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 04 :27 

Mon alarme-réveil me nargue avec son nabot de son métallique corrosif. J’entrouvre les yeux et l’immobilise d’une pression du doigt effleurant, il se tait. Il est l’heure de se lever; la journée démarre. La nuit, bien campée dans sa tanière, en impose partout. Ma machine miniature à café ronronne  discrètement. J’enfile mes vêtements machinalement et verse un peu de lait dans le liquide tout bouillant. Je mets un couvercle sur mon gobelet de carton, ouvre ma porte de chambre et me dirige tout là-haut, par l’escalier, sur le belvédère du clocher du Monastère. À cette heure là pas beaucoup de va et vient; pas âme qui vive. Lorsque j’ouvre la porte attenante au balcon je suis ébloui par les myriades d’étoiles clignotantes dans le firmament d’un noir d’encre. Pas de lune cette nuit. Un silence abasourdissant flotte dans les ailes de l’air. Tout au fond, à l’est, on sent le travail d’accouchement d’une nouvelle journée. Quelques petites lueurs faiblottes des ailerons de l’aurore immergent. Le point de vue est ahurissant, en pleine nuit de la sorte. Je prends bien garde de garder mes réflexions et le silence à l’intérieur de mes pensées. Je ne laisse pas l’emprise des ténèbres me saisir. Oh! Une étoile filante : messagère divine. Elle trace sa voie dans la Voie Lactée et me laisse sans voix.

‘’Des nuées Tu te fais un char
Tu t’avances sur les ailes du vent
Tu prends les vents pour messagers
pour serviteur, les flammes des éclairs’’
(Psaume 103)

Je n’arrive plus à contrôler mes mouvements de tête pour admirer la voûte céleste tellement il y a d’étoiles clignant de l’œil. Je distingue clairement la Grande Ourse, la Croix du Sud, la Petite Ourse, Orion et quelques planètes toutes sur le fond noirâtre infini. Je m’accoude sur le parapet tout en sirotant mon café. Quel spectacle ! Ici et là, cachés et camouflés dans des buissons et des branches, des oiseaux émettent de petits cris timides; signal annonciateur de l’émergence des faisceaux du jour. À quelques distance près du lac, aussi, des grenouilles n’en finissent plus de croasser leurs chants mélodieux. Tout au bas de la tour   j’entends un grouillement, surement un quadrupède  fureteur qui cherche  de quoi à se mettre sous la dent; mais je ne peux voir ni distinguer  il fait trop sombre. Mon regard plutôt attiré vers un grand bosquet d’arbustes et de fleurs. Je puis le cerner mais non le voir clairement et les parfums suaves me montent aux narines. Douces effluves baignées de rosée. Pas certain, mais il me semble d’y apercevoir une lumière. Je me frotte les yeux  pour mieux y regarder attentivement. Non je me trompe. Mes prunelles se fixent sur un amas d’étoiles lointaines; une galaxie. Je redescends mon regard vers le bosquet et comme une flammèche, une brindille en flamme  ou une étincelle spontanée, une petite lumière brûle dans la nuit. Des lucioles !  Voilà l’explication. Je n’étais pas certain mais maintenant j’en suis sur. Je laisse mes yeux rivés sur ce ramassis d’arbustes pour y surveiller un autre clignotement qui se fait attendre.
‘’ Et la Lumière brilla dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée ‘’. La Lumière peut nous venir des éléments extérieurs, intérieurs, des évènements, des gens et de l’Esprit; suffit d’attendre.

Les minutes avancent à tout petits pas. Les Vigiles bientôt, ensuite le travail. Et c’est comme cela tous les jours et il n’y a rien de plus beau que d’offrir sa vie pour ses amis.

Sa vie, son temps, son énergie, sa sueur, ses peurs, ses angoisses, sa révolte et sa soumission. Sa vie, ses émotions, ses pensées et son intimité.
Offrir le don de soi, offrir  ses émotions et son humilité. C’est ce que je suis venu faire pour encore une période de temps ici au Monastère.

