Autonomie

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Autonomie…

Grand-maman, Mamie vient, voir vite. Viens voir ce que j’ai trouvé. Le petit Jason souriant à pleine dents blanches, l’œil pétillant et fier de sa trouvaille va chercher sa grand-mère par la main. Elle se laisse conduire par le gamin. Lui veut aller plus hâtivement, courir mais l’aïeule ne suit pas mais y parvient malgré son âge. L’enfant la mène directement où les vagues viennent finir de s’étaler. Une écume blanche s’avère subsister et recouvre le trésor de Jason. Il se penche et pousse du bout d’une branche qu’il a trouvé sur la grève, un petit crabe encore vivant. Jason soupire profondément tout en parlant au crustacé :
-Tu es encore en vie, toi, après un long périple je suppose. D’ou viens-tu ? Viens –tu des grandes profondeurs ou bien des hauts fonds ? On ne le saura jamais en plus je ne parle pas le langage de crabe. Sa grand-mère, en entendant cela rit aux éclats. Elle regarde son petit fils s’épivarder avec son crabe faiblard plus ou moins vivant. Il semble épuiser le petit crustacé.
Éloïse, la grand-mère, se penche près de son petit fils et lui demande :
-Que vas-tu en faire mon petit Jason ?
Le garçon la fixe dans les yeux et lui répond :
Je ne sais pas grand-maman, toi tu le sais ?
La grand-mère lui caresse les cheveux tout soyeux :
-Je crois que tu pourrais le remettre à l’eau pour qu’il continue sa vie de crabe. Qu’en penses-tu ?
Le garçon un peu déçu rechigne :
-Oui mais c’est moi qui l’ai trouvé ! Je vais le mettre dans un aquarium et je vais l’élever comme mon ami ce crabe à moi.
Jason met son petit étrille en sureté près d’une falaise et va à l’entrée de la plage, il lui semble avoir vu une bouteille vide de plastique lancée par un quelconque quelqu’un qui ne s’intéresse pas à l’environnement. Il prend son canif et coupe la bouteille en deux, il jette le reste aux ordures toujours sous l’œil attentif de sa grand-mère. Elle le trouve très autonome. Il va à la mer et remplit, ce qu’il reste du flacon, d’eau de mer.

Ce qui semble faire un bien énorme au petit crabe qui, lui, en arrache. Jason lève le bouteille hauteur de ses yeux pour examiner l’animal ainsi prisonnier. Éloïse lui demande alors :
-Tu ne crois pas que tu devrais le laisser aller ce petit crabe, Jason ? Tu sais il ne survirera peut-être pas. Il a été créé pour être en liberté au fond de la mer, et non dans un aquarium. Que dirais-tu, toi, si quelqu’un te tiendrais prisonnier ou enfermé dans une cage ? Je ne crois pas que tu aimerais cela .Comme je te connais tu voudras t’échapper et fuir au loin.
Jason réfléchit aux propos de sa grand-mère et lui réplique :
-Je crois que tu as raison, Mamie, et non je n’aimerais pas ça du tout être prisonnier ou sous le giron de quelqu’un en étant dépendant de cette personne. Je préfère ma liberté à toutes ces choses. Je ne me sentirais pas du tout bien dans ma peau et, oui, je voudrais fuir loin très loin de cette personne.
Éloïse n’en revenait pas de son étonnement et d’entendre son petit fils parler de la sorte.
Il avait murit avec le temps. Depuis la mort des ses parents il avait pris de l’age malgré ses douze ans. Lors de la lecture du testament des ses parents, il a refusé catégoriquement l’aide financière d’un de ses oncles en moyen. Il avait affirmé qu’il voulait vivre avec sa grand-mère et que tout l’argent laissé en fiducie lui servira plus tard.
Il se disait :
-J’ai le temps de vivre ce que j’ai à vivre et par après on verra.
Éloïse l’approuve complètement. Elle le prit sous son aile malgré son âge avancé. Jason n’en finissait plus de l’étonner.
L’enfant s’avance d’un pas rassuré vers les flots, il est pieds-nus .Il entre dans l’eau jusqu’aux genoux, se penche et dépose le minuscule crabe au fond de l’eau. Ce dernier ne demande que son reste et se redirige vers le large. Jason se sent noble dans son geste .Il reviens vers Mamie qui l’attends sur la rive. Ils vont, tous les deux s’assoir sur un petit banc de sable à quelques dizaines de mètres de l’océan. Le soleil se met de la partie amenant de doux rayons chauds et bienfaisants tout en coulant sur la peau. Jason s’adresse à sa grand-mère :
Mamie, crois-tu qu’il vivra le petit crabette même s’il a atterri ici sur la plage ?

