L’enfant et le moine…

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L’enfant et le moine…

L’allée bordée d’une myriade de fleurs multicolores laissent echapper des effluves suaves, des parfums. Les gaies bleus et les mésanges jouent furtivement à cache-cache. Leurs envols et leurs piqués sont dignes des as pilotes d’avion à réaction. Leurs chants égaient doucement l’atmosphere. Les roucoulis des uns et des autres enchantent le faîte des arbres. Il y règne un climat de serenitė,de douceur,de calme et de Paix. Un sympathique soleil matinal de printemps réchauffe les peaux sensibles et réconforte. Les doux rayons, comme une cascade d’eau chaude , deglutine tout en laissant une sensation de bien-être. Il fait bon vivre et respirer la beauté de cette Paix. Il y a encore quelques grillons retardataires qui ne sont pas endormis et continuent de frotter leurs ailes pour attirer une compagne encore indifférente et éloignée. La persévérance est avantageuse , se disent –ils . Tout au fond de cette allée, à terrain ouvert, trônent trois saules pleureurs qui se sont revêtus de leur plus beau atours printaniers. Leur manteau d’un vert tendre, sensible et délicat frissonne au gré de la légère brise de la saison.

Marchant d’un pas lent mais assuré Dom Cadieux s’avance vers la porte d’entree du Monastère ; il y attend un de ses amis d’enfance – avec qui il a toujours gardé contact- et sa petite fille Marie-Soleil ,qui elle , n’a que dix ans. Mais cet enfant est douée d’une intelligence ,souvent , déconcertante. Dom Cadieux aime beaucoup avoir des conversations avec cet enfant. Il voit en elle la personnification de son Maître Spirituel : le Christ. Tout ce qu’elle dit est d’une profondeur inouïe. Et tous les deux aiment se retrouver , quand les occasions se présentent, et depuis quelques années il y en a eu plusieurs au grand bonheur du Moine. La dernière fois qu’ils ont eu une discussion le sujet princal a été la vie monastique. Elle ne saisissait pas bien pourquoi un homme ou une femme choisissait ce genre de vie . Evidemment elle est influencée par ce qu’elle vit et voit autours d’elle.
Les gens, la télévision,les journaux ,l’école . Le monde du Monastère l’intrigue et elle a bien dit a Dom Cadieux qu’ellle voulait lui en reparler. Le religieux l’attend patiemment et avec une hãte de la voir et de voir son ami Serge.
Dans la rue une auto s’arrête face à la porte de métal du Monastère Et sans attendre d’aucun préambule ,Marie-Soleil ouvre la portière et se précipite dans les bras de Dom Cadieux. Il la serre dans ses bras et lui caresse les cheveux. L’enfant l’embrasse sur les joues. Serge descends de voiture et regarde son ami et sa petite fille s’echanger des sourires. Les deux homme se serrent la main et Dom Cadieux dit :
-Que la Paix soit avec vous deux , merci d’etre venus par cette belle journée de printemps.
Allons au Monastere nous allons nous asseoir sur la terrace et nous pourrons bavarder en toute tranquillité. Tenant Marie-Soleil par la main les deux homme et l’enfant se dirigent vers le portail d’entrée du jardin qui débouche sur l’aire de repos. Des chaises y sont disposées en cercle lors de la rencontre des moines entre eux. Ils s’installent les uns pres des autres. Dom demande à Serge s’ils avait fait bon voyage et le père répond :
-Oh tu sais ,Gérard, le traffic et les embouteillages…
Serge ne finit pas sa phrase que la petite rajoute :
-Et cette chaleur de l’asphalte ….c’est presque insupportable …
Les deux hommes rient de bon cœur .
Dom Cadieux continue :
-Toi Marie-Soleil ,ça va bien a l’école ,qu’as tu appris de nouveau depuis la dernière fois ? Je te pose toute une question hein ?
La fillette aucunement déconcertée prend un air d’assurance et affirme :
-Nous avons appris a faire la différence entre un bouddiste,un catholique,un islamique et d’autres religions; c’etait intéressant . Mais moi depuis que vous m’avez parlé de Jésus je reste fidèle à son enseignement.
Elle demande tout de go :
-Pourquoi portez vous ce vêtement noir? Vous avez toujours le même? Vous en avez pas d’autres ? Vous changez vous le dimanche ?
Le prêtre répond avec un ton patient :
-Tu vois Marie-Soleil , c’est notre habit monastique; notre habit de travail. Nous avons eu cet habit quand on a prononcé nos vœux , et pour moi ça fait très longtemps. Nous portons aussi une coule qui est plus large et pour les occasions spéciales telles les messes ou les fêtes. Ces habits ne nous appartiennent pas, elles appartiennent au Monastère et si jamais un jour je quitterais le Monastere je redonnerais ces habits au Monastere et ils me redonneraient mes vêtements avec lesquels je suis arrivé ici il y a plusieurs années.
La petite semble réfléchir et lance :
-Vous n’avez rien à vous ? Et votre stylo qui est dans votre poche et vos lunettes ?

