Mes textes.

Mes textes. dans Liens consoler

À ma sœur Louise

Cette période des Fêtes je l’aurai toujours en mémoire et longtemps .
On sentait l’atmosphère de la goutte qui allait faire déborder le vase. Ma sœur, la plus jeune , avait pris une photo justement de ce temps là et j’y vois , sur cette photo , ma mère ce soir de Noel dans sa robe de chambre défraîchie , assise sur une chaise droite, contemplant un vase en verre soufflé rose que lui avait donné mes sœurs. Elle avait un air déconcertée et perdue, un faux sourire et une expression semi triste ,semi joyeuse , forgée dans son visage . Nous , mon frère plus jeune que moi , et moi nous n’avions que peu de sympathie vis-à-vis de toute cette scène . Il y avait quelque chose d’insignifiant et d’irréel dans ce semblant de réveillon. Ma mère avait mis la table pour une douzaine de personnes mais nous n’étions seulement cinq a prendre le repas . Les conversations étaient vides et floues. Nous nous serions crus dans un film de second ordre .J’en parle aujourd’hui et j’en ai encore des relents de cendres dans la salive et de frissons.
La dépression de ma mère se tramait depuis l’automne et ce n’est que pendant cette période des fêtes qu’elle en fit l’apparat. Ce réveillon était la pointe de l’iceberg et nous allions , comme le Titanic , nous y frotter et de façon assez radicale.
Mon père , et son rôle de mouton comme à son habitude , était devenu le garde du corps de ma mère et elle lui faisait faire le travail de bras. Il y avait belle lurette que leur relation était détruite ;ils restaient encore ensembles nous ne savions pas pourquoi ; question d’habitude mais aussi ,à l’époque , les gens avaient peur des séparations et des divorces surtout lorsqu’il restait des enfants à l’école .
Voilà la situation dans laquelle je me retrouvais à cette époque ; soit dit en passant n’était pas rose du tout . Je venais de commencer ma onzième année au secondaire et j’étais commandant du corps de cadets à mon école . Je vivais , selon certains , mes dernières années scolaires et je voulais en profiter au maximun . Je ne travaillais pas mais me débrouillais avec ce que j’avais . Il est évident j’étais une dépense de plus dans le budget familial . Mais au diable tout ça j’avais dix-huit ans et je finissais mon secondaire . Ma mère avait une toute autre idée en tête qui était celle de m’envoyer sur le marché du travail; pour rapporter une pension . Leur niveau de communication n’était pas ce qu’il y avait au plus haut point développé. J’en aurai un échantillon et assez drastiquement. Mais ne me souciant peu de toute cette atmosphère je continuais mon petit bonhomme de chemin.
Le vingt six décembre au matin , le lendemain de ce Noel manqué , j’étais couché dans ma chambre, encore sous les effets de l’alcool ingurgitée la veille , j’essayais de dormir tout en somnolant mais je n’y arrivais pas . J’avais comme l’impression qu’un ouragan se préparait et qu’il allait me tomber dessus comme un orage en plein été lorsqu’on voit poindre les gros nuages noirs chargés de pluie.
Je ne me trompais pas et comme de fait sans crier gare la massue s’est abattue drue .
Mon père , comme enragé , est entré dans ma chambre en repoussant la porte qui est allée cognée sur le mur. Il ouvre le rideau horizontal d’un grand fracas. Il se tourne vers moi et me dit :
- Lèves –toi puis va te trouver du travail ! Moi , abasourdi et complètement surpris , je lui réponds :
-Mais nous sommes le vingt six décembre et il n’y arien d’ouvert…….
Il ne me laisse pas finir et tout en criant il me lance :
-Je ne veux pas l’entendre habilles toi et va te trouver un travail ; c’est tout !
Il ressort de ma chambre tout comme il est entré , en coup de vent . Je suis assis sur mon lit complètement retourné et je ne comprends pas ce qui arrive; ce qui m’arrive .J’essaie de reprendre mes esprits je suis comme un boxeur qui vient de recevoir un coup de poing en plein sur la mâchoire et je vois des étoiles .
Je ne réalise pas la décision que mes parents viennent de prendre pour m’envoyer trouver un emploi le lendemain de Noel ou tous les commerces et bureaux sont fermés. Je me sens en plein désarrois et ne sais par ou commencer . Toujours dans mes rumineries voilà mon père qui remonte l’escalier avec ses pas lourds et je le sens encore plus furieux ; je me lève et commence a m’habiller . Il entre dans la chambre et me dit :
- Tu n’es pas encore parti ? Je t’ai dit de t’en aller d’ici ; de vider les lieux .
Et là je ne comprends vraiment plus rien c’est le noir total. Je lui réponds :
- Tu me mets dehors ? C’est ça ? mais est-ce que nous pouvons parler …..
Il ne me laisse pas le temps de finir et s’approche de moi avec l’intention de me frapper .

J’ai eu un mouvement de recul et je pensai un instant a saisir ma baïonnette cachée , achetée à l’armée, mais ne le fit pas . Il a vu mon geste et me dit :
-Tu voudrais frapper ton père toi ?
Je ne savais que dire car il avait une expression de dégoût sur le visage et tout en étant très intimidant il m’invita promptement a quitter la maison familial.
Je finis de m’habiller et pris mon manteau , descendit quatre par quatre les marches de l’escalier. Je l’entendais encore me crier derrière mon dos :
-Je ne veux plus que tu remette les pieds ici; comprends –tu ça !
J’ouvrai la porte, la claquai en la refermant et me retrouvai à l’extérieur de la maison . Il faisait très beau avec un soleil radieux mais moi je ne me sentais pas du tout en mesure d’apprécier toute cette beauté.
Cinquante questions fusaient de toutes parts dans mon cerveau.
Tout tournait comme un manège fou . Qu’est ce que j’allais devenir , mes études, ma copine , mes amis , le corps de cadets , la médaille . Me trouver un emploi ; mais ou vais –je rester ? je n’ai pas de logement ; d’appartement et je ne connais pas personne qui pourrait m’héberger; je n’ai pas d’argent je me sentais démuni comme quelqu’un qui vient de perdre sa maison après un incendie terrible , mais surtout ce que je me demandais c’est le pourquoi qu’il avait fait ça .

Je marchais dans la rue , en pleurant , j’étais totalement désemparé; perdu .
Mes pas allaient me mener directement en face de chez ma sœur Louise qui habitait non loin de notre maison. J’hésitais a monter car je ne voulais pas la déranger; elle a sa famille ; ses enfants et son mari. J’entrai dans la maison à appartements par l’arrière . J’hésitais nerveusement et je montai l’escalier qui menait au deuxième étage . J’arrive à sa porte et entends des bruits à l’intérieur, je me sens soulagé :
- Elle est là au moins me dis-je .

Je colle mon oreille à la porte et je respire profondément avant de frapper .
Trois petits coups et j’entends ma sœur s’approcher. Elle ouvre et me vois tout défait . :
- Pierre ! mais que fais –tu ici ?
Elle m’invite a entrer et là, tout en me serrant dans ses bras , je pleure et pleure. Elle me serre fort et essaie de me calmer. Je suis incapable de lui dire ce qui ne va pas . Elle voit que je suis ébranlé et elle me laisse le temps d’apaiser les sanglots .
- Enlèves ton manteau viens t’asseoir et viens me dire ce qui se passe!
Me dit –elle affectueusement tout en me servant un café. Je me calme et respire comme un enfant qui vient d’avoir une crise de larmes. J’ai des soubresauts et commence a mieux respirer . Elle m’offre une cigarette et m’interroge sur ce qui a bien pu me mettre dans tous ces états là.
-Le père m’a mis dehors de la maison tout à l’heure et ils ne veulent pas que je revienne .
Là je recommence a pleurer de plus belle . Ma sœur me prends dans ses bras et me dit :
-Vas-y ça va te faire du bien ensuite nous pourrons en parler .
Je pleure et finis par me tranquilliser.
Je lui dis : -
- Louise , je ne comprends pas pourquoi il a fait ça . Il m’a dit tout simplement de quitter les lieux ce matin et qu’il ne voulait plus me revoir dans cette maison. Je ne comprends pas pourquoi il m’a menacé de la sorte . Qu’est ce que je vais faire ? Je n’ai pas d’emploi , de logement ni d’argent ; je n’ai même pas fini mon secondaire il ne me reste que quelques mois et je pourrais avoir mon diplôme ; mais là comme c’est là je ne pourrais même pas le finir….
Et là je me remis a pleurer de plus belle ,un découragement indescriptible s’était emparé de moi.
Ma sœur attendit que mes pleurs cessent et me dit :
-Bon on va commencer par le commencement . Tu vois bien ce qu’ils veulent c’est que tu ailles te trouver un emploi parce que ton père ne travaille plus et que le chômage va finir un jour ou l’autre . Ce sont tes sœurs qui travaillent et elles ont fait de la pression sur ta mère pour te forcer a aller travailler et sortir de l’école .

J’écoutais mais je n’écoutais pas .

Je n’étais pas disposé a comprendre ce qui se passait . Toute cette situation est arrivée si abruptement qu’elle m’a prise par surprise . il n’y a rien qui arrive pour rien dans la vie .Et je vais m’en servir dans ma vie comme leçon.
Louise continua et avec sa sagesse et son sens maternel de détermination me dit :
- Pierre tu dois prendre le taureau par les cornes et leur faire face . Tu ne peux te dérober de cette situation sinon tu les laisse te démolir et t’abattre. Ce qu’ils veulent , eux, c’est que tu rapportes une pension et , pour le moment, tu n’as pas de diplôme. Va chercher ton diplôme , va finir ton secondaire et tu pourras aller sur le marché du travail avec un emploi qui te rapporteras.
- Oui mais Louise , il m’a mis à la porte………
elle ne me laissa pas continuer .

