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Avant-veille de Noel 2007,
(dimanche matin 23 décembre)

Ce matin, au téléphone à Montréal pour AA, j’ai reçu un appel qui est venu me chercher jusqu’au plus profond de moi- même et qui m’a fait frémir; j’en suis encore tout ébranlé et même en vous l’écrivant et j’en ai encore des frissons. Nous ne pouvons jamais deviner d’où vient l’appel mais cette fois c’est un cri de détresse qui venait jusqu’à moi.
Donc je reçois cet appel, la personne s’identifie ; il s’appelle Raymond et il a de la difficulté a s’exprimer mais je le comprends quand même.

Il est à l’hôpital et est en phase terminale (cancer généralisé), il a commencé a recevoir de injections de morphine pour atténuer la douleur .Les médecins ne lui donne plus beaucoup de temps a vivre.Je n’ai rien d’autre a faire que de l’écouter ; sur sa vie, sa sobriété (31 ans) et son implication ainsi que son amour pour AA.

Il me dit qu’il ne regrette pas sa vie, que cette dernière fut bien remplie et qu’il avait accompli sa mission.

Il m’affirme qu’il a signé un formulaire médical refusant toute réanimation au cas de coma ou défaillance.
Je suis là a l’écouter et lorsqu’il revient au silence je lui dit :
- Confies toi maintenant au Grand Maître d’Œuvre et prépares-toi a y être reçu. Présentement tu nous aides encore et lorsque tu seras de l’Autre Côté tu vas continuer a nous aider; comme tu l’as toujours fait.
Il me dit :

- Oui je le crois ça.
Il s’arrête de me parler ; il pleurait et s’étouffait dans ses sanglots.
Il a raccroché.
Je crois que ce frère AA, jusqu’au bout, dans sa sobriété, nous amène et nous amènera un rayon de Lumière tout comme nous essayons de le faire à tous les jours de notre vie.
Je voulais vous partager cette petite étincelle, puisse-t-elle vous réchauffer un petit peu tout comme elle me réchauffe moi-même.

Quel beau cadeau !Je rajoute à ce petit texte les paroles de la chanson de Luc de Larochelière :
La vie est si fragile

Pierre D. (C)
Laval,Québec,Canada

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Silence !

Nous roulons depuis bientôt une heure trente, environ, lorsque Gérard me regarde et me dit :
-Qu’en penses –tu si nous éteignons la radio pour faire silence ? Nous allons dans un endroit ou la quiétude est de rigueur ; alors pourquoi ne pas débuter, ici, notre séjour ?
Tout en cherchant mon approbation il ferme spontanément la radio qui, sans notre consentement, nous lance des inepties, et ce, depuis notre départ.

Le calme s’étiole, enfin, dans la voiture. Le panorama est magnifique et le soleil darde de ses rayons. L’horizon entrecoupé des montagnes nous envoie une invitation charmante.

Nous respirons un peu mieux remarque-t-on avec surprise et étonnement.

La route défile sous les pneus comme un grand serpent paresseux étendu tout au long de l’infini. Nous avons hâte d’arriver, nous en sommes anxieux.

Un apaisement complice s’est installé dans l’auto entre nous quatre, les passagers à l’arrière, Paul et Serge nous sourient. Eux aussi ce n’est pas la première fois qu’ils vont faire un séjour au monastère. Paul est le premier a rompre ce silence de politesse.
-Les moines ont fait vœux de silence – lança-t-il doucement – quelle belle inspiration de St-Benoît.

C’est dans le silence que la recherche de Dieu se fait par excellence. Pour nous, qui vivons dans une société de bruits et de vacarme, il en est de plus en plus difficile de se restreindre a écouter cette voix intérieure. Il en est difficile, aussi, de ne pas être influencé par toutes les ondes qui nous parviennent des médias et nous étourdissent. La cacophonie des routes et des véhicules nous déconcentrent.

L’information nous vient de toutes parts; la télévision, la radio et nos portables nous envahissent , nous en perdons notre vrai sens des valeurs. Nous n’entendons plus le chant des oiseaux, le rire des enfants et la belle musique mais aussi les autres humains.
Tout en écoutant son petit laïus nous croisons, à notre droite , un troupeau de vaches qui paissent au beau milieu d’un champ. Leurs belles taches noires sur leur robe blanche nous font sourire et aimer cette nature si délaissée.

Une rangée d’arbres, au garde à vous le long d’un chemin qui borde l’autoroute , nous donne un sentiment de sécurité. Serge brise le silence a nouveau :
-Oui tu as raison Paul et c’est ce que les moines ont compris. Mais il y a plus que de garder le silence.

Le silence, en soi, est une vertu.

Le silence est signe d’équilibre. Lorsque nous voulons exprimer une désapprobation nous utilisons notre moyen de communication qui est la parole. Si nous gardons le silence et réfléchissons a ce que nous allons dire, sans précipitation et gesticulations nous demeurons en équilibre et apportons une désapprobation constructive .

Ma mère me disait toujours de me tourner sept fois la langue dans la bouche avant de parler et elle avait bien raison. Notre silence, aussi, peut-être approbateur sans prononcer un seul mot et c’est ce qui nous fait dire : qui ne dit mot consent.

Mais ce n’est pas toujours vrai car le silence peut en être un de prudence et non blessant pour les autres.
Tous nous étions a réfléchir et méditer sur ce que Serge venait de nous exprimer lorsque nous apercevons l’écriteau nous indiquant le nombre de kilomètres a parcourir avant d’arriver à St-Benoît du Lac. Notre anxiété se transforme en joie profonde.

Nous y allons pour un séjour de trois nuits et quatre jours. À toutes les fois que je suis allé je ne voulais plus que se termine ces court laps de temps. Le monastère est un phare d’où émane la Lumière Divine. Gérard, à son tour, casse le léger silence qui plane dans la voiture :
-Ce que j’aime du monastère ce sont les offices avec les chants grégoriens qui nous propulsent dans un climat angélique. L’impression de vivre dans un autre monde nous submerge et nous sommes empreints de respect.
Tous nous l’approuvons et, comme un léger nuage, le silence flotte à nouveau entre nous.

Encore vingt kilomètres et nous arrivons me dis-je intérieurement. La route ingurgitée par l’auto nous fait signe de notre approche. Nous sortons de cette autoroute à plusieurs voies pour s’engouffrer sur une route de campagne ; tout en déambulant moins vite. Nous abaissons nos fenêtres pour sentir la brise chaude des grands champs de culture ; l’air est vivifiant.

Le soleil fait bien son travail. Nous apercevons au loin l’Abbaye d’où pointe son clocher, nos cœurs battent à plus vive allure.

Gérard, notre conducteur, roule lentement mais surement. Il s’engage maintenant dans l’allée principale du monastère à très basse vitesse comme pour ne pas rien brusquer. Il stationne et nous dit avec un large sourire :
-Voilà messieurs nous sommes rendus à destination.
Tous en cœur nous nous mis a rire et nous avons remercié le chauffeur. Nous avons ouvert toute grandes les portières de l’auto pour nous adapter, un peu, à notre nouveau milieu temporaire. Étirements et petits pas hors de la voiture.

Gérard ouvre le coffre arrière, nous ramassons nos bagages et nous nous dirigeons vers le monastère à l’entrée de l’hôtellerie. Le vrai test va commencer.

Le monastère de l’extérieur est de par lui-même un chef-d’œuvre et invitant .Toutes ces magnifiques pierres posées avec amour et méticuleusement nous font exprimer notre admiration.
-À toutes les fois que je viens ici – dis-je – je découvre, encore et encore, une architecture médiévale incomparable.
Nous entrons dans le monastère et le poids du silence, déjà, se fait sentir. Un silence respectueux et révérencieux. Nous parlons à voix basse ; nous chuchotons même.

Les vitraux éclatants nous sourient à belles dents. Il y règne, là, un calme tonifiant auquel nous voulons nous abreuver sans manquer une minute. Nous déposons nos bagages et nos sacs de voyage et nous furetons dans le grand hall d’entrée.

Nous allons, tous, directement face au grand corridor qui mène à la chapelle.

Ce passage fait de briques de couleurs vives n’en finit plus de remplir nos yeux d’émerveillement. Nous avons hâte de le traverser pour les offices.

Le Père hôtelier arrive et nous souhaite la bienvenue en nous enregistrant pour notre séjour en nous indiquant nos chambres. Nous montons à l’étage des chambres et nous nous dirigeons vers nos chambres respectives. J’ai la 218.
Lorsque j’y pénètre je sens la chaleur de l’été m’envahir.

J’ouvre la fenêtre et je dépose mon sac sur le lit et m’assoit sur ce dernier .Les oreilles me bourdonnent encore des bruits de la ville, de la route et des tracas.

Je prends quelques bonnes respirations et ferme les yeux pour me laisser imprégner de ce non-bruit. Quel apaisement, quel soulagement que je ressens .

Le calme s’installe en moi et je me sens comme un soldat qui a franchi la ligne du no man’s land et acquière un équilibre pourtant encore bien fragile; j’ai la tête encore pleine de questions sans réponses.

Je profite de ce moment pour remercier Dieu pour ce beau bouquet de fleurs de tranquillité.

J’attends encore quelques instants pour aller rejoindre mes compagnons et nous diriger par la suite vers la chapelle pour l’Office Divin.

Enfin nous sommes vraiment arrivés.
Ce silence monastique devient un bienfait inimaginable. Nous sentons que nous pouvons réfléchir en toute quiétude et méditer à notre guise .

Dans l’après-midi après le repas, pris au réfectoire avec les moines, je fais une petite sieste.

À mon réveil je suis bel et bien à St-Benoît du Lac chez les Bénédictins et j’anticipe de très belles rencontres qui me donneront des réponses et des directives pour mon cheminement spirituel.

Je vais à l’extérieur marcher, respirer l’air frais et pur de la campagne de l’Estrie.

Sur le chemin je rencontre un promeneur solitaire, qui lui aussi, a d’accrocher à son visage, ce petit sourire de sérénité. Je lui dis bonjour en passant et il me répond tout doucement ; je continue d’un pas léger ma promenade tout en respirant profondément.

Je suis heureux et comblé. Je me dirige lentement vers le monastère et y pénètre.

Je monte à la bibliothèque ou nous attendent des tonnes et des tonnes de trésors dans les livres bien disposés sur les tablettes. Je commence mon exploration, c’est ce que je fais à toutes les fois que je fais un séjour, et me choisit un livre pour le temps que nous resterons ici.

Cette fois ma main s’est portée sur un ouvrage du Pape Jean-Paul II qui parle justement du silence des monastères. Je suis concentré dans ma lecture et je ne prends pas conscience de l’arrivée du promeneur que j’ai croisé il y a quelques minutes.

Dieu fait bien les choses. Il vient s’installer devant moi, lui aussi, un livre à la main. Je lève les yeux et le fixe en lui souriant. Il me demande :
-Intéressant votre bouquin ?
Je lui réponds :
-Oui, on y parle de silence et de concentration. Il me semble que j’avais besoin de venir me ressourcer ici et je ne sais pas ce qui me faisait retarder de venir séjourner.
Il me regarde, comme un père regarde son fils avec compréhension et me dit :
-Vous savez le moment de Dieu n’est pas toujours, et souvent, notre propre moment .Il suffit d’attendre qu’il se manifeste et quelques fois c’est long, très long même.

Vous saviez que St-Benoît, avant de fonder sa première communauté était un ermite et a attendu plus de trois ans dans une grotte pour y méditer sur l’égoïsme, la colère et la sensualité et évidemment dans le silence complet.

Ce n’est qu’au bout de ces trois années qu’il a sorti de sa retraite pour y fonder sa première communauté. Imaginez, trois années reclus et éloigné de toute société et tentation.

Nous, nous faisons trois ou quatre jours et parfois nous trouvons ce petit périple difficile. Et, c’est probablement de cette retraite que St-Benoît a mis profondément en pratique la consigne du silence dans sa Règle. C’est dans le silence que nous pouvons entendre les directives de Dieu et les respecter.

Le silence nous demande beaucoup d’humilité en soi. Avez-vous lu la Règle de St-Benoît au chapitre sept sur l’humilité ?

Une très belle lecture en perspective pour vous et, en fait, pour nous tous. Je demande à mon interlocuteur ce qu’il fait dans la vie et il me répond avec simplicité :
-Je suis prêtre protestant d’une paroisse de Montréal. Je suis ici en retraite comme à chaque année. Je quitte dans une heure et retourne dans mon ministère.
Sur ce il se lève et me laisse une copie de la Règle de St-Benoît, ouverte justement sur le chapitre sept sur l’humilité.

Il me salue et me souhaite la Paix et réciproquement je fais de même.

Je le regarde quitter la grande bibliothèque et me replonge dans mon livre de Jean-Paul II mais jette un regard furtif sur la Règle de St-Benoît.

Je laisse de côté mon livre et entreprends la lecture de la Règle et y découvre les douze degrés d’humilité .Quelle révélation.
Notre séjour avec nos discussions, nos partages, les offices et la rencontre de moines s’achève et nous avons quelques regrets qu’il se termine. Nous avons fait le plein de belles paroles et phrases spirituelles. Nous nous sentons prêts a affronter la jungle de la société et de la ville.

Après avoir remis nos clés au comptoir de l’hôtellerie nous quittons l’enceinte du monastère le cœur serré. Nous nous engouffrons dans l’auto, calmes et sereins.

Personne ne dit mot comme pour préserver l’accalmie encore plus longtemps.

Rendus sur l’autoroute nous sommes entrechoqués par la vitesse des autos, le bruit et le vacarme : nous sommes revenus dans la civilisation moderne.

