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Brumes matinales…

 

Lancinement  les rayons du soleil s’effilochent entre les coulis de brume émergeant de l’obscurité et serpentant pour s’extirper des pénibles ténèbres. Le chevaucheur  des nuées galope. La lumière ne fait pas de quartier, elle envahit la contrée encore toute abasourdie de sommeil. Les  bancs de ouate s’agrippent  à tout ce qui ne bouge pas. Un climax s’installe aux grand dam des oiseaux qui ricanent. Le jour se lève, la routine retourne de son repos et l’air s’agite aux moindres soubresauts des doux courants. Mes yeux éveillés  s’accoutument  lentement au demi-sommeil   et à l’aurore. Des outardes, comme en préparatif  de combat, jacassent dans les fourrés tout au bas de  l’orée du bois. Leurs cris s’entendent à des kilomètres à la ronde et elles rejoignent leurs consœurs dans leur carré.

 

Un minuscule bosquet  de pins ou de sapins, isolé  ressemble à un radeau  tergiversant sur le dos des vagues .Il semble tout écarté dans cette mer calme  fort heureusement .Ne sommes nous pas nous aussi comme cette touffe de conifères verdâtres perdue dans l’immensité de la vie ? Allons-nous nous battre comme des diables dans l’eau bénite pour se démener contre de choses anodines et futiles ? Mes pensées me submergent .Et si nous laissions la vie se dérouler à soi-même ? Se laisser aller  au gré du vent et des vagues tout en douceur ; tout en abnégation. Quelques fois nous n’y pouvons rien et nous nous sentons impuissants face aux évènements de la vie. Rester calme et serein. Demeurer transparent. Let go and let God.

 

Les outardes se sont tues, les corneilles ont pris leur tour de garde accompagnées des gais bleus piailleurs. Les rayons de soleil, en force, gagnent du terrain  jusqu’à plus soif. Les ténèbres fuient en avant tête baissée. Les quelques étoiles argentées s’accrochent au reste de firmament noirâtre; du moins pour ce qui en reste. Elles tiennent à se retenir dans ce monde pour ne pas passer à l’autre et disparaître.
Au fait qu’est qui nous retient, nous, dans ce monde ? Le superficiel, les menus détails, le dessus. L‘éphémère et l’apparat. Et que fait-on de la profondeur, de l’esprit  et du magnifique ? Ne sommes nous pas, encore, comme ces étoiles scintillantes qui veulent briller à s’en vider le cœur ?

Des pigeons effrontés et frondeurs s’élancent  dans le vide  en vrillant et en faisant de la rase motte au sol pour remonter tout aussi rapidement vers l’infini du zénith. Leurs acrobaties circulaires et en spirales excitent les autres espèces ailées. Les premiers rayons de l’astre du jour s’étiolent  dans l’horizon vermillon et rosé. Le jour sera à l’heure pour son quart. Tout et tous se disent leurs salutations.
Je pense :

-Quelqu’un m’a dit hier que s’il y avait des civilisations possibles dans notre univers, l’immédiate serait à  deux-cent vingt mille  années lumière de nous. Donc mon salut à cette civilisation arriverait  quand ? Et cette civilisation serait-elle éteinte à l’arrivée de mon coup de chapeau ? J’espère que non  .Il est formidable de constater que notre esprit voyage plus vite que le temps, la lumière et les avions.
Mais oh! Combien ce monde veut l’empêcher, notre esprit, de voguer vers des endroits de magnificences et de Lumière. Combien notre ego nous stoppe, par ses besoins  souvent infantiles de progresser et surtout, surtout par  les peurs :
- Ne va pas là..tu vas tomber et te blesser…nous dit-il !
Chaque homme, femme ; tout être humain porte en lui ou elle l’infime portion de Lumière Divine. Mais cette étincelle, enfouie sous un  décombre magmatique, crie à l’aide pour émerger. Pour rejoindre le faisceau central. Tout comme le phœnix nous pouvons renaître de nos cendres et de nos malheurs. Ces affres sont notre fumier pour faire reverdir de belles fleurs et plantes; des hommes et des femmes d’Amour et de Paix.

