Deux mondes…

2mondes

Deux mondes…

Il me semble, cette fois, que le tunnel du métro n’en finit plus d’être interminable. D’une station à l’autre toujours la même rengaine. Lorsque la rame démarre, le train émet un son de notes de musique qu’avec le temps on le sifflote . Lorsque le convoi entre à nouveau dans le tunnel noir éclairé seulement par des faibles lumières blafardes à distances calculées,blanche….blanche…..blanche….blanche…..bleue.
Au  rythme des ces ondes lumineuses je laisse divaguer mon esprit à toutes sortes de pensées, de phantasmes et d’imagination. Le convoi ralentit à nouveau, une nouvelle station. Les wagons sont à moitié plein et un va et vient s’opère en toute quiétude. Les gens , tout comme dans tous les métros du monde, semblent las et ennuyés. Est-ce le manque de lumière , d’air ou de joie tout simplement ?

La rame s’arrête à la station centrale de Berri-Uqam . Plusieurs personnes descendent sans trop de conviction et d’autres y montent pour s’agripper aux poteaux qui aident à garder l’équilibre . Une odeur de pneus chauffés nous parvient aux narines. Je regarde  au plafond et y voit que la ventilation fonctionne . Les portes sont sur le point de se fermer qu’arrivent en trombe  deux jeunes filles. Elles s’accrochent au poteau central du wagon. De mon siège je les observe, que peut on faire de plus  dans le métro avec son espace si restreint. Je n’ai aucune intention maladive ni obsessionnelle je remarque c’est tout. Les deux filles sont, faut le dire très jolies. Elles portent de beaux vêtements à la mode mais un tantinet provocants, c’est de notre temps me dis-je . Elles sont maquillées, toutes les deux de façon à faire ressortir leurs beaux yeux et une peau lisse et délicate . Un rouge à lèvres leur rend ,justement , ces lèvres saillantes et désirables. Elles  sont  , le duo , étincelantes d’une beauté certaine.

Blanche……blanche…..bleue  me rappellent les lumières du tunnel . Je fixe la ligne imaginaire que trace ces néons de fond de tunnel. L’ennui du trajet me reprend et je repose mes yeux sur les deux jeunes filles toutes souriantes. Elles ont de très belles dents bien entretenues. Il y en a une qui porte ce qu’on appelle une camisole bedaine , c’est à dire que l’on peut voir son nombril ,et elle, elle a un anneau qui la transperce, toujours de nos jours. La seconde, pour sa part porte des boucles d’oreilles d’un style africain, elles sont mirifiques. Elles portent ,toutes les deux , des jupes style écolières carottées courtes. Je me demande:

-Et si c’était tes filles ? Que dirais-tu ? Les aurais-tu laissé aller tel quel ? T’aurais-tu poser des questions? Les aurais-tu repris ? Sans les vexer, les choquer ,les insulter ou les réprimander ? Sans avoir de jugement arriéré ou vieux jeu ?

-Je ne sais pas. Les jeunes femmes , aujourd’hui pas toutes, s’habillent provocant car c’est ce qui est à la mode et cela fait l’affaire des bonzes de la mode, des magasins et des compagnies de tissus . Nous vendons qu’ils disent.