Tout en réfléchissant à cela, tout en bas dans le bosquet, une féérie se prépare car de plus en plus des clignotements se font voir et surgissent. Un au centre, un autre à gauche, quelques autres en périphérie et c’est la danse des lucioles. Le ballet des étincelles, les arabesques de minuscules faisceaux de lumière. Un feu d’artifice en noir et blanc. Certaines s’élèvent à quelques mètres dans les airs pour retomber au sol garni de rosée. On dirait une marée de points lumineux stagnante. Une ville vue sur le faîte d’une montagne. Le spectacle dure et dure. Mes yeux, émerveillés et écarquillés entre le ciel étoilé et cet amas de lumière, sont éblouis de beauté. La beauté sous toutes ses formes. Rien au monde, rien dans tout l’argent et le matériel ne peut procurer cette sensation du magnifique; du fantasmagorique et du spirituel.

Subitement tout le bosquet s’illumine de points scintillants. Des mouches à feu grimpent dans les airs en rubans et en guirlande  tournoyants. On a comme impression qu’elles construisent un arbre de Noel vivant. Tout le bosquet est maintenant radieux. Il doit bien y en avoir des milliers de ces petits insectes à Lumière. L’aurore se pointe et comme par enchantement les lucioles redescendent sur la terre ferme. Le bal est sur le point de se clore. Quelques soubresauts ici et là  et, comme d’un commun accord, les insectes lancent un clin d’œil en communauté. Une étincelle ici et là et une dernière. La valse est terminée. Quelques bestioles s’échappent du troupeau pour aller se figer dans un grand arbre enfoui dans la pénombre. Elles scintillent comme pour alerter les autres de la présence des oiseaux prédateurs qui se réveillent. Il y en a même une qui réussi à venir s’installer près de moi  et  ‘’s’allume’’ à intervalle régulier. Je l’observe du coin de l’œil et prie pour qu’elle ne s’envole pas. Au sol, le bosquet est retombé dans la l’ombre des ailes de la nuit.

 

‘’O Seigneur notre Dieu…
Jusqu’aux cieux Ta splendeur est chantée
par la bouche des enfants, des tout-petits
rempart que Tu opposes à l’adversaire
où l’ennemi se brise en sa révolte

A voir Ton ciel, ouvrage de Tes doigts
la lune  et les étoiles que Tu fixas
Qu’est-ce que l’homme pour que Tu penses à lui
le fils d’un homme, que Tu en prennes souci ?

Tu l’as voulu un peu moindre qu’un dieu
le couronnant de gloire et d’honneur
Tu l’établis sur les œuvres de Tes mains
Tu mets toute chose à ses pieds …’’
(Psaume 8);

Je fixe les aiguilles de ma montre, je porte la montre qu’au Monastère car nous sommes toujours sur horaire, et je me dis :’’ encore quelques minutes.’’ Encore quelques brèves instants le temps de voir poindre les aurores qui s’annoncent dans un rosé bleuté. Des étoiles qui ne veulent pas, encore,  se délayées avec la lumière ascendante  continuent de s’insinuer dans le ciel rendu un peu blafard par la clarté du matin. Je songe à une conversation que j’ai eue la veille avec un de mes amis qui est moine. Je lui demandais  si parfois il ne trouve pas le temps long et a-t-il déjà eu le goût de tout quitté pour revenir dans le monde que nous connaissons. Sa réponse est brève :


-Le monde où tu vis ? Ce monde là ! Jamais. Tu sais, nous en avons des nouvelles et des échos du monde extérieur, nous lisons quelques fois les journaux et écoutons, rarement, la télévision mais surtout pour les reportages sur l’Église, le Pape  et autres nouvelles de la sorte et aussi nous en avons de notre famille qui vient nous visiter de temps à autre. Évidemment il y a les commerciaux et les annonces de d’autres émissions et rien, mais rien, dans ces choses  ne parlent de Dieu, du spirituel ou du Christ. Tout ce qu’on lit dans ces journaux et sur internet ce sont des scandales, corruption, vols meurtres, avortement, euthanasie  et quoi encore. Pour nous, on peut dire que c’est du fumier mais c’est dans le fumier que poussent les plus belles fleurs, plantes et moissons. Il faut rester optimiste quand même. Nous sommes loin du ‘’ Aimez-vous les uns les autres ‘’ dans cette société .Nous sommes à des années-lumière de la compassion et de la fraternité. Heureusement qu’il y en a encore des gens qui croient. Et cette croyance n’est plus ce qu’elle était depuis des temps immémoriaux. Tout évolue et tout change et rechange.