-Non rien . Et si on doit posséder quelque chose nous devons le demander la permission au Père Abbé. Rien ne nous appartient nous apprenons à vivre le détachement du monde materiel ce qui n’est pas le cas dans le monde extérieur . Qu’en penses tu ?

La fillete d’un geste de tête approuve ces dernières affirmations. Elle rajoute :
-C’est quoi les vœux ?
Le moine réfléchit et de dit en lui même ´´ Je suis sur qu’elle va comprendré’´ Alors il se risque :
-Le premier vœux est la stabilité c’est à dire rester dans le même Monastere et la même congrégation. Le deuxième vœux c’est l’obeissance c’est a dire obéir aux supérieurs aux ordres reçus. Tu as un travail à faire ; tu le fais . Pas évident ca dans le civil. Les gens sont tellement rébarbatifs et égoïstes.
Et le troisième c’est la conversion des mœurs ou la conversion de vie . Ce vœux là comprends la pauvreté et la chasteté. Mais tout aussi ce qui nous est dit dans la Règle de Saint- Benoit. Tu connais la Règle, non ? Je t’en avais glissé un mot la dernière fois.
La petite fille ,surprise, lance :
-C’est une règle en pouce ou en centimètres ?

Les deux hommes éclatent de rire .

Dom Cadieux répond :
-Tu me fais bien rire . Non la Règle c’est un petit volume écrit par Saint-Benoit il y a très longtemps et que nous appliquons dans nos Monastères; les Monastères Bénédictins. Il y a plusieurs Communautés Religieuses qui l’ont adapté aussi. C’est notre guide écrit par St-Benoit. Je vais t’en donner une copie après le dîner, car vous allez dîner avec nous hein ? Nous irons manger du côté des invités et on y mange très bien .
La fillette dit avec assurance :
-Oui je sais que nous allons aller là,les femmes n’ont pas le droit d’aller sur le côté des moines. N’est-ce pas ? Et elle sourit.

Le moine rajoute :
-Est ce que ça répond à ta question sur les vœux?
La fillette hoche la tête et demande :
-Comment se fait –il que ce ne soit que presque tous des grands pères dans votre Communauté? Pourquoi il n’y a presque pas de jeunes? J’ai vu dans mes livres à l’école ou ils nous montrent d’autre sorte de Moines qu’il y en a beaucoup de jeunes et même des enfants . Et pourquoi, nous, nos églises sont vides et qu’ils en font des maisons pour les riches ?
Surpris par la question , Dom Cadieux réfléchit un petit instant et dit :
-Vois tu mon enfant ,ici au Québec les gens sont encore en révolte contre la religion et les Communautés Religieuses. Et ça dure depuis plusieurs années.
L’enfant coupe impoliement son interlocuteur – sous le regard désapprobateur de son père et lance :
-Mais qu’est ce qu’ils ont fait ? A l’école on nous dit toutes sorties de choses , pas toujours gentilles sur les Frères , les prêtres et les Églises. Est-ce que c’est vrai tout cela Dom Cadieux?

Le prêtre répond :
-Tu sais Marie-Soleil, les gens aiment colporter toutes sortes de choses et exagérer les autres choses. Oui il y a eu des abus mais il y a de ça plusieurs années. L’enseignement du Christ demeure et demeurera quand même. Les gens vont revenir aux enseignements spirituels. Ca ne sera peut-être pas la même chose mais nous allons y revenir.