Je commençais a avoir l’esprit un peu plus ouvert, la crise s’atténua
-Tu ne m’avais pas dit que tu voulais aller chez les pompiers pour la Ville ? Alors tu pourrais faire application et leur dire que tu as fait cette application et ils ne verront que de la poudre aux yeux. Tu te dois , Pierre, de gagner du temps ; finir ton secondaire et ensuite aller sur le marché du travail. Je sais que nous sommes le lendemain de Noel mais tu te dois d’essayer . Va à l’Hôtel de Ville rencontrer le Chef des Pompiers , je crois que tu le connais. Fais application même s’il n’est pas là et retourne chez tes parents leur dire que tu as fait cette démarche .
J’ai eu un vif mouvement de recul et d’hésitation car je me disais :
-Comment vont-ils m’accueillir vu qu’il m’avait mis à la porte .
Louise me rassura et me dit : eux aussi leur crise se serait atténuée avec les heures. Tout en me rassurant elle me répéta que je n’avais rien a perdre et qu’en faisant cette démarche j’aurais tout a gagner. Je reprenais du poil de la bête et mon aplomb. Je me sentais un peu mieux et je commençais a me faire un scénario dans ma tête. J’irais à l’Hôtel de Ville faire application et retournerai chez moi leur annoncer cette bonne nouvelle, mais je me demandais ,avec inquiétude , si toute cette manœuvre fonctionnerait . Il me fallait essayer.

Louise me permit de téléphoner à ma copine pour aller chercher de bonnes paroles et de l’énergie .

Je remis mon manteau ,je serrai ma sœur dans mes bras la remerciant chaleureusement en lui promettant que je lui en reparlerai plus tard . Je saluai mon beau-frère qui a été , lui aussi , d’une patience d’ange . J’ai embrassé les enfants et je suis sorti d’un pas décidé.
Me sentant plus en confiance et plus éclairé grâce à cette sœur aimable et aimante je me suis dirigé vers l’Hôtel de Ville ou se trouvait le bureau du chef des pompiers; souhaitant qu’il y soit ; un atout de plus dans mon jeu .

Tout en déambulant sur la rue je vis la maison familiale et mon cœur se serra. Je marchais d’un pas rapide tout en me disant :
-Ça va marcher ; ça va marcher .
J’entrai par le poste de police et demandai si le chef des pompiers y était, il était environ trois heures de l’après –midi. Le policier en devoir me dit :
-Oui, un instant .
Je n’en revenais pas ,la chance tournait car je pourrais dire, lors de mon retour à la maison , à ma sœur qui travaillait justement à l’Hôtel de Ville que j’avais vu le chef des pompiers et j’avais fait application ; une alliée inespérée et momentanée celle-là. Je dis au chef que je voulais faire application comme pompier . Je me présentai et me demanda :
- Êtes-vous le frère de Francine qui travaille ici ?
Je lui dit oui et il m’offrit de remplir le formulaire immédiatement .

Le premier pas était fait restait le plus difficile a faire : retourner chez moi affronter ces gens qui , quelques heures auparavant, m’ont évincé de la maison.

J’avais des appréhensions et des peurs. Je me remis en marche et rendu à l’intersection, non loin de la maison , mon cœur se mit a battre d’une façon très irrégulière . Je respirais très saccadément mais me calmai. Je repensais à ce que ma sœur m’avait dit :
- Pierre, tu dois prendre le taureau par les cornes et foncer.
Je me remis en marche courageusement montai les marches du balcon. Aussitôt je saisi la poignée de porte et pris une très bonne respiration , l’ouvrit . J’entrai et me dirigeai vers la cuisine .

Par une chance inouïe, Dieu fait bien les choses , m a sœur Francine était dans la cuisine avec son copain. Ils discutaient et je sentais que l’atmosphère n’était pas à la joie. Je ne me sentais pas le bienvenu du tout .
J’annonçai à ma sœur ,tout en parlant très fort pour que ma mère , mon père ainsi que mon autre sœur , dans le salon , écoutent ce que j’avais a dire , je venais de faire application chez les pompiers et j’avais rencontré le chef des pompiers à son bureau à l’Hôtel de Ville . J’attendais la réaction et , cette réaction , est venue de ma sœur toute surprise . Je me fis un café et comme une marionnette de boîte à surprise ayant entendu la conversation , mon père arriva dans la cuisine .

Je tremblais.
-Il me semble que je t’avais dit de ne pas revenir ici , toi ?
Je pris immédiatement l’initiative et dit :
- Je suis allé faire application comme pompier à la Ville et je vais en avoir des nouvelles bientôt …
Mais j’avais peur que sa réaction soit aussi négative que le matin . Mes paroles ont semblé lui cloué le bec et je continuai a parler avec ma sœur, comme si de rien n’était , elle me posait des questions sur mon application et ma rencontre avec le chef.

Mon père retourna au salon et alla chercher ses directives de ma mère . Cette dernière laissa tomber la situation et retourna à son émission de télévision tout en disant à mon père et à ma sœur :
-Nous verrons bien .
La crise était désamorcée . La tempête s’évanouit.
Je sentis un soulagement extrême.

Je ne m’attardai pas dans la cuisine et j’allai à ma chambre. En passant devant le salon je pouvais sentir le regard écrasant de mon père ,de ma sœur et de ma mère sur mes épaules. J’entrai dans ma chambre , fermai la porte et mis mon manteau sur le lit . Je m’assied au pied du lit et me mis a pleurer comme un enfant .Je ressentais une peur bleue que mon père reviennent , encore , comme le matin faire irruption et me rejeter comme il l’a fait .

Mais cela n’arriva pas .
Je voulais sortir de ma chambre pour aller téléphoner à ma copine mais me décidai de le faire que le lendemain. Comme un détenu ,enfermé entre les cloisons de sa cellule , je me morfondais .
J’ai continué mon secondaire et suivi mon chemin.
Aujourd’hui, revivant cet épisode de ma vie , je sais que Dieu a placé des gens sur mon chemin pour me protéger et me guider. J’ai pardonné à ces gens .
Quelle belle leçon de vie que je venais d’apprendre . ma sœur m’avait enseigné que dans la vie il peut arriver des choses inattendues et qu’elles peuvent venir de gens très proches avec un effet de surprise dévastateur.

Elle m’avait écouté et conseillé. Et ce ne sera pas la dernière fois de ma vie.
Merci Louise.
Pierre©
(12/5/2008)

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dcp_0010 dans Liens Les Outardes (et les humains)

Au printemps où à l’automne quand vous verrez passer des voiliers d’oies sauvages ou d’outardes, elles seront en formation de V. Vous serez peut-être intéressés de savoir ce que la science a découvert sur les raisons de cette façon de se déplacer pour voler. On a découvert qu’à chaque battement d’aile, ceci entraîne un courant d’air remontant pour l’oiseau placé directement derrière.
En volant en V, tout le voilier ajoute à peu près 71% de plus de distance que si chacune des oies volait toute seule. (Les gens qui partagent une direction commune atteignent leurs buts plus rapidement et plus facilement parce qu’ils avancent en confiance les uns dans les autres.)
Lorsqu’une oie s’éloigne de la formation, elle ressent soudainement la résistance et la difficulté de voler toute seule; elle revient alors très vite en formation pour bénéficier des avantages du courant d’air. (Si nous avions autant de bon sens, nous resterions près de ceux qui nous ressemblent et qui vont dans la même direction.)
Quand l’oie de tête se fatigue, elle fait la rotation avec une autre qui prend sa place. (Dans une situation difficile, nous devrions être capables, nous aussi, de donner le guidon à quelqu’un d’autre.)
Les oies de derrière crient pour encourager celles qui sont à l’avant, pour qu’elles gardent leur vitesse. (Nous aussi devons nous encourager mutuellement quand les moments nous semblent insupportables.)
Finalement, quand une oie est malade ou blessée et doit se poser, deux oies l’accompagnent toujours pour l’aider et la protéger. Elles restent ensemble jusqu’à ce que celle-ci puisse voler à nouveau ou bien qu’elle soit morte. Ensuite, elles repartent ensemble, rattrapent leur voilier ou bien en joignent un autre. (Si nous avions autant de bon sens que les oies, nous serions solidaires les uns des autres de cette façon. L’accompagnement des coéquipiers est primordial et essentiel.)
De nos jours, il est plus courant de s’identifier à un aigle : seul, autonome et fort. Mais, étant ce que nous sommes et ne pouvant rien y changer, bien que plusieurs aimeraient être perçus comme des aigles, nous sommes beaucoup plus des oies sauvages. Bien souvent, la distance qui nous sépare de notre objectif ou de notre but est tellement grande que nous éprouvons du découragement.

Collons-nous les uns aux autres. Je vous jure que ça ne peut pas nuire, au contraire. »

Auteur Inconnu

Bonne journée

Pierre D

Laval,Québec

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Au Secours ! (Des autres)

Avez-vous vu le film Titanic ? Quel merveilleux film n’est-ce pas ? Quel beau roman d’amour.

Pour moi , une scène, qui m’a littéralement glacé le sang , est celle ou Rose venant de perdre son amoureux Jack,(qui s’est noyé) se retrouve seule sur un radeau de fortune dans l’obscurité sous un ciel froid et étoilé , dans l’eau glacée de l’Atlantique Nord, l’espoir n’y est plus .

Couchée et a demie gelée, elle lutte pour sa survie.

Et au moment de se laisser complètement aller, une barque avec des secouristes arrive, non loin d’elle et c’est alors qu’elle utilise un sifflet encore accroché sur une veste de sauvetage d’ une victime gelée flottant près d’elle .Elle trouve encore la force d’expirer dans ce petit instrument qui va lui sauver la vie. Et, effectivement, elle aura la vie sauve.

Je suis travailleur au téléphone à Montréal, sur la Rue Rachel, et nous sommes plusieurs. A toutes les fois que je fais mon petit quart de quatre (4) heures j’ai comme l’impression d’être dans une barque qui va s’aventurer dans le noir avec, comme instrument de sauvetage, le téléphone. On ne sait jamais d’où l’appel va venir et qui va le faire. Mais mieux; la personne qui appelle ne sait pas non plus à qui elle parle. Une voix dans l’obscurité de la souffrance ; un appel au secours pour trouver la lumière .Et nous donnons les renseignements comme en pointant un faisceau de lumière pour indiquer la sortie : Un Mouvement d’Entraide.

Nous avons l’impression que nous naviguons sur un océan sombre et tumultueux mais nous, nous nous sentons en sécurité abord notre barque qui est un Mouvement d’Entraide et le Mode de Vie, et pour vraiment en jouir nous le transmettons ce message d’espoir et nous essayons de sortir de ce gouffre les victimes de l’alcool et ses affres. Dieu agit en la Lumière.