Tout semble aller si vite et si précipité nous avons a suivre le courant.

Intérieurement nous restons au monastère et à ne rien préférer à l’Œuvre de Dieu.

Pierre D. (C)
Laval,Québec,Canada

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Il est de retour l’enfant prodigue !

Carl Jung, psychanalyste reconnu, nous parle de sa théorie de la synchronicité. Théorie par laquelle une suite d’évènements viennent se greffer les unes aux autres pour nous donner une direction, une consigne ou un chemin a suivre.

Il ne s’agit nullement de hasards ou d’évènements fortuits.

Ces signes nous apparaissent inlassablement jusqu’à ce que nous ayons un niveau de conscience élevé pour en connaître toute leur signification.

Mon cheminement en Dieu est une de ces suites d’évènements qui m’a ramené au Père .
Avec le temps la conscience s’éveille mais l’égo nous joue de très vilains tours. Il justifie notre niveau d’éveil comme une fabulation, un rêve ou un phantasme.

Avec ce même temps, aussi, l’égo nous fait diriger vers des labyrinthes sans issue et notre recherche de Dieu s’amenuise jusqu’au jour ou nous l’abandonnons complètement pour nous adonner à tout ce qui existe comme plaisirs et dérivations de la Vraie Voie.

Cette recherche devient donc futile et, souvent, risible aux yeux de toutes et tous .Mais profondément l’idée de Dieu nous suit; comme un mets que nous mettons de côté en promettant d’y revenir plus tard. Dieu a ses desseins et ses plans pour nous.
Je me rappelle encore, étant enfant, je m’agenouillais au pied du sapin de Noel tout illuminé abritant la crèche avec le petit Jésus emmailloté et, tout près, sa mère et son père Marie et Joseph qui veillait sur lui. Je le priais en ce jour de Noel et lui disait que je l’aimais .

J’aimais donc ce que je lisais sur cet homme, fils de Dieu, qui est venu nous enseigné de nous aimer les uns les autres. J’adorais sa vie et ses miracles.

Je devenais avide de lectures de la Bible et du Nouveau Testament. J’assistais régulièrement à la messe et , pour moi , le Christ était mon héros ;mon exemple a suivre .

Je ne dis pas cela aujourd’hui pour me glorifier ou me justifier ni pour me définir comme un saint ou un dévot, bien au contraire et loin de moi ces pensées.

Dans ces années là, les années cinquante, la Religion Catholique était très bien ancrée au Québec. Nous avions l’enseignement de la religion à l’école et tous les livres à notre disposition. Il n’était pas rare qu’une famille ait en son sein un prêtre, un frère ou un missionnaire.
J’avais onze ans et, à l’école, nous avons eu la visite d’un père Franciscain. J’étais en émerveillement devant les paroles qu’il prononçait.

Il nous a laissé un petit dépliant nous expliquant et nous décrivant la vie de St-François d’Assise ma curiosité en était au plus haut point.

Après sa conférence je suis allé le voir et lui ai demandé des renseignements sur la Communauté Franciscaine et comme l’y joindre. Il est venu à la maison pour rencontrer mes parents et je ne me souviens plus pourquoi il n’y a jamais eu de suite à cette démarche qui pourtant m’intéressait au plus haut point.

Nous avions un oncle, aussi, qui était Père Dominicain et lorsqu’il nous visitait je buvais littéralement ses paroles. Il nous contait ses actions de sa Mission en Afrique.

J’aimais être en sa présence et j’anticipais toujours ses visites. Lorsque j’appris, quelques années plus tard, qu’il était sortit des Ordres j’en fut très déçu.
Dans les années soixante, au Québec, les Églises se sont vidées et la pratique de la religion, pour plusieurs d’entre nous, a été reléguée aux oubliettes. Nous nous sommes rebellés contre l’autorité de l’Institution et de ses représentants.

La société Québécoise évoluait et , souvent , pas toujours dans le bons sens . Les choses matérielles ont pris le dessus sur le Spirituel. Ce Spirituel n’était plus à la mode du jour et celui ou celle qui pratiquaient, malgré tout, étaient qualifiés de ‘’bigot ou bigote ou de ‘’ mangeux de ballus’’ .Il en était venu presque honteux de montrer en public notre ferveur religieuse.

Nous avons délaissé la pratique religieuse et notre révolte face à la hiérarchie de l’église a fait de nous des athées en puissance. Nous suivions les courants, qu’importe, nous les suivions ; et bien souvent il n’y en avait même pas de courant .Nous avons été brimés par des éducateurs qui nous imposaient une façon de vivre très culpabilisante.
Comme tous j’ai suivi ce chemin.

Ma période de révolte s’est soldée dans un alcoolisme dévastateur. Sans foi ni loi et dans la négation de Dieu je traversais la vie avec ma volonté personnelle déchaînée.

Même dans cette négation à outrance de Dieu je recherchais Dieu. Un de mes grands amis, Daniel, m’a dit un jour : ‘’ La recherche de Dieu est une grande souffrance et ce n’est pas facile et aisé.’’ Comme il avait donc raison.

J’ai cherché partout et par tous les moyens mais il y avait les prix a payer. Pour avoir la gloire et la conserver il y a tout un prix a payer qui s’appelle la solitude.

Pour le matériel et pour le conserver il y a l’insécurité. Pour les relations avec les femmes et les garder ces femmes le prix a payer est le don de soi.

Ce que mon égo ne voulait surement pas. Ces prix a payer ; je les ai payés de mon énergie de ma sueur et de ma vie telle que moi je la voyais pour me retrouver dans une solitude sans nom et dans une détresse qui m’a fait admettre mon impuissance face à cette vie.

Le combat que je menais était sans victoire, je le savais mais je continuais quand même sans me soucier du lendemain.

Ma quête pour prouver la non existence de Dieu m’a amené dans des sentiers turbulents et remplis d’embûches. Plus j’essayais de démontrer ce que je pensais, plus je m’enfonçais dans le contraire. J’affirmais que la pensée venait de la matière et non la matière de la pensée; c’était un bon début mais ne pouvait absolument rien prouver. Jusqu’au jour ou, cela aussi, j’ai abandonné.

Je me laissais vivre au gré des courants et des contre courants de la vie tel un navire sans gouvernail.
En soixante dix neuf, isolé et en pleine dépression, pataugeant dans un bas-fond alcoolique et toxicomane, des signes avant-coureurs me viennent d’un peu partout mais je n’y fais pas trop attention.

Je crois encore à de la phobie.
Un matin, au mois d’avril, je vais prendre une marche avec mon chien. Je suis à Ste-Lucie des Laurentides et je m’aventure sur un chemin face à la maison que je loue.

Je marche environ une bonne demi-heure pour me retrouver sur le flanc d’une petite montagne d’où le panorama est tout à fait splendide. Je m’assois sur une grosse pierre et m’allume une cigarette.

Mon chien, encore jeune, va et vient tout en reniflant ce qui lui tombe sous le nez. Je suis assis ,calme , le soleil printanier me chauffe et je suis bien malgré que depuis quelques jours je n’ai presque rien a manger et je n’ai pas bu , aussi, depuis trois ou quatre jour . Je sens en moi une certaine sérénité et tout à coup une voix se fait entendre à l’intérieur de moi :
-Si tu es si fort , comme tu le dis, et que tu es si puissant que tu le prétends alors pourquoi ne pas créer un paysage comme celui-là ?
Surpris d’entendre cela je me dis :
-Voyons donc je ne peux pas créer quelque chose d’aussi grand et d’aussi vaste !
Mon chien, énervé, est venu me tirer de mes pensées et je suis retourné chez moi en essayant d’oublier ce qui venait de se passer.
Quelques mois auparavant, en février, j’ai rencontré une femme par le biais d’une petite annonce d’un journal local qui disait qui cherchait un compagnon car elle se sentait bien seule et ça adonnait bien, pour moi aussi, je sentais la triste solitude dans mon coin isolé.

Elle vient chez moi et nous avons eu une relation de tendresse bien brève. Lorsque vient le temps d’aller la reconduire chez elle, nous discutons. Elle me parle de sa vie et m’affirme qu’elle croit fermement au Christ.

Je n’ai jamais réentendue parler d’elle par après .Dieu nous met ses anges sur notre chemin pour nous donner un Message; son Message. Suite à l’épisode de la montagne et de la petite voix je suis redéménagé à Montréal et, choses tout à fait inusitées mais non faits du hasard, je demeurais toujours près d’une église.

Je n’y allais pas mais le dimanche matin j’entendais toujours les cloches pour les messes et les vêpres. Comme si Dieu m’appelait et me convoquait à la prière.
Mon bas-fond, a duré plus de huit mois après la montagne de Ste-Lucie jusqu’en décembre soixante-dix-neuf.

Découragé et exaspéré, proche de mettre terme à mes jours, j’abdique, cesse de boire et de consommer de la drogue. Je suis dirigé chez AA.
J’ai une soif, cette fois, mais c’est la soif de Dieu .Je sais qu’il m’a protégé comme un père protège son fils dans le besoin et à tous les jours mais je ne suis pas encore tout à fait convaincu. En août quatre-vingt j’ai enfin mes réponses.

Je vais faire un court séjour à St-Benoît du Lac chez les moines bénédictins. Dans la Règle de St-Benoît il y est dit :
-Ne rien préférer à l’œuvre de Dieu; ne rien préférer à l’Amour du Christ.
Ma voie était tracée, et ce, depuis bien des années. J’en prenais conscience mais avec, ô combien, de détours et d’entourloupettes de négation et de révolte .

Je me sentais revenu à la maison dans les bras de mon Créateur.
Aujourd’hui je constate que ce cheminement dans le Christ donc dans Dieu a été un chemin long et sinueux.

J’ai refait d’autres séjours au Monastère de St-Benoît mais aussi à Oka chez les Trappistes. Mon endroit de prédilection pour mettre en pratique ce : ‘’Aimez-vous les uns les autres ‘’ a été et est encore Alcooliques Anonymes.Nous vivons dans un monde dévasté par les peurs, les craintes, l’insécurité, l’envie, les possessions matérielles, la dictature de la beauté du corps et tout ce qui s’en suit.

Nous pensons trouver le bonheur dans toutes ces choses éphémères et inusitées. Nous nous arrêtons qu’à l’enveloppe charnelle qu’est notre corps sans jamais aller au plus profond de nous : l’endroit de notre Âme, notre Contact Conscient avec Dieu.
Nous n’écoutons pas notre petite voix, qui pourtant s’évertue a crier qu’elle veut se faire entendre parce que nous sommes étourdis par tous les gadgets électroniques qui nous entourent : télévision qui nous étourdie de négativisme, ordinateur qui nous lance des inepties, et tous les médiums qui ont leur fonctionnalités si nous savons en tirer bon parti.

Nous dénigrons le silence pourtant si bienfaisant. Nous nous évadons à qui mieux mieux.
Oui je suis revenu à mes croyances d’antan, à Dieu de mon enfance. Je suis revenu au Christ qui, par sa vie et ses enseignements, nous montre le Vrai Chemin : celui de l’Amour et de l’Harmonie.

Le Chemin de la Compassion et de l’entraide. La Voie du don de soi et des trésors Spirituels.

Le Chemin, aussi, de la joie profonde du devoir accompli. Je suis comme cet enfant prodigue, qui de retour chez son Père, est pardonné des frasques qu’il a commises et il est accueilli à bras ouverts. Je suis très conscient que je ne serai jamais riche et très comblé matériellement et même, si ce serait le cas, je suis détaché des biens de la terre.

Je suis très conscient, aussi, que je ne serai jamais général d’armée mais bien soldat de Dieu sans grade ni décoration et prêt a faire sa Volonté.
Dans notre société on y dit : ‘’ Un service en attire un autre’’ c’est donc dire qu’on s’attend à quelque chose en retour et que les gestes gratuits sont infimes.

Le Christ a donné sa vie pour nous afin de nous montrer le Chemin et a même demandé à son Père de pardonner à ses bourreaux. Le Christ a ressuscité trois jours après sa mort et est venu nous dire qu’Il sera avec nous jusqu’à la fin des temps, et ça , j’y crois.

Il est parmi nous et nous sommes des millions a le croire

Pierre D. (C)
Laval,Québec,Canada

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Le matin : 05 :12
(juillet 1984)

Les yeux encore embrouillés par le manque de sommeil et les larmes, je suis accoudé sur le parapet du petit pont qui traverse la minuscule rivière de la vallée entourée de montagnes.

Les brumes ne finissent plus de monter de l’eau fraîche du petit cours d’eau.

Nous sommes en juillet et le soleil se chicane avec les nuages pour avoir sa place à lui et faire son travail.

Le mince filet de frimas sert de paravent aux abords de la rivière.

On entend les oiseaux piailler et se réjouir de ce nouveau jour. Je n’ai pas dormi de la nuit.

J’admire ce spectacle matinal et, ce n’est pas la première fois. Mais ce coup –ci est vraiment spécial.
Un héron magnifique se promène sur la berge à ma gauche et cherche sa nourriture, il est loin et ne me voit pas. Je le regarde se dandiner, tel un lord en habit de soirée.

Avec son bec furtif, il cherche parmi les roseaux les minuscules poissons qui auront le malheur de tomber dans ses ciseaux pour son déjeuner.

Il s’avance près du pont et s’arrête net. Me voit-il, je ne le sais pas. Je ne bouge pas. Un pic bois répète, à qui veut l’entendre, son message répétitif sur un arbre qui lui sert de tam-tam. Lui aussi cherche sa nourriture.

La vie s’éveille et le soleil monte à l’horizon d’un beau rouge éclatant; il fera chaud encore aujourd’hui.