Là les gens sont fou-fou; ils se lancent dans toute sorte de choses inimaginables et impensables qui les amènent nulle part. Ils sont comme des moutons sans berger et sans dirigeant. Ils ont délaissé la religion pour embrasser d’autre sorte de religions fausses qui les a fait tourner sur eux mêmes.
Ils ne voient plus les autres , d’ailleurs la société est comme ça : tout en fonction de l’individu, on ne pense plus aux autres. Il n’y a presque plus de charité et d’Amour.
La jeune fille semble satisfaite de la réponse du moine . Elle reprend :
-Mais il y en a des jeunes qui vont dans les autres Communautés. Pourquoi la vôtre se vide?
Dom Cadieux s’attendait à une réflexion semblable il dit :
Il y a plusieurs Communautés qui ont fermé leurs portes avec les années ,les gens vieillissent et il n’y a pas de relève. Mais un jour ça va revenir ,comme je te disais .
Voulez vous quelque chose à boire ? Il y a du thé glacé c’est rafraîchissant, je vais aller en chercher.
Marie-Soleil en profite pour aller explorer les alentours ,toujours sous le regard de son père. Dans un bosquet, à l’ombre du Monastere, elle découvre des chardronets enfouis , en quelque sorte , dans un nid. Elle ne veut pas les affrayer mais les petits oiseaux, flairant un danger s’envolent laissant derrière eux un nid avec quatre petits œufs non eclots. La fillette sais qu’il ne faut pas y toucher car les parents ne reviendraient pas au nid. Alors elle s’aproche pour voir la couvée elle n’a que soupir d’admiration. Son père lui demande ce qu’elle fait, elle lui dit alors :
-Je viens de découvrir un nid avec des œufs.
Son père lui dit de n’a pas les déranger que les parents vont revenir couver leur progéniture en gestion et s’ils sentent des odeurs étrangères ils vont délaisser le nid , les oisillons vont mourir. Elle dit a son père :
-Je sais, je sais .
Elle revient s’asseoir près de son paternel lorsque Dom Cadieux revient avec un plateau sur lequel une belle cruche pleine de bon thé glacé toute frimater de gouttelettes et trois verres. Il l’installe sur la table et sers ses invités. Il offre ,aussi, quelques biscuits au gingembre . Marie jette un coup d’oeil furtif vers le buisson et y voit revenir les oisillons vers leur nid, au grand plaisir de la petite fille . Son cœur se réjouit . Elle demande à Dom Cadieux :
-Quand vous faites vos prières à l’eglise ,après un çertain temps vous vous penchez par en avant , cherchez vous quelque chose par terre ?

Dom Cadieux rit gaiement et répond :
-Non ma petite nous ne cherchons pas quelque chose par terre ,tu me fais bien rire ,tu es une vraie joie pour moi merci Serge de me l’amener. Lorsqu’en fin de psaume nous faisons la Révérence, nous rendons hommage au Seigneur,nous sommes polis parce que çe sont les paroles du Seigneur que nous récitons. Alors nous nous inclinons. Par politesse et respect. Ça te va ?
Toujours souriant il demande à la fillette :
-Et toi que veux-tu faire plus tard ?
Sans réfléchir elle dit :
-Je veux devenir moinesse,tout comme vous Dom Cadieux.

Le moine et le père de Marie sourient à belles dents Dom répond :
-Pas moinesse , Marie , mais moniale c’est à dire Soeur Bénédictine. Et elles ont leur propre Monastère. Il y a un Monastere de Benedictines non loin de chez toi.
Si tu veux je peux communiquer avec la Mère Supérieure pour qu’elle te fasse visiter . Ton père devra attendre a l’extérieur car comme pour les hommes les femmes ne sont pas admises côté Monastere c’est la même chose pour les hommes dans un Monastere de femmes. C’est ainsi.
La cloche du Monastere sonne un genre de glas et Marie-Solieil demande à Dom Cadieux si c’est l’heure de la prière ,ce dernier répond :
-Oui c’est Tierce , un petit office du matin .
Marie reprend :
-Mais vous n’y allez pas , votre Père Abbé va vous chicaner et vous punir…
Dom Cadieux s’esclaffe et dit :
-Non le Père Abbé ne me puniera pas mon enfant nous sommes plus Moyen-Age. Je suis avec des invités et le Père Abbé en est au courant , d’ailleurs nous irons à la messe tout a l’heure . Tu aimes aller a la messe n’est ce pas et entendre les chants grégoriens?