Mes réflexions m’ont ramené dans le tunnel ou je vois défiler, encore et encore , les lumières blanches et bleues. Nous croisons une autre rame de l’autre côté qui file à toute allure À nouveau le train ralentit, nous arrivons à une nouvelle station. La rame s’immobilise quelques secondes et repart. J’essaie de m’imaginer quelles sont les notes de musique qui ressort lors du départ. Sol…la…si…do…..je ne sais pas n’étant pas un expert en musique je n’ai pas suffisamment l’oreille . Encore cette odeur de pneus chauffés et nous sommes repartis. Le trajet entre les deux stations est court cette fois . Nous arrivons subito presto à l’autre arrêt . Sur le quai beaucoup de gens attendent. Ils entrent dans le wagon et se tassent vers les portes du fond. C’est à ce moment que je vois embarquer deux autres jeunes filles  elles sont musulmanes. Elles portent le tchador. Pas le niquab mais bien ce genre de foulard qui leur recouvre la tête. Elles sont sobrement vêtues et discrètes. Elles n’ont pas de maquillage ni bijoux étincelants . Elles ont à la main le petit chapelet musulman, le tesbih, qu’elles égrènent tout doucement . Pour moi , évidemment c’est une curiosité mais je m’arrête là dans mes préjugés, car on en a tous . Elles me rappellent les religieuses de mon temps, elles ont l’air de saintes . Mais il est fini ce temps -là. Les deux jeunes filles du départ les regardent avec un air de mépris. Les deux musulmanes n’en font pas de cas , elles doivent être habituées aux sarcasmes et aux  regards désapprobateurs. Elles continuent leurs prières, c’est ce que je pense. Elles ne sont ni provocantes  ni arrogantes, en fait ,tout le contraire des deux autres.

Blanche…..blanche…blanche…..bleue…et le petit train va loin. Nous arrivons à la prochaine station toute éblouissante de lumière. Maintenant j’ai le portrait dans son ensemble, je vois les deux couples si différents l’un de l’autre. Tout comme sur un côté le désert et de l’autre la mer. Le jour et la nuit .

Sol….la…..si…..do….la rame repart inlassablement avec son refrain de solo. Nous pénétrons dans le tunnel envahit de noirceur avec les lumières blanches-bleutées.  Il ne me reste plus beaucoup de stations à faire avant mon arrivée. Je regarde les deux couples de jeunes filles et me demande:

-Lesquelles préfères-tu? Auxquelles est-ce que tu t’identifies-tu le plus ? Avec lesquelles tu aimerais avoir une conversation ?

Une myriade de questions me viennent à l’esprit. Aujourd’hui je n’ai plus trente ou quarante ans. Je suis d’un âge avancé et les valeurs avec les années ont changées et évoluées.

Le premier couple sont jolies et désirables, il faut le dire  par leurs attraits et leur allures. Elles sont belles et attrayantes. Attirantes aussi le sont-elles . Évidemment elles sont jeunes et vont à avoir à passer leurs expériences et vivre ,peut-être ,plus sobrement avec le temps . Toutes modes passent avec le temps . Nous aussi nous avons été jeunes et fou-fou. Elles sont un attrait ,faut le dire .

Le deuxième couple, malgré ce qu’on l’on pense, respirent le respect et la simplicité. Leur prestance n’est pas déplacé et elles ne veulent pas attirer l’attention , ce qui dans notre société est de plus en plus rare . Entre les deux couples il y a comme un équilibre qui s’installe. Ce que nous sommes aujourd’hui et ce que nous avons été. Un jour les deux feront fusion pour en arriver à une sobriété saine et respectable -Alors lesquelles préfères-tu ?

-Je dirais les deux. Les deux sont humaines et ce sont des sœurs, en terme de famille. La famille humaine .Le train s’immobilise en station. Les lumières de néon aveuglent et le bruit devient plus strident. La rame repart avec les mêmes notes et s’engage au plus profond de l’antre. Le tunnel avale le serpent de métal et de plastique. Les deux jeunes musulmanes s’échangent entre elles quelques mots. J’aime les regarder, sans les dévisager. Je les trouve très belles. Il est vrai qu’avec leurs vêtements et leurs signes religieux il y a toute une panoplie de remises en question chez nous . Elles vivent dans une société où l’homme dirige. Elles sont séparées, en fait lors de cérémonies religieuses ,des hommes. Ont-elles une voix ?  Est-ce un choix  profondément de leur part ? Je le crois.Ils vivent leur spiritualité.Voilà le genre de questions auxquelles je me suis confronté. Mais  si j’y pense sérieusement les deux autres jeunes filles ont leurs choix aussi mais ont-elles vraiment le choix de s’habiller comme elles veulent ? Oui me dis-je mais qui fabrique ces vêtements, qui leur dit de porter ceci ou cela. Qui leur dicte leur apparat ? Qui leur dicte, il y en a qui vont dire suggère, mais ont-elles vraiment le choix. Ces valeurs qu’elles démontrent viennent -elles d’elles ou bien de quelques penseurs pervers assis dans des bureau de compagnies de guenille qui exploitent une main d’œuvre à bon marché dans les pays du tiers monde?