-Les jeunes se cherchent dans cette obscurité .Nous vivons dans un temps d’idoles et c’est à qui remplirait le rôle. Tout ceci est éphémère ; poudre aux yeux. Les valeurs morales et spirituelles ont été évacuées petit à petit de nos sociétés. Il n’y a presque plus de sens moral, de sens spirituel des valeurs. On glorifie l’égo et la poursuite de buts matériels et monétaires.

L’humain en souffre, la nature en souffre et il y a bien des gens malheureux. Tu me demandes si j’ai envie d’aller revivre dans ce monde ? Non merci. Je suis bien ici et mon travail c’est de prier  pour tous ceux qui souffrent et pour qu’un jour voient la Lumière.

Ses paroles faisaient encore écho en sourdine dans mes pensées; comme il a donc raison. Mais la différence entre lui et moi c’est que moi je devais y retourner dans ce monde et Oh! Combien difficile à supporter de jour en jour.

En attendant, je termine mon café et admire la levée de l’aurore. Des brumes serpentantes, le chevaucheur des nuées,  se faufilent entre les arbustes et glissent vers le lac. Les lucioles se sont endormies et reviendront la nuit prochaine. Il y a toujours une petite lumière au bout de la nuit ; il y a toujours une petite lumière au bout d’un tunnel sombre.

Je redescends l’escalier pour aller à ma chambre chercher mon livre sur la liturgie monastique. Les oiseaux piaillent, maintenant à gorges déployées. Une autre belle journée.

05 :05 les Vigiles commencent au signal du Père Abbé.

 

Pierre Dulude

Les Ailes du Temps

Laval, 7 juin 2013 


Archive pour juin, 2013

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Mon alarme-réveil me nargue avec son nabot de son métallique corrosif. J’entrouvre les yeux et l’immobilise d’une pression du doigt effleurant, il se tait. Il est l’heure de se lever; la journée démarre. La nuit, bien campée dans sa tanière, en impose partout. Ma machine miniature à café ronronne  discrètement. J’enfile mes vêtements machinalement et verse un peu de lait dans le liquide tout bouillant. Je mets un couvercle sur mon gobelet de carton, ouvre ma porte de chambre et me dirige tout là-haut, par l’escalier, sur le belvédère du clocher du Monastère. À cette heure là pas beaucoup de va et vient; pas âme qui vive. Lorsque j’ouvre la porte attenante au balcon je suis ébloui par les myriades d’étoiles clignotantes dans le firmament d’un noir d’encre. Pas de lune cette nuit. Un silence abasourdissant flotte dans les ailes de l’air. Tout au fond, à l’est, on sent le travail d’accouchement d’une nouvelle journée. Quelques petites lueurs faiblottes des ailerons de l’aurore immergent. Le point de vue est ahurissant, en pleine nuit de la sorte. Je prends bien garde de garder mes réflexions et le silence à l’intérieur de mes pensées. Je ne laisse pas l’emprise des ténèbres me saisir. Oh! Une étoile filante : messagère divine. Elle trace sa voie dans la Voie Lactée et me laisse sans voix.