Bill W.( Un des Fondateurs de AA ) en 1937 avait écrit une phrase pleine de signification :
‘’ Bob and I saw for the first time that a new light had begun to shine down upon us alcoholics, had begun to shine upon the children of the night. (1937).’’
Traduction : ‘’Bob et moi avons constaté, pour la première fois, qu’une nouvelle lumière avait commencé a briller pour nous les alcooliques, avait commencé a briller sur les enfants de la nuit.’’

Cette phrase prend toute sa signification de notre travail au téléphone.
Nous répondons aux enfants de la nuit.
Je suis arrivé chez AA par ce moyen et j’étais bien content qu’une voix me réponde au bout de la ligne lorsque j’ai appelé à l’aide .Le travail au téléphone est de la 12e Étape et devient un travail très valorisant .Il nous permet, entre autre, de rester les deux pieds bien plantés au sol et d’aider l’alcoolique qui souffre encore ou celui et celle qui arrive chez les Mouvements d’Entraide. Il nous permet, aussi, de pratiquer notre tolérance envers ceux et celles qui souffrent et qui appellent à l’aide. Nous les écoutons souvent pendant plusieurs minutes pour leur transmettre le message . D’alcoolique à alcoolique; de dépendant en dépendant.
Ce travail de 12e Étape rend l’implication dans les Mouvements très utile. Nous nous demandons souvent comment se fait –il que les gens ne s’impliquent presque plus.
Personnellement je me dit et me redit encore :
Et de cette façon j’essaie de maintenir une sobriété heureuse. Je ne sais pas si mon travail a servi, je ne sais pas si ça aidé quelqu’un ; chose certaine ça m’a aidé moi a comprendre encore plus profondément le Mode de Vie et a voir qu’il y a beaucoup de souffrances autours de nous. Ceux que nous pouvons aider c’est toujours ça de pris.
Ce travail de 12e, aussi, me fait comprendre le vrai sens de l’Anonymat, donner sans attendre de recevoir, ni gloire ; ni blâme mais bien un travail bien fait et utile. Je remets ce que j’ai reçu et j’ai reçu la Vie.
Je vais retourner m’asseoir dans la barque de l’Intergroupe au téléphone avec ma petite étincelle d’espoir pour essayer de guider ceux et celles qui ont besoin d’aide et j’encourage tous ceux et celles qui voudraient en faire autant.

Bon 24 heures,

Pierre D.

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Simple…!

 

Nous sommes là, mon fils et moi , en train d’essayer de réparer son auto. Le labeur est ardu et demande beaucoup d’efforts. Des boulons ne veulent simplement pas se faire extirper de leur emplacement.-Et si tu t’y prenais de biais ? Dis-je à mon fils , tout en sueur.-J’essaie, j’essaie mais la rouille le bloque et le freine dans sa vrille. Ma clé anglaise est pourtant adéquate. Tout en se cambrant mon fils me dit :-Je me demande bien ce que fait ma copine en ce moment ? Elle est partie depuis plus de deux heures et elle ne m’a pas appelé. Je ne sais pas si elle a payé le loyer ce matin au propriétaire. À mon travail, la direction parle de faire des mises à pied et je ne sais pas si je suis sur la liste; c’est inquiétant cette situation.Et moi de lui dire :- Que de questions….que de questions ! Et c’est bien que tu te les poses ces questions !Mon fils s’arrête de forcer comme un galérien et me regarde.-Mais as-tu remarqué, bien souvent, on n’a pas la réponse immédiatement et ça demande encore et encore des questions. Nos petites roulettes dans notre cerveau sont a tourner et ça n’arrête plus ! Ça demande beaucoup d’énergie et nous finissons par nous épuiser. Il n’y a rien de plus astreignant que de travailler sur plusieurs plans à la fois.
-Es-tu d’accord avec moi ?
-Oui tu as bien raison mais il y a beaucoup de choses qui me stressent depuis un bon moment et je ne semble pas pouvoir m’en sortir.-Viens, on va prendre une petite pause et je vais te conter quelque chose .Un petit fait anodin que j’ai vécu il y a plusieurs années de ça.Je me souviens, c’était dans mes débuts de mon abstinence d’alcool ; je venais d’arrêter de consommer et je travaillais dans un projet d’aménagement paysager ici à Laval. Ce travail n’était pas de tout repos. Un jour nous devions planter quelques arbres dont des érables et des sapins. Il faisait très beau et chaud, nous étions fin de mai, début de juin. Le soleil tapait dur.Dans cette période de mon abstinence …je m’en posais beaucoup de questions : le pourquoi de ceci et de cela , le comment de ceci ou de ça , comment ça se fait –il que je sois alcoolique, ça vient de ou , puis c’est qui , puis c’est quoi que des questions et des questions a ne plus finir !

Alors, me voilà en train de creuser dans du sol meuble : petites roches, gros cailloux et un peu de terre, et envoies donc un coup de pelle ! Une réflexion! Un coup de pic ! Une réflexion ! Je pensais …songeais….ruminais …et jonglais ; comme disait ma mère et les roulettes trottaient. À ce rythme là, je n’aurais certainement pas fait ma journée qui était déjà bien épuisante, J’en suais et j’en bavais !

L’eau me dégoulinait tout autours de mon crâne; j’aurais pu éponger mon chandail je m’exténuais a grands coups de pensées et à grands coup de pelle. À genoux, ça adonnait bien, tout en creusant et, fatigué aussi éreinté, j’ai pris un petit repos, tout en restant accroupis.

J’ai fait une prière. J’ai demandé à ma Puissance Supérieure de me faire faire qu’une seule chose à la fois ; ou bien penser et me poser toutes ces satanés questions…ou bien creuser mon trou pour planter mon arbre, et donner la vie .

Sur le coup, j’ai sentis comme un vide.

Plus de questions, plus de perturbations intérieures. Le calme avait pris sa place. Je regardais mon érable qui attendait pour occuper sa place et je me suis mis a lui parler :

-Ne t’inquiète pas je vais t’installer dans cette cavité ou tu seras à ton aise, tu pourras profiter des bienfaits du soleil. Sois sans crainte. Et, à ton tour, dans quelques années tu projetteras une ombre bienfaitrice pour les gens qui viendront s’asseoir sous ton feuillage et qui se remémoreront de beaux souvenirs.

En automne tu offrira un étonnant spectacle pour les yeux de toutes ces personnes qui auront de belles pensées pour toi lorsque l’hiver sera venue, ils seront anxieux de te revoir au printemps.

J’ai fini de creuser la petite niche, pris mon arbre avec précautions, défit la ficelle qui l’entourait pour libérer les branches, ouvrit le sac qui contenait ses racines et le déposai dans le fond du trou tout doucement comme on dépose un nouveau né dans son berceau.

Je venais de planter mon arbre avec fierté. Tout en douceur, aussi, je recouvrai ses racines de terre, lui attribuai un tuteur pour qu’il posse droit et lui ai donné suffisamment d’eau nécessaire pour son début de croissance.

Quelques fois, lors de promenades en auto, je retourne voir l’érable que j’ai aidé a vivre. Il est resplendissant et majestueux il fait très bien son devoir. Il y a souvent des personnes âgées assises sous ses feuilles profitant de son ombrage. Il les protège.

Ça fait plus de 25 ans et cette petite anecdote m’a montré ce qu’il y a de plus important dans la vie : c’est de vivre son moment présent et de garder la vie simple.
Mon fils me regarda et me dit :
-Merci papa, on continue ? J’espère que le boulon, lui, va avoir compris ! Nous sommes alors éclatés de rire et au premier essais le boulon, justement, commença a sortir tout doucement .

Mon fils souriait à pleine dents.

Pierre D. (C)
Laval,Québec,Canada

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Conversations ……!

- Grand papa, grand papa viens voir ! Viens voir ce que j’ai .
Le grand-père se lève ,tout doucement , de sa berceuse et se dirige vers son petit-fils qui est accroupi par terre et admire une trophée campé sur une table de salon , il vient de gagner dans des épreuves d’olympiades de son école .

Il s’est classé premier à l’épreuve du saut en hauteur.

Tout fier il reluque son trésor. Il admire les parures d’or et d’argent ainsi que le titre . Il se dit :
-C’est moi ça le premier – et caresse doucement la statuette qui orne le faîte de son butin.

-Qu’en penses-tu grand-papa ? Je suis le meilleur ! Je suis le meilleur !
Interrogeant son aïeul du regard pour obtenir son approbation. Le grand-père s’approche de son petit-fils il s’assoit près de lui et lui dit :
-Oui mon petit Santos tu es le meilleur dans ce sport et tu l’as prouvé.

Tu es fier n’est ce pas ?
-Oui je suis fier et j’ai travaillé très fort pour l’obtenir ; j’en ai passé des heures a me pratiquer , a m’entraîner et, là, j’en vois le résultat.
-Oui mais la valeur de ta nomination ne se trouve pas dans ce trophée là mon Santos.
-Ah non ! dit le jeune , comment ça ?
-Ton trophée est une représentation de tous les efforts ,justement , que tu as mis pour l’obtenir. Tous les jours je te regardais partir , soleil, pluie, froid et chaleur pour t’exercer pour atteindre un but que toi tu t’étais fixé avec discipline . Atteindre le summum.

La vraie valeur de ton trophée se retrouve dans la patience et la détermination que tu as mis pour en arriver là.

Cette démarche a été pondérée d’avances et de reculs , de succès et d’échecs te souviens –tu ? Toujours en voulant aller plus haut ; en voulant sauter plus haut mon petit Santos s’identifiait à une grande sauterelle, c’est toi qui disait ça et ça me faisait bien rire .
-Tu me déçois en me disant cela, on dirait que tu n’es pas content pour moi !
-Absolument pas mon petit Santos, je suis très content pour toi .

Ce que j’essaie de te faire comprendre c’est que , malgré ce que nous avons , il a fallu tout un cheminement pour l’obtenir .

Il nous a fallu mettre des efforts constants pour arriver à nos fins et beaucoup d’habileté .

Ton trophée n’est pas la fin de l’accomplissement, non plus, j’en suis sûr.