Ce matin j’ai envie de dire au monde….. :
-Oubliez-moi ! Je ne fais plus partie de votre monde; ce monde de phantasmes de rêves, de fabulations, d’idéalisation, de fuite et d’illusions; de culture de mort. Je vis, je suis dans la Lumière en ce moment présent je suis dans cette Lumière terrestre émise par ce soleil radieux et bienfaisant. Je suis du monde  de l’Esprit. L’astre journalier déborde de son cadre pour devenir les ailes de ses rayons et le plumage de son éclat.

 

Je fixe mes prunelles sur le vol  incandescent et majestueux d’une buse virevoltant en cercles au dessus de la vallée; au travers des brumes de l’aurore. Ses tergiversations poétiques d’oiseau de proies semblent entonner un chant grégorien de splendeur. Magnifique !
La douceur de sa mélodie contraste d’avec ses serres et son bec. De ses ailes décrivant des tourbillons descendants et remontant le zénith on préfigure la mélodie de l’Alléluia.

Les bouts de ses ailes ouverts en empan guident son vol comme les ailerons d’un petit avion. Ses mimes glissent tout en douceur et en silence sur le visage du paysage. Il n’y a que cet oiseau dans le ciel, les autres ont fui la tourmente. Il se retrouve avec une maîtresse imperturbable, domptable et estimable ; la solitude. Il en a l’habitude car seulement son apparition effraie. De ses  coups d’ailes, en saccades, il poursuit ses vocalises champêtres tout en grimpant en crescendo et en redescendant circulairement pour s’élancer à nouveau au faîte de sa course. Il plonge à présent dans l’immense vide en dessous de lui. A-t-il aperçu sa pitance. Comme une flèche en rectiligne, téléguidée, il survole un minuscule bosquet. Rien ! Il repart de plus belle à coups d’ailes vers le ciel. Il s’éloigne vers le soleil levant pour éviter d’être bredouille.

 

L’astre du jour, d’un rouge écarlate, semble provoquer un incendie à la chevelure blonde des brumes. La scène en est époustouflante; à couper le souffle. En cet instant tout est annihilé dans mes pensées à partir de tout étiquetage des autres, des titres, de la gloire, des qualités et des défauts autant que les comportements, la couleur de la peau, de la religion, du sexe et de toutes catégorisations nominales humaines. Nous sommes Un; tous en Un.
Je ne peux m’expliquer pourquoi je pense subitement à cela mais j’y pense. Un moment de Lumière, un moment de lucidité. Un Amour magnifique m’envahit et me transporte. C’est ce que les moines appellent la contemplation et d’autres le Nirvana. Laisser  son esprit aller à cette dérive Divine, se laisser guider par les Courants divins et faire confiance .S’imaginer sur un radeau en pleine mer sans rames ni gouvernail et boussole. Faire totalement confiance en Dieu et voguer au bout du temps et de l’Esprit.

 

L’instant dure et perdure des minutes, des années ou des siècles. Je n’en ai pas la moindre idée. Ce que je vis est lumineux et extraordinaire .Et dire qu’il y a des hommes et des femmes qui affirment que Dieu n’existe pas. Que toute notre vie finira en queue de poisson, plus rien, le vide total, le trou béant : Rien ! Ils disent nous venons de rien et nous partons vers rien .Il s’entichent à des valeurs intrinsèques de ce monde matériel, physique et temporel. Et ils s’y accrochent assez fermement qu’ils se font coucher dans des cercueils tout garnis d’effilochage de satin, de broderies, et de soie. Pourtant ils ne ressentent rien ils sont morts. Et de leur vivant ils se sont cramponnés à des gadgets matériels qu’ils ne peuvent amener dans leur tombe; manque de place. Vanités de vanités…tout n’est que vanités. Ils n’ont pas su vivre le détachement. J’ai lu au cours de mes moments de lecture : abandonnes tout et tu trouveras tout et tu seras libre.

 

À toutes les fois que je peux vivre cet instant, en éclair, comme celui-ci surtout au lever du soleil je le fais .Je prends le temps de le faire car cela équivaut à bien des possessions matérielles, physiques, affectives. Je ne eux le comparer à autre chose, je ne peux citer d’autres occasions de faire refléter mon âme.

 

‘’Je prends les ailes du l’aurore  et vais me poser au-delà des mers’’ (Ps.138)

 

Pierre Dulude

Les Ailes du Temps

Abbaye Saint-Benoît du Lac, Québec

10 octobre 2012.