Je suis là, pensif, en spectateur de cet éveil; je suis fatigué mais combien heureux de contempler les effervescences matinales de la nature.
Je me demande comment se fait –il, que dans ma vie, j’en sois rendu à cet endroit.

Un merle vient se poser sur la pelouse de notre voisin et tout en écoutant vers le sol le bruissement des vers rampants, que seuls eux peuvent entendre, se dirige précipitamment vers sa proie et la retire des entrailles de la terre .Son repas est gagné.

Les brumes se dissipent peu à peu et un petit vent rafraîchissant s’est levé à son tour.

Il fait quitter les vapeurs de leurs couches sur la rivière. Je me sens bien. Dans le ciel, très haut, une buse tournoie à l’affût d’un déjeuner vite gagné.

Elle décrit des cercles tout en descendant. Ses spirales parfaites lui font déployer ses ailes qu’elle contrôle à merveille. J’entends ses cris qu’elle envoie pour avertir tous ceux et celles qui se trouveront sur son chemin; le prédateur a parlé.
Le courant de la petite rivière, contrôlé par un petit barrage, dégouline doucement et lentement entre les planches.

Un coulis faible d’eau circule à la base du barrage tout en emportant des petites feuilles et brin d’herbe .

Quelques écrevisses viennent se dorer au soleil qui maintenant trône un peu plus haut dans le ciel.

Le héron, patient, a enfin trouvé sa pitance qu’il savoure goulûment. J’aime cet endroit magnifique ; on y retrouve le calme et la sérénité. Mais ce matin, c’est un moment magique, encore plus que les autres fois .

Les questions viennent se bousculer dans ma tête et je faillis ne pas voir une petite loutre poursuivre une infime truite qui a pris la poudre d’escampette.
Je ne m’attendais pas à ce détour dans ma vie ; mais pas du tout .Habitué a vivre ce que j’avais envie de vivre, respirant toujours l’air de la liberté intérieure et extérieure, toujours en galopant sur l’échine du temps je me suis pris à mon propre jeu.

Faut dire que Dieu a ses desseins que nous ne pouvons comprendre et saisir.
Mon regard se porte, cette fois, sur un couple d’hirondelles qui s’amusent a faire du rase-motte au dessus de la rivière.

Leur vol est si précis qu’elles peuvent faire un demi-tour en une fraction de seconde sans crier gare.

Tout d’un coup elles remontent à pic d’une façon vertigineuse pour redescendre aussi vite au dessus de la surface miroitant l’astre du jour qui en est rendu à une belle couleur jaune pâle.

Il est cinq heures douze lorsque je regarde ma montre.

Je sens les rayons de mon ami le soleil me réchauffer le visage. Je l’accueille avec un bonjour tendre et doux et en l’interrogeant en silence:
-Comment vais-je procéder ? Que va –t-il se passer ?
J’attends que ma petite voix intérieure me donne les directives; mes réponses.

Je regarde au dessus de moi dans le ciel et la buse n’y est plus, elle a dû, elle aussi, trouvé son déjeuner et doit être en train de se gaver et de se délecter.

Je garde précieusement le silence car lors de mes méditations et mes séjours dans quelques monastères; c’est la règle d’or.

On entend nos réponses si on ne parle pas et si notre esprit n’est pas occupé par toutes sortes de préoccupations et questions.

Un gaie bleu vient de prendre place dans un pin et hurle à tue-tête son cri rauque .

Il a un plumage a faire rougir d’envie tous ses congénères. Il semble me dire de ne pas m’inquiéter que tout va bien aller.

Il s’envole vers les hauteurs des montagnes qui m’entourent qui sont éblouies par le soleil. On y entend toute une activité et un cacassement d’oiseaux.

Les colonies sont réveillées. Le sommeil commence a me gagner; ma nuit fut rude. J’ai encore l’envie de pleurer mais me retient.
Je regarde encore une fois l’horizon et la rivière qui sinue au loin. Quelqu’un m’avait dit que la vie est un long cours d’eau qui suit sa route.

Et, sur cette route, il y aurait des avances et des reculs et bien souvent des surprises. À nous de nous y adapter. Je le croyais maintenant.

La rivière va couler jusqu’au fleuve et le fleuve à la mer.

Songeur je fais une prière à Dieu et lui demande de faire sa Volonté.

Tout en priant, un concert d’oiseaux parvient à mes oreilles, j’ai l’impression qu’ils me souhaitent bonne chance tout en me disant de ne pas m’en faire car Dieu nourrissait ses créatures.

Je regarde, sur ma droite, une mère étourneau donner la becquée à ses petits criant pour avoir leur dû.

Et un insecte à droite et un insecte à gauche. Patiemment la mère, comme une machine, comble l’appétit de ses rejetons. Sa destinée était tracée tout comme la mienne.

Les hirondelles virevoltent tout en se chamaillant. Le soleil encore plus haut au zénith darde déjà à cette heure matinale.

L’humidité écrasante reprend du gallon. Oui il fera chaud aujourd’hui .Je prends quelques bonnes respirations pour laisser l’odeur des conifères m’envahir. Le vent léger se glisse sur le feuillage des arbres dans la montagne en donnant l’impression d’un vague sur la mer.
-Quelle belle journée ! Me dis-je.
Je me retourne et regarde déambuler dans l’espace lointain la rivière qui a traversé le petit pont.

Elle traversera la passe dans la montagne pour rejoindre sa grande sœur à quelques kilomètres de là. Je suis dans un état euphorique mais bien ancré les deux pieds sur terre.

Je respire profondément; heureux. Je vais aller dormir et me reposer la vie a commencé cette nuit.

Je revient de l’hôpital, mon fils est né cette nuit .

Je suis père d’un beau petit gars.

Pierre D. (C)
Laval,Québec,Canada

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Et si on s’y mettait….!

Tout en écoutant le concert que les oiseaux m’offrent, seul murmure esquivant le silence, je me perds dans mes pensées matinales. Ma vue n’en finit plus de s’emplir de toutes les beautés colorées devant moi. Le spectacle est encore plus féérique à l’automne.

Les tons diversifiés du coloris des feuilles des arbres est abasourdissant dans tous ses détails. Au fond du petit sentier je reluque un érable larmoyant des perles d’or comparé à ses congénères, qui eux, n’en sont rendus qu’à un petit jaune pâle et d’autres, encore verts, mais sans éclat. Les saules, toujours d’un vert tendre, font accessoires de finition à cette scène.

Cette petite halte aux abords de la rivière est un sensationnel décor pour la méditation, accompagné d’une trame sonore naturelle. Mes yeux se tournent maintenant vers le large du cours d’eau. Tout au fond il y a l’église majestueuse montée de ses deux clochers d’argent transperçant ce coin de ciel. Le reflet de la bâtisse dans l’eau calme renvoie une image claire et bien définie de tous les menus détails, comme un miroir bien astiqué. Le soleil, lui aussi, profite de la scène ; sa douce chaleur du mois d’octobre nous enveloppe par ce beau matin ou il fait bon vivre. Un merle vient se dandiner à quelques mètres de mes pieds cherchant sa nourriture. Son chant m’éblouit et me tire des mes rêveries. Je le surveille du coin de l’œil et ne fais pas de mouvement brusque pour ne pas l’effrayer ; un goéland fait du rase mottes sur la rivière comme s’il voulait dépasser sa réflexion dans l’eau .Le temps est au beau et si je m’écoutais je camperais ici toute la journée tellement le calme et la sérénité m’envahissent.
A voir sautiller le merle de façon comique je ne pouvais m’empêcher de sourire.

 

Je n’entends pas les pas d’une personne qui s’approche de moi furtivement. Une fois rendue à ma hauteur elle me lance un bonjour poli, surtout pour ne pas déranger ou surprendre. Je me détourne et lui rends la politesse.

C’est une dame d’un âge respectable qui se trouve devant moi. Elle regarde ,elle aussi , la rivière qui scintille de mille feux sur son dos qu’un petit vent, maintenant , fait danser entre les petites dénivellations des vagues.

 

Elle se retourne vers moi et me dit :
-Nous sommes privilégiés de pouvoir admirer ce spectacle ; ne trouvez-vous pas ?
-Oui vous pouvez en être sûre. Lui dis-je et je rajoute :
-Cet endroit, cette petite halte, est pour moi un endroit de prédilection .J’y viens à toutes les fois que je peux et lorsque la température le permets.

 

-Vous faites bien – me dit-elle – elle a été crée pour ces raisons.

Je la regarde et je suis intrigué par cette dernière phrase.

-Pourquoi dites vous cela madame ? En êtes-vous l’auteur ? Et, si c’est le cas je vous remercie de l’avoir fait il est tout à fait bienfaisant de se retrouver ici.
La vieille dame se mit a rire avec bonté.

Elle m’avoua :
-Bien je n’étais pas seule, en passant, mais j’ai contribué à l’érection de ce petit coin de paradis. Voulez vous en connaître la petite histoire ; si vous avez du temps évidemment ?
Surpris et à la fois enchanté j’accepte que la femme me conte ce petit fait anodin de l’aménagement d’une parcelle de terrain du bord de l’eau.

Ressassant et reclassant ses souvenirs elle me regarda et me dit :
-Vous savez , l’être humain a toujours été et sera toujours d’une nature bonne .Chassez le naturel et il reviendra au galop .Je vous dis cela parce que les gens qui ont travaillé ensembles, ici, sur ce projet avait une chose en commun, pour débuter, et cette chose était que nous avions tous eu des démêlés avec la justice ; pas de gros crimes, non, mais de petits larcins ou des petites offenses.

Nous avions tous et toutes été traduits devant un tribunal et, comme sentence, nous avons eu a faire des travaux communautaires. Nous étions sept, huit, avec un employé de la ville qui agissait comme chef de projet. Nous n’avions pas le choix; c’était les travaux communautaires ou la prison les fins de semaine; ce que personne ne désirait. En plus, dans les pénitenciers il y avait surpopulation. Vous comprenez ?
Très surpris, je demande à mon interlocutrice :
-Des larcins, des offenses….vous n’avez pas l’air du tout d’une criminelle, madame !
Elle se mit a rire et m’avoua :
-Il ne faut pas se fier aux apparences monsieur; l’habit ne fait pas le moine. Elle rit de plus belle et continua son récit :

-Non je ne suis pas une criminelle notoire mais j’ai été surprise a faire du vol à l’étalage et la majorité d’entre nous, quatre hommes et trois femmes, avions commis ces délits. De petits vols, des contraventions non-payées, vols et recel, menaces et quelques autres cas encore de moindre importance. Le juge nous a condamnés a faire des travaux communautaires.

Je peux vous dire que plusieurs n’étaient simplement pas d’accord avec ce jugement. Alléguant toutes sortes de raisons possibles; la révolte grondait. Nous avions un agent exécuteur de sentences qui écoutait toutes nos doléances mais a été très ferme; pas question de s’esquiver.

L’enthousiasme n’y était pas, mais pas du tout. Nous avions a venir travailler ici toutes les fin de semaine l’été passée. Nous avons eu des rencontres préliminaires pour nous expliquer la nature du projet. Créer un air de repos sur les berges de la rivière tout en y installant des petits ilots avec des bancs pour s’y reposer. Ce que vous voyez ici présentement , c’en est le résultat.

Les premières fin de semaine en furent de présence car personne, sauf quelques –uns, ne travaillait, on laissait filer le temps. Ce temps si précieux à l’exécution de nos sentences. Les hommes jouaient aux cartes et les femmes se racontaient les derniers ragots des journaux à potins.

Une perte de temps volontaire s’était instituée d’elle-même. Notre contremaître de la ville ne disait mot et peinait à l’ouvrage.

-Il faut vous dire que le travail n’était pas de tout repos. Nous avions une centaine d’heures de travaux communautaire, en moyenne, pour exécuter ce boulot. Le terrain était jonché de détritus et autres vidanges que les gens avaient accumulés ici au fil des ans.

Il n’était pas question, pour nous, de se salir les mains et de toucher à ces choses horribles. Deux d’entre nous, avec le contremaître, avaient mis la main à la pâte sous le regard coupable des autres couchés sur un talus de gazon plus loin. Les commentaires acerbes fusaient.

Nous les jugions fermement et détournions nos regards pour ne pas les voir s’embourber dans les déchets cachés sous les arbustes et mauvaises herbes. Le sentier boueux n’était nullement invitant pour de petits souliers à la mode. Les journées s’écoulaient. Nous devions nous présenter le samedi et le dimanche pendant sept semaines.

Après trois semaines de ce manège d’inaction, le dimanche après-midi, celui qui travaillait avec le contremaître et une travailleuse en avait assez.

Il nous regardait , assis, sur notre parcelle de gazon en nous esclaffant des blagues du plus insolent d’entre nous. Il vint a notre rencontre et s’adressa à nous.

Je n’oublierai jamais son visage, salit par la sueur, la poussière, les éclats de déchets et les larmes. Le silence était maître maintenant entre nous.

Nous le regardions tous avec respect car sa démarche en avait une d’un certain charisme ; il nous dit :

-Pourquoi vous ne venez pas nous aider ? Pourquoi depuis trois semaines vous venez ici perdre votre temps a parler et a rire pendant que nous travaillons comme des forcenés. Nous aussi ce travail ne nous plaît pas. Nous aussi, nous avons des femmes et des enfants à la maison qui nous attendent. Nous aussi nous avons la responsabilité d’exécuter notre sentence. Nous aussi nous aimerions que ce temps passe vite et en douceur. Il ne vous est jamais venu à l’idée que nous pourrions accomplir quelque chose de bien, de beau et de merveilleux ensembles. De construire un endroit agréable a vivre et a contempler. Les berges de la rivière sont d’une rare beauté, encore, et elles nécessitent un entretien mais il faut commencer en quelque part et c’est ici, pour nous, que ça commence.