Marie, toujours surveillant les oiseaux dans le bosquet répond :
-Oui lorsque les moines chantent je ferme les yeux et je m’imagine le vol d’un oiseau qui monte, descend, tournoie, donne des coups d’ailes et plane dans le ciel bleu. Je le sens dans son élément,son domaine. Je le suis avec les notes de musique et les tonalités c’est magnifique,doux et reposant.
Les deux hommes écoutent avec admiration la petite poétesse. Elle les regarde et sourit et dit :
-Bien qu’est çe que j’ai dit cette fois ?
Le Père Cadieux lui répond :
-C’est tellement beau çe que tu viens de dire ,comparer le chant grégorien au vol d’un oiseau c’est très poétique. Bravo ma petite .

Le temps avance et les conversations vont bon train. La cloche du Monastere annonce , cette fois, l’heure de la messe. Dom Cadieux invite ses invités à le suivre à La Chapelle.
Mais avant Marie-Soleil lui fait promettre de répondre à ses questions pendant le dîner.
Dom Cadieux lui promet avec un grand plaisir.. Tous les trois entrent dans le Monastère et suivent le cloître du public jusqu’à La Chapelle ou le Père Abbé s’est installé à l’orgue. Des ses doigts de virtuose les notes vont voler haut dans La Chapelle. Se retournant vers Marie-Soleil il lui fait un beau et invitant sourire, l’enfant est joyeuse et dit à Dom Cadieux :
-Il m’a reconnu ,il est gentil.
Les moines entrent en procession , deux par deux, suivis du Célébrant. Marie est attentive à tout ce qui y est dit…les yeux émerveillés de toutes ces belles couleurs et les oreilles enchantées de ces chants.

Suite …
PierreDulude
Les Ailes du Temps
St-Benoit du Lac
17 février 2015

 

 

 


Archive pour février, 2015

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L’enfant et le moine…

L’allée bordée d’une myriade de fleurs multicolores laissent echapper des effluves suaves, des parfums. Les gaies bleus et les mésanges jouent furtivement à cache-cache. Leurs envols et leurs piqués sont dignes des as pilotes d’avion à réaction. Leurs chants égaient doucement l’atmosphere. Les roucoulis des uns et des autres enchantent le faîte des arbres. Il y règne un climat de serenitė,de douceur,de calme et de Paix. Un sympathique soleil matinal de printemps réchauffe les peaux sensibles et réconforte. Les doux rayons, comme une cascade d’eau chaude , deglutine tout en laissant une sensation de bien-être. Il fait bon vivre et respirer la beauté de cette Paix. Il y a encore quelques grillons retardataires qui ne sont pas endormis et continuent de frotter leurs ailes pour attirer une compagne encore indifférente et éloignée. La persévérance est avantageuse , se disent –ils . Tout au fond de cette allée, à terrain ouvert, trônent trois saules pleureurs qui se sont revêtus de leur plus beau atours printaniers. Leur manteau d’un vert tendre, sensible et délicat frissonne au gré de la légère brise de la saison.