Et ce trophée , fait de métal scintillant et brillant va s’éroder avec le temps parce que ce n’est que du matériel , va s’user et disparaître; mais les efforts que tu auras investies pour l’obtenir et , en obtenir d’autres vont te rester , comme expériences qui ,elles, vont t’amener sur d’autres sentiers de ta vie .

-Je suis très d’accord avec toi grand-papa mais je suis le meilleur et je suis content .

-Tu as raison d’être content de ta performance aujourd’hui et moi aussi je suis fier de toi.

Il ne faut pas oublier qu’il y en a d’autres personnes , comme toi , qui sont bons dans cette discipline et qu’ils ne demandent que d’entrer en compétitions encore et encore .

Toi , est-ce que tu vas t’arrêter à ce stade ? Je ne pense pas ; n’est ce pas . mais pour le moment tu es le meilleur de ton école et tu sera confronté à d’autres de d’autres écoles qui eux aussi voudront la première place .

Pour le moment demeure à ta place en restant simple et en ne te prenant pas pour quelqu’un d’autre .Lorsque tu auras acquis assez d’expérience et que tu pourras prouver que tu peux aller plus loin ; fais –le .

Ne saute pas les étapes et sois humble dans ta position; tu pourras vaincre qui que ce soit .

C’est un grand homme qui disait :

-‘’Dans la défaite parlez peu et dans la victoire parlez encore moins ‘’

et c’est Winston Churchill qui le disait lors de la Seconde Guerre Mondiale .Un grand homme en effet.

-Je vais suivre ton conseil grand-papa et me remettre tout de suite à l’ouvrage, mais là j’ai soif puis-je avoir un jus?

-Bien sûr mon petit athlète tu le mérites amplement .

-Souviens –toi ,Santos , ce n’est pas le matériel que nous accumulons qui fait de nous des êtres forts mais bien la capacité d’améliorer notre caractère et nos qualités .

Tiens voilà ton jus bois et savoure ta victoire .
Le grand-père retourna à sa chaise tout en jetant un petit coup d’œil furtif et de tendresse à son petit fils.

Pierre D. (C)
Laval,Québec,Canada

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pommier

Pommier

Le soleil dit au pommier :

- As-tu assez de lumières car je vois que tes fleurs éclatent en beauté ce printemps ?
- Oui , oui merci à toi. Tes rayons me réchauffent et ma sève circule très bien. Je pourrai donner de belles pommes ,encore une fois , cet automne.

- Tu en as donné beaucoup l’an passé ?

- Oui et a tous ceux qui en voulaient. Je ne suis pas regardant .
- Tout comme moi , mais bien souvent les gens n’ont pas beaucoup de gratitude mais ce n’est pas important car nous donnons sans espoir d’aucun retour .
- Comme tu le dis si bien. Mon frère l’érable me disait la même chose l’automne passé lorsque les gens venaient cueillir mes fruits .

À un moment donné de la journée , une grande limousine noire toute rutilante est venue stationner non loin de moi . Un chauffeur ,tout de noir habillé, s’est emparer de quelques pommes de mes branches les plus basses et il est allé les remettre à son patron. Ils sont partis sans rien dire . Ensuite est arrivé une dame ,mal vêtue, a monté sur une petite échelle et a cueillit à son tour une bonne douzaine de mes fruits et, elle aussi, est partie sans demander son reste.
Mon frère l’érable me disait que j’étais bonasse.
Je lui demandai pourquoi me disait-il cela.

Il me répondit :

-Les gens viennent te prendre tes fruits et tu ne dis pas un mot, tu ne rouspète pas .
Et moi de lui dire :

-Toi , mon frère , ils t’entaillent et te blessent; dis –tu quelque chose ?

- Ils ne comprennent pas le langage des arbres ;ce qu’ils comprennent c’est la beauté de mes fleurs au printemps , leur fabuleuse senteur et le goût exquis de mes pommes. Je leur laisse ,sans rien leur demander , les résultats de mes efforts: de belles pommes toutes juteuses et savoureuses. Je ne demande rien d’autre et souhaite qu’ils respectent ce que je suis .

qu’ils soient riches ou pauvres je suis à leur disposition .

Et toi ? Tu leur donne ta sève et ils en fabriquent un sirop sucré.

Le soleil eu un grand geste de bonté envers le pommier et lui glissa dans ses branches une belle caresse de ses doux rayons et lui dit :

-Ah que j’aimerais donc goûter à une de tes pommes mais tout comme toi je donne et c’est ce qui me redonne le plus . De te voir resplendissant à chaque année et de donner à tous ceux qui veulent t’apprécier les efforts de ce doux labeur. Moi je te dis merci.

-C’est moi qui te remercie mon frère le soleil. Allons travailler .

Pierre D. (C)
Laval,Québec,Canada

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succes

Images……!

Au hasard, même si je crois que les hasards n’existent pas , d’une lecture entreprise à l’Abbaye d’Oka ( 1991)lors d’un court séjour, j’ai eu sous les yeux un texte qui m’a fait réfléchir profondément .
Ce texte de Marie -Abdon Santaner ( O.F.M.) franciscain, m’a interpellé dans mes connaissances de soi et a eu sur moi une très bonne remise en question.

‘’ Tout homme est ‘’mené’’ par une image de lui-même que ses efforts tendent a réaliser. Tant que cette image le mènera sans qu’il l’ait identifiée et prise en main, cet homme, esclave de son rêve , ne peut discerner ni épouser l’inspiration venue de Dieu .’’

Est-ce a dire que nous nous façonnons une image ou des images dans un processus qui dure tout au long de notre vie ? Et que penser des images de héros ou héroïnes de notre enfance et de notre jeunesse ? Que dire aussi de tous ce que nous avons reçu comme éducation soit à l’école , le travail, la vie maritale s’il y en a une , de la profession, avec ou sans enfants bref : nos agissements qui nous étés inculqués par nos parents et éducateurs.

Mais ces agissements sont valides et utiles.Ils nous servent a vivre et souvent bien vivre.
Je pense ce que Santaner voulait exprimer :c’est le calquage que nous faisons et prenons comme modèle . S’il en est ainsi cette insertion du franciscain vient complètement affirmer ce que nous vivons présentement dans nos sociétés ou le superficiel trône en roi et maître.
Combien de ces images ont et voyagent encore dans notre esprit ?

Ah! Si je serais un tel, un autre ? Je suis ceci et cela . Et combien de vendeurs de rêves nous inondent de belles et rutilantes pensées de nous –mêmes, de comportements positifs , de ‘’ chef’’ et de différent des autres humains. Je suis le meilleur, le plus instruit et le plus productif. On voit les gens courir après un rêve qui leur échappe bien souvent , ils sont malheureux.
J’attire les autres ,je réalise mes rêves et je vis .

Une fois arrivé à destination que reste-t-il ? Rien sinon faire référence encore à une autre image pour atteindre un ou des buts . Tout est donc programmé ou préprogrammé d’avance selon cette image ou ces images. J’ai de l’ambition et je vais tout faire pour obtenir ce que je veux selon ce que j’ai accepté comme image .Et, rien , ne me fera détourner de ma route .Je n’ai plus le ‘’ contrôle’’ , ni Dieu non plus, de ma vie .

Si , dans mon enfance , je me construis une belle image de prince ou de princesse habitué de se faire servir et tous et chacun sont à mon service ; je risque fort d’être très déçu (e) si j’ai des enfants a m’occuper et a élever plus tard et je ne suis pas un monarque. Je ne serai sûrement pas satisfait ou satisfaite de ma vie.

Mais l’image m’a mené jusque là.

Mon égo va en prendre tout un coup; un coup dur . De là les justifications : si ça ne serait pas ceci ou de cela je serais heureux, heureuse.
La réalité est souvent plus difficile a prendre dans tous ces cas là. Et cette réalité dépasse la fiction.
Je parlais des valeurs véhiculées par nos sociétés occidentales et aussi les autres probablement .

Les valeurs superficielles, des valeurs de surface et non en profondeur . Des valeurs du ‘’ regardez-moi’’ ; je suis beau, belle et je scintille . Je suis fort et je suis riche mais je ne partage rien .

Heureusement ce n’est pas tous les humains qui sont comme cela et qui pensent comme ça . Et vogue la galère .Au plus fort la poche et on s’accapare de cette poche tout en écrasant et en bousculant les autres; en étant indifférent aux autres.
Tous, chacun d’entre nous, avons cette petite étincelle Divine , ce petit rayon de Lumière qui est connecté sur le Grand Faisceau de la Lumière .

Tous nous avons , sans exception , notre libre-arbitre pour choisir , et , c’est encore un bienfait de l’avoir . La question en est , pour débuter , de s’accepter tel que nous sommes avec nos défauts ,nos qualités, nos faiblesses et nos forces et ,aussi, d’accepter els autres tels qu’ils sont .

La plus belle fille au monde ne donne pas ce qu’elle n’a pas et si elle essaie de donner ce qu’elle n’a pas; elle sera pénalisée de ne pouvoir satisfaire quelqu’un qui exigera d’elle l’impossible .

Nous vivons la dualité en nous . Entre le bien et le mal, entre le beau et le laid, entre la vie et la mort, entre l’orgueil et l’humilité ,entre le positif et le négatif , entre l’amour et la haine , entre la générosité et être radin, entre le principe masculin et le principe féminin…etc .

Tous ces contraires , un jour ou l’autre viennent s’insérer dans nos vies à un degré de conscience plus ou moins élevé.

Mais il y en a un de ces principes qui a marqué l’homme depuis la nuit des temps et c’est : entre croire en Dieu et ne pas y croire.

Dans ce principe il n’y a pas de demi mesure : ou on y croit ou on n’y croit pas .

Combien de polémiques cette affirmation a créé depuis des temps immémoriaux ? Et ce n’est pas fini.
Ce que Marie-Abdon Santaner nous dit : ‘’ ……esclave de son rêve , ne peut discerner ni épouser l’inspiration venue de Dieu .’’ Ou nous sommes submergés par tout ce qui vient du matériel, de l’affectif ou de l’intellectuel ou nous entrons dans un mode de Vie de pensées Spirituelle; je ne parle pas de religions ici ( qui ont ces principes ; mais là ou il y a de l’homme il y a de l’hommerie), mais bien de Principes Spirituels : L’Amour , la Beauté, la Paix, la Sagesse ,le Don de soi ,la Tolérance, l’acceptation des autres et la Lumière .

