Perle.

Perle. perle2

Perle .

 

Hélène s’affaire minutieusement dans ses livres comptables personnels lorsqu’elle entend la porte claquer et quelqu’un monter rapidement l’escalier vers l’étage supérieur.

Elle finit d’aligner ses chiffres et pousse un léger soupir :
-Enfin terminer ; au mois prochain. Voilà.
Elle se sent inquiète et songe immédiatement à sa fille Anne qui a dû aller s’enfermer dans sa chambre.

Elle range ses livres et sa calculatrice, se verse un verre de jus et un autre pour Anne, elle se dirige vers la chambre d’Anne dont la porte est close hermétiquement. Elle y glisse une oreille attentive pour écouter furtivement.

Elle perçoit quelques petits sanglots étouffés et frappe trois petits coups sur la porte en bois .

Elle attend; pas de réponse. Elle refrappe et prononce le nom de sa fille avec amour et douceur.
-Anne. Est- ce que ça va ? Puis-je entrer ma chouette ?
N’attendant plus la réplique elle entrebâille la porte et voit Anne étendue de tout son long sur son lit, la tête enfouie dans son oreiller, effectivement elle pleure à gros sanglots.

Hélène s’approche tout en douceur, comme seules les mères savent le faire, et caresse les cheveux de sa fille qui a beaucoup de peine.
-Que se passe-t-il mon petit rayon de soleil ?

Tu veux m’en parler ?
Anne sanglote encore quelques soubresauts et se tourne vers sa mère. Des grosses larmes lui dégoulinent sur les joues et son souffle saccadé se calme.

Elle se blottit chaleureusement dans les bras de sa maman.

Elle la serre d’une bonne étreinte.
-Maman qu’est ce qu’on fait lorsqu’une personne qu’on aime beaucoup nous fait de la peine ?

Stéphanie est ma meilleure amie et elle m’a blessée profondément cet après-midi. Je ne sais pas comment réagir et c’est pour cela que j’ai de la peine.
-Mais qu’est ce qu’elle a bien pu te faire ?

Je le sais que vous êtes d’excellentes amies et que rien au monde ne viendrait briser ce pacte par lequel vous êtes liées, toutes les deux, depuis votre enfance .Racontes moi, ça ne peut que te faire du bien.
-Tu sais que Stéphanie a un handicap avec ses jambes.

Elle marche mais ne peut cheminer beaucoup rapidement.

Alors cet après midi je marchais un peu vite, un peu en avant d’elle, et d’un ton sec elle m’a lancé :
-Tu n’as donc pas de pitié pour les infirmes toi ? Pourquoi tu marches si vite ? Tu ne penses pas à moi ; tu n’as jamais pensé qu’à toi.
-Je suis demeurée si surprise que je ne savais que dire .

Elle venait de faire une égratignure vive sur notre belle amitié et sur mon cœur.
Anne se remit a pleurer et pour la consoler sa mère la ramena dans ses ailes.

-Pleure ma grande, la douleur va s’atténuer et ensuite je vais te conter quelque chose.
Anne se moucha à quelques reprises et lança tendrement un regard vers sa mère en guise de gratitude; elle savait qu’elle pouvait toujours compter sur elle pour l’accueillir et la consoler.
Hélène attendit un peu et prit les mains d’Anne en lui disant :
-Tu sais ma grande, nous les humains, nous sommes comme des huîtres, parfois notre extérieur est rugueux mais l’intérieur est doux et magnifique.

De belles couleurs blanches et rosées. Quelques fois, aussi, au fond de l’océan une huître sera à l’affût de sa nourriture ; tout en gardant ses écailles entrouvertes – Hélène mime ce qu’elle voulait dire ce qui fit rire Anne – et c’est là qu’arrive un phénomène extraordinaire.

Un grain de sable déplacé, soit par d’autres mollusques ou des poissons, s’infiltre à l’intérieur de notre amie le mollusque.

Ce grain de sable devient donc un visiteur gênant et un hôte indésirable. L’huître, pour sa part, essaie tant bien que mal de se débarrasser de ce gêneur.

Par des efforts, souvent incommensurables elle n’y parvient pas.