Sa Mamie lui répond :
-On ne peut pas savoir mon petit Jason. On ne sait jamais ce qui peut nous arriver, tu sais, une journée tout va bien et le lendemain rien n’y fait on est malade et au lit. Et un autre jour tout va bien à nouveau. Je te félicite de l’avoir relâché tu sais c’est comme un oiseau dans une cage. J’ai beaucoup de difficultés avec les gens qui s’obstinent à les garder dans ce genre de prison. La beauté de l’oiseau se cache dans son vol. S’il ne vole plus il devient inutile. Et la liberté, aussi, peut se retrouver de cette façon, regardes.
Éloïse prend une poignée de sable et le tient serré dans sa main :
-Plus tu serres la main plus le sable ne peut s’échapper mais si tu ouvres la main le sable s’écoule comme il doit le faire, et c’est si doux entre les doigts. Tu sais les gens c’est aussi la même chose. Si tu essaies de les contrôlés ou de les manipuler un jour ou l’autre ils finiront par se révolter et partir. Aucun humain n’aime se faire conduire, dicter sa conduite ou se faire diriger contre son gré. Il y a des gens qui sont champions à faire cela, tu verras tu les reconnaîtras lorsque tu les verras ou rencontreras. Tiens-toi loin, très loin. Ne laisses personnes te diriger, l’homme est debout aujourd’hui ce n’est pas pour se remettre à genoux devant les autres.
Jason réfléchit profondément aux paroles de sa Mamie. Il se lève et se dirige vers la mer pour y tremper ses pieds. Tout en contemplant le flux et le reflux des vagues ses yeux se posent sur l’horizon lointain de cet océan bleu-vert. Des goélands chapardeurs viennent virevolter au dessus des flots. Leurs cris stridents enflamment le cœur de Jason. Il les regarde faire des vrilles pour ensuite frôler les flots à la recherche de nourriture. Jason pense à son petit crabe et ne désire pas du tout qu’il tombe dans le bec lacéré d’un de ces prédateurs dénués de remord.

Il se lève et va rejoindre sa Mamie qui baigne au soleil il lui dit :
-Tu sais Mamie, comme tu dis, si un jour je fais face à ce genre de personne je vais tout de suite le savoir .On ne peut pas les ignorer, je crois.

Sa Mamie s’adresse à lui tendrement :
-Oui tu vas les reconnaitre, ce sont des gens qui ne pensent qu’à eux. Ils font tout pour que tout reviennent à eux. Ils sont extrêmement égoïstes et manipulateurs. Ils sont subtils et ne laissent rien voir. Ils te comblent de petits cadeaux et d’intentions mais c’est toujours pour eux qu’ils font ça. Ils veulent te mélanger dans tes pensées, ton vécu et ta vie. Si un jour cela se produit dans ta vie, viens m’en parler si je suis toujours vivante, sinon parles en à quelqu’un. Ils ne veulent que subtiliser ton autonomie, te rendre dépendant d’eux. Ce sont comme des trous noirs de l’univers, ni plus ni moins .Ils vont te siphonner toute ton énergie à te rendre plus dépendant d’eux. Tu sais comme un parasite qui s’accroche sur le ventre d’un gros poisson.
Jason écoutait religieusement et demande à sa grand-mère :
-Mamie en as-tu déjà connu des gens comme ça ?
La grand-mère, posée, entre dans un profond silence et regarde son petit-fils qui attend sa réponse :
-Oui malheureusement mais je ne te dirai pas qui c’est personnel. Mais il faut se méfier de ce genre de prédateur mon enfant. Je ne veux pas te faire peur avec cela mais vaut mieux être prudent.
Les vagues se rapprochent de plus en plus c’est la marée montante. Jason et sa Mamie reculent vers les falaises pour ne pas être envahis par les flots. Du mur des falaises des hirondelles ont construit leur nid. Un va et vient constant les agite. On entend leurs rejetons piailler lorsqu’un des deux, du père ou de la mère reviennent avec la pitance. Quelques fleurs magnifiques pendouillent sur les rochers. Elles ont réussi à s’agripper à la vie et à survivre. Une corneille frondeuse s’approche un peu trop du couvoir d’un des couples d’hirondelles. Tout de go c’est l’alerte et aussi les vols en piqué vers l’intrus. Chacune leur tour les oiseaux plongent vers la voleuse noire qui fuit sans demander son reste. Elle ne peut pas lutter contre cette bande solidaire. Les hirondelles retournent à chacun son nid, le danger est passé.
Jason, curieux, redemande sa grand-mère pensive :
- Tu ne veux pas me le dire Mamie c’est qui celui que tu connais qui est comme ça ?
La Mamie réfléchit et murmure :
-Non mon petit Jason, d’ailleurs ça ne donnerait rien que tu le saches. Ces gens là ne veulent qu’on parle d’eux, alors nous allons cesser de parler de celle-là et nous parlerons autre chose. Qu’en penses-tu ?
Jason, un peu déçu acquiesce :
Tu as raison il y a tellement de belles choses ici en ce moment pourquoi ne pas en profiter. Tu sais je me baignerais volontiers mais je crains que l’eau soit trop froide pour ce temps ci de l’année.
Sa Mamie sourit et approuve la décision de son petit fils pas seulement pour la température de l’eau mais aussi par prudence. Il y a des courants assez puissants pour cette partie de plage .Des pancartes avertissent du danger .Jason se plante debout devant sa grand-mère et lui dit :
-Mamie je vais prendre une petite marche est-ce que tu viens avec moi ?
Éloïse lui répond :
-Non Jason, je vais rester ici au soleil mais ne t’éloigne pas trop. Il est presque midi et nous allons casser la croute dans moins d’une heure.