Archive pour octobre, 2012

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Brumes matinales…

 

Lancinement  les rayons du soleil s’effilochent entre les coulis de brume émergeant de l’obscurité et serpentant pour s’extirper des pénibles ténèbres. Le chevaucheur  des nuées galope. La lumière ne fait pas de quartier, elle envahit la contrée encore toute abasourdie de sommeil. Les  bancs de ouate s’agrippent  à tout ce qui ne bouge pas. Un climax s’installe aux grand dam des oiseaux qui ricanent. Le jour se lève, la routine retourne de son repos et l’air s’agite aux moindres soubresauts des doux courants. Mes yeux éveillés  s’accoutument  lentement au demi-sommeil   et à l’aurore. Des outardes, comme en préparatif  de combat, jacassent dans les fourrés tout au bas de  l’orée du bois. Leurs cris s’entendent à des kilomètres à la ronde et elles rejoignent leurs consœurs dans leur carré.

 

Un minuscule bosquet  de pins ou de sapins, isolé  ressemble à un radeau  tergiversant sur le dos des vagues .Il semble tout écarté dans cette mer calme  fort heureusement .Ne sommes nous pas nous aussi comme cette touffe de conifères verdâtres perdue dans l’immensité de la vie ? Allons-nous nous battre comme des diables dans l’eau bénite pour se démener contre de choses anodines et futiles ? Mes pensées me submergent .Et si nous laissions la vie se dérouler à soi-même ? Se laisser aller  au gré du vent et des vagues tout en douceur ; tout en abnégation. Quelques fois nous n’y pouvons rien et nous nous sentons impuissants face aux évènements de la vie. Rester calme et serein. Demeurer transparent. Let go and let God.

 

Les outardes se sont tues, les corneilles ont pris leur tour de garde accompagnées des gais bleus piailleurs. Les rayons de soleil, en force, gagnent du terrain  jusqu’à plus soif. Les ténèbres fuient en avant tête baissée. Les quelques étoiles argentées s’accrochent au reste de firmament noirâtre; du moins pour ce qui en reste. Elles tiennent à se retenir dans ce monde pour ne pas passer à l’autre et disparaître.
Au fait qu’est qui nous retient, nous, dans ce monde ? Le superficiel, les menus détails, le dessus. L‘éphémère et l’apparat. Et que fait-on de la profondeur, de l’esprit  et du magnifique ? Ne sommes nous pas, encore, comme ces étoiles scintillantes qui veulent briller à s’en vider le cœur ?

Des pigeons effrontés et frondeurs s’élancent  dans le vide  en vrillant et en faisant de la rase motte au sol pour remonter tout aussi rapidement vers l’infini du zénith. Leurs acrobaties circulaires et en spirales excitent les autres espèces ailées. Les premiers rayons de l’astre du jour s’étiolent  dans l’horizon vermillon et rosé. Le jour sera à l’heure pour son quart. Tout et tous se disent leurs salutations.
Je pense :

-Quelqu’un m’a dit hier que s’il y avait des civilisations possibles dans notre univers, l’immédiate serait à  deux-cent vingt mille  années lumière de nous. Donc mon salut à cette civilisation arriverait  quand ? Et cette civilisation serait-elle éteinte à l’arrivée de mon coup de chapeau ? J’espère que non  .Il est formidable de constater que notre esprit voyage plus vite que le temps, la lumière et les avions.
Mais oh! Combien ce monde veut l’empêcher, notre esprit, de voguer vers des endroits de magnificences et de Lumière. Combien notre ego nous stoppe, par ses besoins  souvent infantiles de progresser et surtout, surtout par  les peurs :
- Ne va pas là..tu vas tomber et te blesser…nous dit-il !
Chaque homme, femme ; tout être humain porte en lui ou elle l’infime portion de Lumière Divine. Mais cette étincelle, enfouie sous un  décombre magmatique, crie à l’aide pour émerger. Pour rejoindre le faisceau central. Tout comme le phœnix nous pouvons renaître de nos cendres et de nos malheurs. Ces affres sont notre fumier pour faire reverdir de belles fleurs et plantes; des hommes et des femmes d’Amour et de Paix.