Ces principes nous viennent ,aussi, de nos intuitions et non de nos instincts que nous voulons absolument et irrémédiablement combler.

Ces rêves , les plus fous, peuvent nous amener dans des labyrinthes sans issue.

Et tout comme Sisyphe, on roule notre rocher jusqu’à épuisement ou jusqu’à la mort .

Mais pour cela suffit-il que toutes et tous entrions dans les Ordres religieux et nous faire curé ou nones ? Pas du tout il y aurait un énorme risque que la société cesse de fonctionner. Nous vivons ensembles et nous partageons tout comme les gouttes d’eau qui forment l’océan.

Nous faisons partie d’un Tout et ce Tout c’est le Un; l’Unité.

Si chaque humain se mettait au service réellement des autres sans regarder ses propres besoins ,ambitions et possessions la paix s’établirait sur la terre en rien de temps .
Maintenant comment en arriver à ce que Marie-Abdon Sataner nous affirme :

‘’..discerner et épouser l’inspiration venue de Dieu’’ ?

Pour débuter : essayer d’identifier avec un examen personnel approfondi de nous-mêmes l’image ou les images qui nous ont le plus influencées dans notre vie en partant des images de notre enfance, adolescence et adulte .

Se demander si nous les avons abandonnées ces images ou si elles sont encore bien présentes en nous .

Ensuite comment apprendre a désapprendre des comportements qui font que nous ressemblons à ces images et, le plus difficile , abandonner tous ces comportements et se diriger vers l’action pour le changement.
Souvent ce sont de petits gestes qui auront les meilleurs résultats.
S’accepter soi-même que ce soit physiquement, mentalement, intellectuellement et spirituellement et accepter les autres…comme ils sont .

Nos vies ne seront plus des rêves, souvent des chimères , mais bien plus grands que nous le pensions .

Soyons comme l’oiseau qui peut atteindre des sommets et des hauteurs insoupçonnés.

Pierre D. (C)
Laval,Québec,Canada

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sol

La solitude .

Assis dans un coin à la brasserie, depuis plusieurs heures, je regarde défiler, sur les trottoirs gelés, les passants . Je devais y être comme à l’habitude depuis l’ouverture c’est à dire dix heures du matin. Les serveurs me connaissaient mais moi je ne les connaissais pas et je ne voulais pas les connaître .
Je ne parlais pas, je ne parlais plus , à personne sauf pour commander mes bières et dire ,tout bas , merci. J’ingurgitais le liquide et ne demandais pas mon reste . Cette routine que je suivais depuis plusieurs mois ,maintenant, était ma vie .

Lever vers huit heures, avec un énorme mal de tête et d’estomac ,je buvais ,tant bien que mal un café. Attente d’ouverture de la Caisse Populaire et retrait d’argent pour la journée . Dix heures, c’était la brasserie jusqu’à vers seize heures. En titubant je sortais de cette brasserie pour me diriger vers le dépanneur sur le chemin de mon appartement pour y acheter ma caisse de bière pour finir la soirée .

Je mangeais rarement, je me lavais encore plus rarement et mon hygiène personnel laissait a désirer. Enfermé dans ma cage , mon appartement , je continuais a enfiler bière par-dessus bière et joint par-dessus joint; pour ne pas me voir et pour ne plus voir ma vie et ce qu’elle était devenue . Je me sentais si seul , si délaissé de tous et je blâmais tout à chacun pour ce qui m’arrivait , mais pourtant , pourtant j’avais choisi cette vie d’enfer et l’alcool m’y a aidé amplement .Je m’étais cloisonner sur mon île déserte .

Je me couchais complètement engourdi vers une heure du matin .
Plus je buvais plus je m’enfonçais dans le trou de ma tombe .
Parfois je me surprenais a pleurer comme un enfant perdu. Ce vide de d’autres êtres humains me glaçait, ce manque de communiquer, de parler, de toucher et de sentir me faisait me rapprocher encore plus de l’alcool, ma seule et véritable porte de sortie du temps .
Lorsque je suis arrivé dans le Mouvement d’entraide , les membres me disaient : ‘’ Laisses-toi bercer par le Mouvement , laisses-toi emporter par ce flux chaleureux de l’accueil. Tu es chez toi maintenant et tu es revenu chez les humains.’’ Les poignées de main, les accolades sont monnaie courante dans ce Mouvement et, pour moi, c’était une eau de source vivifiante et salvatrice . J’avais besoin de ne plus me sentir seul dans ma solitude, il y avait foule et je ne me sentais plus seul et isolé. Je sortais d’un mutisme de plusieurs années. ‘’ Fais ça une journée à la fois’’ qu’on me disait ‘’ et tout va redevenir normal.’’ Et ils avaient raison.

Avec le temps , je me suis mis a parler et a dire ce qui n’allait pas , verbaliser mes craintes ,mes peurs, mes déceptions et ma dévalorisation. Avec le temps j’ai commencé a entrevoir que la vie pouvait avoir un sens et une beauté. Avec le temps le soleil s’est mis a briller dans mon cœur et j’ai recommencer à m’aimer et aimer les autres .Avec le temps je me suis pardonné et pardonné aux autres .

Aujourd’hui j’essaie de remettre ce que j’ai reçu et ce que je reçois continuellement dans ce mouvement .
Aujourd’hui j’essaie de transmettre un message d’espoir à qui veut bien l’entendre , je ne vis que pour ça maintenant .

Pierre D. (C)
Laval,Québec,Canada

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arbre

Que de questions….que de questions ! ..et c’est OK que tu te les pose ces questions….Mais as-tu remarqué, bien souvent ,on a pas la réponse………et ça demande encore et encore des questions …..les petites roulettes sont a tourner et ça n’arrête plus ! Ça demande beaucoup d’énergie .Je me souviens dans mes débuts de mon abstinence d’alcool ( 5 ou 6 mois) …….je travaillais
sur un projet d’aménagement paysager ici à Laval……..et un jour nous devions planter des arbres , il faisait beau et chaud ( fin mai début juin ).
Dans cette période de mon abstinence …je m’en posais des questions……le pourquoi de ceci et de cela , le comment de çi ou ça , comment ça se fait que je suis alcoolique ….puis ça vient de ou , puis c’est qui …. puis c’est quoi……..des questions et des questions ……!Alors me voilà en train de creuser dans du sol meuble
( petites roches , gros cailloux et un peu de terre) et envoies donc un coup de pelle ! …une réflexion !…un coup de pic ! ..une réflexion ! et je pensais …songeais….ruminais …et jonglais ( comme disait ma mère ) et les roulettes marchaient….à ce rytme là je n’aurais certainement pas fait ma journée qui était déjà bien épuisante ….et je suais …….et j’en bavais ……!
J’étais à genoux ( ça adonnait bien ) tout en creusant et ,fatigué et exténué, j’ai pris un petit repos ,tout en restant à genoux, et j’ai demandé à ma Puissance Supérieure de me faire faire qu’une seule chose à la fois ; ou bien penser et me poser toutes ces satanés questions…ou bien creuser mon trou pour planter mon arbre…….et donner la vie .

Sur le coup les roulettes sont arrêtées….plus de questions…….plus de perturbations intérieures…..et j’ai pu finir mon travail….

j’ai planté mon arbre .

Quelques fois, lors de promenades en auto , je passe devant et il est beau mon arbre ; mais très beau.

Ça fait 28 ans de ça………Il a beaucoup profité cet arbre ; moi aussi.

Pierre D.

Laval, Québec

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balais

Le balais diabolique, maléfique.

Fatiguée , épuisée de sa journée , elle cherchait a faire passer ses frustrations sur quelques objets et humains qui pouvaient se retrouver sur son chemin.

Bredouille elle saisit son balais et commençait a le passer sur toutes les surfaces lisses du plancher. Son balais devenait son talisman exutoires à ses pensées. Elle prolongeait son cerveau et ses pensées les plus sordides dans ce manche et jusqu’au dernier brin qui effleurait le plancher. Une sorte de magie s’opérait , un transfert diabolique , comme si elle recevait directement des petits amas de poussières ses directives pour sa voie a prendre .

Partout ou elle passait, dans les coins et les recoins elle amassait , poussière, petites roches, cheveux et détritus pour recomposer un corps maléfique. Méticuleusement et avec un certain malin plaisir elle allait méthodiquement partout ,sous les divans, les lits et les meubles pour coincer les rouleaux de poussières accumulés depuis quelques temps .

Elle le faisait avec plaisir, tout en réfléchissant ,presque tout haut , à ses desseins .
Lorsqu’elle sentait l’occasion imminente de blesser ou de faire du mal elle y mettait encore plus d’énergie comme pour confirmer ses gestes pervers .
C’est comme si sa guerre interne se prolongeait dans son balais et elle le faisait avec vigueur.
Rien au monde aurait pu la déranger ou la faire sortir de sa séance de vodou balayique .

Elle préparait un mauvais parti à quelqu’un, un mauvais coup. Elle consultait son oracle qui transparaissait dans la poussière accumulée . Elle en donnait les grandes lignes, au départ , et forgeait sa pensée tout comme le sculpteur arrache son œuvre à son bloc de pierre .

En petits tas, un peu partout , elle façonnait son ouvrage et n’y metterait un point final que lorsqu’elle le jugeait nécessaire .

Ses plans bientôt tirés, sa stratégie établie il ne resterait que de mettre en marche ses tactiques malfaisantes. Concentrée sur son balais et son ouvrage elle en oubliait l’essentiel : ceux qui l’entouraient . Justement c’était contre eux que ce stratagème s’adressait . Elle prenait bien soin de bien établir exactement l’endroit, le temps et la personne qui était pour hériter de ses sarcasmes des ses attaques virulentes et vénéneuses .

Son objet de défoulement bien identifié elle se mettait en marche pour l’exécution de son plan malsain. Ramassant un à un les petits tas de poussières tout comme on monte un escalier; le podium était prêt à la recevoir . Arrivée au dernier amas , elle le captait tout en douceur , fière , allait le déposer dans la poubelle de cuisine.