-Ne t’inquiète pas Mamie je serai de retour dans une demi-heure environ. Je veux aller explorer un peu plus loin vers ce mur de falaises là bas à gauche.
Sa Mamie regarde et vérifie qu’elle pourra le surveiller même s’il s’éloigne un peu. Elle se souvient que lorsque Jason était jeune, il partait comme ça à l’aventure sans en dire mot à personne. Ils l’ont cherché souvent et, souvent, aussi, ce sont les voisins qui le ramenaient. Une fois ce sont des policiers qui sont venus le reconduire à la maison au grand dam de ses parents.

Jason s’éloigne d’un pas alerte de sa Mamie. Il jette un regard furtif et sent les yeux de cette dernière se poser sur sa nuque. Il lui répond :
-Oui Mamie je vais être prudent.
Il sourit et continue son périple. Il marche allégrement dans les vagues qui viennent lui caresser les pieds..Il aime cette sensation. Il se penche et trouve une énorme écaille d’huitre toute blanche tachée de bleu. Il la rince dans l’eau de mer et contemple le nacre de l’ex maison d’un mollusque. Il la met dans sa poche et se dit :
-Souvenir !
Il déambule en trainant les pieds dans l’eau qui vient s’étaler sur la grève. Il se penche à nouveau et cette fois il ramasse un caillou blanc, tout blanc. Pas d’impuretés .Il le glisse dans sa poche et continue sa petite escapade. La plage est jonchée de cailloux, de coquillages et d’algues. Il remarque des fleurs d’algues de toutes les couleurs. Il en prendrait bien quelques unes mais il le sait qu’elles ne se garderont pas. Il arrive à un petit cumul d’eau de mer entre deux petites collines de sable parallèles à la mer. L’eau y semble accumulée depuis quelques temps. Il se risque et y met un pied ensuite l’autre. L’eau est chaude très chaude même. Le soleil a fait son œuvre .Quelle belle sensation se dit-il .
Il marche maintenant vers les falaises qui se dressent comme de vieux soldats au garde à vous. Il est impressionné par la hauteur et surtout la couleur d’un rouge vif terreux.
Tout le long de la falaise il y a de minuscules cavernes mais aussi d’immenses trous béants qui peuvent y loger un homme debout. Jason s’y risque mais ne va pas trop loin. Il se sent à l’abri .La caverne dégage une odeur forte de salin et d’eau de mer. Il respire à fond.Il ressort de la caverne et s’avance à nouveau vers la mer. Il se dit :
-C’est temps que je retourne, Mamie va s’inquiéter.
Il reprend donc le chemin par l’autre sens. En quelques pas il rejoint sa grand-mère qui sommeille au soleil sous un petit parasol. Jason s’approche tout doucement pour ne pas la faire sursauter. Il lui caresse la joue avec sa petite pierre blanche. Éloïse ouvre les yeux candidement et sourit à Jason .Ce dernier lui tend la petite roche.
Mamie est ravie. Elle prend la pierre et la roule dans ses mains gercées. Elle sent la douceur du caillou et dit :
-Merci mon petit Jason, ça me fait plaisir de l’accepter.
Jason lui montre aussi les trouvailles qu’il a fait sur la plage durant sa marche surtout l’énorme coquillage qu’il tend à sa grand-mère. Éloïse n’a qu’admiration pour ce trésor et elle en fait chaudement mention à son petit fils.
-Mamie j’ai faim. Est-ce qu’on va manger ?
La grand-mère se lève de sa chaise et plie son petit parasol et dit à Jason :
-Oui allons-y.
Le soleil darde maintenant. Les deux s’éloignent et leurs ombres les suit en s’agrandissant.
Pierre Dulude
Les Ailes du Temps
Iles de la Madeleine
23 décembre 2014.

 


Archive pour décembre, 2014

Fable…

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Fable…

Les orchidées exhalent de leurs effluves toute la pièce. Leur parfum, mêlé à celui des  roses et l’encens produit une fragrance incomparable. L’odeur du thé au jasmin vient rajouter une touche magnanime à toute cette ionosphère. Maître Tchang attends depuis peu son disciple Li qui n’arrive jamais en retard. La musique de cithare chinoise coule tout comme une légère cascade dans un bois calme et serein. Il se verse une tasse de thé et le déguste prudemment car il est effervescent .Il savoure délicatement tout en humant les vapeurs du jasmin. Une tonalité de satisfaction le fait glousser de ravissement. Il aime ce thé. Il dépose sa tasse sur la petite table de bambou face à lui et consulte son livre de Yi-King. Il entend des pas dans l’escalier; c’est Li  qui grimpe les marches quatre à quatre de peur qu’il ne soit pas à l’heure. Maître Tchang le regarde pénétré dans la pièce tout en lui disant par un signe de la main de ralentir :

-Ne t’en fais pas mon garçon, tu n’es pas en retard c’est plutôt moi qui est en avance et prends un siège  face à moi s’il te plaît.

