Colibri…

image

 

Colibri

La serenitė flotte dans les airs du grand jardin chinois. Les arbres,arbustes et les fleurs étiolent leurs plus somptueux atours et dégagent leur volutes exquises. Les saules pleureurs en bordure de l’étang gardent jalousement leur ombre pour quelques nénuphars jaunâtres fraîchement florissants. Les oiseaux gais ,piailleurs et enjoués s’epivardent d’une cime à l’autre. Des papillons multicolores et kaléidoscopiques butinent en toute douceur de fleurs en fleurs. Quand un oiseau mouche vient survoler la fleur ils déguerpissent plus loin . Un fond de musique soyeuse composée de chants d’ailés ,de grillons et de criquets résonne en sourdine . Le soleil , de partie depuis l’aube , fait dandiner ses rayons paresseusement au travers les branches des arbres encore imprégnés de fraîche rosée matinale. La surface de l’etang stagne insensiblement reflétant les doux rayons du soleil.

Madame Tchen marche lentement vers un bosquet de ses fleurs préférées des Digitalis ou Mains de Notre-Dame. Elle préfère et de loin ces fleurs coniques invitantes pour les butineuses et aussi les colibris magnifiques de leurs couleurs et de leur vol gracieux.Les Digitalis,d’un bleu royal exaltent la beauté. Elles regorgent de suc ,un délice pour les oiseaux- mouches toujours friands de ce précieux nectar. Ce matin elle porte son Ao Dai des grands jours , rouge vif avec un motif de feuilles dorées. Elle et son époux attendent leur petite fille ,Loan, qui vient les voir a l’occasion de leur quarantième anniversaire de mariage celle des émeraudes. Ils attendent ,aussi, d’autres invités aussi importants les uns que les autres.Loan fréquente depuis quelques années un Monastere Bouddhiste de la région; au grand plaisir de son grand-père : Maître Tchen connu de tous les Bouddistes et spirituels de son patelin.

Maître Tchen, installé près de la fontaine pour les oiseaux se délecte du bruissement et de l’ecoulement de la fontaine . Il regarde en direction de madame Tchen et se dit :
-Elle a toujours été une si belle compagne depuis toutes ces années. Loan me fait profondément penser à elle dans toute sa beauté et sa fragilité.
Long cheveux noirs et yeux pers avec une démarche si féminine et distinguée. Et lorsqu’elle porte ses Ao Dai elle ressemble a un ange drapé de soie.
Madame Tchen ressent les pensées de son mari et lui envoie un doux sourire . Elle approche furtivement et doucement d’une tale de Digitalis .
Elles ont un magnifique teint bleu et serti de petites taches blanches. Inopinément et tout furtivement un colibri viént lui frôler l’epaule. Elle ressent le minuscule déplacement d’air des minuscules ailes qui battent à vive allure . Quel délice ! Elle ne bouge pas pour ne pas l’effrayer. L’oiseau d’un éclatant vert métallique et aux ailes bleues ,en surplace, introduit son bec dans une Digitalis pour y extraire le suc avec son long bec . Quel spectacle . Tout en admirant son nouvel ami cherchant une autre fleur a dérober madame Tchen n’entend pas les murmures qui viennent en direction de monsieur Tchen. Elle se retourne et y voit que sa petite fille qui viént d’arriver . Elle embrasse son grand-père et envoie la main à sa grand-mère. Cette dernière lui lance un grand sourire accueillant. Loan porte, elle aussi , un Ao Dai de couleur printemps. D’un vert éclatant de feuillage avec des motifs de roses sur le devant. Elle est radieuse. Madame Tchen va les rejoindre en passant par le petit pontet qui traverse une partie de l’étang. Arrivée à leur hauteur elle s’exclame sur la beauté de sa petite fille qui a tellement grandie. Elle est devenue une jeune femme a présent . Les deux femmes se serrent l’une et l’autre dans leurs bras et s’embrassent sur les joues. Madame Tchen invite Loan à venir s’asseoir sur la petite terrasse près du bain d’oiseau. Des mésanges s’y adonnent gaiement et de façon effrontée car voyant les humains ils ne bougent pas et continuent leurs ablutions au grand plaisir de Loan.