: ‘’ Tiens, c’est fait ! ‘’ Elle rangeait son balais et les premières phrases des son attaque, qu’elle avait figurées, sortaient . Tout était planifié ,calculé ,pensé, imaginé, et digéré.

L’escarmouche commençait.

Pierre D.(C)

Laval,Québec

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eq

Équilibre émotionnel

Lorsque nous vivons une émotion, une perturbation superficielle ou profonde , elle renferme ,aussi, son contraire . La joie est le contraire de la peine , la peur a son contraire en la témérité . Aussi ,souvent, nous pouvons vivre deux émotions négatives autant l’un que l’autre et presque en même temps . En exAemple : le ressentiment et l’apitoiement . Nous vivons un débalancement significatif ; nous nous ‘’promenons’’ entre les deux . Nous , alcoolique , avons ce débalancement inné.

Nous ne savons pas gérer nos émotions .

En un instant nous passons du ressentiment, de la colère, à directement de l’apitoiement sans crier gare . Nous passons de la peur viscérale à une témérité inouïe qui nous fait perdre complètement tout contrôle . Nous pouvons rire aux éclats à l’instant et l’instant d’après nous pleurons à chaudes larmes. Nous pouvons passer de l’insécurité financière à des dépenses folles qui nous ruinent . Nous pouvons passer de la compulsion dans tous les domaines à un jeûne excessif. Nous n’avons pas de demi mesure.

Nous n’avons pas de demi mesure, soit tout un ,tout l’autre . Et rester dans l’émotion négative n’est pas la solution car nous sommes mal en nous-mêmes.

Lorsqu’il y a débalancement comme le ressentiment et l’apitoiement nous pouvons les comparer à deux plateaux d’une même balance . D’un côté le ressentiment qui nous amène dans les bas marécages de la colère ,la haine et les frustrations. Sur l’autre plateau : l’apitoiement sur soi-même qui nous amène à une dévalorisation personnelle, une malchance inhérente à notre condition et a s’attirer la pitié des autres .Et si notre demande de pitié ne fonctionne pas nous retournons dans les affres de la colère et du ressentiment ;nous nous révoltons.

Nous sommes complètement déséquilibrés et les plateaux virevoltent d’un côté comme de l’autre .
Il nous faut à tout prix retrouver notre équilibre émotionnel . Il y va de notre sobriété et aussi ce déséquilibre peut amener d’autres émotions tout aussi négatives telles la vengeance,la violence verbale, physique et mentale et combien d’autres.

Si nous nous promenons d’un pôle à l’autre ainsi il existe entre ce deux endroits ( apitoiement/ressentiment, comme exemple ) un lieu sûr ou nous pourrons retrouver notre équilibre et c’est dans le pardon ; qui sert de ‘’ balancier’’ .

Pardonner aux autres et se pardonner à soi-même.

Pierre D(C)

Laval, Québec

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Christine
(1964)

Le vent chargé de chaleur suffocante allait faire battre les grandes branches faméliques des peupliers. Les feuilles résistaient ,tant bien que mal, à ces attaques incessantes. Leur couleur passait du vert à l’argentée tout en se tortillant comme si elles étaient emprisonnées dans un remous . De gros nuages noirs roulaient au faîte du ciel.

La pluie s’annonçait .
Le ciel, malgré tout , était d’un bleu magnifique, lassant même.
Je me trouvais à l’intendance de la compagnie. On m’avait assigné la tâche de standardiste pour le temps du cérémonial . Dans la semaine précédente , je me suis fait prendre en défaut , encore une fois , et c’était mon lot. Je ne pouvais me mêler à la foule ni voir ceux à qui j’avais enseigné démontrer leur savoir .
Je ne dédaignais pas être là. Cela me donnait même une certaine importance de répondre au téléphone tout en mentionnant mon grade et affectation.
Par la porte de la tente marquise, qui nous servait de bureau, je regardais défiler les gens qui venaient visiter leur enfant en séjour, pour l’été , au camp militaire . Des parents, des proches et des amis venaient assister à ce cérémonial de fin d’été du camp de cadets. Moi, je n’avais personne qui était venu.
Nous étions jeunes et en pleine évolution.
J’étais caporal- instructeur pour les plus jeunes j’étais très intransigeant. Stricte je ne laissais rien passer. J’obéissais aux ordres mais n’en faisais qu’à ma tête; quel paradoxe.
Assis derrière le bureau du téléphone, je lisais les derniers ordres courants et les dates des futurs départs des cadets, nous en étions rendus là. Je n’ai pas apprécié mon été; il me semble que tout a été de travers.

Au printemps , printemps de mes 18 ans, j’ai rencontré une jeune fille. Je l’ai vue qu’à quelques reprises dans l’été, toujours pris en défaut , mes permissions étaient abolies et je restais, penaud, enfermé dans ce camp militaire a me morfondre toutes les fins de semaine . Il était temps que la fin de l’été arrive pour que j’aille voir celle vers qui mon coeur désirait. Nos lettres, échanges de mots doux et mielleux, nous rapprochaient et ce ne fut que consolant. Je faisais mon bilan de mon expérience et , plus j’y pensais , plus je me sentais déçu et amère .
Perdu dans mes pensées une voix me rappelle à l’ordre.
 » Excusez-moi caporal……
- Caporal ……. »
Je sors brusquement de mes rêveries et croise un regard inquiet. Ses yeux sont d’un bleu a faire frémir. Je me replace sur ma chaise et lui demande ce que je peux faire pour elle
Le tonnerre grondait au dessus de nos têtes. Le vent s’éleva en bourrasques faisant battre les pans de toile de la tente.
-  » Je voudrais communiquer avec mon père qui se trouve au mess des officiers.
- Pas de problème…….mademoiselle …mademoiselle ?
- Christine….. Christine G..
J’en profite pour me présenter .
-Pierre, Pierre D.
-Enchantée Pierre, est-ce que je peux téléphoner ?
-Bien sûr, je vais signaler le numéro pour toi.
- Laisses -moi voir sur la liste……mess des officiers….4576…
Je compose le numéro et lui demande qui je dois demander….?
-Brigadier Général G.
Je raccroche précipitamment ….Un petit caporal ne dérange pas un général .
-Brigadier Général G. ? Mais je ne sais pas si on doit déranger le Brigadier Général…
-Oui…oui…..je vais lui parler tu n’as qu’a demander
-D’accord.
Je signale le numéro à nouveau et nerveusement demande à parler au Brigadier Général J’attends et cède le récepteur à Christine. Pendant qu’elle parle à son père ,je l’observe.
Elle a les cheveux blonds qui se marient parfaitement à ses yeux. Ses mains semblent si douces ;elles décrivent des gestes tout en courbes. Elle n’a pas d’anneau. Elle porte un pantalon blanc assorti d’une blouse bleue, comme ses yeux. Un petit foulard est entortillé à son cou.
Elle a une physionomie attirante, et , il n’est pas question de la laisser partir sans lui parler et essayer de la revoir.

Sur le coup, un tourbillon se met à virevolter dans nos têtes et nos coeurs. J’aurais abandonné tout ce que je possédais pour m’envoler avec elle. L’orage venait d’éclater à l’extérieur;j’étais content, elle ne partirait pas immédiatement . Je lui dis d’attendre dans la marquise du temps que ça se calme et elle acquiesce. Elle s’assoit et nous nous mettons a bavarder, de tout et de rien. De nos études, elle a 18 ans et finit cette année en 11e année.

Elle n’aime pas l’école ça adonne bien moi non plus;je déteste.
Elle a ses amies et elles font de la natation et du canoe. Je l’écoute et ses paroles me semblent un nectar divin. J’oublie ma vie, le camp, le major et ses ordres, ma blonde. Hypnotisé par sa présence , j’en oublie le téléphone qui rugit et qui voudrait bien qu’on s’occupe de lui .
-Attends , je vais répondre ça ne sera pas long.
-Compagnie B, Caporal D. à l’appareil, puis-je vous aider ?
Christine me regarde avec impatience pour que je lui revienne.
-Très bien , le lieutenant vous rappellera, bonjour .
Je raccroche et revient rapidement vers elle.
Les ondées finies, elle parle de partir. Le lieutenant en charge arriva sur le même coup et me dit :
 » -Caporal vous pouvez disposer.’’
Je le bénis, le salue et dis à Christine que je pouvais l’accompagner jusqu’à l’auto de son père .
Elle accepte.
Les flaques d’eau couvraient maintenant le chemin. La pluie avait cessé Les gens étaient pressés de quitter le camp militaire avant que l’orage ne reviennent . Le temps était sombre. Je ne voyais pas les gros nuages rouler dans le ciel.

Chemin faisant, je pris la main de Christine qui la saisit fermement .
Nous marchions , tous les deux, comme des amoureux de toujours , contents de se revoir. Je lui passer le bras autours de la taille et elle fit de même, j’étais stupéfait et heureux. Elle mit sa tête sur mon épaule et nous marchâmes vers le stationnement, soudés un à l’autre comme si nous nous connaissions depuis toujours.
Le soleil reprit sa place .

Les feuilles des peupliers étaient calmes et sereines.
Je demandai à Christine si nous nous reverrions elle n’hésite pas a me dire oui et, bientôt. Elle me laissa son adresse et son numéro de téléphone que je glisse précieusement et délicatement dans ma poche sur mon coeur.
Je lui donnai le mien qu’elle s’empressa de mettre dans son carnet personnel dans sa bourse.
- »Il est en sécurité là. » Elle me fit un sourire invitant.
Je la pris dans mes bras et l’embrassai tendrement. Elle répondit en me serrant intensément contre elle comme si elle ne voulait plus partir , comme si elle devenait partie de moi-même, et moi, partie d’elle-même. Je la serrai dans mes bras, tendrement, et je regardai les peupliers nous surveiller.

Je désirais que cet instant s’immortalise indéfiniment. Ses parents arrivèrent , elle me présenta . Je saluai le Général et madame . Ils montèrent tous dans l’auto. Christine m’embrassa une dernière fois et je regardais l’auto déambuler doucement le chemin principal tout en évitant les derniers passants.
Christine se retourna et je ne la revis jamais tout simplement parce que j’ai perdu le numéro de téléphone .

Je garde en mémoire cet instant d’Amour, cet instant de tendresse et d’affection. Cet instant ou un Ange de Dieu vint me parler, me guider et me consoler. Il y en aura beaucoup d’autres dans ma vie pour me protéger.