Marchant d’un pas lent mais assuré Dom Cadieux s’avance vers la porte d’entree du Monastère ; il y attend un de ses amis d’enfance – avec qui il a toujours gardé contact- et sa petite fille Marie-Soleil ,qui elle , n’a que dix ans. Mais cet enfant est douée d’une intelligence ,souvent , déconcertante. Dom Cadieux aime beaucoup avoir des conversations avec cet enfant. Il voit en elle la personnification de son Maître Spirituel : le Christ. Tout ce qu’elle dit est d’une profondeur inouïe. Et tous les deux aiment se retrouver , quand les occasions se présentent, et depuis quelques années il y en a eu plusieurs au grand bonheur du Moine. La dernière fois qu’ils ont eu une discussion le sujet princal a été la vie monastique. Elle ne saisissait pas bien pourquoi un homme ou une femme choisissait ce genre de vie . Evidemment elle est influencée par ce qu’elle vit et voit autours d’elle.
Les gens, la télévision,les journaux ,l’école . Le monde du Monastère l’intrigue et elle a bien dit a Dom Cadieux qu’ellle voulait lui en reparler. Le religieux l’attend patiemment et avec une hãte de la voir et de voir son ami Serge.
Dans la rue une auto s’arrête face à la porte de métal du Monastère Et sans attendre d’aucun préambule ,Marie-Soleil ouvre la portière et se précipite dans les bras de Dom Cadieux. Il la serre dans ses bras et lui caresse les cheveux. L’enfant l’embrasse sur les joues. Serge descends de voiture et regarde son ami et sa petite fille s’echanger des sourires. Les deux homme se serrent la main et Dom Cadieux dit :
-Que la Paix soit avec vous deux , merci d’etre venus par cette belle journée de printemps.
Allons au Monastere nous allons nous asseoir sur la terrace et nous pourrons bavarder en toute tranquillité. Tenant Marie-Soleil par la main les deux homme et l’enfant se dirigent vers le portail d’entrée du jardin qui débouche sur l’aire de repos. Des chaises y sont disposées en cercle lors de la rencontre des moines entre eux. Ils s’installent les uns pres des autres. Dom demande à Serge s’ils avait fait bon voyage et le père répond :
-Oh tu sais ,Gérard, le traffic et les embouteillages…
Serge ne finit pas sa phrase que la petite rajoute :
-Et cette chaleur de l’asphalte ….c’est presque insupportable …
Les deux hommes rient de bon cœur .
Dom Cadieux continue :
-Toi Marie-Soleil ,ça va bien a l’école ,qu’as tu appris de nouveau depuis la dernière fois ? Je te pose toute une question hein ?
La fillette aucunement déconcertée prend un air d’assurance et affirme :
-Nous avons appris a faire la différence entre un bouddiste,un catholique,un islamique et d’autres religions; c’etait intéressant . Mais moi depuis que vous m’avez parlé de Jésus je reste fidèle à son enseignement.
Elle demande tout de go :
-Pourquoi portez vous ce vêtement noir? Vous avez toujours le même? Vous en avez pas d’autres ? Vous changez vous le dimanche ?
Le prêtre répond avec un ton patient :
-Tu vois Marie-Soleil , c’est notre habit monastique; notre habit de travail. Nous avons eu cet habit quand on a prononcé nos vœux , et pour moi ça fait très longtemps. Nous portons aussi une coule qui est plus large et pour les occasions spéciales telles les messes ou les fêtes. Ces habits ne nous appartiennent pas, elles appartiennent au Monastère et si jamais un jour je quitterais le Monastere je redonnerais ces habits au Monastere et ils me redonneraient mes vêtements avec lesquels je suis arrivé ici il y a plusieurs années.
La petite semble réfléchir et lance :
-Vous n’avez rien à vous ? Et votre stylo qui est dans votre poche et vos lunettes ?

-Non rien . Et si on doit posséder quelque chose nous devons le demander la permission au Père Abbé. Rien ne nous appartient nous apprenons à vivre le détachement du monde materiel ce qui n’est pas le cas dans le monde extérieur . Qu’en penses tu ?

La fillete d’un geste de tête approuve ces dernières affirmations. Elle rajoute :
-C’est quoi les vœux ?
Le moine réfléchit et de dit en lui même ´´ Je suis sur qu’elle va comprendré’´ Alors il se risque :
-Le premier vœux est la stabilité c’est à dire rester dans le même Monastere et la même congrégation. Le deuxième vœux c’est l’obeissance c’est a dire obéir aux supérieurs aux ordres reçus. Tu as un travail à faire ; tu le fais . Pas évident ca dans le civil. Les gens sont tellement rébarbatifs et égoïstes.
Et le troisième c’est la conversion des mœurs ou la conversion de vie . Ce vœux là comprends la pauvreté et la chasteté. Mais tout aussi ce qui nous est dit dans la Règle de Saint- Benoit. Tu connais la Règle, non ? Je t’en avais glissé un mot la dernière fois.
La petite fille ,surprise, lance :
-C’est une règle en pouce ou en centimètres ?