Li s’exécute tout en  restant silencieux, il attend pendant que son maître finisse sa lecture. Il regarde tout autours de lui et remarque les orchidées parées de leur robes toutes blanches, il se dit à lui-même :

-Quelles gracieuses fleurs et cette fragrance…

Toujours dans ses réflexions il regarde maître Tchang déposer son livre sur la table et  écoute ce qu’il a à dire. Le maître prend tout son temps comme à l’habitude. Il demande à Li :

-Et qu’as-tu fait ce matin depuis ton lever ?

 

Li lui réplique :

-Bien pour commencer, tout de suite après mon lever je me suis mis dans la position de Lotus et j’ai médité plus d’une demi-heure .Ensuite j’ai collationné de façon équilibré comme vous me l’avez enseigné. J’ai pris une douche et je suis venu directement ici.

Maître Tchang sourit pour donner son approbation. Il reprend :

-Et dans tes méditations qu’est ce qui en est ressortit ?

Li réfléchit et enchaîne :

-Le détachement de tout ce qui est matériel. Le non-attachement aux biens de la terre. S’accaparer des valeurs spirituelles, comme la bonté, le don de soi, la joie, la Paix, le bien et combien d’autres. Le donner sans espoir de retour et l’Aimer sans condition. Voilà grosso-modo ce qui en est ressortit maître.

Tchang le regarde avec admiration, son élève apprend bien et lui dit :

-Connais-tu la fable du hanneton et de la coccinelle ?

Li cherche dans sa mémoire et lui affirme :

-Non maître, je ne la connais pas celle-là, allez-vous me la raconter s’il vous plaît ?

Maître Tchang offre une tasse de thé à Li qui accepte avec plaisir, le thé du maître en est un d’un art japonais ancien et il est délicieux à outrance. Maître Tchang poursuit :

Il y a, il y a plusieurs centaines d’années, un hanneton gourmand, avare et très insécure vit au creux d’un arbre. Il a fait sa tanière à cet endroit la protégeant des prédateurs, des voleurs et escrocs de tout acabit qui pourraient  lui prendre ses provisions. Il défend bien son château fort. Sa caverne, bourrée de victuailles sent le renfermée et le moisi car il ne pouvait pas toujours garder au frais ses provisions qui pourrissent avec le temps .Il doit, souvent, se défaire de choses qu’il croit pouvoir conserver mais ces dernières deviennent si rassies avec le temps.

Dans son garde manger des fruits, légumes, insectes chapardeurs, noix et toutes sortes de victuailles aussi hétéroclites les unes que les autres font du hanneton un insecte riche.

Donc installé dans son antre qu’il surveille comme une sentinelle surveille sur son tour de garde, il ne laisse personne, pas âme qui vive, s’introduire chez lui.

Par une belle journée d’été une petite coccinelle de ton vert avec de petits pois rouges atterrit près de la mansarde du hanneton. Ce dernier, ayant senti les vibrations d’ailes, sort précipitamment de son trou pour effrayer l’intruse. Il tend ses mandibules défensivement.

La coccinelle effrayée fait quelques pas en arrière voyant ce monstre noir aux mâchoires d’acier s’approcher d’elle. Elle le supplie de ne pas lui faire de mal, qu’elle est là par erreur et qu’elle part sans demander son reste. Elle baisse ses antennes pour ne pas provoquer le hanneton menaçant. Celui-ci regarde avec mépris de toute sa grosseur la petite bête à Bon Dieu toute chétive et tremblante. Il fait encore quelques pas en direction de la coccinelle et s’arrête net car il voit bien qu’elle n’est pas une menace à sa grandeur et à son précieux avoir. Il lui dit :

-Que veux-tu coccinelle ? Es-tu venu dérober mes victuailles ? Es-tu venu manger mes provisions ou bien même me faire des problèmes ? Si c’est cela tu vas goûter de ms mâchoire .

La coccinelle, en entendant cette voix d’outre-tombe et creuse a peur :

-Non, non M. le hanneton je ne suis pas ici pour vous voler. J’ai atterri ici par erreur comme je viens vous le dire. Mais le hanneton n’écoutait pas.

Le gros insecte semble avoir un petit moment de pitié et essaie de rassurer la petite bête toute effrayée. Il reprend :

-Est-ce qu’il y a longtemps que tu n’as pas mangé ? Veux-tu des bons champignons ou quelques noix ? Je t’invite à entrer chez moi et tu pourras te servir comme tu le veux. Allez viens je ne te ferai pas de mal.

Le hanneton, de sa patte, entraîne la petite coccinelle hésitante à l’intérieur de sa cavité sombre. Il ne veut aucun mal  à la petite, pour une fois, pense-t-il, je vais faire le bien. Il pousse la coccinelle vers son garde-manger. Une odeur fétide s’en dégage et la coccinelle recule en se bouchant le nez. Elle demande au hanneton :

-Pourquoi gardez-vous toute cette nourriture qui est en état de putréfaction. Vous ne voyez pas que plus de la moitié n’est plus bonne qu’à jeter ?

Le hanneton, sur un ton grognard et insulté répond :

-Mais tout cela est bon je l’ai acquis dans mes tournées nocturnes, et diurnes.

Quelques fois je n’ai pas besoin d’aller quérir des provisions mais j’y vais pour faire des réserves pour ne rien manquer en cas de mauvais jours. Viens voir mes autres compartiments de nourriture, tu en seras étonnée.