Oubliez le fait que vous avez été forcés de venir faire ces travaux, oubliez votre individualisme et mettez vos énergies à quelque chose de positif et de constructif. Notre responsabilité c’est de payer à la société ce que nous lui devons .

Il prit une légère pause en reprenant son souffle et nous lança :

-Si on s’y mettait ?

-Nous avions les yeux rivés sur le sol, il ne dit plus un mot.

Il nous quitta. La journée finissait et nous sommes tous rentrés à la maison.

-Le samedi suivant nous sommes tous arrivés une demi-heure d’avance à la grande surprise du contremaître et de nos deux travaillants. Les travaux allaient débuter pour vrai. Le laïus de la semaine précédente avait fait son effet. Chacun muni de ses bottes de travail, de gants, de masques s’engagent dans la petite jungle remplies d’immondices.

On entend les ah! Et les han ! des efforts que nous donnons pour nettoyer notre parcelle de terre. Nous commençons a entrevoir l’espace qui allait servir d’endroit de repos : ce que vous voyez ici présentement.

Un camion est venu chercher les déchets. Nous avons commencé a entreprendre la coulée de ciment pour les bancs, chose que beaucoup d’entre nous n’avions jamais fait auparavant.

Nous avons bêché, creusé, défriché et désherbé ne laissant que la végétation nécessaire pour l’aménagement paysager.

Les repas se prenaient en commun, maintenant, tout en se connaissant entre nous.

D’étrangers que nous étions, nous étions devenus, des amis, des partenaires et des complices. Nous calculions le temps qui nous restait à notre sentence et nous avons constaté que nous n’aurions pas assez d’heures pour compléter le projet. Et, tous d’un commun accord, nous en sommes convenus de continuer après l’écoulement de nos heures et, ce, sans retour.

Le projet nous tenait à cœur mais surtout l’amitié et la fraternité nous tenait encore plus à cœur. Nous étions a réaliser un petit chef-d’œuvre de tranquillité.

Les dernières semaines nous avons redoublé d’ardeur surtout pour la construction des boîtes à fleurs que vous apercevez.

À l’inauguration de notre petit air de repos, nos heures de travaux communautaires étaient écoulées depuis deux semaines, nous avons fait un dîner communautaire assortit d’une coupure de ruban officielle.

Nous avons laissé les honneurs à celui qui nous avait motivés, quelques semaines auparavant, avec son petit discours de vérité. Il a dit cette fois :

-Merci d’avoir mis les efforts pour l’accomplissement de ce travail. C’est ensemble que nous avons réalisé ce projet. Qu’en est –t-il ressortit ? Je crois que pour tous c’est de savoir que la fraternité humaine existe encore malgré nos différences et nos divergences de nos points de vue. Et, regardez, ce que nous avons créé : un oasis de paix et de calme. Je coupe ce ruban en notre honneur à toutes et tous et je vous remercie encore.

-Nous avons tous déambulés dans le petit sentier tout en nous amusant de voir les rouge gorge s’empiffrer d’insectes.

-Voilà la petite histoire de petit lopin de terre qui a vu le jour dans le fumier mais qui, aujourd’hui, resplendit de beauté, de calme, de l’odeur des fleurs et des chants d’oiseaux.

J’écoutais la dame avec compassion et l’ai remerciée encore une fois.

Elle me dit :
-Maintenant monsieur ce sera à votre tour d’entretenir ce petit coin tranquille.

Elle se leva et me quitta comme elle était venue : furtivement comme l’oiseau qui se glisse dans le ciel.

Je ne puis que dire :

-Merci mon Dieu de mettre des gens comme elle sur ma route .

Le soleil était déjà haut et je me promis de revenir le lendemain surveiller ce coin de bonheur.

Pierre D. (C)
Laval,Québec,Canada

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bouteille

Bouteille à la mer….!

 

Les brumes matinales ne finissent de se lever que le Révérend James arpente encore les berges du fleuve, son bréviaire à la main et l’allure pensive, il médite .Il semble parler, à voix basse, au Seigneur. La solitude que lui impose son ministère lui pèse beaucoup.

Pourtant il aime cette côte du Labrador. Il chérit ses paroissiens, ses fidèles. Son épouse l’aime autant que lui,aussi, l’aime et il affectionne intensivement ses enfants, il est de religion protestante .Son séjour dans ce village côtier a débuté quelques années auparavant suite à un transfert d’un grand centre urbain. Il avait l’habitude, dans la grande ville, à plus d’action et de contacts sociaux. Mais les autorités en avaient décidé autrement et le prêtre a dû se plier à la volonté des ses supérieurs et c’est avec un peu d’amertume qu’il quitta son ministère oh combien ! plus valorisant à ses yeux .Pour lui, sa position sociale était de très haute importance vis-à-vis ses ouailles. Lorsqu’il arriva au Labrador il déchanta amèrement car il avait a s’adapter à une population parfois hostile aux religieux. Mais à force de travail et de patience il réussit a tailler sa place, Ses paroissiens le respecte et fréquentent son église assidument.
Son dialogue avec Dieu prends une tournure de supplications :
-Seigneur, pourquoi m’avoir dirigé ici dans ce coin perdu ? Pourquoi m’avoir oublié dans cette prison ? Je ne me sens pas utile à personne ici. Je ne me sens pas à ma place. Je sais que je devrais cesser mes récriminations immédiatement mais je ne crois pas que cette situation soit juste pour moi. Qui puis-je aider ici ? J’ai fait ce que j’avais a faire. J’ai été bien patient, Seigneur ; donnes moi un signe s’il te plaît.
Accroché à ses réflexions le Révérend déambule vers le large. Les vagues viennent frôler ses souliers ; il fait un pas en arrière. Il jette un regard à l’horizon lointain, tout en cherchant son signe ; il prie. Trainant ses pieds dans le sable pour laisser délibérément des traces qui s’effacent au passage des vagues il ne remarque pas immédiatement la bouteille verte qui vient lui frapper doucement le pied. Il descend son regard vers l’objet insistant et se dit :
-Bon, encore un qui utilise la mer pour un panier à déchets.
Le Révérend se penche et ramasse la bouteille encore pleine d’algues et de varech. Il la tient par le goulot et voit qu’à l’intérieur se trouve un rouleau de papier ligné qu’un bouchon de liège tient fermement emprisonné. Il met son bréviaire dans sa poche de son veston et fini de nettoyer la cage de verre. Le bouchon est coincé solidement. Il décide donc de retourner à son presbytère pour ouvrir cette bouteille qui excitait de plus en plus sa curiosité. Il sortit un tire-bouchon et, avec quelques efforts, il le dégagea du col.

La mince bande de papier est enroulée et retenue par une ficelle; il n’a pas de difficultés a la sortir de la bouteille.
Que pouvait bien contenir ce document. Il le déroula avec précautions pour ne pas le déchirer et l’installa sur sa table de travail. Le document semblait être une page d’un journal de bord. Il y avait une date et un nom de bateau. Le Révérend lit le message avec grande attention.
-Jeudi, 15 mai 1987. 1987 il y a de cela cinq ans; cinq ans que cette bouteille est à la mer.-Voyons ce que dit la suite :
-Le Lyonnais, cargo, pays : France.
Le Père lit à haute voix le reste du message très lisible en français.
-‘’Je, Hubert Langlois, suis de quart de nuit. Cette nuit il m’est arrivé une mésaventure, peut-être plus un incident et je ne voudrais pas que personne, surtout mon capitaine, sache .Je risque mon emploi et j’ai une famille a faire vivre. Mais le poids de cette calamité me pèse énormément sur les épaules et je me sens coupable. Il me faut l’avouer à quelqu’un pour me soulager.’’
-Eh bien, Seigneur, tu n’as pas trader a m’envoyer une brebis égarée. Se dit le Révérend.- Une confession par les voies de la mer quelle originalité.
-‘’Ce soir, continuait Hubert,’’ j’ai pris mon quart de nuit au poste de pilotage .Tout était calme .La boussole indiquait sud-sud-ouest et le cap était juste .Les moteurs ronronnaient doucement dans le ventre du cargo et digérait lentement le mazout que les mécaniciens lui donnaient. Rien a signaler avais-je écrit au journal de bord. Comme à chaque quart de nuit j’adore m’imaginer capitaine d’un grand navire, plus grand que celui-ci et voguer toutes les mers du monde. Moi à la barre je dirigeais la manœuvre d’une main de maître et tout mon équipage m’admirerait. Ma table de cartes marines trônant dans mon quartier général je serais fier dans mon uniforme assorti de mon grade.

-‘’Bon….tout en rêvassant de la sorte je fis mes vérifications usuelles, boussole, pressions, vitesse et vents bref tout était sous contrôle. La nuit explosait d’étoiles aussi brillantes les une que les autres et à bâbord la lune en quartier plus blanche que d’habitude se traçait un mince sillon sur l’océan. La radio sifflotait des voix lointaines de marins jasant au beau milieu de la nuit pour s’affirmer qu’ils n’étaient pas seuls au monde. Je faisais des gestes furtifs pour ne pas déranger le capitaine qui dormait dans sa cabine. Je me fis un café et repris la barre.

À tribord : rien et à bâbord … et à bâbord une énorme forme surgissait de l’obscurité, sans crier gare, comme un fantôme sortit de nulle part. ‘’
Le Révérend sursauta sur sa chaise, l’histoire de ce marin l’intriguait tellement qu’il en oubliait l’heure de sa messe matinale. Il se fit bouillir de l’eau pour son thé et continua avidement sa lecture. Hubert continue son récit :
-‘’Quelle n’est pas ma stupéfaction de voir apparaître cet énorme iceberg et nous nous dirigions droit sur lui. Je savais qu’une petite partie du glacier était visible à l’extérieur de l’eau et que le reste, enfoui sous la surface devenait très dangereux. Il me fallait faire vite.’’
Le Révérend se dit :
-Mais pourquoi n’a –t-il pas averti son capitaine ; le bateau était en grand danger. Ses peurs probablement. Il continua de lire avec anxiété.
-‘’C’est alors qu’il me fallait agir et je décidai de virer, lentement, vers tribord et de faire augmenter le régime des moteurs. L’iceberg, de dimensions effroyables, semblait nous attirer vers lui. Je priais Dieu de m’aider pour ne pas que le bateau aille s’écraser contre ce monstre des mers. Heureusement, avec la poussée des moteurs, nous nous sommes éloignés de ce magma de glace. Quel soulagement ce fut pour moi.

Une demi-heure plus tard, ayant rejoint notre route tracée, le mécanicien en devoir vient me voir et me demanda pourquoi j’avais fait augmenter le régime des moteurs et, moi, innocemment le lui avouai qu’il se trompait que je n’avais jamais fait cette demande. Il insistait et je lui répétai que je n’avais pas fait augmenter le débit des moteurs.

C’était sa parole contre la mienne.
Je réalise, maintenant, que j’ai fait une erreur. Il y aurait pu y avoir un terrible accident et je n’ai pas averti mon capitaine et en plus j’ai menti au mécanicien ; je ne me sens vraiment pas bien .Je l’avoue à qui veut bien m’entendre ou bien de me lire. J’ai donc décidé d’écrire cette mésaventure et l’enfermer dans une bouteille et la lancer à la mer. Si elle vous tombe dans les mains, lisez la s’il vous plaît et détruisez la; vous allez me rendre un grand service.

Merci, signé Hubert Langlois.’’
Le Révérend s’adossa à sa chaise tout en tenant les feuilles de papier entre ses doigts et d’un geste machinal il bénit le message.
-Voilà mon fils tu es pardonné.
Il alla chercher une feuille de papier et se mit a écrire :
-À Hubert Langlois, ou que vous soyez, vous êtes pardonné pour vos manquements et j’ai détruit le message que vous avez inséré dans une bouteille au mois de mai en 1987. Je vais prier pour vous afin que vous obteniez la paix d’esprit et le repos éternel. Si, un jour, vous rencontrez le mécanicien, avouez-lui la vérité. Signé : Révérend James, Labrador.
Le Père James prit son message, l’enferma dans la même bouteille, la scella, alla la lancer à la mer espérant qu’un jour Hubert la retrouve ce qui semblait bien improbable. Il revint à son église pour y célébrer sa messe; en retard. Il venait de comprendre que les desseins de Dieu ne sont pas les siens.
En vacances, à Brest, par une très belle journée de juillet 1998 Hubert arpente la plage à la recherche de coquillages pour sa fille. Il en avait trouvé de très saillants. Il regarde les mouettes virevolter dans le ciel bleu azur. Son regard se porta sur un objet flottant sur les flots. Immédiatement il reconnu la bouteille, sa bouteille, qu’il avait lancée il y a dix ans .Il attendit avec un pincement au cœur que le petit vaisseau de verre vienne s’échouer sur la plage. D’un pas hésitant et lourd il se dirigea vers ce dernier. Il la ramasse et examine le contenu. Une feuille de papier enroulée avec une ficelle. Il se dit :
-Non ! Il n’y a pas personne qui l’a eue.
Il marcha vers un rocher et d’un geste sec brisa le goulot, sortit la feuille et se mit a lire.
Il s’assied dans le sable et se mit a pleurer.
-Merci mon Dieu ! se dit-il.
Le lendemain il commença ses recherches pour retrouver le mécanicien du Lyonnais.
Pierre Dulude(C)

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Nuit d’orage…..!