Ce grain de sable la blesse, l’irrite et la meurtrit. C’est alors que dame huître, avec la nature, commence a envelopper ce petit indiscret, d’une substance qui s’appelle le nacre dont sa coquille est recouverte à l’intérieur.

Mais plus le grain de sable est recouvert de nacre plus il devient lourd et plus il tourne sur lui-même. L’huître ne peut plus s’en débarrasser. Le petit grain de sable, avec le temps, devient une belle perle.

Elle doit donc accepter son invité, indésirable pour le reste de ses jours. Tu te souviens du beau collier de perles que papa et moi t’avons amené des Iles l’an passé ?

Ce sont de ces perles que je te parle.
Nous les humains nous venons tous au monde avec notre caractère, nos défauts et nos qualités et d’autres, en plus, avec un handicap physique comme ton amie Stéphanie.

Au fil des ans nous forgeons notre caractère et surtout nos belles qualités. Lorsque des épreuves surgissent nous avons le choix : ou bien nous refusons ce qui arrive ou bien nous acceptons les faits.

Si nous refusons; nous nous blessons encore plus.
Nous acceptons notre fardeau, notre perle.

Elle peut devenir très belles, soyeuse et radiante ou bien terne et sans éclats. Tous les humains possèdent une perle, une magnifique qualité ou une très admirable force. A nous de les découvrir chez les autres et de le voir.

Ton amie, je la connais, s’avère une fille généreuse de sa personne et disponible.
-Peut-être que tantôt tu étais préoccupée et tu ne songeais pas a ralentir le pas et c’est peut-être pour cette raison que Stéphanie avait des difficultés a te suivre ;remarque je ne le sais pas .C’est à toi de voir .

Et, je sais pour toi, que la plus belle perle que toi tu possède se trouve justement dans l’aide que tu lui apporte souvent et, elle l’apprécie j’en suis sûre.

J’ai lu, il y a quelques temps, de faire la Paix avant le coucher du soleil , avant que ne tombe la nuit.

Ne laissez pas votre amitié se détériorer pour une peccadille.
Anne se rapprocha de sa mère et l’embrassa :

-Tu as raison maman je vais lui téléphoner et lui dire que je l’aime. Merci.

 

Pierre D. (C)
Laval,Québec,Canada

 


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Perle .

 

Hélène s’affaire minutieusement dans ses livres comptables personnels lorsqu’elle entend la porte claquer et quelqu’un monter rapidement l’escalier vers l’étage supérieur.

Elle finit d’aligner ses chiffres et pousse un léger soupir :
-Enfin terminer ; au mois prochain. Voilà.
Elle se sent inquiète et songe immédiatement à sa fille Anne qui a dû aller s’enfermer dans sa chambre.

Elle range ses livres et sa calculatrice, se verse un verre de jus et un autre pour Anne, elle se dirige vers la chambre d’Anne dont la porte est close hermétiquement. Elle y glisse une oreille attentive pour écouter furtivement.

Elle perçoit quelques petits sanglots étouffés et frappe trois petits coups sur la porte en bois .

Elle attend; pas de réponse. Elle refrappe et prononce le nom de sa fille avec amour et douceur.
-Anne. Est- ce que ça va ? Puis-je entrer ma chouette ?
N’attendant plus la réplique elle entrebâille la porte et voit Anne étendue de tout son long sur son lit, la tête enfouie dans son oreiller, effectivement elle pleure à gros sanglots.

Hélène s’approche tout en douceur, comme seules les mères savent le faire, et caresse les cheveux de sa fille qui a beaucoup de peine.
-Que se passe-t-il mon petit rayon de soleil ?

Tu veux m’en parler ?
Anne sanglote encore quelques soubresauts et se tourne vers sa mère. Des grosses larmes lui dégoulinent sur les joues et son souffle saccadé se calme.

Elle se blottit chaleureusement dans les bras de sa maman.

Elle la serre d’une bonne étreinte.
-Maman qu’est ce qu’on fait lorsqu’une personne qu’on aime beaucoup nous fait de la peine ?

Stéphanie est ma meilleure amie et elle m’a blessée profondément cet après-midi. Je ne sais pas comment réagir et c’est pour cela que j’ai de la peine.
-Mais qu’est ce qu’elle a bien pu te faire ?

