Le silence !

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Le  silence !

Laurence Freeman o.s.b.,

extrait de Un monde de silence,

« Quatrième lettre », Montréal, Le Jour éditeur, 1998, p. 64-68.

 

Si nous comprenons à quel point la nature est silencieuse, nous apprendrons le pouvoir rédempteur et purificateur du silence. Tout ce qui est simplement soi-même, est silence. Peu importe que cette chose parle, cancane ou siffle dans le vent. Le silence n’est pas affecté par le bruit si celui-ci ne cherche pas à faire illusion ou à usurper l’identité ou le droit à exister de quelque chose d’autre… Le silence purifie. Il nous ramène à notre vraie nature et inverse les contre-courants de ce qui n’est pas naturel.

Nous réapproprier notre vraie nature à travers la méditation signifie qu’en méditant, nous apprenons à satisfaire les besoins fondamentaux de notre nature. Il faut pour cela connaître ses besoins, les affronter, les accepter et les avoir reconnus sans culpabilité ni rejet. Il s’agit de besoins humains tels que la plénitude, le bonheur et la paix ; ce ne sont pas des abstractions ; et ce ne sont pas des désirs non plus… Par ce grand discernement des besoins d’avec les désirs auquel le silence nous conduit, nous retrouvons une relation directe et harmonieuse, une non-dualité, avec nous-mêmes. La seule victime est le fantôme de notre moi imaginaire, avec ses peurs et ses illusions.

La méditation nous rend davantage conscients de toutes les forces qui vont aujourd’hui à l’encontre de notre nature… Nous ne pourrons remédier à la perte de contact avec notre nature spirituelle – illimitée et compatissante – qu’en réapprenant ce qu’est notre vraie nature. On ne retourne pas à la nature en se promenant dans la campagne, mais cela peut être aussi dur et revigorant qu’un exercice physique. La méditation détache de la fascination décadente pour la mort et la corruption et redonne un robuste appétit pour la vie. Les saints en témoignent par leur amour de la vie, leur incapacité à s’ennuyer. L’œuvre du silence nous rappelle d’une manière analogue que nos plus grands plaisirs sont à rechercher dans ce qui est naturel…

La découverte de notre vraie nature, quand notre conscience reflète et partage la conscience divine, nous fait accéder à la paix et à la liberté. La paix éclot de la connaissance certaine que notre nature est enracinée en Dieu et aussi réelle que Dieu. C’est la paix toute puissante d’appartenir à ce qui, nous le savons, ne va jamais nous rejeter ou nous renier, c’est la confiance en soi que donne l’amour. La liberté jaillit de la joie de la transcendance, de la joie de savoir que ce à quoi nous appartenons nous appartient. L’enracinement permet l’expansion, tout comme le vœu de stabilité de saint Benoît permet une transformation continuelle.

Face aux crises que traverse le monde actuel nous devons nous demander pourquoi nous méditons. Non pas pour nous faire douter de notre engagement, mais pour l’affiner et l’approfondir. Nous ne sommes pas en quête d’expériences intéressantes. La méditation n’est pas une technologie de l’information. Elle a trait à la connaissance qui sauve, à la conscience pure… Cette connaissance rédemptrice et re-créatrice est la sagesse qui manque à notre époque. Nous pouvons la reconnaître et la distinguer de ses contrefaçons parce qu’elle ne revendique ni n’affiche aucun pronom possessif. Personne ne prétend qu’elle est la sienne… C’est la conscience de l’Esprit Saint et, par conséquent, la matrice de tout acte d’amour véritable. Confrontée à la tragédie la plus démoralisante, elle est aussi proche de nous que nous le sommes de notre vrai moi.

 

—————————————————————————————-

Après la méditation

 

Extrait de la Shvetashvatara Upanishad,

d’après la traduction anglaise de E. Easwaran,

Tomales, CA, Nilgiri Press, 1987, p. 223

Le Seigneur de l’Amour, omniprésent, demeurant

Dans le cœur de toute créature vivante,

Infiniment miséricordieux, retourne vers lui tous les visages.

Il est le Seigneur suprême, qui par sa grâce

Nous pousse à le chercher dans nos propres cœurs.

Il est la lumière qui brille à jamais.

Il est le Soi intime de tous,

Caché comme une petite flamme dans le cœur.

Seul l’esprit apaisé peut le connaître.

Les Ailes du Temps.

Laval, 25 octobre 2013 ,10:07 

 

 

 

 

 


Archive pour 25 octobre, 2013

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Le  silence !