Les instructeurs nous disaient qu’il n’était pas question d’annuler l’exercice de nuit même si les météorologues annonçaient des orages violents ; à notre plus grande déception. Nous sentions, cette atmosphère chaude et humide, installée depuis quelques jours en ce beau mois de juillet. La chaleur, écrasante comme du plomb, en était suffocante. En plein jour nous recherchions l’ombre de quelques arbres et arbustes mais rien n’y suffisait. Nous nous disions qu’en pleine forêt, la nuit, nous aurions, peut-être, un répit et qu’une petite fraîcheur nous donnerait une courte pause de cette fournaise. Nous ne pensions qu’à l’eau pour s’y tremper, s’y prélasser, s’y enfouir.

Nos uniformes dégoulinants de notre sueur trahissaient nos efforts et notre fatigue. Nous ne regrettions pas notre décision de nous être engagés pour ce cours d’officier de l’armée. Nous en redemandions.

Nos moniteurs nous disaient que nous voulions être officier dans l’armée ; nous avions a le démonter jusqu’au bout. Sur un champ de bataille, nous disaient ils, il y a la chaleur, la pluie, les orages, le froid et la mort. Nous n’avions pas a nous soucier de ces détails et diriger adéquatement nos hommes. Nous écoutions d’une oreille le temps d’éponger nos fronts sales de sueur et de poussière. Ils nous expliquaient, avec force détails, les objectifs de notre patrouille de nuit. Nous étions sept élèves officiers et avions a prendre d’assaut un pont sur la petite rivière qui traversait le camp militaire. Évidemment il y aurait des semblants d’ennemis embusqués qui nous attendraient.

Ils me mirent en charge de la section.
Une fois les explications données, les cartes ramassées, je m’adressai à mes hommes et leur donnai les dernières instructions et l’heure du départ. Le soleil se couchait rapidement et entraînait avec lui , dans son lit , cette chaleur brûlante . L’humidité, tant qu’à elle, restait et sonnait la charge des moustiques qui apparaissaient en bataillons rangés.

La section réunie à l’orée de la forêt, en cercle , écoutait mes derniers éclaircissements sur la mission tout en vérifiant l’équipement et d’avoir la vigilance de ne pas traîner de superflu de matériel. Denis , habitué à ce genre de mission, me regarda et me demanda si j’avais ma boussole et mes cartes et je lui répondis par l’affirmative . Vérification des armes et munitions ainsi que la radio. Nous étions prêts a amorcer cette marche en pleine forêt. Je demandai a Pierre, lui aussi un soldat d’expérience, d’entamer notre marche. La petite colonne s’ébranla tout doucement .La nuit s’étiolait de plus en plus au dessus de nos têtes, la brunante s’effaçait.

À l’horizon on pouvait distinguer des masses nuageuses mais on n’y porta pas attention. Nous nous concentrions sur le chemin et les obstacles l’obstruant. Tout en ayant a subir les attaques incessantes de moustiques de tout acabit et de toutes grosseurs nous avions a nous concentrer et prêter l’ouïe aux bruits suspects ou de voix humaines.

Le silence total régnait sur notre petite section et à pas furetés nous nous glissions encore plus en profondeur dans les bois.
Je jetai un coup d’œil sur la fin de la section pour constater qu’aucun n’était à la traîne. L’air frais de la forêt, douce caresse, sur nos peaux moites et humides que les moustiques excavaient avec leur dard lacérant. L’insecticide que nous employions n’était pas suffisant pour les chasser; nous disons qu’ils s’en servaient comme nectar pour leur repas.

La patrouille s’enfonça plus loin et nous sommes arrivés à un marécage d’où les grenouilles nous offrirent un délectable concert. Les moustiques nous envahirent encore plus intensément et nous avons dû contourner l’immense marre d’eau. Pierre nous mena, enfin, à un sentier bordé d’arbustes et de fougères.

Nos prédateurs ailés nous suivaient toujours de très près. Je regardai le ciel d’encre noire, de gros nuages blancs et gris reflétaient les restes du soleil. Des éclairs s’amusaient a ouvrir et fermer une lumière à l’arrière de ces grosses boules d’ouate. Aucun bruit, aucun tonnerre ne se faisait entendre comme aucun vent ne se faisait sentir. Tout était au repos, au calme. Nous entendions le glissement de nos pas sur le sol humide du sentier.
L’atmosphère, entre les arbres, devint d’une lourdeur accablante l’orage annoncée se préparait, les nuages, même dans cette noirceur roulaient à vive allure et les éclairs sillonnaient la voûte céleste. Les coups de tonnerre vrombissaient au loin et se rapprochaient.

Les moustiques, en guise d’avertissement, se sont enfuis pour se cacher et éviter le pire ; nous avions enfin la paix.

Un éclair zigzaguant furieusement entre les nuages accompagnée d’un bruit sourd et sec de son compagnon, le tonnerre, nous fit sursauter et nous nous sommes mis à l’abri .Une série d’autres éclairs firent sentir leur présence tout en demandant l’approbation des coups de tonnerre successifs. La foudre se déchaîna comme un cheval sauvage galopant à tous vents.

Le ciel était maintenant lézardé par de minces filaments violets, roses et mauves. De petites ramifications le long des grands éclairs se dessinaient clairement sur le fond sombre du firmament. On aurait dit un dompteur de fauve qui faisait claquer son fouet pour attraper une bête apeurée ; camouflée sous les nuages. La peur des gaulois était que le ciel ne leur tombe sur la tête; nous avions l’impression que cette journée était arrivée .Une succession d’éclats et de bruits sourds nous firent entrer la tête entre les épaules.

Je me suis dissimulé sous un grand sapin souhaitant que la foudre ne vienne frapper à cette porte. Je lançai l’ordre à tous de se mettre à couvert jusqu’à la fin de cet enfer. La pluie commença a tomber drue. Nous étions en plein cœur de l’orage et nous nous demandions ce que nos fusils auraient pu faire contre ce déluge de lumière, de bruit et de torrents .Loin était la mission et la patrouille. Nous ne pensions qu’à nous protéger de ce violent déchaînement de la nature. Sous mon sapin, en sécurité, j’admirais ce spectacle inouï. Je contemplais ces forces déchaînées ; cette tourmente abrupte et si soudaine.

Je vis deux ombres noires illuminées par la foudre devant moi et instinctivement je levai mon fusil vers elles.

C’était mes compagnons qui , eux aussi, cherchaient a se dissimuler de ces monstres. Pierre et Denis virent me rejoindre sous le sapin et, agglutinés ensembles, nous ne voulions pas démontrer notre peur. Qu’elle est extraordinaire cette fraternité dans ces moments de tension. Je leur demandai comment se portaient les autres et me rassurent que tout allait bien .
Pierre se mit a chanter ce qui lui passait par la tête pour couvrir le bruit assourdissant du tonnerre. Denis le regarda avec compassion pour se rassurer. Nous attendions avec impatience que le grand dérangement s’achève. La pluie finit par créer d’immenses rigoles à nos pieds et s’infiltra partout au travers des branches du sapin. Par chance nos uniformes nous protégeaient adéquatement .Les coups successifs d’éclairs et de tonnerre commencèrent a diminuer d’intensité mais la pluie n’avait pas encore tout à fait fini son travail; elle tombait inlassablement comme des cordes.
-Encore quelques minutes et nous continuerons. Dis-je à mes compagnons.

Les moustiques vont se ruer sur nous lorsque nous reprendrons le chemin, nous nous aspergeons d’insecticide. Nous vérifions notre équipement. Je ressors ma carte et ma boussole, m’éclaire avec ma petite lampe de poche, demande à mes confrères de confirmer notre azimut et donne la consigne de continuer. Pierre et Denis sortent de notre cachette, je les suis en remerciant le conifère de sa protection temporaire. La pluie continue de dégouliner sur nos uniformes et semble faire chute d’eau avec les arbres. Le sentier est devenu boueux et inondé. Je vérifie la présence des autres membres de la patrouille ; tous y sont. Pierre ouvre la marche à nouveau et nous continuons, détrempés, en silence vers notre objectif. Nous apercevons au loin l’orage qui fait des siennes. Le ciel s’inonde, encore, d’éclairs zébrés et d’explosions de lumière. Le pire est passé. La pluie diminue d’intensité et comme prévue la parade vibrante des moustiques repart en grande.
Nous marchons à pas prudents et nous approchons de notre objectif que nous pouvons apercevoir telle une ombre dans la nuit.

Les quelques éclairs nous servent de faisceaux lumineux en nous projetant l’image du pont a s’accaparer. Nous faisons une courte halte et je demande aux hommes de se préparer pour l’attaque qui aura lieu dans quelques minutes.

Je me dissimule dans des arbustes et je renifle la fraîcheur des feuilles mouillées ; je me sens heureux et enchanté d’avoir pu assister, en pleine nuit, au spectacle que la nature nous a donné; avec cet orage nocturne.

Mais, en plus comme prime, de vaincre mes peurs en faisant face aux éléments. Ce que tu fais face s’efface et ce que tu fuis te suit et je n’ai pas regretté de partir en patrouille cette nuit là.

Pierre D. (C)
Laval,Québec,Canada

 

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Sur un grain de riz.

Chen, toute en extase, ne se fatiguait pas d’examiner le bateau miniature de nacre que lui avait légué son grand-père Song.

Il aimait son aïeul et ses histoires de mers, d’océans et de marins. En l’écoutant il rêvait tout éveillé. Son père, Li, lui avait dit un jour que ce bateau de nacre renfermait de très grands secrets.

Chen pourchassait les menus détails et , à chaque fois , il poussait des soupirs d’admiration vantant tout le travail minutieux du constructeur . Ce voilier miniature , long d’un bras d’homme , avait du coûter bien du labeur à son concepteur; les détails montraient un acharnement pour la perfection. Chen, heureux de le posséder, ne le cèderait certainement pas à personne.
-Quel travail minutieux, quelle dextérité ces mains là possédaient elles ! Magnifiques ces fins cordages et ce bastingage. Les hublots sont en parfaite harmonie de dimensions d’avec les ponts et les voiles. Un travail d’artiste méticuleux et patient.

Il n’y manquait rien, depuis le petit matelot jusqu’au capitaine à la barre. Chen s’écriait à chaque fois :
-Quel chef d’œuvre ce beau trois mâts ! Tout en fixant la vigie tout en haut du plus grand mât.

Par une soirée chaude et humide, Chen s’assied face au voilier et, avec une énorme loupe , se mit a scruter le navire centimètre par centimètre. Ce que lui avait dit son père l’obsédait. Sa curiosité prit le dessus et commença son exploration en profondeur du vaisseau.

Il chercha de la poupe à la proue en passant par la cabine de pilotage et les voiles. Parcourant le mât d’artimon, celui de misaine et les différents focs, Chen apprenait malgré lui apprenait la voile. Tout en ayant un volume illustré près de lui pour l’identification des composantes d’un voilier. Il n’en finissait plus de s’exclamer d’admiration en scrutant tous les petits détails infimes qui s’y trouvaient. Les coulisseaux, les lattes, bande de ris et le reste jusqu’aux anneaux avaient été rajoutés et collés au bateau. Même les canots de sauvetage savamment ciselés, accrochés à la coque étaient invitants.

Chen adorait s’imaginer capitaine d’un si beau navire.

-Au fait, quel genre de bateau était-ce ? De passagers, de transport ou de prisonniers ?

Scrutant minutieusement le pont, Chen, découvrit la vocation du bateau. Plusieurs barillets cordés les uns sur les autres portaient l’inscription : ‘’ Soya ‘’. Un amas de petites caisses entassées dans le fond de la cale, qu’il pouvait voir par les hublots, avaient comme inscription le nom de pays lointains.
-Navire de transport mais que contient donc ces petites caisse dans la cale et je me demande s’il y a d’autres contenants à l’avant du bateau ?

Chen prit grand soin de manier la maquette avec d’énormes précautions pour ne pas l’endommager et jeta un coup d’œil sur l’autre flanc .Il approcha sa loupe et par un hublot à l’avant il vit un autre amoncellement de caisses et de petites bouteilles minuscules dans le ventre du navire .

-Comment, par tous les diables, le constructeur a-t-il pu mettre ces petites choses là-dedans ?
Comment?
Tout en cherchant une ouverture dans l’armature, Chen réfléchit. Il se rappela ce que son père lui avait dit au sujet des grands secrets. Pour lui les grands secrets se trouvaient face à lui dans la construction de ce magnifique chef-d’œuvre. Il revint sur le pont arrière et remarqua de petites caisses remplies de bouteilles qui traînaient négligemment.

-Pourquoi sont –elles là celles là ? Se dit-il tout haut. Chen, intrigué, enligna sa loupe vers cet amas de caisses. Dans un des caissons, sur le dessus, les petites bouteilles semblaient manœuvrables. Avec précautions il pointa une mine de crayon sur une des minuscules bouteilles qui bougeait en effet.Chen, surpris, en même temps presqu’effrayé eut un recul.

-Mais qu’est ce que je viens de découvrir là, moi ? Se dit –il avec une intense curiosité.

Il reprit sa loupe et délicatement, doucement s’approcha à quelques centimètres de la petite fiole. S’armant d’un pince cils il retira une bouteille de la caisse ; elle était vide. il fit la même chose avec une deuxième et une troisième .Il n’abandonna pas et en prit une quatrième bouteille minuscule. À l’intérieur de celle dernière il y avait un objet blanc et noir qui prenait toute la place.

-Mais qu’est ce que cet objet fait là ? Se demanda –t-il .

Il semblait qu’il avait la forme d’un grain de riz mais Chen n’en était pas sûr .Pourtant la configuration ne trahissait pas.

-Le vieillissement a dû le faire noircir….impossible il n’y a pas d’air !