Je n’avais pas apprécié mon été; jusque là.

Pierre D.(C)

Laval, Québec

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pard

Le pardon !
( 2005)

Cette journée là j’allais donner de la formation en informatique à Montréal. Je ne me sentais pas tout à fait bien dans ma peau .Les dernières paroles acerbes entre moi et mon fils Philippe me revenaient sans cesse à l’esprit. Il y avait un certain temps que nous n’étions plus sur la même longueur d’onde. Et le sujet de discorde en était presque toujours le même : les deniers de sa pension mensuelle . Évidemment qu’il alléguait que tout ceci était dispendieux pour lui et , moi , j’affirmais le contraire .
Je ne savais plus comment lui faire voir que la vie était chère pour tous et qu’avec ce qu’il avait pour le montant qu’il concédait ce n’était nullement dispendieux. Et les dialogues finissaient toujours par de bouderies et des écarts que nous prenions vis-à-vis l’un de l’autre . Tout ça me peinait et me faisait mal. Vivant seul , après ma séparation, avec mes deux fils , j’étais seul a faire face à ces situations délicates.
Pendant que je roulais les larmes me coulèrent sur les joues ; je ne voulais pas le faire voir aux autres automobilistes qui me dépassaient . Je me suis mis a parler seul . Je me suis adressé à ma Puissance Supérieure pour me donner le Calme , la Paix et la Sagesse de voir le problème en face .

Car ce que tu fuis te suit et ce que tu fais face s’efface .

Je me suis mis a réfléchir et a penser à mon père . je me demandais ce que lui aurait fait dans cette conjoncture.
Mon père est décédé en quatre-vingt treize, et je ne lui avais pas reparlé pendant des années. Lui qui avait eu des gestes incestueux à mon égard étant petit et qui m’avait si bien dévaloriser que j’en avais la gorge nouée lorsque je le voyais . À sa mort je n’étais pas tout feu tout flamme lors de son enterrement et , pour moi , ce ne fut qu’un moment quelconque a passer. Pendant des années j’ai enfoui dans mon subconscient toute cette situation. Et voilà que ce matin là me dirigeant à Montréal son souvenir me réapparut.

C’est alors , tout en sanglotant , je lui adressais la parole :

-‘’ Papa , toi qui a eu des enfants , des fils et des filles , qu’est ce que tu ferais à ma place avec Philippe ? Peux –tu m’aider et le prendre en charge ? Du moins l’éclairer .Je te le confie je ne sais plus quoi faire . Je te remercie .’’

J’ai donné ma journée de formation et je n’ai plus réfléchi à ce problème .
Lorsque je suis arrivé à la maison , à la fin de cette journée là, Philippe était dans sa chambre. Je suis allé le voir pour le saluer . Il m’a demandé comment avait été ma journée et comment étaient mes élèves et avaient –ils appris quelque chose et sont-ils débrouillards………etc !

Je n’en revenais tout simplement pas .Jamais Philippe ne s’était intéressé , ou si peu , à ce que je faisais . Pas de questions, pas d’interrogations ni de curiosité. Et là il me bombardait avec intérêt. Je suis resté bouche bée encore un instant . Et , de lui-même , il a abordé le sujet de notre discorde en me disant qu’il essaierait de faire son grand possible pour aider pour l’aspect financier et les tâches de la maison.

C’était au-delà de mes espérances .

Je suis allé me faire un café et je songeais à la conversation que j’ai eu avec mon père ce matin là. Je remercié Dieu et mon père .Et je me suis dit : ‘’ Ça marche, ça marche ! Si ça fonctionné pour cette situation ,il y a espoir que ça va fonctionner pour d’autres évènements.

Encore une fois je ne me sentais plus seul.

Mais , et c’est le plus important , je me suis aperçu , aussi, que je venais de pardonner profondément et sincèrement à cet homme qui m’avait fait autant de mal dans mon enfance . Je venais de lui demander de l’aide comme un fils demande de l’aide à son père .

Je sais qu’il est là maintenant et ,encore quelque fois , nous avons des conversations de père à père .

Pierre D.(C)

Laval, Québec

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oiseau+out

Un pas…….…….la Libération ….!

Tout compte fait, encore étourdi par les vapeurs d’alcool, je ne pensais qu’au mensonge que je dirais au commis des postes pour qu’il me donne mon chèque de chômage .

Pourtant j’avais une adresse fixe mais je ne voulais pas transféré ma nouvelle adresse dans mon dossier de chômage ; de peur qu’on me coupe et j’avais besoin de cet argent pour boire .

J’étais donc un ‘’ robineux de luxe’’ car j’avais un logement , deux adresses différentes, un revenu à toutes les quinzaines et de quoi boire et fumer .

Ma vie ne se limitait qu’à cet univers.

Lorsque j’arrivais devant ce commis , qui sans cesse me posait des questions par-dessus questions , je déblatérais tout ce qui me sortait de la tête tout en fixant l’enveloppe qui contenait mon chèque et j’avais soif. Je détestais ces instants de quémandage , je me révoltais contre ce type qui , selon mes dires , abusait de son pouvoir .

Pourtant il ne faisait que son travail.

Je me bâtissais toujours le même scénario que j’interprétais à toutes les fois que j’avais a passer ces moments angoissants : que de questions, que de réponses : ‘, et si il ne me le donne pas ? Et s’il refuse que vais –je faire ? Et s’il n’accepte pas de me le céder tout en me posant les mêmes interrogations ? Et en me donnant les mêmes réprimandes ? Combien de fois est-ce arriver?

Je me sentais donc coupable d’agir de la sorte .Pourtant il me connaît; il sait qui je suis ? ‘’ Je ne réfléchissais plus ; nerveusement je souffletais avec une respiration saccadée avant d’entrer dans le Bureau des Postes. Ma mine abattue devait donner à cet homme des postes une mauvaise influence sur moi; et je ne comprenais pas . Sortant carte d’identité sur carte d’identité je lui demandais de me remettre une lettre que je recevais à ce local des postes parce que telle raison et telle autre raison que je ne voulais pas lui expliquer.

Il me connaissait , oui , et bien .

Mais s’il refusait c’était mon univers qui s’écoulait, pas d’argent, pas de bière pas de drogue. Le loyer, les autres comptes je m’en balançais!
J’avais soif d’alcool et je devais assouvir cette soif.

Avec toutes les explications , récriminations et promesses de changer pour ma nouvelle adresse, le commis me remettais mon chèque que je serrais sur ma poitrine dans la poche de mon coupe-vent Quelques fois je sortais du bureau des Postes et , dans la rue , je me mettais a pleurer et me sentais bien las et bien fatigué. Pour me consoler : direction taverne .

Et l’histoire se répéterait quinze jours plus tard .Je buvais et je ne savais pas que j’étais alcoolique , ça ne m’étais jamais venu à l’idée, car pour moi, je buvais comme tout le monde que je connaissais .Et ceux que je connaissais se tenaient dans les brasserie1s et les tavernes.
L’obsession de boire et ma déchéance ,autant physique, mentale et spirituelle m’ont enlevé toutes valeurs humaines et normales. J’avais perdu ma dignité d’homme .

Je me disais :’’ lorsqu’il arrivera le temps d’aller demander de l’Aide Sociale ,le chômage terminé, je ne ferai pas les mêmes erreurs. J’aurais une adresse fixe et mon idée était claire , boire coûte cher et fumer aussi alors j’utiliserai mon adresse comme point de dépôt de mon chèque de d’Aide Sociale et comme ça je pourrai boire à mon goût. Je n’ai pas besoin de loyer ;je me tenais dans les brasseries et les tavernes à la journée longue .’’ Et le logement que j’avais en était un insalubre avec des carreaux brisés pour laisser entrer la brise et la neige .

Nous sommes en décembre 1979; il fait froid.

Mais là j’hésite et je ne me vois pas sur un banc de parc ou dans des entrés de bouche de chaleur comme certains que je rencontre dans les tavernes du bas de la ville . Je décide donc de continuer a vivre dans mon logement mal chauffé et mal éclairé que je possède . Je bois , je suis seul ,isolé et solitaire .Je suis trop amorphe pour agir. Je n’ai plus le goût à rien .
Je ne parle plus avec personne , je n’ai plus le téléphone ; je suis coupé du reste du monde.
Mes seules démarches sont : aller à la Caisse Pop. chercher un dix dollars, quand il m’en reste , et aller au dépanneur chercher de la bière et quelques petites choses a manger quand j’y pense et des cigarettes et je vais me renfermer dans mon taudis. Ma vie ne se limite qu’à ça .Je connais la faim, la soif, le manque d’alcool , le manque de tabac car je vais ramasser des bouts de cigarettes sur la rue et dans les entrés de buildings. Je ne vis plus; je survis.

Vers le milieu décembre je n’ai plus d’argent , j’ai froid, j’ai faim, j’ai soif et je suis démoralisé et en dépression. Il me reste un chèque de chômage a recevoir ensuite c’est l’aide sociale . Les fêtes sont proches. Mon idée de devenir itinérant ne me plaît plus , il fait froid et j’ai encore un semblant de chaleur dans mon appartement . Je dois à mon propriétaire une partie de mon loyer de décembre et ma vie est un complet fiasco. Je songe au suicide et en finir car ce n’est pas du tout ça que je voulais faire de ma vie .

L’échelle de l’espoir se trouve dans les bas-fonds du désespoir .

Je ne sais pas d’où m’est venue l’idée d’aller chez cet organisme d’aide ,et parfois je me le demande encore . Toujours est-il que j’avais découpé une annonce dans un journal qui donnait le numéro de téléphone de cet organisme; et disait : ‘’ Si vous voulez boire et le pouvez, c’est votre affaire . Si vous voulez arrêter et ne le pouvez c’est notre affaire ‘’ une petite lueur brillait au bout du long tunnel sombre de ma vie ; annonce que j’avais mise sur ma semblant table de salon en prenant mes dernières bières je lisais et relisais cette annonce et me suis dit : ‘’

Demain je vais appeler cet organisme d’aide c’est décidé.