Il entraîne la petite coccinelle dans des dédales de son terrier et tout en descendant l’odeur devient insoutenable. La coccinelle décide de revenir sur ses pas et d’aller prendre de l’air frais. Le hanneton la suit à quelques pas en arrière.

Une fois à l’extérieur la coccinelle qui respire à fond ne peut s’empêcher de dire au hanneton :

Mais qu’avez-vous donc à entasser autant de choses et de nourriture. Pourquoi est-ce  si important de thésauriser de la sorte ? Je ne comprends pas. Je vis simplement au jour le jour et une journée à la fois. Je n’accumule rien de tout cela. Je me promène de fleur en fleur en ayant tout le temps de quoi me nourrir et de bien vivre et en plus je suis libre d’aller ou je veux et quand je veux car je n’ai pas d’immondes paquets de nourriture à surveiller jour et nuit.

Le hanneton,  inconscient de son problème, son dada, dévisage la coccinelle de façon haineuse et lui dit :

-Dis-le donc que tu es jalouse de mon avoir de mes possessions ? Allez avoue ! Tu n’auras rien, tu m’entends tu n’auras absolument rien de tout cela.

La coccinelle, voyant le ton agressif du hanneton parle diplomatiquement :

-Non je ne suis pas jalouse de ton pécule, je n’en veux pas. À quoi me servirait tout ça je ne suis pas assez costaude pour le transporter ou bien même le défendre. Je crois, et je te dis cela avec toute amitié, que tu as un problème de surconsommation et que si tu continue tu vas te rendre malade.

Sur ces mots le hanneton se fait menaçant et s’avance rapidement vers la coccinelle, qui elle, s’envole vers le haut de l’arbre .Elle voit le hanneton tourner dans toutes les directions mu par sa colère. Ses ailes semblent si lourdes.

Maître Tchang regarde Li en lui disant :

Quelle est la morale de cette histoire mon cher Li ?

Li réfléchit et dit :

Que la liberté vaut tous les trésors de la terre. Que tout est relatif, tout finit par disparaître et finir en poussière. Comme dans ma méditation qui me disait de vivre le détachement de tout, tout abandonner. Il ne sert à rien d’accumuler les biens de cette terre. Et que l’humilité se cultive avec le temps.

Maître Tchang, satisfait de son élève lui sourit. Il est fier de son élève qui avance à grands pas dans la vie.

-Bravo cher petit Li, tu as très bien compris.

Sur ce, les deux adeptes du Bouddhisme s’inclinent devant un  buste de Bouddha souriant.

 

Pierre Dulude

Les Ailes du Temps

15 décembre 2014 

La fille et la mer…

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La fille et la mer…

Noel .

noel

Noël

 Machinalement les morceaux de musique s’enchaînent d’un ton lancinant ; presque ennuyant. L’immense couloir du grand centre d’achat criant de lumières, de décorations et de gens plus ou moins éberlués qui déambulent tout comme des ombres égarés. Le tempo, le timing  n’y est pas. On dirait une vieille rengaine  revenant hanter cet espace temps de cette période de l’année, encore une fois. Ce cycle, sans cesse renouvelé, s’étiole sur un laps  de temps de quelques semaines. Quelques semaines parfois longues et interminables. Les mêmes vieilles habitudes viennent nous rappeler, en nous martelant, les mêmes chansons qu’on écoute; qu’on écoutait il y a cinquante ans et plus. Le lavage de cerveau va bon train.

L’essence même de la  Fête est évacué par la panoplie commerciale affichée sans pudeur et sans restriction. Le gros bonhomme rouge trône ici et là tout le long du corridor achalandé du centre commercial; les enfants en perdent le nord. Les commerçants ne savent plus où donner de la tête et de l’esprit pour vendre leur salade. On ne sait plus à quel stratagème se vouer pour écouler la marchandise. Tout déborde à profusion, tout regorge de richesses et de vanités. : ‘’ Offrez ceci, offrez cela !’’ Disent les panneaux publicitaires. Ne regardez pas à la dépense c’est Noel après tout ! Et les gens se laissent submergés par la féérie des couleurs et l’attrait du miroitant et du flamboyant.

Jean-Paul, bien campé sur son banc, au beau milieu du passage, reluque tous ces gens qui gigotent dont certain les bras remplis de ces sacs multicolores à offrir en cadeau. Des enfants innocents suivent leurs parents en se faisant tirer par la main. On semble pressés, en retard sur l’horaire et stressé. Et pourtant il n’y a pas de quoi.