Chen se souvenant qu’il possédait un microscope. Il le sortit du dessous de son lit ; l’installa et prit la petite bouteille avec son pince cils et la déposa sur le plateau du microscope et alluma la petite lumière .Il ajusta la lunette de l’appareil tout en manœuvrant le petit miroir. L’image se précisa à force d’ajustements. Effectivement, constata-t-il, il s’agissait bien d’un grain de riz paraissant, maintenant, énorme dans sa prison de verre .

Le noir sur les flancs de la céréale étaient des caractères d’écriture chinoise.
-Une fine écriture noire sur un grain de riz blanc dans une bouteille minuscule sur un bateau de nacre !

Quelle surprise pour Chen. Il se mit a examiner de plus près tous ces caractères et a les déchiffrer.Il en compta cent soixante quatorze. Il consulta alors une volume de records mondial et le plus grand nombre de caractères écrits sur un grain de riz étaient détenu pas un japonais qui en avait inséré plus de quatre cents cinquante.
Il reprit son travail de recherche sur ce labeur de moine. Sa fébrilité et sa joie étaient si intense.
Il reconnu plusieurs des caractères et les ordonna pour en arriver à un petit texte sur les dix Secrets du Bouddhisme. Quelle révélation! Il retenait surtout le sixième secret qui l’intriguait :
‘’Il est impossible de résoudre un problème avec le même esprit qui l’a crée.’’

-Je vais méditer sur celui-là ! se dit Chen pensif. Ils sont tous importants mais celui-là l’est encore plus .

Il saisit la petite coquille de verre avec sa pince, s’avança de nouveau vers le navire. Avec toutes les attentions du monde identifia la caisse réceptrice de la petite bouteille et l’y déposa tout en douceur.Il prit un recul comme un astronaute qui voit la terre devenir petite lors de son envol et eut le plan d’ensemble du navire devant ses yeux.

Son regard fixait intensément la petite bouteille dans sa caisse sur le pont du navire.

Il voyait maintenant le spécifique dans le général. La partie dans le tout.

Le jour se levait et Chen était fatigué mais heureux de sa belle découverte. Il comprenait maintenant ce que son père voulait dire par de grands secrets.

Il salua le soleil. Il s’étendit sur son lit tout en rêvassant sur son bateau sillonnant les sept mers.

Pierre D. (C)
Laval,Québec,Canada

 

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village

Le petit village.

Papa ! Contes moi une histoire, s’il te plaît contes moi une histoire avant de m’endormir.

 

Le père s’exécuta.

Il y a de ça très longtemps, existait un petit village tout au fond d’une vallée. Ensembles, en cercle, de belles petites maisonnettes rayonnaient toutes les unes que les autres. Chaque famille qui habitait les résidences y exerçait une spécialité pour rendre service aux autres familles.

Il était de mise lorsque les membres de cette petite communauté se rencontraient ; ils se saluaient avec une grande politesse et exprimaient leur plaisir de se voir et de constater que tous et chacun se portaient bien.

Si , par hasard, un ou une membre de la petite localité exprimait soit du chagrin, de la joie ou même des tourments, les membres sympathisaient avec compassion avec tous les autres . On offrait aux membres souffrants support et aide pour redevenir bien portants.

Un pour tous et tous pour un se disaient –t-ils .

Et la vie s’écoulait avec un bonheur immense .Les divers métiers exercés par tout à chacun aidaient la petite communauté a survivre et lors d’énormes travaux tous les gens donnaient un coup de main et portaient l’épaule à la roue .C’est de cette façon que le cultivateur vit apparaître sa grange pour emmagasiner ses récoltes ; tous les habitants du village se sont ralliés ensemble pour la construction de cette grange qui dura environ une journée . Tous savaient qu’ils allaient profiter de ce bâtiment. La même expérience eut lieu l’année auparavant pour le puits central du village, tous mirent la main à la pâte et en un tour de main le puits gagna plusieurs mètres en profondeur.

L’école communale n’échappait pas à cette belle philosophie et les enfants , tous heureux, s’y rendaient à chaque matin pour recevoir des connaissances et apprendre les rudiments de leur belle sagesse de vie que leurs parents leur exposaient .

Tout allait bien jusqu’au jour , tout en creusant la terre pour trouver de l’argile , le potier du village fit une découverte inusitée. Avec sa pioche il heurta quelque chose de dur et de brillant. Il ne savait pas ce que c’était et le déterra. Sa trouvaille, difforme, un coup nettoyée de terre et d’argile, brillait abondamment au soleil. En la regardant il avait l’impression de lui donner un vertige auquel il n’était pas familier. Il mit son trésor dans sa besace et continua son travail d’excavation. Il retourna enfin chez lui avec deux sceaux pleins d’argile pour ses poteries en oubliant son objet dans son sac.

Arrivé chez lui ,il fit des boules avec son argile et les plaça sur ses tablettes pour de futurs ouvrages. Sa besace, toujours sur son établi lui rappela son magot.

Il le sortit et le nettoya plus méticuleusement .Il se rappela, alors , qu’il avait déjà lu dans un livre d’histoire la nature de ce qu’il avait trouvé.

Il s’exclama :

-C’est ça, c’est de l’or ! Et l’or amène d’autres richesses .Et : le pouvoir.
Il réfléchit et se souvenait ce qu’il avait lu . L’or avait dévasté des villages entiers et fait mourir des quantités de gens.

Il ne voulait pas que ça reproduise dans son village et cacha son morceau d’or sous des sacs qu’il empilait dans son atelier et l’oublia. Il ne parla à qui que ce soit de sa découverte mais savait quel pouvoir l’or a sur l’homme en déclenchant sa furie.

La vie au village se déroulait très paisiblement. Les écoliers apprenaient, le boulanger façonnait son pain de tous les jours, le charpentier montaient des murs et construisait de belles maisons pour les générations qui arrivaient, et les autres villageois suffisaient à leurs travaux quotidiens.

Le bonjour et les salutations du jour étaient entrés dans les coutumes et les habitudes.

Ils n’en manquaient pas un.

Le fils du potier apprenait le métier de son père et s’y adonnait avec excellence et , tout en y mettant de l’imagination et de la création , il inventait moult pots et vases ;son père était fier de lui et de ses objets d’art autant de décoration. Tous ses pots étaient ornés d’astuces simples et naturelles. Sur son tour il était un expert et en quelques gestes virevoltants il créait de petites beautés.

Un jour à la recherche de quelque chose de nouveau, il fureta à l’intérieur de l’atelier de son père et trouva la grosse pépite d’or cachée sous un tas de sacs .

Il la prit et se demandait ce que ça pouvait bien être. Il la palpa et fut ébloui lorsqu’il la plaça sous la lumière. Le scintillement hypnotisa son regard. Comme un éclair sillonnant le ciel ,lors d’un jour d’orage , il imagina une place privilégiée sur ses vases pour cet ornement indescriptible mais tellement beau et frappant. Il voyait déjà l’extase dans laquelle les gens surnageraient lors de l’exposition à la vue de tous .

Tout les villageois exigeraient ces vases et sa poterie.
Il s’exécuta et fit fondre le métal et en fabriqua des petites lanières toutes simples et fines. Il les fixa à deux de ses vases préférés sertis de profondes couleurs vertes et bleues.
-Quel éclat ! Quel idée de génie que je viens d’avoir là. Je pourrais demander en échange de mes vases beaucoup de choses.

Sans s’en rendre compte, le fils du potier, venait de transgresser une des premières coutumes du village : celle de l’échange équitable de produits et services.

Il prit donc ses pots et alla directement au centre du village exposer ses œuvres d’art au vu et au su de toutes et tous ; sans avertir son père de sa nouvelle façon de produire et de travailler. Il mit les vases sur une étagère et attendit la visite des gens du village.

Les poteries éblouissaient au soleil. Les villageois se dirigèrent vers ce point lumineux au centre du village en se demandant ce qui pouvait bien s’y passer.

Un des vieux sage, assis sur le pas de porte de sa maison n’y vit que du feu. Il sursauta sur sa chaise , prit sa canne , se leva et se dirigera tout droit vers le fils du potier .Ce dernier ,tout souriant et fier d’exhiber de si jolies choses ne le vit pas venir . Le sage demanda alors au fils du potier à quel endroit avait-il pu trouver ces ornements attachées à ses vases.

-C’était dans l’atelier de mon père ! Répondit instantanément l’ apprenti potier.

-Elles sont remarquables mes poteries, n’est ce pas ? Vous voulez me les échanger ? Et vous, forgeron qu’avez-vous a m’offrir ? Elles ne vous intéressent pas monsieur le boulanger ?
Un climat de suspicion s’installa graduellement au grand désappointement du vieux sage. Il s’adressa au fils du potier et, aussi, à son père qui venait de les rejoindre.
-Sais –tu seulement ce que tu fais là présentement ? As-tu pensé aux conséquences de tes gestes. Et vous monsieur le potier qu’avez-vous a nous dire de la provenance de ces lignes d’or sur les vases de votre fils ?

Il y eu un exclamation générale , soufflée, dans le rassemblement :

-De l’or ?

Le potier, confus, ne savait que dire . Il regarda son fils avec compassion et s’exclama :

-Ce n’est pas de sa faute, il ne sait pas ce qu’il faisait, Il voulait bien faire avec ses créations. Il ne faut pas lui en vouloir il est encore bien jeune et manque d’expérience.
L’explication ne s’avoua pas suffisante pour les villageois réunis autours des vases éclatants au soleil, plusieurs entrevoyaient déjà les méfaits du métal corrosif de l’âme.
Le vieux sage demanda au potier s’il avait renseigné son fils sur le métal jaune et ses effets.
Le potier hocha de la tête en signe de négation.
-Viens mon fils ramasse tes vases et allons à la maison.
Ils s’exécutèrent tous les deux et partirent pour leur atelier. Chemin faisant le potier suggéra à son fils de détruire ses vases et de les enterrer pour que plus personne ne les trouve .

Il lui expliqua que cette chose brillante n’apportait que malheur et dévastations à celui qui s’en sert pour lui-même. Cet or ,avec le temps , fait faire des choses inimaginables aux gens qui l’ont entre les mains .

Le fils s’exécuta et avec des pierres brisa ses pots et les enterra. Il allèrent dans leur atelier le père prit le reste de l’or qu’il restait pour aller le dissimuler le plus loin possible.

On pensait que l’incident fut clos.
Le lendemain, au village, les gens passaient aux côtés du potier et de son fils sans les saluer. Ils sentaient les regards sur leur nuque et les jugements qu’émanaient sur eux. Ils se disaient que le potier et leur fils voulaient créer la division entre les villageois et les détruire .

Une méfiance s’était installée insidieusement entre eux. La vie devenait plus lourde a soutenir. Des clans se formèrent, des petits groupes surgirent qui se montèrent contre d’autres petits groupes.

Le boulanger avec l’institutrice et le forgeron s’affrontèrent avec le menuisier, le jardinier et l’herboriste. L’atmosphère était très tendue.

Les gens ne s’abordaient plus au milieu du village pour se souhaiter le bonjour et la bonne journée.
Arriva ce qui arriva, le village commença a être déserté par plusieurs et beaucoup sont partis ailleurs pour retrouver le calme et la sérénité.
Depuis ce temps le village est abandonné.
-Bon maintenant tu vas dormir mon fils ?
-Oui papa, mais pourquoi l’or fait cela ?
-L’or en soi , mon fils , n’est pas malsain, c’est même très beau de l’or. C’est le pouvoir que l’or a sur les gens qui est souillé. Les gens ne pensent qu’a dominer les autres par leur richesses mais ce n’est que futile et éphémère.

Il vaut mieux aimer les gens pour ce qu’ils sont et non sur leurs apparence. Le fils du potier a fabriqué des vases c’était pour y mettre de l’eau ou tout autre liquides.

C’est ce que les villageois ont oublié.
-Et souviens toi de toujours saluer les gens, dans le fond nous sommes tous semblables.
Le père embrassa son fils avec tendresse et sortit de la chambre.

Pierre D. (C)
Laval,Québec,Canada

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solitude

Le moine, le malin et la joie .


« Il y avait sur terre un moine très solide, très pur, parfait. Impossible de tenter cette âme.

Tous les diablotins s’y étaient cassé les dents et arrivaient bredouilles chez Lucifer.

Mais un discret petit diable déclara : « J’ai une potion très efficace : une goutte le soir, une goutte le matin et l’âme ne peut que succomber. »

En effet, dès le lendemain, le moine devint très agressif, voulant tuer tout le monde.

Ce poison terrible, c’est la tristesse, une des pires tentations.

Mais dans un ultime réflexe, le moine s’adressa à Marie, qui lui offrit alors un contrepoison : un tonneau de joie, que le moine répartit en trois part, une pour lui, une pour les autres, et la dernière, la plus importante, pour Dieu. »

Témoignage du père Anthelme,

Moine cistercien à l’abbaye de Tamié .

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aaaaaccepta

Acceptation….!


Le soleil joue à cache- cache avec les quelques nuages éparses ici et là. Lorsqu’il disparait à l’arrière de l’un d’eux il semble nous donner un petit répit des ses rayons dardant de chaleur.

L’air, dans son fond, est frais quand même.

La rivière, indépendante, continue de caresser son lit. Ses courants, si doux, ce matin forment des serpentins de petites vagues sur son dos. Les petits flots de vent se glissent sur l’écume en silence.

Les engoulevents dans des envolées rocambolesques, a virer sur une pièce de dix cents, s’exhibent de façon théâtrales. C’est un spectacle inouï.

De les voir virevolter en tourbillon et d’un coup saccadé revenir sur leurs ailes pour aller faire un rase-motte au dessus des flots ensuite remonter en flèche ayant repéré leur proie pour plonger a tue-tête dans les flots et d’y ressortir avec un minuscule poisson dans le bec.
Les deux hommes assis, côte à côte, pour admirer ce numéro de funambule des eaux de la rivière. Ils ne parlent pas, le silence, à lui –même, vaut son pesant d’or.

