sa vie pour nous .Et rien n’est plus beau que de donner sa vie pour ses amis et ceux qu’on aime .Il nous  aime comme son Père nous aime .Son Père a sacrifié son fils pour nous ; c’est la plus belle preuve d’Amour que nous ne pouvons voir. 

 

-Jamais Jésus n’a demandé des faveurs aux hommes. Aux tentations dans le désert, Satan lui propose des choses que le Christ refuse carrément. Il  lui dit : 

  » Je suis venu faire la Volonté de mon Père. 

Le Christ est la Lumière du Monde  Il est notre phare à nous .Tout comme notre phare  que nous avons sur notre côte et qui guide les navires la nuit pour les empêcher de venir s’écraser sur les rochers .Laissons nous guider par la Lumière Céleste du Christ et ses enseignements. 

 

Jean-Marc cherche des yeux Maryse dans l’église  et ils échangent un sourire de compréhension. 

 

À la brunante, Jean-Marc  déambule le long du rivage. La marée envahit les coins cachés de la grève .Le couchant s’étire et s’étiole  prêt  à gagner son lit .Le phare   brille de tout son feu, deux secondes, une seconde, deux secondes et  deux secondes. Quelques ouatés gambadent dans un firmament  volontaire à montrer de petits diamants brillants qui apparaîtront. Il se dirige vers la mer envahissante et respire à fond l’air salin du large .Une parole lui vient à l’esprit  qu’il prononce tout haut : 

 

-Ne rien préférer à l’Amour du Christ. 

 

Pierre D. 

Les Ailes du Temps 

Laval, 24 mars 2011 

 

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