Jean-Paul, à la retraite depuis peu aime bien se retrouver dans ce centre d’achats par les matins tristounets des jours de semaines. Mais là il avoue qu’il y a trop de monde, de va et vient et de bruits. Il se laisse emporter dans ses pensées et son imagination. Lui aussi il revient au temps quand il avait huit ou dix ans.  Il se souvient des ces Noel en famille et toute la joie et le plaisir qu’il y avait. Il se souvient  des jours, juste avant la Grande Fête, quand les enfants  tous ensembles montent le sapin de Noel. La magie des jeux de lumières, des boules scintillantes et des guirlandes serpentant sur le plancher du salon. Installer la crèche dans son petit enclos et : ‘’ Oh non on n’installe pas le petit Jésus avant le vingt quatre au soir ; c’est la tradition’’.En dernier ce sont les glaçons d’argent qu’on installe délicatement. Sans parler des prises de becs entre les artisans de ce chef d’œuvre. Les empoignes du temps des fêtes comme disait sa mère .Ah ! Quels bons souvenirs. Jean-Paul aimait ce temps de joies de réjouissances. Sa mère cuisinait tous les jours et étalait ses créations sur le comptoir de la cuisine : pâtés au poulet, tourtières et les différentes tartes sans oublier les canneberges d’un rouge vif. Et la musique qui enchantait tout ce beau monde. L’atmosphère était à la fête. Le soir venu tout le monde à la messe de minuit, sauf la mère qui préparait la table. Lorsque les enfants arrivaient avec quelques adultes tout était illuminé dans la maison et il avait une odeur de cuisson à faire saliver.
Les chandelles brillent de tous leurs feux et la musique si douce à l’oreille caresse les tympans. Jean-Paul repense comme ils ont hâte d’aller au salon pour développer les présents offert par les parents .Ensuite tout en famille ce sont les chants traditionnels qui se font entendre surtout  Sainte Nuit tout en plaçant le petit Jésus à sa place dans la crèche. Tous en chœur, doucement et mielleusement, chantent ce4 magnifique chant du temps de Noel. Les larmes coulent et c’est le seul moment de tristesse de la soirée; tradition exige. Par la suite c’est une explosion de rires de joies et de folie.
Jean-Paul essuie une larme qui s’est faufilée sur sa joue .Qu’il se sent donc seul et solitaire de ces beaux souvenirs.

Une foule bizarre et bigarrée passe non loin de lui le tirant des ses rêvasseries. Des cris et des effusions se font sentir au loin. Ils sont bruyants et excités  ce qui déplaît à Jean-Paul. Il s’aperçoit qu’avec le temps il aime le silence et apprécie le calme. Encore cette année il sait qu’il n’aura pas de visite, encore une fois. Ses enfants tous éloignés les uns les autres ne viennent pas. C’est pour cette raison qu’il se retrouve là pour avoir quelques peu de compagnie; même si ce sont des étrangers. Et il n’est pas le seul. Tout le long du passage  des personnes âgées sont installées sur ces bancs pour les promeneurs. Ils regardent passer la foule par curiosité. Tout en se posant des questions sur un ou sur l’autre. Quelle solitude. Chacun sait qu’il entre chez lui, sur la fin de l’après-midi, ouvre la télé et prend son petit repas, seul et dans la solitude. C’est Noel après tout !

Jean-Paul fixe une vieille dame en chaise roulante qui roule tranquillement en se frayant un chemin au travers les marcheurs. Tous l’ignorent sauf pour ne pas s’accrocher dans la chaise. Elle est vêtue simplement et humblement. Elle ne parle pas avec qui que ce soit. Elle vient s’installer près du banc à Jean-Paul. Un silence gênant surplombe les deux personnes âgées. La vieille dame sort un paquet de biscuits d’un sac plastique et commence à en grignoter. Elle se retourne vers Jean-Paul, qui lui, occupé à regarder des enfants se débattre pour un jouet  quelconque reçut du Père Noel d’un des magasins.

-‘’ Voulez-vous un biscuit monsieur ? ‘’

Jean-Paul pose ses yeux sur elle et regarde les petits gâteaux qui semblent bien appétissants .Il en prend un et dit :

-Merci madame c’est gentil de votre part.
Il déguste la petite pâtisserie et fais un signe de tête à la dame lui signalant que c’est bon.

La dame lui répond :

-Bienvenu monsieur ça me fait plaisir.

Elle entame alors le dialogue, la glace est brisée:

-Vous venez souvent ici, je vous vois souvent  la semaine. Je viens, moi aussi, quelques jours par semaine. Je viens voir comment va le monde.

Elle a un petit sourire narquois et des yeux pétillants. Elle continue :

-Et vous, allez-vous avoir de la visite à Noel  ou bien ce sera comme moi vide et sans perspective de présences? Je ne vois plus cela de la même manière aujourd’hui.

Jean-Paul, un peu timide et gêné vient pour répondre mais elle ne lui en laisse pas le temps…

-Depuis quelques années je découvre que c’est de plus en plus difficile. Je suis en chaise roulante, je ne peux plus marcher et l’aide ne vient pas souvent. Mes enfants m’ont plus ou moins abandonnée ; je les vois que très rarement. L’an passé j’ai eu beaucoup de difficultés avec le gouvernement qui m’a envoyé une lettre me disant que je dois voir un médecin pour avoir une deuxième opinion sur mon handicap et pendant ce temps je ne reçois  plus mes allocations. J’ai dû  faire appel à beaucoup de gens et aux comptoirs alimentaires.
Difficile pour l’orgueil ça monsieur. J’ai fait appel à mes enfants mais aucun des quatre n’a répondu. Et encore cette année je vais aller au repas communautaire de ma paroisse.