‘’Des nuées Tu te fais un char
Tu t’avances sur les ailes du vent
Tu prends les vents pour messagers
pour serviteur, les flammes des éclairs’’
(Psaume 103)

Je n’arrive plus à contrôler mes mouvements de tête pour admirer la voûte céleste tellement il y a d’étoiles clignant de l’œil. Je distingue clairement la Grande Ourse, la Croix du Sud, la Petite Ourse, Orion et quelques planètes toutes sur le fond noirâtre infini. Je m’accoude sur le parapet tout en sirotant mon café. Quel spectacle ! Ici et là, cachés et camouflés dans des buissons et des branches, des oiseaux émettent de petits cris timides; signal annonciateur de l’émergence des faisceaux du jour. À quelques distance près du lac, aussi, des grenouilles n’en finissent plus de croasser leurs chants mélodieux. Tout au bas de la tour   j’entends un grouillement, surement un quadrupède  fureteur qui cherche  de quoi à se mettre sous la dent; mais je ne peux voir ni distinguer  il fait trop sombre. Mon regard plutôt attiré vers un grand bosquet d’arbustes et de fleurs. Je puis le cerner mais non le voir clairement et les parfums suaves me montent aux narines. Douces effluves baignées de rosée. Pas certain, mais il me semble d’y apercevoir une lumière. Je me frotte les yeux  pour mieux y regarder attentivement. Non je me trompe. Mes prunelles se fixent sur un amas d’étoiles lointaines; une galaxie. Je redescends mon regard vers le bosquet et comme une flammèche, une brindille en flamme  ou une étincelle spontanée, une petite lumière brûle dans la nuit. Des lucioles !  Voilà l’explication. Je n’étais pas certain mais maintenant j’en suis sur. Je laisse mes yeux rivés sur ce ramassis d’arbustes pour y surveiller un autre clignotement qui se fait attendre.
‘’ Et la Lumière brilla dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée ‘’. La Lumière peut nous venir des éléments extérieurs, intérieurs, des évènements, des gens et de l’Esprit; suffit d’attendre.

Les minutes avancent à tout petits pas. Les Vigiles bientôt, ensuite le travail. Et c’est comme cela tous les jours et il n’y a rien de plus beau que d’offrir sa vie pour ses amis.

Sa vie, son temps, son énergie, sa sueur, ses peurs, ses angoisses, sa révolte et sa soumission. Sa vie, ses émotions, ses pensées et son intimité.
Offrir le don de soi, offrir  ses émotions et son humilité. C’est ce que je suis venu faire pour encore une période de temps ici au Monastère.

Tout en réfléchissant à cela, tout en bas dans le bosquet, une féérie se prépare car de plus en plus des clignotements se font voir et surgissent. Un au centre, un autre à gauche, quelques autres en périphérie et c’est la danse des lucioles. Le ballet des étincelles, les arabesques de minuscules faisceaux de lumière. Un feu d’artifice en noir et blanc. Certaines s’élèvent à quelques mètres dans les airs pour retomber au sol garni de rosée. On dirait une marée de points lumineux stagnante. Une ville vue sur le faîte d’une montagne. Le spectacle dure et dure. Mes yeux, émerveillés et écarquillés entre le ciel étoilé et cet amas de lumière, sont éblouis de beauté. La beauté sous toutes ses formes. Rien au monde, rien dans tout l’argent et le matériel ne peut procurer cette sensation du magnifique; du fantasmagorique et du spirituel.

Subitement tout le bosquet s’illumine de points scintillants. Des mouches à feu grimpent dans les airs en rubans et en guirlande  tournoyants. On a comme impression qu’elles construisent un arbre de Noel vivant. Tout le bosquet est maintenant radieux. Il doit bien y en avoir des milliers de ces petits insectes à Lumière. L’aurore se pointe et comme par enchantement les lucioles redescendent sur la terre ferme. Le bal est sur le point de se clore. Quelques soubresauts ici et là  et, comme d’un commun accord, les insectes lancent un clin d’œil en communauté. Une étincelle ici et là et une dernière. La valse est terminée. Quelques bestioles s’échappent du troupeau pour aller se figer dans un grand arbre enfoui dans la pénombre. Elles scintillent comme pour alerter les autres de la présence des oiseaux prédateurs qui se réveillent. Il y en a même une qui réussi à venir s’installer près de moi  et  ‘’s’allume’’ à intervalle régulier. Je l’observe du coin de l’œil et prie pour qu’elle ne s’envole pas. Au sol, le bosquet est retombé dans la l’ombre des ailes de la nuit.