Les deux hommes éclatent de rire .

Dom Cadieux répond :
-Tu me fais bien rire . Non la Règle c’est un petit volume écrit par Saint-Benoit il y a très longtemps et que nous appliquons dans nos Monastères; les Monastères Bénédictins. Il y a plusieurs Communautés Religieuses qui l’ont adapté aussi. C’est notre guide écrit par St-Benoit. Je vais t’en donner une copie après le dîner, car vous allez dîner avec nous hein ? Nous irons manger du côté des invités et on y mange très bien .
La fillette dit avec assurance :
-Oui je sais que nous allons aller là,les femmes n’ont pas le droit d’aller sur le côté des moines. N’est-ce pas ? Et elle sourit.

Le moine rajoute :
-Est ce que ça répond à ta question sur les vœux?
La fillette hoche la tête et demande :
-Comment se fait –il que ce ne soit que presque tous des grands pères dans votre Communauté? Pourquoi il n’y a presque pas de jeunes? J’ai vu dans mes livres à l’école ou ils nous montrent d’autre sorte de Moines qu’il y en a beaucoup de jeunes et même des enfants . Et pourquoi, nous, nos églises sont vides et qu’ils en font des maisons pour les riches ?
Surpris par la question , Dom Cadieux réfléchit un petit instant et dit :
-Vois tu mon enfant ,ici au Québec les gens sont encore en révolte contre la religion et les Communautés Religieuses. Et ça dure depuis plusieurs années.
L’enfant coupe impoliement son interlocuteur – sous le regard désapprobateur de son père et lance :
-Mais qu’est ce qu’ils ont fait ? A l’école on nous dit toutes sorties de choses , pas toujours gentilles sur les Frères , les prêtres et les Églises. Est-ce que c’est vrai tout cela Dom Cadieux?

Le prêtre répond :
-Tu sais Marie-Soleil, les gens aiment colporter toutes sortes de choses et exagérer les autres choses. Oui il y a eu des abus mais il y a de ça plusieurs années. L’enseignement du Christ demeure et demeurera quand même. Les gens vont revenir aux enseignements spirituels. Ca ne sera peut-être pas la même chose mais nous allons y revenir.

Là les gens sont fou-fou; ils se lancent dans toute sorte de choses inimaginables et impensables qui les amènent nulle part. Ils sont comme des moutons sans berger et sans dirigeant. Ils ont délaissé la religion pour embrasser d’autre sorte de religions fausses qui les a fait tourner sur eux mêmes.
Ils ne voient plus les autres , d’ailleurs la société est comme ça : tout en fonction de l’individu, on ne pense plus aux autres. Il n’y a presque plus de charité et d’Amour.
La jeune fille semble satisfaite de la réponse du moine . Elle reprend :
-Mais il y en a des jeunes qui vont dans les autres Communautés. Pourquoi la vôtre se vide?
Dom Cadieux s’attendait à une réflexion semblable il dit :
Il y a plusieurs Communautés qui ont fermé leurs portes avec les années ,les gens vieillissent et il n’y a pas de relève. Mais un jour ça va revenir ,comme je te disais .
Voulez vous quelque chose à boire ? Il y a du thé glacé c’est rafraîchissant, je vais aller en chercher.
Marie-Soleil en profite pour aller explorer les alentours ,toujours sous le regard de son père. Dans un bosquet, à l’ombre du Monastere, elle découvre des chardronets enfouis , en quelque sorte , dans un nid. Elle ne veut pas les affrayer mais les petits oiseaux, flairant un danger s’envolent laissant derrière eux un nid avec quatre petits œufs non eclots. La fillette sais qu’il ne faut pas y toucher car les parents ne reviendraient pas au nid. Alors elle s’aproche pour voir la couvée elle n’a que soupir d’admiration. Son père lui demande ce qu’elle fait, elle lui dit alors :
-Je viens de découvrir un nid avec des œufs.
Son père lui dit de n’a pas les déranger que les parents vont revenir couver leur progéniture en gestion et s’ils sentent des odeurs étrangères ils vont délaisser le nid , les oisillons vont mourir. Elle dit a son père :
-Je sais, je sais .
Elle revient s’asseoir près de son paternel lorsque Dom Cadieux revient avec un plateau sur lequel une belle cruche pleine de bon thé glacé toute frimater de gouttelettes et trois verres. Il l’installe sur la table et sers ses invités. Il offre ,aussi, quelques biscuits au gingembre . Marie jette un coup d’oeil furtif vers le buisson et y voit revenir les oisillons vers leur nid, au grand plaisir de la petite fille . Son cœur se réjouit . Elle demande à Dom Cadieux :
-Quand vous faites vos prières à l’eglise ,après un çertain temps vous vous penchez par en avant , cherchez vous quelque chose par terre ?