Ce matin j’ai envie de dire au monde….. :
-Oubliez-moi ! Je ne fais plus partie de votre monde; ce monde de phantasmes de rêves, de fabulations, d’idéalisation, de fuite et d’illusions; de culture de mort. Je vis, je suis dans la Lumière en ce moment présent je suis dans cette Lumière terrestre émise par ce soleil radieux et bienfaisant. Je suis du monde  de l’Esprit. L’astre journalier déborde de son cadre pour devenir les ailes de ses rayons et le plumage de son éclat.

 

Je fixe mes prunelles sur le vol  incandescent et majestueux d’une buse virevoltant en cercles au dessus de la vallée; au travers des brumes de l’aurore. Ses tergiversations poétiques d’oiseau de proies semblent entonner un chant grégorien de splendeur. Magnifique !
La douceur de sa mélodie contraste d’avec ses serres et son bec. De ses ailes décrivant des tourbillons descendants et remontant le zénith on préfigure la mélodie de l’Alléluia.

Les bouts de ses ailes ouverts en empan guident son vol comme les ailerons d’un petit avion. Ses mimes glissent tout en douceur et en silence sur le visage du paysage. Il n’y a que cet oiseau dans le ciel, les autres ont fui la tourmente. Il se retrouve avec une maîtresse imperturbable, domptable et estimable ; la solitude. Il en a l’habitude car seulement son apparition effraie. De ses  coups d’ailes, en saccades, il poursuit ses vocalises champêtres tout en grimpant en crescendo et en redescendant circulairement pour s’élancer à nouveau au faîte de sa course. Il plonge à présent dans l’immense vide en dessous de lui. A-t-il aperçu sa pitance. Comme une flèche en rectiligne, téléguidée, il survole un minuscule bosquet. Rien ! Il repart de plus belle à coups d’ailes vers le ciel. Il s’éloigne vers le soleil levant pour éviter d’être bredouille.

 

L’astre du jour, d’un rouge écarlate, semble provoquer un incendie à la chevelure blonde des brumes. La scène en est époustouflante; à couper le souffle. En cet instant tout est annihilé dans mes pensées à partir de tout étiquetage des autres, des titres, de la gloire, des qualités et des défauts autant que les comportements, la couleur de la peau, de la religion, du sexe et de toutes catégorisations nominales humaines. Nous sommes Un; tous en Un.
Je ne peux m’expliquer pourquoi je pense subitement à cela mais j’y pense. Un moment de Lumière, un moment de lucidité. Un Amour magnifique m’envahit et me transporte. C’est ce que les moines appellent la contemplation et d’autres le Nirvana. Laisser  son esprit aller à cette dérive Divine, se laisser guider par les Courants divins et faire confiance .S’imaginer sur un radeau en pleine mer sans rames ni gouvernail et boussole. Faire totalement confiance en Dieu et voguer au bout du temps et de l’Esprit.

 

L’instant dure et perdure des minutes, des années ou des siècles. Je n’en ai pas la moindre idée. Ce que je vis est lumineux et extraordinaire .Et dire qu’il y a des hommes et des femmes qui affirment que Dieu n’existe pas. Que toute notre vie finira en queue de poisson, plus rien, le vide total, le trou béant : Rien ! Ils disent nous venons de rien et nous partons vers rien .Il s’entichent à des valeurs intrinsèques de ce monde matériel, physique et temporel. Et ils s’y accrochent assez fermement qu’ils se font coucher dans des cercueils tout garnis d’effilochage de satin, de broderies, et de soie. Pourtant ils ne ressentent rien ils sont morts. Et de leur vivant ils se sont cramponnés à des gadgets matériels qu’ils ne peuvent amener dans leur tombe; manque de place. Vanités de vanités…tout n’est que vanités. Ils n’ont pas su vivre le détachement. J’ai lu au cours de mes moments de lecture : abandonnes tout et tu trouveras tout et tu seras libre.

 

À toutes les fois que je peux vivre cet instant, en éclair, comme celui-ci surtout au lever du soleil je le fais .Je prends le temps de le faire car cela équivaut à bien des possessions matérielles, physiques, affectives. Je ne eux le comparer à autre chose, je ne peux citer d’autres occasions de faire refléter mon âme.

 

‘’Je prends les ailes du l’aurore  et vais me poser au-delà des mers’’ (Ps.138)

 

Pierre Dulude

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Abbaye Saint-Benoît du Lac, Québec

10 octobre 2012.

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