Laurence Freeman o.s.b.,

extrait de Un monde de silence,

« Quatrième lettre », Montréal, Le Jour éditeur, 1998, p. 64-68.

 

Si nous comprenons à quel point la nature est silencieuse, nous apprendrons le pouvoir rédempteur et purificateur du silence. Tout ce qui est simplement soi-même, est silence. Peu importe que cette chose parle, cancane ou siffle dans le vent. Le silence n’est pas affecté par le bruit si celui-ci ne cherche pas à faire illusion ou à usurper l’identité ou le droit à exister de quelque chose d’autre… Le silence purifie. Il nous ramène à notre vraie nature et inverse les contre-courants de ce qui n’est pas naturel.

Nous réapproprier notre vraie nature à travers la méditation signifie qu’en méditant, nous apprenons à satisfaire les besoins fondamentaux de notre nature. Il faut pour cela connaître ses besoins, les affronter, les accepter et les avoir reconnus sans culpabilité ni rejet. Il s’agit de besoins humains tels que la plénitude, le bonheur et la paix ; ce ne sont pas des abstractions ; et ce ne sont pas des désirs non plus… Par ce grand discernement des besoins d’avec les désirs auquel le silence nous conduit, nous retrouvons une relation directe et harmonieuse, une non-dualité, avec nous-mêmes. La seule victime est le fantôme de notre moi imaginaire, avec ses peurs et ses illusions.

La méditation nous rend davantage conscients de toutes les forces qui vont aujourd’hui à l’encontre de notre nature… Nous ne pourrons remédier à la perte de contact avec notre nature spirituelle – illimitée et compatissante – qu’en réapprenant ce qu’est notre vraie nature. On ne retourne pas à la nature en se promenant dans la campagne, mais cela peut être aussi dur et revigorant qu’un exercice physique. La méditation détache de la fascination décadente pour la mort et la corruption et redonne un robuste appétit pour la vie. Les saints en témoignent par leur amour de la vie, leur incapacité à s’ennuyer. L’œuvre du silence nous rappelle d’une manière analogue que nos plus grands plaisirs sont à rechercher dans ce qui est naturel…

La découverte de notre vraie nature, quand notre conscience reflète et partage la conscience divine, nous fait accéder à la paix et à la liberté. La paix éclot de la connaissance certaine que notre nature est enracinée en Dieu et aussi réelle que Dieu. C’est la paix toute puissante d’appartenir à ce qui, nous le savons, ne va jamais nous rejeter ou nous renier, c’est la confiance en soi que donne l’amour. La liberté jaillit de la joie de la transcendance, de la joie de savoir que ce à quoi nous appartenons nous appartient. L’enracinement permet l’expansion, tout comme le vœu de stabilité de saint Benoît permet une transformation continuelle.

Face aux crises que traverse le monde actuel nous devons nous demander pourquoi nous méditons. Non pas pour nous faire douter de notre engagement, mais pour l’affiner et l’approfondir. Nous ne sommes pas en quête d’expériences intéressantes. La méditation n’est pas une technologie de l’information. Elle a trait à la connaissance qui sauve, à la conscience pure… Cette connaissance rédemptrice et re-créatrice est la sagesse qui manque à notre époque. Nous pouvons la reconnaître et la distinguer de ses contrefaçons parce qu’elle ne revendique ni n’affiche aucun pronom possessif. Personne ne prétend qu’elle est la sienne… C’est la conscience de l’Esprit Saint et, par conséquent, la matrice de tout acte d’amour véritable. Confrontée à la tragédie la plus démoralisante, elle est aussi proche de nous que nous le sommes de notre vrai moi.

 

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Après la méditation

 

Extrait de la Shvetashvatara Upanishad,

d’après la traduction anglaise de E. Easwaran,

Tomales, CA, Nilgiri Press, 1987, p. 223

Le Seigneur de l’Amour, omniprésent, demeurant

Dans le cœur de toute créature vivante,

Infiniment miséricordieux, retourne vers lui tous les visages.

Il est le Seigneur suprême, qui par sa grâce

Nous pousse à le chercher dans nos propres cœurs.

Il est la lumière qui brille à jamais.

Il est le Soi intime de tous,

Caché comme une petite flamme dans le cœur.

Seul l’esprit apaisé peut le connaître.

Les Ailes du Temps.

Laval, 25 octobre 2013 ,10:07 

 

 

 

 

 

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