Il y a des gens  très intentionnés et charitables à cet endroit. Ils ont le vrai sens de la fête. Ce sont des personnes dévouées et humaines. Pas ce qu’on voit ici. Ici ce n’est que du superficiel ; de la poudre aux yeux. Les gens sont insensibles et  ont oublié le pourquoi de cette fête. La naissance de Jésus.

Jean-Paul, un peu mal à l’aise, approuve d’un hochement de la tête les propos de la dame, il rajoute :

-Moi qui me croyais dans une situation désespérante et difficile; je vois par ce que vous vivez ce n’est rien de mon vécu. Moi aussi mes enfants ne viennent presque plus me voir mais ce n’est pas si terrible. Je sais qu’ils vont m’appeler ce soir et que je vais pouvoir parler à mes petits enfants. Tandis que vous…

-Oh vous savez, monsieur, j’en ai l’habitude et en fait on s’habitue à tout. J’en ai pris mon parti depuis toutes ces années.

Des marcheurs solitaires frôlent les vitrines des boutiques à la recherche du cadeau idéal pour un mari, une épouse un ou une amie ou une personne aimée. Les flâneurs s’agrippent à quelques images qui poussent au rêve. La vieille dame continue la conversation :

-Avez-vous acheté vos cadeaux de Noel ?

Jean-Paul lui dit :

-Pour qui ?

Et tout de go elle dit :

-Mais pour vous mon cher monsieur. Vous ne vous faites pas de présent en ce temps de réjouissance. Je m’en fais toujours un à chaque année. Oh ! Ce n’est pas grand-chose mais ça me fait tellement plaisir. Elle sourit à pleine dents. Ça me rappelle mon enfance. Tiens cette année je me suis acheté  des petits bibelots; des personnages de la crèche. Elle exhibe les petits personnages, les Rois Mage. Elle les caresse et les fait tenir debout dans le creux de sa main. Elle est toute fière de les montrer à Jean-Paul.  L’an passé, aussi, je me suis acheté cela alors je complète cette année. Il me manque encore un petit mouton et un âne et ce sera pour l’an prochain. Je respecte mon budget  et je ne suis pas pressée.

Jean-Paul  admirait cette dame. Lui qui avait une généreuse pension et qui, selon lui, vivait au-dessus de ses moyens. Il offrit de l’aide à la dame qui s’empressa de refuser :

-Merci quand même monsieur mais je me débrouille assez bien.

J’ai appris une prière il y a de ça plusieurs années et ça  dit :

‘’ Mon Dieu donne moi la Sérénité d’accepter les choses que je ne puis changer,
Le Courage de changer les choses que je peux et
La Sagesse d’en connaître la différence.’’

Je la récite souvent et ça m’aide beaucoup à accepter ce que je vis.

Jean-Paul continue :

-Puis-je vous offrir un café au moins ? En passant quel est votre nom ?

La dame répond :

-Merci je ne bois pas de café, et mon nom est Madame Rose  et vous, vous vous appelez ?

Jean-Paul lui tends la main et lui dit :

Jean-Paul, Madame Rose.

Il prit sa main dans la sienne et s’aperçut qu’elle est rugueuse ; des mains qui ont et travaillent dur. Leur regard s’éloigne et Madame Rose enchaîne :

-Bon je dois partir car, pour moi maintenant c’est plus long me rendre chez moi. Il faut que je roule .Joyeux Noel Jean-Paul et Paix à vous.

-Joyeux Noel Madame Rose et soyez heureuse.

Et elle sourit. Ce qui vient illuminer les idées à Jean-Paul. Il la voit quitter tout doucement l’enceinte du centre d’achat. Il se promet que lui appellera ses enfants ce soir il n’attendra pas. Ce sera son cadeau de Noel.

 

Pierre Dulude

Les Ailes du Temps

10 décembre 2014 

Tolérance.

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Tolérance…

‘’ Il m’aime, il ne m’aime pas, il m’aime, il ne m’aime pas ‘’ parvenue à ses derniers pétales, Noémie, estime ce qui reste. La dernière ramure lui dira : ‘’Il ne m’aime pas ‘’ et c’est ce qu’elle ne veut pas. Alors, en trichant un peu, elle arrache un pétale et l’ignore. Son désir est plus puissant que tous les hasards. Son grand-père vient la rejoindre  et s’assois près d’elle dans le glèbe de marguerites. La candeur des fleurs sauvages contraste d’avec les rochers et les monticules de terre noire. Quelques abeilles butineuses effleurent les fleurettes  du bout de leurs ailes et de leur trompe à la recherche de  précieux liquide pour leur miel. Noémie demande à son aïeul :

‘’Papy, comment se fait –il qu’à toutes les fois que l’on effeuille une marguerite on arrive toujours à la fin avec un résultat que nous ne voulons pas ? Regarde je te montre ‘’

Elle coupe une autre fleur et se met à lui arracher les pétales et arrive au même résultat. Le grand-père dit alors :

‘’ Mais si tu commençais par il ne m’aime pas et ensuite il m’aime, aurais-tu la même conséquence ? ‘’ En fait les dés sont pipés d’avance tout dépendant de ce que nous voulons ; n’est ce pas ? ‘’

La fillette songeuse lui répond qu’il a raison.