Dom Cadieux rit gaiement et répond :
-Non ma petite nous ne cherchons pas quelque chose par terre ,tu me fais bien rire ,tu es une vraie joie pour moi merci Serge de me l’amener. Lorsqu’en fin de psaume nous faisons la Révérence, nous rendons hommage au Seigneur,nous sommes polis parce que çe sont les paroles du Seigneur que nous récitons. Alors nous nous inclinons. Par politesse et respect. Ça te va ?
Toujours souriant il demande à la fillette :
-Et toi que veux-tu faire plus tard ?
Sans réfléchir elle dit :
-Je veux devenir moinesse,tout comme vous Dom Cadieux.

Le moine et le père de Marie sourient à belles dents Dom répond :
-Pas moinesse , Marie , mais moniale c’est à dire Soeur Bénédictine. Et elles ont leur propre Monastère. Il y a un Monastere de Benedictines non loin de chez toi.
Si tu veux je peux communiquer avec la Mère Supérieure pour qu’elle te fasse visiter . Ton père devra attendre a l’extérieur car comme pour les hommes les femmes ne sont pas admises côté Monastere c’est la même chose pour les hommes dans un Monastere de femmes. C’est ainsi.
La cloche du Monastere sonne un genre de glas et Marie-Solieil demande à Dom Cadieux si c’est l’heure de la prière ,ce dernier répond :
-Oui c’est Tierce , un petit office du matin .
Marie reprend :
-Mais vous n’y allez pas , votre Père Abbé va vous chicaner et vous punir…
Dom Cadieux s’esclaffe et dit :
-Non le Père Abbé ne me puniera pas mon enfant nous sommes plus Moyen-Age. Je suis avec des invités et le Père Abbé en est au courant , d’ailleurs nous irons à la messe tout a l’heure . Tu aimes aller a la messe n’est ce pas et entendre les chants grégoriens?

Marie, toujours surveillant les oiseaux dans le bosquet répond :
-Oui lorsque les moines chantent je ferme les yeux et je m’imagine le vol d’un oiseau qui monte, descend, tournoie, donne des coups d’ailes et plane dans le ciel bleu. Je le sens dans son élément,son domaine. Je le suis avec les notes de musique et les tonalités c’est magnifique,doux et reposant.
Les deux hommes écoutent avec admiration la petite poétesse. Elle les regarde et sourit et dit :
-Bien qu’est çe que j’ai dit cette fois ?
Le Père Cadieux lui répond :
-C’est tellement beau çe que tu viens de dire ,comparer le chant grégorien au vol d’un oiseau c’est très poétique. Bravo ma petite .

Le temps avance et les conversations vont bon train. La cloche du Monastere annonce , cette fois, l’heure de la messe. Dom Cadieux invite ses invités à le suivre à La Chapelle.
Mais avant Marie-Soleil lui fait promettre de répondre à ses questions pendant le dîner.
Dom Cadieux lui promet avec un grand plaisir.. Tous les trois entrent dans le Monastère et suivent le cloître du public jusqu’à La Chapelle ou le Père Abbé s’est installé à l’orgue. Des ses doigts de virtuose les notes vont voler haut dans La Chapelle. Se retournant vers Marie-Soleil il lui fait un beau et invitant sourire, l’enfant est joyeuse et dit à Dom Cadieux :
-Il m’a reconnu ,il est gentil.
Les moines entrent en procession , deux par deux, suivis du Célébrant. Marie est attentive à tout ce qui y est dit…les yeux émerveillés de toutes ces belles couleurs et les oreilles enchantées de ces chants.

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