Je le sais que vous êtes d’excellentes amies et que rien au monde ne viendrait briser ce pacte par lequel vous êtes liées, toutes les deux, depuis votre enfance .Racontes moi, ça ne peut que te faire du bien.
-Tu sais que Stéphanie a un handicap avec ses jambes.

Elle marche mais ne peut cheminer beaucoup rapidement.

Alors cet après midi je marchais un peu vite, un peu en avant d’elle, et d’un ton sec elle m’a lancé :
-Tu n’as donc pas de pitié pour les infirmes toi ? Pourquoi tu marches si vite ? Tu ne penses pas à moi ; tu n’as jamais pensé qu’à toi.
-Je suis demeurée si surprise que je ne savais que dire .

Elle venait de faire une égratignure vive sur notre belle amitié et sur mon cœur.
Anne se remit a pleurer et pour la consoler sa mère la ramena dans ses ailes.

-Pleure ma grande, la douleur va s’atténuer et ensuite je vais te conter quelque chose.
Anne se moucha à quelques reprises et lança tendrement un regard vers sa mère en guise de gratitude; elle savait qu’elle pouvait toujours compter sur elle pour l’accueillir et la consoler.
Hélène attendit un peu et prit les mains d’Anne en lui disant :
-Tu sais ma grande, nous les humains, nous sommes comme des huîtres, parfois notre extérieur est rugueux mais l’intérieur est doux et magnifique.

De belles couleurs blanches et rosées. Quelques fois, aussi, au fond de l’océan une huître sera à l’affût de sa nourriture ; tout en gardant ses écailles entrouvertes – Hélène mime ce qu’elle voulait dire ce qui fit rire Anne – et c’est là qu’arrive un phénomène extraordinaire.

Un grain de sable déplacé, soit par d’autres mollusques ou des poissons, s’infiltre à l’intérieur de notre amie le mollusque.

Ce grain de sable devient donc un visiteur gênant et un hôte indésirable. L’huître, pour sa part, essaie tant bien que mal de se débarrasser de ce gêneur.

Par des efforts, souvent incommensurables elle n’y parvient pas.

Ce grain de sable la blesse, l’irrite et la meurtrit. C’est alors que dame huître, avec la nature, commence a envelopper ce petit indiscret, d’une substance qui s’appelle le nacre dont sa coquille est recouverte à l’intérieur.

Mais plus le grain de sable est recouvert de nacre plus il devient lourd et plus il tourne sur lui-même. L’huître ne peut plus s’en débarrasser. Le petit grain de sable, avec le temps, devient une belle perle.

Elle doit donc accepter son invité, indésirable pour le reste de ses jours. Tu te souviens du beau collier de perles que papa et moi t’avons amené des Iles l’an passé ?

Ce sont de ces perles que je te parle.
Nous les humains nous venons tous au monde avec notre caractère, nos défauts et nos qualités et d’autres, en plus, avec un handicap physique comme ton amie Stéphanie.

Au fil des ans nous forgeons notre caractère et surtout nos belles qualités. Lorsque des épreuves surgissent nous avons le choix : ou bien nous refusons ce qui arrive ou bien nous acceptons les faits.

Si nous refusons; nous nous blessons encore plus.
Nous acceptons notre fardeau, notre perle.

Elle peut devenir très belles, soyeuse et radiante ou bien terne et sans éclats. Tous les humains possèdent une perle, une magnifique qualité ou une très admirable force. A nous de les découvrir chez les autres et de le voir.

Ton amie, je la connais, s’avère une fille généreuse de sa personne et disponible.
-Peut-être que tantôt tu étais préoccupée et tu ne songeais pas a ralentir le pas et c’est peut-être pour cette raison que Stéphanie avait des difficultés a te suivre ;remarque je ne le sais pas .C’est à toi de voir .

Et, je sais pour toi, que la plus belle perle que toi tu possède se trouve justement dans l’aide que tu lui apporte souvent et, elle l’apprécie j’en suis sûre.

J’ai lu, il y a quelques temps, de faire la Paix avant le coucher du soleil , avant que ne tombe la nuit.

Ne laissez pas votre amitié se détériorer pour une peccadille.
Anne se rapprocha de sa mère et l’embrassa :

-Tu as raison maman je vais lui téléphoner et lui dire que je l’aime. Merci.

 

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