Le vieux reprend :

‘’ C’est comme ce qui se passe dans la vie, tu sais. Bien souvent nous nous faisons une opinion de quelqu’un ou de quelque chose et nous tirons nos conclusions immédiates et bien souvent sans connaître le fond des choses. Nous pouvons prendre les choses sous de nouveaux angles et y voir autrement.

Nous pouvons avoir cette  opinion des années durant jusqu’au jour ou la Lumière nous éclate en pleine figure .Et nous disons :’’ je ne pensais pas cela ! Je n’avais pas figuré cela  avec cet optique .Nous agissons avec ces gens de notre entourage de façon intransigeante. Nous n’essayons même pas, pour quelques instants, de se mettre à leur place et d’essayer d’imaginer ce qu’ils ont vécu ou ce qu’ils vivent. Nous portons des œillères pour ne pas voir et souvent des tampons dans nos oreilles pour ne pas entendre ce qu’ils ont à dire. Nous devenons insensibles aux récriminations des autres, leurs doléances ne nous intéressent pas ; c’est nous qui avons raison point final ! Et tout ça basé sur un jugement parfois lancé à la légère.

Un jour, un de mes amis vient me voir et me dit que lui, côté santé, rien ne va lui arriver. Il s’est fait une opinion, et ce, depuis des années. Il fait très attention à son alimentation et surveille ce qu’il mange et fait de l’exercice; tu saisi ! Ce qui n’est pas mal en soi. Que tout va bien dans le meilleur des mondes et qu’il se sent en sécurité dans ce qu’il a appris avec des livres et des cours sur la ‘’ bonne santé ‘’. J’ai su dernièrement qu’il a passé  un séjour à l’hôpital pour un pontage des artères et pourtant…

Il a changé d’idée sur  ses idées préconçues, il a  modifié sa façon de voir sur la santé de la pensée magique ou l’on pense tout guérir avec notre pensée. Il a constaté que la médecine, sans être parfaite, peut aider.

Noémie les yeux et les oreilles tout grands ouverts boit les paroles de son grand-père qu’elle aime beaucoup. Une bande de mésanges vient cafouiller dans les hautes herbes. Leurs petits cris stridents dissimulent  les frottements d’ailes des grillons et des criquets. Un concert gratuit pour les néophytes musicologues.

Papy  continue :

‘’ Tu sais c’est comme les préjugés raciaux et sur l’orientation sexuelle de certaines personnes. ‘’

Une coccinelle vient se poser sur la main de la jeune fille la fillette lui parle :

‘’Allo toi, comment vas-tu ? ‘’Tu viens me visiter ?

Son grand-père sourit à pleine dents.

Papy rajoute :

Imagines-toi que ce serait une araignée toute velue qui aboutisse sur ta main ! Qu’aurais-tu fait  à la place d’avoir une conversation avec ta coccinelle. Tu aurais eu une réaction de dégoût et de peur. La peur nous fait faire beaucoup de choses souvent inimaginables.

‘’Imagines toi aussi dans le monde des insectes, toutes les différentes espèces, de grosseur, de couleurs et de formes. Souvent ils vivent dans le même milieu et ne se dérangent pas. Et nous les humains, les blancs, nous voyons un noir, un asiatique ou toute autre personne et nous réagissons bien souvent négativement et pourtant nous sommes des humains. Pourquoi ? Nous n’avons pas à faire face à des millions d’espèces seulement  quelques unes.

Et nous disons, avec nos jugements souvent biaisés, il est ou elle est différente de moi. Il ou elle n’a pas la même couleur de peau. Il ou elle n’a pas les même croyances que moi. Il  aime un homme ou elle aime une femme. Et nous rejetons ces gens .En fait c’est nous-mêmes qui se rejette des différents de nous.

Noémie sourit tout en laissant la coccinelle monter sur son bras. Elle soufflète un gloussement. Le soleil se glisse tout en douceur sur sa tendre et jeune peau. Une légère brise s’est levée et fait balancer les hautes herbes  tout comme les moutons sur la crête des vagues en pleine mer. Le temps est doux et bienveillant.

‘’ Comme je te le dis ma petite fille  c’est à nous d’ouvrir notre esprit et d’avoir de la tolérance vis-à-vis des autres. Mais souvent il en est très difficile à cause d’idées préconçues. Tiens un autre exemple qui est bouleversant. Regardes comme on voit les personnes handicapées et, souvent, nous en avons peur. Peurs injustifiées. Ce sont des êtres charmants et plein d’amour .Mais ils sont différents de nous, et pourtant.

Noémie récolte une myriade de fleurs sauvages, des blanches, des bleues, des jaunes et quelques brindilles aussi pour en faire une jolie gerbe qu’elle offre à son grand-père en lui disant : ‘’ Regardes elles sont toutes différentes elles aussi des unes et des autres et  vont très bien ensembles ; elle sourit avec une candeur enfantine. L’aïeul ne peut que lui rendre son sourire et accepter le bouquet si tendrement offert. 

 

Pierre Dulude

Les Ailes du Temps

7 décembre 2014.

Noel 2014

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( Texte à suivre)

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