J’ai déposé ma bouteille vide dans la caisse à mes pieds et me suis dit : ‘’ Ça c’est la dernière bière que je bois du reste de ma vie . Je suis allé me coucher .
Le lendemain j’allais téléphoner à l’organisme en question…………

je venais de faire un pas ……. vers ma Libération !

Pierre D.(C)

Laval, Québec

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perdu

Avertissement….!

 

Knock-out technique
( environ : avril 1970)
( Terminus d’autobus, Ahunctic, Montréal)
‘’ Monsieur ! , Monsieur est-ce que ça va bien ? Avez-vous besoin d’aide ? Monsieur m’entendez-vous ? ‘’
Une voix ,sourde et lointaine, me parvenait lentement au cerveau. Devant mes yeux, une vieille dame, me parlait . Je ne saisissais pas ce qu’elle me disait ; j’avais la nette impression que ce n’était pas à moi qu’elle s’adressait .Elle me touchait l’épaule et je regardais sa main posée sur mon coupe-vent ; je la fixais d’un regard perdu comme on scrute les brumes matinales pour voir si la terre n’est pas à proximité .
Je ne comprenais simplement pas ce qui m’arrivait .Nous étions lundi matin.
Je devais être assis ,là, sur ce banc en bois du terminus d’autobus depuis un fort bon moment . La foule déambulait et je m’y sentais perdu , incohérent et impuissant. Combien de temps suis-je resté suspendu dans cet état ? Je ne le sais pas.
Ce que je sais c’est que je suis parti de chez moi ce matin-là après une soirée et une nuit passablement mouvementées arrosées d’alcool et immergé dans la fumée de la marijuana à fendre au couteau. Je devais paraître très éberlué pour les passants, barbe de trois ou quatre jours, vêtements fripés, cheveux en broussaille et allure déglingué et avec mon expression favorite entre mes deux oreilles :
‘’ C’est pas grave, on a qu’une vie a vivre !’’. Quelle indifférence !
Une question me venait à l’esprit : ‘’ Mais qu’est –ce que je fais ici, moi ? C’est qui cette madame qui me parle ? Pourquoi les gens me regardent –ils de cette façon culpabilisante et troublante ?’’

Je réponds, pour qu’elle me laisse la paix, en mentant à la dame : ‘’ Oui, oui madame je vais bien ; je suis un peu fatigué j’ai travaillé très tard hier soir je me reposais avant de prendre l’autobus.’’ La dame n’était pas dupe .
Mais voilà je ne prenais pas l’autobus. Je suis descendu de l’autobus pour transférer au métro et c’est là que ce coup de trou de mémoire m’arrivait. Je me suis assis sur ce banc salvateur et je devais y être depuis au moins deux heures, il était dix heures trente .Je m’en allais à mes cours d’informatique; depuis huit heures trente que j’étais là, perdu…..knock-out !
Les vapeurs d’alcool et de ‘’pot’’ commençaient a s’esquiver; je dégelais.
Je me suis levé ,pour montrer aux gens que j’aillais bien , et je me dirigeai , tout en titubant , vers un autre banc pour faire ma remise en question; je voulais être seul.

Ma vie se limitait a boire et a fumer de la mari. Mon existence tournait autours de la bouteille et du joint : pas autre chose ! Je travaillais comme pompier mais j’étudiais en informatique en même temps , permission que j’avais eu des autorités de la Ville, après avoir menti et manipulé pour continuer a garder mon salaire pour pouvoir boire , fumer et faire la fête. Chez moi les bouteilles vides s’accumulaient à un rythme effrayant, je les cachais pour que les gens ne les voient pas. Je camouflais mon herbe, étant paranoïaque à outrance. Je fuyais la compagnie des autres et me renfermais dans mon appartement durant des jours et des jours. Et lorsque je sortais, par obligation, je devais déployer un effort terrible pour faire face aux gens. Je me dévalorisais de façon accablante et destructrice. Je m’étais enlisé dans un marécage ou les îlots étaient faits de sable mouvants : plus tu bouges plus tu t’enlises et tu t’enfonces. Je n’avais pas d’ami, de compagne, de relation ni d’ambition.
Le monde extérieur ne m’intéressait pas , je le fuyais comme la peste ,je l’exécrais et je jugeais tout en démolissant tout et tous ; ma révolte et ma rébellion m’ont amené sur ce banc de terminus, tout fin seul.

Je ne voyais aucun sens à cette vie ; un travail insignifiant, un appartement trop cher pour mes moyens, une amie qui m’avait quitté quelques mois auparavant, ma façon de boire et de fumer de la mari sans issue, ma dérive paniquante, ma descente aux enfers imminente, mes échecs retentissants tout au long de mon cheminement, études, travail, relations amoureuses, famille. Je prenais conscience de ma faillite .Toutes ces choses virevoltaient dans ma tête, tout comme un manège ou des roues d’engrenage sans fin. Comment arrêter ce martèlement, cette torture ?

Les yeux hagards, je cherchais le regard de quelqu’un qui pourrait me répondre. Je n’en trouvais pas, je me sentais las, fatigué et épuisé. Je n’avais pas la force de réagir, me lever et partir.
Je restais, là, sans mot dire et a maudire intérieurement cette vie de bêtises et de riens. J’avais le goût de pleurer, de crier, de brailler et de gémir ; mais ne le fit pas.
J’avais des décisions a prendre et j’hésitais, je tergiversais pour me justifier et ne pas entreprendre d’actions qui auraient comme conséquences, encore, des échecs, pensais-je. La peur me tenaillait, elle m’immobilisait, me soudait à ce banc tout comme un aimant puissant.
Je me disais : ‘’ Je vais me lever, me diriger vers le quai ou arrivait l’autobus et je vais embarquer et aller m’engouffrer chez moi.’’

Et, tout de go, ayant repris un peu mes sens , je me suis levé enfin pour me diriger vers l’autobus qui me ramènerait chez moi. Arrivé à la maison, exténué, je me suis couché, tout habillé. Mon aventure d’étudiant venait de prendre fin ,je reprenais ma vie de pompier ou je l’avais laissée quelques mois auparavant, tout en acceptant avec rancœur et regrets cette vie qui me déplaisait au plus haut point .Déçu je m’endormais tout en étant secoué par les soubresauts des mes pleurs.

Cet épisode de mon existence ne fût pas la première ; il y en a eu d’autres .
A partir de ce moment et étalés sur plus de neuf ans j’en ai connu moult ,encore et encore jusqu’en 1979; moment ou j’ai cessé de boire et de consommer des drogues douces.
Pierre D.(C)

Laval, Québec

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combat


Tu as choisi !

Pour servir ta Puissance Supérieure, comme tu la conçois, tu as choisi ton cheminement. Ton choix ne s’est pas fait dans un moment précis de ta vie terrestre mais bien dans l’immense réseau de connections Divines.
Tu as choisi une enveloppe charnelle avec tout ce que ça comporte. Tu as choisi ta famille avec toutes les embûches ,épreuves et obstacles qui s’y sont trouvés. Pour mieux les contournés et avancer.

Tu as choisi ton chemin qui en était un d’apprentissage . Et, tu le savais .

Tout comme l’accordeur de piano qui ,avec son diapason fait son travail . Il fait résonner son diapason et tout en martelant la dent de piano et il arrive au même son que son instrument de mesure .

Mais ton choix à toi s’est étiolé dans le temps .Partout ou tu as passé, les gens rencontrés et encore rencontrés aujourd’hui ne sert qu’à mieux servir ta Puissance Supérieure.

Là ou Elle te demande d’aller tu vas . Là ou tu dois passer tu passes et le tout se fait sans anicroches et tout en douceur. Les autres humains te mettent des bâtons dans les roues et te bloquent , qu’à cela ne tienne tu as choisi ces gens pour mieux avancer et continuer ton chemin pour le même et seul but : Transmettre le Message de Ta Puissance Supérieure.

Tu as choisi ton niveau de ‘’difficultés’’ .Tu as choisi les situations , souvent, intenables .

Tu as choisi de te coller sur le mal et l’obscur pour mieux lutter contre l’obscur; car le meilleur moyen de lutter contre un ennemi c’est d’en être le plus proche possible . De ton côté lumineux tu ne faisais qu’un avec l’obscur tout en étant autonome et dépendant de ta Puissance Supérieure pour te protéger.

Les changements ne viennent jamais de l’extérieur mais bien de l’intérieur à tout processus Tu as choisi de te coller dans des situations , fréquemment ‘’ dangereuses’’ et potentiellement néfastes tout en sachant , comme le soldat , que tu es protégé par ta Puissance Supérieure qui te guide .

Tu as choisi des gens ‘’ vulgaires’’ pour apprendre la vulgarité et bien l’étudier, lorsque je parle de vulgarité c’est bien au sens de corrompus par les affres du matériel et des habitudes des instincts .Tu as appris a les contourner , les déjouer , les entendre te dire que : ‘’ toi tu es le vulgaire ‘’ toi tu es le mal, toi tu n’est rien dans leur monde vulgaire ‘’ et ils te rejettent parce qu’ils savent expressément que tu n’es pas de leur monde et qu’ils souhaiteraient tu leur donne ce que toi tu as de ‘’ Ton Monde ‘’ pour mieux s’en servir et continuer a répandre leur mal ; Le Mal.

Ton apprentissage s’est fait depuis le tout début , de ta naissance à l’enfance .l ‘adolescence, de ton âge adulte et d’homme ou de femme mature et jusqu’à ta mort ,qui soit dit en passant, n’est qu’une autre porte ouverte vers Ta Puissance Supérieure qui te prédestinera à d’autres mission aussi intéressantes les unes que les autres.

Le tout se fait , et se doit d’être ainsi , anonymement sans tambour ni trompettes ni médailles ,ni décorations ni ‘’ fla-fla’’ .Tu es un soldat de la Puissance Supérieure, obéissant, discipliné et avec de la gratitude .

Pierre D.(C)

Laval, Québec

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feu



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2 commentaires

  1. alyze dit :

    Bonjour Pierre
    L’histoire de ta soeur Louise me fait pleurer tu es un grand homme la puretée de tes écris soufflent comme le vent rejoindre mes pensées (j’ai commencée un poème pour toi)
    amitiés
    Alyzé

  2. ailesdutemps dit :

    Merci beaucoup Alyse,

    Paix et Lumières ma petite soeur.

    Pierre

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