Leurs allures , avec les années , sont de plus en plus provocantes suite aux soubresauts de leurs idoles tout aussi dévergondées. Exprimez-vous, faites vous valoir, montrez-vous et on vous remarquera . Portez ceci ou cela, montrez ce qui est caché mais n’en dévoilez pas trop , laissez l’imagination prendre sa place . Agacez et provoquez, vous aurez du succès. À qui cela plaît-il ? La superficialité est à l’honneur.

La rame entre à nouveau dans l’avant dernière station. Les deux musulmanes sortent tout doucement du train . Avant de dépasser la porte une des deux filles musulmanes me sourit et me fais un signe de tête, comme si elle m’avait entendu réfléchir. Je lui rend son sourire. Ma journée est faite me dis-je .

Arrivés au terminus ,je me lève pour sortir du wagon presque vide. Les deux jeunes filles du début sont debout face à la porte . Je suis à l’arrière d’elles . La rame s’immobilise et les portes s’ouvrent pour vomir les restes des passagers. Je m’engage sur le quai tout en suivant les filles ,les hommes et les gars se retournent à leur passage, elles en sont fières. Je ralentis le pas et elles disparaissent dans la foule bigarrée. Le train entre dans le tunnel pour virer de côté pour reprendre son voyage dans l’autre sens . Sol….la…..si…..do….

Je monte l’escalier sans me presser et arrive à l’extérieur où il fait un soleil éclatant. Je respire à fond et je me dis :

-Enfin !

 

Pierre Dulude

Les Ailes du Temps

Ste-Agathe des Monts

6 février 2016


Archive pour février, 2016

Ce que tu fuis….te suit, ce que tu fais face s’efface.

aborigene

Ce que tu fuis te suit…ce que tu fait face s’efface .

Les pommiers éblouissants de leur parure printanière, roses et d’un parfum étincelant  bordent l’allée du parc. Des pétales jonchent le sol ,elles forment un tapis tout doucereux et moelleux . Nos pas , à Naoko et moi nous amènent vers l’étang ou trônent des oies blanches vêtues de leurs plus beaux duvets.  Leur ballet aquatique enchante et émerveille . Qu’il est suave de les voir se dandiner  sur l’onde miroir. Un banc ,tout de bois , nous attend. Nous nous y installons et laissons le soleil nous caresser tendrement . Qu’il est bon et merveilleux de se trouver ici aujourd’hui surtout en si bonne compagnie .

Naoko vient d’Osaka  du Japon, elle est de passage  pour quelques jours. Une très bonne amie correspondante rencontrée sur internet. Elle parle un excellent français , tant qu’à moi , je ne connais que quelques mots en japonais , les plus essentiels. Nous nous comprenons parfaitement . Une bonne entente règne entre nous et nous connaissons nos limites et notre honnêteté. Nous ne discourons pas beaucoup en admirant la scène de l’étang et des oiseaux . J’aborde:

-En fait comment a été ton voyage ? Long et fatiguant ?

Naoko  me regarde et me dit :

-Non ,ça bien été au contraire. J’ai pu dormir un peu .

Ce qui est le plus long  ce sont les arrêts un peu partout et on a hâte d’arriver, en plus je savais que j’étais pour être ne bonne compagnie .