 

‘’O Seigneur notre Dieu…
Jusqu’aux cieux Ta splendeur est chantée
par la bouche des enfants, des tout-petits
rempart que Tu opposes à l’adversaire
où l’ennemi se brise en sa révolte

A voir Ton ciel, ouvrage de Tes doigts
la lune  et les étoiles que Tu fixas
Qu’est-ce que l’homme pour que Tu penses à lui
le fils d’un homme, que Tu en prennes souci ?

Tu l’as voulu un peu moindre qu’un dieu
le couronnant de gloire et d’honneur
Tu l’établis sur les œuvres de Tes mains
Tu mets toute chose à ses pieds …’’
(Psaume 8);

Je fixe les aiguilles de ma montre, je porte la montre qu’au Monastère car nous sommes toujours sur horaire, et je me dis :’’ encore quelques minutes.’’ Encore quelques brèves instants le temps de voir poindre les aurores qui s’annoncent dans un rosé bleuté. Des étoiles qui ne veulent pas, encore,  se délayées avec la lumière ascendante  continuent de s’insinuer dans le ciel rendu un peu blafard par la clarté du matin. Je songe à une conversation que j’ai eue la veille avec un de mes amis qui est moine. Je lui demandais  si parfois il ne trouve pas le temps long et a-t-il déjà eu le goût de tout quitté pour revenir dans le monde que nous connaissons. Sa réponse est brève :


-Le monde où tu vis ? Ce monde là ! Jamais. Tu sais, nous en avons des nouvelles et des échos du monde extérieur, nous lisons quelques fois les journaux et écoutons, rarement, la télévision mais surtout pour les reportages sur l’Église, le Pape  et autres nouvelles de la sorte et aussi nous en avons de notre famille qui vient nous visiter de temps à autre. Évidemment il y a les commerciaux et les annonces de d’autres émissions et rien, mais rien, dans ces choses  ne parlent de Dieu, du spirituel ou du Christ. Tout ce qu’on lit dans ces journaux et sur internet ce sont des scandales, corruption, vols meurtres, avortement, euthanasie  et quoi encore. Pour nous, on peut dire que c’est du fumier mais c’est dans le fumier que poussent les plus belles fleurs, plantes et moissons. Il faut rester optimiste quand même. Nous sommes loin du ‘’ Aimez-vous les uns les autres ‘’ dans cette société .Nous sommes à des années-lumière de la compassion et de la fraternité. Heureusement qu’il y en a encore des gens qui croient. Et cette croyance n’est plus ce qu’elle était depuis des temps immémoriaux. Tout évolue et tout change et rechange.

-Les jeunes se cherchent dans cette obscurité .Nous vivons dans un temps d’idoles et c’est à qui remplirait le rôle. Tout ceci est éphémère ; poudre aux yeux. Les valeurs morales et spirituelles ont été évacuées petit à petit de nos sociétés. Il n’y a presque plus de sens moral, de sens spirituel des valeurs. On glorifie l’égo et la poursuite de buts matériels et monétaires.

L’humain en souffre, la nature en souffre et il y a bien des gens malheureux. Tu me demandes si j’ai envie d’aller revivre dans ce monde ? Non merci. Je suis bien ici et mon travail c’est de prier  pour tous ceux qui souffrent et pour qu’un jour voient la Lumière.

Ses paroles faisaient encore écho en sourdine dans mes pensées; comme il a donc raison. Mais la différence entre lui et moi c’est que moi je devais y retourner dans ce monde et Oh! Combien difficile à supporter de jour en jour.

En attendant, je termine mon café et admire la levée de l’aurore. Des brumes serpentantes, le chevaucheur des nuées,  se faufilent entre les arbustes et glissent vers le lac. Les lucioles se sont endormies et reviendront la nuit prochaine. Il y a toujours une petite lumière au bout de la nuit ; il y a toujours une petite lumière au bout d’un tunnel sombre.

Je redescends l’escalier pour aller à ma chambre chercher mon livre sur la liturgie monastique. Les oiseaux piaillent, maintenant à gorges déployées. Une autre belle journée.

05 :05 les Vigiles commencent au signal du Père Abbé.

 

Pierre Dulude

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Laval, 7 juin 2013 

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