Alfred est le premier a ouvrir la bouche pour applaudir, en paroles, les virtuoses des acrobaties qu’ils viennent de voir.
-Il me semble que j’aurais aimé être un oiseau pour voler de la sorte et faire des prouesses comme celles-là. Murmure Alfred tout bas sans briser les ondes du silence.

Albert le regarde et l’approuve tout en continuant d’admirer les folies des engoulevents tout aussi excitées par les petits poissons dans l’eau. À son tour il ajoute :
-Quelle adresse remarquable, et ces coups d’aile a faire frémir. Mais ne sommes nous pas, nous aussi, dotés de certains dons que notre créateur nous a légué ?

Nous aussi nous avons notre façon de voler .Ne trouves-tu pas ? En regardant Alfred qui affiche une mine semi triste il lui demande ce qui ne va pas.
-Oh tu sais c’est toujours un peu mon petit problème. Je ne m’accepte pas tel que je suis.

Il me semble que je dis toujours ces phrases, toujours les mêmes, si j’aurais été un tel ou tel autre il me semble que la vie aurait été plus facile, plus simple.

Je rêvais d’être un grand chirurgien mais je n’ai été que travailleur de la construction.

J’avais de grands et beaux rêves dans ma vie mais je n’ai jamais été que l’infime partie de tout ce que je désirais être.J’aurais voulu la beauté, la richesse, le matériel, les femmes et la gloire.
Je me suis retrouvé avec une femme et quatre enfants dans un emploi a médire tous les jours.

Je me contente d’une petite voiture et d’une minuscule maison. Ce n’est pas ce que j’aurais voulu faire de ma vie.
Albert écoute son ami avec compassion et tendresse.

Il connait bien Alfred, ce grand gaillard généreux et altruiste. Il le laisse continuer sans dire un mot.
-Tu sais, Albert, je crois que j’ai manqué mon coup lorsqu’on m’avait offert d’aller travailler aux États-Unis il y a trente ans; j’aurais dû accepter; mais non !

J’étais en amour avec celle qui allait devenir mon épouse et aujourd’hui je me retrouve ainsi et en face de moi bien, il n’y a rien.
Albert l’arrête net et lui dit :
-Voyons Alfred, il n’y a pas rien devant nous il y a la rivière, la nature et ces beaux oiseaux qui nous donnent un spectacle, et ce, tout à fait gratuit. À nous d’en profiter.

Je vois que tu ressens des regrets et de la nostalgie de tes années passées.

Mais il faut voir ce que nous avons présentement et en prendre pleinement conscience. Dans le moment présent.

Toute cette explosion de bonheur autours de nous ; cette nature et, notre amitié en plus. N’est ce pas extraordinaire cela et ce n’est pas que rien. Je sais, tu aurais voulu être un acteur de cinéma avec toutes les femmes et la gloire à tes trousses mais aurais-tu été plus heureux ? Tu sais, pour ma part, il est plus important de réussir sa vie que de réussir dans la vie.

Tu as tes deux bras et tes deux jambes et une tête pour penser et réfléchir alors tu t’en es servi à bon escient.

Tu as construit de tes mains de très belles maisons ; de petits chef-d’œuvre.

Tu m’as souvent montré les photos de tes réalisations. Tes enfants sont adorables ton épouse aussi et elle t’aime ; n’est ce pas merveilleux.

Nous sommes privilégiés ce matin de pouvoir assister à ce numéro que nous donnes nos amis les oiseaux et la nature.

La meilleure chose que nous pouvons faire c’est de remercier Dieu pour toute cette générosité.

Et, le plus important c’est de s’accepter tel que nous sommes et de pouvoir croire que nous pourrons, un jour, dépasser nos limites. Lorsque tu t’acceptes tel que tu es tu viens d’ouvrir la porte à quelque chose d’inimaginable.
Alfred regarda son ami avec une grande compassion et lui dit :
-Je te remercie de me faire voir tout cela ce matin, et, tu as tout à fait raison. Il m’arrive quelques fois d’oublier l’essentiel ; remercier pour l’Amour reçue et donnée.

Admirons ,encore un peu, ce paysage si chaleureux.
Le soleil, maintenant, est à son zénith.

Les engoulevents ont déserté la scène .La chaleur devient pressante. On entend les cloches de l’église de l’autre côté de la rivière sur l’autre rive sonner l’Angélus.

Les deux hommes décident d’un commun accord de quitter avec regret leur endroit de prédilection ou ils se retrouvent à tous les jours lorsque la température le permettait.
Alfred attendit qu’Albert se replace sur sa chaise et il l’aida a pousser son fauteuil roulant dans l’allée du petit parc.

D’un pas léger ils se dirigent vers le stationnement.

Alfred est paraplégique de naissance.

Pierre D. (C)
Laval,Québec,Canada

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aaaaaloup

Le Combat intérieur


Un soir, un vieil Amérindien parlait à son petit-fils du combat qui se livre à l’intérieur de chacun de nous.

Il l’expliquait comme suit:
-Il y a deux loups en chacun de nous.
Le loup du Mal : C’est la colère, l’envie, la jalousie, la tristesse, le regret, l’avidité, l’arrogance, l’apitoiement, la culpabilité, le ressentiment, l’infériorité, le mensonge, l’orgueil, la supériorité et l’ego.
Le loup du Bien : C’est la joie, la paix, l’amour, l’espérance, la sérénité, l’humilité, la bonté, la bienveillance, l’empathie, la générosité, la vérité la compassion et la foi.’
Après y avoir réfléchi pendant un instant, le petit-fils demande:
-Grand-papa, quel loup gagne?
Le Grand-papa lui répond simplement:

-Celui que tu nourris!

(Légende Amérindienne)

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aafi

Accueil
( décembre 1994)

Il neige.

Les fêtes s’en viennent à grands pas et la nostalgie s’installe. Dans quelques semaines nous allons célébrer la Fête de Noel, le cœur et l’enthousiasme ne sont pas au rendez-vous.

Les enfants, eux, seront contents car ils seront en congé et pourront jouir de leur présents que nous avons planifié acheter pour eux; comme à toutes les années.

Je ne me sens pas dans l’esprit de Noel ; le Noel commercial qui vient nous envahir comme une vieille chanson à laquelle nous ne croyons plus et dont nous sommes lassées avec le temps. Les mêmes ribambelles, encore une fois, les mêmes vieilles traditions répétées sans conviction et avec une pointe de :’’ on a hâte que ça finisse ‘’. Je suis dans cet emploi de concierge depuis six ans, déjà, les heures, les jours me sont lourds.
Je travaille dans ce complexe immobilier d’une quinzaine d’étages avec environ cent vingt locataires a desservir. Cette petite foule composée de personnes plus ou moins hétéroclites avec leurs habitudes de vie est mon lot depuis six ans; je me suis habitué à la longue.

Mon occupation en est de garder l’endroit propre et bien entretenu. J’y arrive, quelques fois, avec peine et misère. Les gens sont tellement inconscients de leur propre environnement qu’ils ne voient plus le travail que nous faisons pour leur rendre la vie agréable.

Souvent l’ingratitude est de mise et les critiques sont acerbes. Qu’à cela ne tienne j’ai des responsabilités de famille et, pour moi, vaquer à ces occupations est primordial. Oh ! j’ai déjà songer a fuir; a m’évader.

Je suis resté pour les enfants.
Par ce beau matin de décembre je suis a faire ma routine. Je passe balais et vadrouille; vient ensuite l’aspirateur sur lequel je pousse sans conviction tout en étant concentré sur mon travail et ignorant les locataires qui déambulent dans le passage.

Je monte à l’étage supérieur qu’on appelle la terrasse et je recommence le même manège avec les mêmes gestes ennuyants. Je n’y suis plus depuis au moins un an et quelques mois.

Un changement s’avère nécessaire dans ma vie mais je ne trouve pas l’énergie pour le faire.

Je m’arrête un instant dans l’entrée de la terrasse ; entre les portes. D’un côté il y a l’hiver, la neige qui virevolte aux grands vents et qui fait plier les hautes branches dénudées des peupliers tout proche, et de l’autre côté des portes la chaleur invitante du bloc appartement.
Je reste là le temps de réfléchir sur mon sort.

Je regarde les tourbillons de neige qui dansent et qui serpentent devant moi sur le ciment et j’entends le sifflement du vent qui insiste pour pénétrer dans l’entrée.

Je suis silencieux et soupire ardemment. Une idée me vient à l’esprit subtilement.
C’est Noel bientôt et je me dis :
-Mais qu’est ce que la Fête de Noel avant tout ? N’est ce pas la Fête de la naissance de Jésus et pourquoi a-t-on oublié l’essence même de cette Fête ?

Pourquoi on se fait casser les oreilles chaque année par toute cette musique qui nous parle que de commerce, de cadeaux, d’argent et de bouffe a s’empiffrer. Oui il y a les enfants, les réunions de famille et la joie mais je n’y crois plus.
Je suis dans mes pensées profondes et une idée magnifique me vient au cerveau;
-Pourquoi ne pas appliquer ce qu’on nous a montré lors de la Fête de Noel? Pourquoi ne pas accueillir tout le monde de façon égale? Pourquoi ne pas revenir à nos Noëls d’antan lorsque nous étions enfants? Pourquoi ne pas profiter au maximum des lumières pour fêter réellement Jésus?
Ceci dit et, étant décidé, je redescends au premier plancher ;au garage.

Je jette l’eau que j’avais dans mon sceau et en mets de la nouvelle ; chaude cette fois. J’y rajoute des savons et un peu plus que d’habitude. J’y trempe ma vadrouille.

Je ressors mon balais, mon aspirateur et de la cire à planchers. Je remonte à la terrasse et me mets sitôt à l’ouvrage.
Je me dis :
-Aujourd’hui je vais recevoir le Christ, aujourd’hui je reçois quelqu’un de très important.
Et frotte, et lave, et astique planchers, murs et vitres. Je passe l’aspirateur avec vigueur et zèle.

Enfin, je mets une couche de cire sur les plancher pour les rendre brillants comme un miroir.

Je suis fin prêt a recevoir un VIP si il ou elle entre par cette porte. Le travail achevé je redescends au garage pour exécuter les mêmes travaux qu’à la terrasse.

La vadrouille en est de plus légère et souple. Vitres, murs, portes rien ne m’échappe et sous mon œil inquisiteur je recherche les tâches rebelles.

Et, tout comme en haut à la terrasse, j’applique une couche de cire abondante .

Les planchers reluisent et il y a longtemps que je ne les ai pas vu comme tels.

Je suis fier de mon boulot accompli.
Tout en recueillant mes instruments de travail pour les ranger, je pense à la surprise que certains locataires auront a voir en pénétrant dans les entrées.

J’anticipe leurs réactions car je suis bien content de mon ouvrage et il y a un certain temps que je ne m’étais pas senti si allège. J’attends mais personne ne vient. Je reste là, un peu déçu, mais anxieux quand même.

Je me demande si je n’ai pas déployé tant d’efforts pour des peccadilles. La morosité commence a me reprendre mais je persévère.

Je regarde la porte qui ne s’ouvre toujours pas.
Et, comme par magie, cette porte s’entrouvre lentement.

Une jolie petite fille la pousse avec effort.

Elle doit avoir huit ou neuf ans. Elle introduit sa clé dans l’autre porte qui donne sur le passage et m’aperçoit. Avec un sourire étonnant et lumineux elle me lance :
-Bonjour monsieur le concierge je suis la fille de Mme Fournier au douzième vous me reconnaissez ? C’est propre ici !
-Oui je te reconnais, tu es bien gentille ; merci! Lui dis-je émerveillé.
Elle se dirige vers l’ascenseur et pousse le bouton.

Elle s’y engouffre et disparaît.
Je venais d’avoir la plus belle réponse de ma vie.
Noel ne s’est pas passé comme les dernières années cette fois-là.

Pierre D. (C)
Laval,Québec,Canada

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aachildren012

Prière de Mère Theresa

Seigneur, quand je suis affamé,
Donne-moi quelqu’un qui ait besoin de nourriture.
Quand j’ai soif,
Envoie-moi quelqu’un qui ait besoin d’eau
Quand j’ai froid,
Envoie-moi quelqu’un à réchauffer.
Quand je suis blessé,
Donne-moi quelqu’un à consoler.

Quand ma croix devient lourde,
Donne-moi la croix d’un autre à partager.
Quand je suis pauvre,
Conduis-moi à quelqu’un dans le besoin.
Quand je n’ai pas de temps,
Donne-moi quelqu’un que je puisse aider un instant.
Quand je suis humilié,
Donne-moi quelqu’un dont j’aurai à faire l’éloge.

Quand je suis découragé,
Envoie-moi quelqu’un à encourager.
Quand j’ai besoin de la compréhension des autres,
Donne-moi quelqu’un qui ait besoin de la mienne.
Quand j’ai besoin qu’on prenne soin de moi,
Envoie-moi quelqu’un dont j’aurai à prendre soin.
Quand je ne pense qu’à moi,
Tourne mes pensées vers autrui.


Mère Theresa.

 

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papillon

L’effet papillon …..!

 »……..essentiellement, l’effet papillon provient du questionnement d’un météorologiste, E.N.Lorenz.

Cet homme avait remarqué combien les modèles de prévision météo étaient sensibles à une variation infime des conditions initiales.

Il s’est alors demandé si une tornade au dessus du Texas ne pouvait pas avoir été provoquée par le vol d’un papillon à l’autre bout du globe…

En gros, il a découvert que dans les systèmes météorologiques, une infime variation d’un élément peut s’amplifier progressivement, jusqu’à provoquer des changements énormes au bout d’un certain temps.