Elle me sourit et je reprends:

-La prochaine fois c’est moi qui vais te rejoindre au Japon. Tu me montreras tout ce que j’ai envie de voir depuis des années.

Elle me sourit ,encore , et me dit :

-Mais avec plaisir mon ami , mais maintenant c’est toi qui va me guider ici à Montréal  et me montrer ce que je veux voir depuis des années.

Nous acquiesçons  tous les deux en chœur.

Un silence complice s’installe entre nous . Un silence de repos et de sérénité. Des pigeons viennent pigosser  près de notre banc à la recherche de quelques graines ou d’arachides, dommage nous n’en avons pas. Nous les laissons flirter avec nous pour nous amadouer . Une troupe de mésanges vient investir un bosquet d’arbustes  à l’arrière du banc. leur petits cris fascinent  et enchantent nos oreilles. Le soleil s’est mis de la partie et ,aussi derrière nous ,un érable immense nous couvre de son ombre protectrice .Une brise douce et soyeuse nous couvre la peau. Une journée de printemps magnifique . Naoko  dit :

-Comment vas-tu  mon ami depuis notre dernière conversation ?

Je regarde ses yeux en amande et adorables et lui répond:

-Ça va bien , très bien même . Ma santé est en constante amélioration suite à mon opération et je vais mieux. Et toi ? Tu m’avais parlé de ton Maître Spirituel …

Naoko, pensive et sérieuse me fixe et me dit :

-Oui mon Maître Spirituel Monsieur Juro il est très profond et je l’aime bien . La dernière fois que je l’ai vu il m’a raconté une fable. As-tu envie de l’entendre ?

Je  fais signe oui de la tête et me calle sur le banc tout en contemplant mon amie si jolie et délicate .

Elle commence par me dire :

- Tu sais j’ai des problèmes avec une voisine. Elle fait tellement de bruit le soir, la nuit et à toute heure du jour . Quelques fois je n’arrive pas à m’endormir ou bien je me réveille en pleine nuit et incapable de dormir.

 

J’ai raconté ceci à Monsieur Juro , un matin ou j’ai à peine sommeillé pendant la nuit. C’était très embarrassant et épuisant . Alors c’est là qu’il m’a conté la fable . Il emploie toujours des images de la sorte pour nous faire comprendre notre réalité. La fable va comme ceci…

ll était une fois , beau commencement d’histoire n’est ce pas ?

Naoko sourit de toutes ses belles dents  et continue :

-Il était une fois  un papillon qui adore se poser sur des fleurs dans un énorme champs. Se croyant seul au monde, il va et vient comme  bon lui semble .Il est libre de ses coups d’ailes, de ses effleurements et de ses repos sur les fleurs. Par une belle journée débordante de soleil , notre papillon virevolte de fleurs en fleurs en exécutant un ballet que seul lui connaissait . Il entend de la musique céleste et s’adonne à ses effluves  de danse. Insouciant il gambade d’une fleur à l’autre toutes aussi mirifiques les unes que les autres.

Arrivé sur un lys ,tout de blanc vêtu, il laisse aller son imagination et sans se rendre compte qu’un peu plus loin un colibri aux couleurs extraordinaires quête le nectar de quelques fleurs sur son passage . Le moment fatidique arrive enfin. Les deux , le colibri et le papillon se rencontrent . Oh! quelle surprise et étonnement de voir un intrus dans le domaine du papillon , car il pense que le champs lui appartient. Tous les deux fuient , de peur, vers des endroits sécuritaires.
Le papillon réfléchit et se dit :

_ Mais c’est qui cet espèce de voleur qui vient prendre mon espace ? Pour qui se prend-t-il ? Et d’ailleurs d’où vient-il ? je ne l’ai pas vu venir ?

Et le papillon ne pense qu’à ce colibri de malheur et s’imagine toutes sortes de scénarios pour s’en débarrasser . Mais un colibri c’est un oiseau et il possède un bec lacéré. Et les colibris se délectent des papillons. Alors que faire ?

Tout en faisant sa tournée des ses fleurs, notre ami le papillon surveille du coin de ses antennes l’intrus. cette journée il ne le vit pas mais reste sur ses gardes.

Par un beau matin ,après avoir fait le tour de son jardin champêtre , le papillon vient se reposer sur une rose tout en parfum. Il ne se doute pas que de l’autre côté du rosier l’oiseau mouche gobe du nectar. Le papillon entend les battements d’ailes et prends la poudre d’escampette . Le colibri, pour sa part le voit détaler et n’y fait aucun cas. Le lépidoptère va se cacher dans son antre habituel. Haletant et tout tremblant il se dit qu’il l’a échappé belle . Il se met à imaginer toutes sortes de choses abracadabrantes et plus ça va plus le problème devient une énorme montagne qui en fait n’est qu’une minuscule colline .

 

Un jour, après plusieurs déblatérations, le papillon décide de parler , du moins  d’essayer de dialoguer avec le colibri et de prendre une entente avec lui pour sa sécurité. Si le colibri accepte. Le papillon se bâtit toutes sortes de trames toujours en camouflant sa peur :

-Je vais attendre l’occasion  et je lui parlerai.

Le jour fatidique arrive et le papillon armé de son courage se risque en quelques coups d’ailes et se retrouve près de l’oiseau;

Monsieur le Colibri, est-ce que je peux vous parler  s’il vous plaît ?

Le Colibri, surpris , fixe le papillon et lui dit :

-Bien sur que l’on peut se parler . Je sais  ce que tu  penses, tu crois que  je suis dans ton champs mais il est à tout le monde  ce champs ne trouves-tu pas ? Veux -tu le partager avec moi. Il y a tellement de jolies fleurs appétissantes ici. Je te promet que je ne veux aucun mal et  que nous pourrons nous entendre . Le colibri se pose, lui aussi sur une rose et attend la réponse du papillon. Ce dernier dit :

-Bien sur que nous pouvons partager, les fleurs sont pour tous . J’ai vu de très beaux chrysanthèmes un peu plus loin vers le bas de la pente, je vous monterai l’endroit si cela vous intéresse. Le colibri reprend son vol tout en disant :

-Oui cela m’intéresse ce sont ces fleurs que je préfère le plus ; quel délice .

Depuis ce jour les deux comparses ne se séparent plus jamais .

Monsieur Juro m’a regardé et m’a dit:

-Ce que tu fuis te suit et ce que tu fais face s’efface . Le papillon a vaincu sa peur et s’est libéré. Vois -tu ma belle petite Naoko ta voisine a peut-être besoin de parler avec quelqu’un, tu ne sais pas .Elle fait du bruit pour signaler sa présence . Fais comme le papillon et essaye de dialoguer.

Naoko reste silencieuse quelques secondes et me dit:

-C’est ce que j’ai fait et je suis allé parler avec la voisine. Nous avons eu une très bonne conversation et elle m’a raconté ce qu’elle vit . Son mari est décédé et elle se sent tellement seule depuis son départ. Depuis ce temps c’est ma meilleure amie et nous sommes toujours ensembles. Tiens je vais te montrer une photo d’elle.

Naoko me montre la photo et notre attention se dirige vers l’étang où une envolée d’outarde vient d’arriver. Qu’elles sont gracieuses et flamboyantes. Nos yeux s’émerveillent . Je prends la main de mon amie et lui dit:

-Merci pour cette histoire et merci d’être venue me voir.

Quelques jours plus tard Naoko s’envole vers sa terre natale le Japon. Je lui ai fait visiter Montréal qu’elle a apprécié au plus haut point. Elle est partie en emportant ma promesse que l’an prochain ce sera mon tour .

Pierre Dulude

Les Ailes du Temps

Ste-Agathe des Monts

4 février 2016

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