Cette notion ne concerne pas seulement la météo, elle a été étudiée dans différents domaines.

Si on l’applique aux sociétés humaines, cela voudrait dire que des changements de comportement qui semblent insignifiants au départ peuvent déclencher des bouleversements à grande échelle.

Les scientifiques qui analysent l’évolution de nos sociétés estiment que dans le futur, les transformations sociales seront de plus en plus liés à quelques actions individuelles plutôt qu’à des phénomènes de masse.

Ceci parce que deux conditions essentielles à l’émergence de l’effet papillon sont à présent réunies.

L’effet papillon peut s’appliquer à tout système très dépendant aux conditions initiales.

Prenons comme exemple l’expérience du crayon:- Un crayon en équilibre sur sa pointe – Si on parvient à le mettre en équilibre- Le moindre changement va précipiter le crayon dans sa chute- Sa vitesse de chute va doubler à chaque instant: mouvement exponentiel – Et, il est impossible de prévoir l’endroit de sa chute

Pour résumer, l’effet papillon se définit ainsi.

Un petit changement des conditions initiales conduit à un tel changement de l’évolution ultérieure du système que les prédictions à long terme deviennent complètement vaines.

Mais, même si la définition de l’effet papillon est due à Lorenz, Poincaré lui-même a formulé ce qui suit, en 1908, dans «Science et méthodes»:«Il peut arriver que de petites différences dans les conditions initiales engendrent de très grandes dans les phénomènes finaux.

Une petite erreur sur les premières produirait une erreur énorme sur les dernières.

La prédiction devient impossible et nous avons le phénomène fortuit…

Une cause très petite qui nous a échappé, détermine un effet considérable que nous ne pouvons pas ne pas voir, et alors nous disons que cet effet est dû au hasard».

N’est-ce pas fascinant ?

Quoiqu’il en soit, tout ce qui concerne l’effet papillon nous ramène à la théorie du chaos, introduite par Maxwell.

Albert Einstein

Et…

si moi ,aujourd’hui , je pense ….Paix : demain……..

Pierre(c)

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st-benoit

Règle de St-Benoît ( Bénédictin)

 

En premier lieu, aimer le Seigneur Dieu de tout son cœur,de toute son âme, de toute sa force.

Ensuite le prochain comme soi-même.

Honorer tous les hommes.Ne pas faire à autrui ce qu’on ne veut pas qu’on nous fasse.

Se renoncer soi-même pour suivre le Christ.

Aimer le jeûne.Vêtir celui qui est nu.

Consoler les affligés.

Ne rien préférer à l’amour du Christ.

Ne pas satisfaire sa colère.Ne pas se départir de la charité.

Dire la vérité de cœur comme de bouche.

Mettre en Dieu son espérance.

Désirer la vie éternelle de toute l’ardeur de son âme.

Entendre volontiers les lectures saintes.

S’adonner fréquemment à la prière.

Accomplir chaque jour par ses œuvres les préceptes de Dieu.

Aimer la chasteté.

Fuir l’arrogance.

Après un désaccord, faire la paix avant le coucher du soleil.

Ne jamais désespérer de la miséricorde de Dieu.

Règle de saint Benoît, chapitre 4.

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dali_voltaire ( Dali)

 

Voir plus loin…. que ce que nous regardons !

Regardez les enfants, comme ils observent et veulent constamment découvrir, la fascination qu’ils ont pour les choses.

Il est triste de voir comment nous, les adultes, sommes devenus tellement sophistiqués que nous ne prenons plus le temps de regarder les fleurs ou toutes ces choses de moindre importance …

Nous fonctionnons à un niveau beaucoup plus conceptuel.

Quand nous voyons une fleur, nous pensons immédiatement « fleur » et ensuite :

« oui, je sais tout des fleurs, toute ma vie j’ai vu des fleurs et ça, c’est seulement une autre fleur ».

En vérité pourtant, chaque fleur est unique : elle est là, à cet endroit, en ce moment, c’est cette fleur-là.

La même chose se passe si, par exemple, nous pouvons vraiment écouter chanter un oiseau et entendre seulement le son de ce chant.

C’est une chose toute différente que de penser :

« Oh, voilà un autre oiseau en train de chanter ».

Si nous écoutons vraiment, il y a seulement le son de ce chant en ce moment précis, en cet endroit, dans ces circonstances et il y a la conscience de savoir cela, il y a l’écoute.

Voilà une réalité totalement différente du fait de penser : « un autre oiseau en train de chanter « .
Si nous ne faisons constamment que conceptualiser, le dialogue ou bavardage intérieur ne s’arrête plus : « tiens, un oiseau en train de chanter … une fleur là-bas, telle personne est en train de parler, si elle pouvait se taire … une bougie qui brûle » etc.

Et nous croyons tout savoir de la vie !
Tout ce que nous faisons, c’est seulement jongler avec des concepts dans nos têtes et tout ce qu’ils font, c’est de se déplacer d’un côté à l’autre du cerveau, émergeant de la mémoire pour être verbalisés et y replongeant ensuite.

Si nous vivons avec seulement des concepts par rapport à la vie, il y a beaucoup de chances qu’elle devienne plutôt ennuyeuse avec toujours ce même rabâchage : « fleur, oiseau, arbre … »

Comme il est merveilleux d’être à nouveau un enfant et de ne plus être limité par les mots !

Au début, les enfants ne connaissent pas de mot pour désigner une fleur et ils demandent : « c’est quoi, ça ? ». Alors, nous leur répondons : « c’est une fleur ».

C’est vrai qu’ils doivent apprendre à communiquer, mais pourquoi n’essayerions-nous pas de répondre :

« on appelle cela une fleur mais ce n’est pas ce qu’elle est vraiment, elle est comme elle est, c’est sa nature et c’est parfait ainsi ».

Connaître cet état de « simplement, comme les choses sont… », c’est connaître la joie. C’est cette joie qui peut faire revivre en nous tant de belles qualités qui se sont éteintes.

A présent nous avons la clé secrète qui peut nous aider à nous libérer de nos habitudes……. »

Mais revenons à présent à la joie : la joie est spontanée.

Vous ne pouvez pas la concevoir à l’avance ni la créer : elle vient simplement dans le moment présent.

Quand la joie est vraiment là, vous vivez dans le moment présent.

Voir la joie ainsi devient un point de référence précieux pour nous car nous savons alors que, si nous vivons une joie véritable, nous sommes dans le moment présent et, inversement, si nous sommes réellement dans le moment présent, une joie authentique se manifeste.

Bouddisme.

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soli

Les rendez-vous !

( Claude Léveillé)

Garderez-vous parmi vos souvenirsCe rendez-vous où je n’ai pu venir

Jamais, jamais vous ne saurez jamaisSi ce n’était qu’un jeu ou si je vous aimais

Les rendez-vous que l’on cesse d’attendre  existent-ils dans quelqu’autre univers

Où vont aussi les mots qu’on n’a pas pris le temps d’entendre

Et l’amour inconnu que nul n’a découvert{Refrain:}

Quand on court après la fortuneOn risque de perdre l’amour

J’ai payé de mes clairs de lune

De vouloir allonger les joursAugmenter le chiffre d’affairesPour gagner quoi quelques billets

Qui ne pourront jamais refaireLe hasard que je gaspillais

{Musique, Refrain}

Nos parts faisaient sauter la banqueC’était une question de temps

Mais un rendez-vous que l’on manqueEst mille fois plus important

Même quand c’est un inconnuQui fait les cent pas quelque part

Car je sais que vous êtes venu

Mais je suis arrivée trop tard{Musique, Refrain}

Reviendrez-vous par un soir de printemps au rendez-vous quelque part dans le temps

Ce rendez-vous que nous avons perduSi vous voulez encore peut vous être rendu

Par ma chanson ce soir je vous le donneEt désormais j’attendrai votre pas

Tout le long de mes joursPuisque je sais mieux que personne

Que vous n’existez pas {2x}

(Claude Léveillé)

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moment

Le moment présent !

Vivre son moment présent , là, ni hier ni demain.

Vivre le moment présent c’est avoir la gratitude et remercier ce que l’on a présentement . Tous les bienfaits que la vie nous procure .
Vivre le moment présent c’est de jouir pleinement de la vie.

Vivre ce moment présent c’est d’éviter de tomber dans les pièges des vieux souvenirs souffrants du passé et , surtout, de pardonner et se pardonner. C’est aussi, éviter les projections dans le futur qui n’est pas là. C’est encore esquiver les futurs tracas , s’il en est . D’arrêter de penser , ruminer , jongler ou se stresser pour des choses qui ne sont pas encore arrivées.

Vivre notre moment présent , à l’instant , et se demander : ‘’ comment je me sens là ; à ce moment ?’’ Suis-je bien ? Est-ce que je m’ennuie ? Est-ce que je vis de la solitude ? Si la l réponse est oui ; il y a une chose magnifique et extraordinaire : c’est de prendre conscience de ce moment présent .

Le bonheur se retrouve dans ce moment présent.

Un ami à moi a sa recette pour demeurer dans cet instant présent. Lorsqu’il se prends a penser à quelqu’un qui lui avait fait du tort dans le passé , il s’arrête et se dit : ‘, Bon je suis encore a ressasser cette situation et je ne me sens pas trop bien intérieurement .Il me semble que j’avais pardonné . Qu’est ce que je fais ? ‘’ El là il se lève et se pose la question : ‘’ Est-il ici lui aujourd’hui ; là ? ‘’ Et évidemment la réponse est : non ! Alors il se mets a regarder partout dans sa maison pour rechercher cette personne et il se dit : ‘’ Bon elle n’est pas dans la chambre , ni au salon ,non plus dans la cuisine seulement dans mes pensées. Alors il chasse cette idée de cette personne pour vivre ce qu’il vit à l’instant .Il lui envoie des pensées d’Amour et de Paix.

Il fait la même chose lorsqu’il a des tracas financiers et qu’il a des paiements a faire . Il regarde un calendrier et encercle la date du jour et se dit : ‘’ Nous ne sommes pas encore rendus là ; aujourd’hui c’est aujourd’hui vivons le pleinement ‘’. Il en reviens dans son moment présent et s’occupe des choses qu’il a a faire sur le moment .Il me dit que parfois il se croit cinglé mais m’avoue que c’est sa façon à lui de demeurer dans son moment présent .

Souvent nous fuyons dans le passé par de beaux ou moins beaux souvenirs , il n’y a rien d’étrange à cela, mais lorsque ces souvenirs nous font creuser dans des émotions négatives ou de nostalgie nous allons nous déstabiliser dans d’autres émotions .Et , soit la tristesse ou la nostalgie s’emparent de nous et nous ne vivons plus dans cet instant présent .

Le moment présent est un trésor de découvertes ; le moment présent est en soi un infini.

Il n’est pas facile d’y rester car il est très facile d’en sortir .

Nous vivons ,tous à certain degré, une vie trépidante et mouvementée. Une vie remplie d’obligations , de responsabilités et de devoirs.
Nous vivons des pression s sociales d’en arriver à ‘’ quelque chose ‘’ . Nous sommes bombardés par la publicité, par les médiums de communications qui nous font sortir de cet instant présent . Ou bien ils nous font rêver de beaucoup de choses ou bien ils nous font culpabiliser pour ce que nous n’avons pas et pourtant le bonheur ne se retrouve pas dans ces choses, souvent matérielles, mais bien dans ce que nous sommes maintenant ici et pas ailleurs.

Si je voyage, j’apprécie sur le moment présent ce que je vois et non à penser : ‘’ Dans deux semaines je vais être de retour à mon bureau ‘’ . Pourquoi ne pas faire la même chose dans notre quotidien ;dans notre vie présente donc dans notre moment présent . Vivre ici ; là présentement .

Il y a de ces gens qui vivent continuellement dans les affres du passé ou dans les dédales non-présentes du futur, sont-ils heureux ?

Le temps passe relativement vite . À un certain temps de notre vie les mois semblent des semaines et les semaines des jours. Alors profitons à plein des minutes de ce moment présent .

Voici ce qu’en pense Gandhi :

‘……Le bonheur passe par la capacité à profiter de l’instant présent, être ici et maintenant.Le désir est à la base de la souffrance qui est la première source de violence. Le désir se situe dans le futur quand nous courons après la réussite ou un bien matériel. Il se situe dans le passé quand nous n’acceptons pas d’intégrer les expériences que nous avons vécues.

Enfin il peut se situer dans le présent quand nous laissons les stimuli externes nous attirer telles des lampes un papillon de nuit.

S’affranchir du désir, c’est accepter le monde tel qu’il est, c’est accepter que les moyens sont aussi importants que la fin, c’est accepter les expériences comme un don de Dieu.

C’est tout simplement suivre la voie de la non-violence active qui est le refus de toute forme de violence.Heureusement pour le futur de l’humanité, l’être humain n’a pas de nature figée. Il est intention et dépassement.

C’est pourquoi j’aimerais partager avec vous la grande confiance qui m’anime en sa capacité de dépasser la souffrance et de prendre conscience qu’aimer le moment présent est une grande étape sur la voie du bonheur.

Gandhi’’

L’instant présent peut se composer , si nous le voulons , d’une myriade de petits bonheurs à nous d’engendrer ces joies.

Pierre D. (C)
Laval,Québec,Canada

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2 commentaires

  1. alyze dit :

    Bonsoir Pierre
    J’aime bcp l’histoire de mère theresa.
    Bonne soirée
    Alyzé

  2. ailesdutemps dit :

    Bonsoir Alyzé,

    oui c’est beau cette prière .

    Bonne soirée pour toi aussi .

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