Madame Tchen suggère le thé qui est déjà infusé dans la théière aux motifs de fleurs des champs . Maître Tchen regarde son épouse et sa petit e fille et dit :
-Mes deux anges ,vous êtes tellement belles.
Les deux femmes rougissent du compliment et monsieur Tchen continue :
-Et alors Loan comment va ton cheminement spirituel ? J’ai rencontré un de tes professeurs le mois passé et il m’a dit que tu progresse à grands pas.
Loan se demande de qui il s’agit mais elle n’en fait pas de cas elle répond à son grand-père :
-Ca va bien papy, ça va très bien même. Mais j’ai eu quelques accrochages avec une autre élève de ma classe. Ce n’est pas quelque chose de trop sérieux mais le tout va se résorber d’ici quelques temps j’en suis sûre.
Sur ce elle garde le silence ,un certain malaise s’est installé. Maître Tchen connaît ces situations et il rajoute :
-As tu envie d’en parler Ca va te faire du bien tu sais . Et à nous tu peux tout dire .
Loan ,pensive ,réfléchissant à ce qu’elle va dire s’ouvre :
-Tu sais grand-père ce n’est pas toujours facile avec les autres et quelques fois ils nous blessent et peut-être sans le savoir . Et c’est ce qui est arrivé. Cette compagne m’a dit des choses pas trop gentille et a chaque jour cela continue . Je lui en ai parlé mais ellle ne semble pas écouter et tout cela me met en rogne et pourtant le Bouddha parle de réconciliation et de Paix mais j’ai beaucoup de difficultés. Je crois que quelques fois je la haïs et me voit loin d’elle. Voilà ce que je vis.

Maître Tchen féru d’histoire semblables regarde sa petite fille qui laisse échapper une larme. Il lui dit :
- Je vais te conter une fable si tu veux bien, écoute bien.

Loan et aussi madame Tchen sont toutes ouïes et pendues aux lèvres de monsieur Tchen.

´´ Il y avait une fois un colibri besognant pour recueillir le suc des fleurs. Son plumage et son ramage de couleurs si belles et brillantes en faisait un des plus beau de son espèce . Il n’en était pas orgueilleux pour autant et vivant tout simplement . Un jour tout en volant à hauteur d’un mètre, environ, il entend une voix qui lance des cris de secours. Il cherche et cherche et ne voit pas . Il se promène de bosquet en bosquet et le son semble se rapprocher. Tout au fond d’une des Digitalis baignant dans un liquide visqueux ,du suc de la plante ,une guêpe solitaire jaune et noire se débat pour essayer de sortir de son impasse. N’y parvenant pas elle a commencé à lancer ses SOS pour que quelqu’un l’entende . C’est le colibri qui l’a entendu. Mais il se méfie de ce genre de guêpe qui a un dard envenimé. Il se dit si j’approche trop elle va me lacérer avec son dard vaut mieux rester prudent. La guêpe de plus en plus empêtrée dans le suc gluant dit au colibri :
-Viens m’aider s’il te plaît je m’epuise et je vais mourir au fond de cette fleur. Je ne te ferai rien c’est promis. Je ne te ferai aucun mal.
L’oiseau mouche perplexe hésite car il connaît ce genre de prédateur. Il dit à la guêpe :
-Qu’est ce qui me dit que tu n’utilisera pas ton dard contre moi un coup que je t’aurai sorti de ta fâcheuse position ?
La guêpe lui promet :
-Je te le promet et en plus si tu me transporte dans ton bec tu n’as qu’a me broyer.
Le colibri hésitant entre son bec dans la fleur et saisi la guêpe par l’abdomene pour éviter le dard empoisonné. La guêpe ne cesse de le remercier. Mais le dard ressort de l’abdomen de la guêpe et elle se confond en excuses. Les instincts sont forts.
Le colibri pose la guêpe sur le rebord d’une minuscule fontaine . Elle est encore toute engluée de suc. Et avec son grand bec il fait couler de l’eau sur le dos de la guêpe qui bat des ailes et de contentement et aussi pour les faire sécher. Elle s’élève dans les airs et dit a l’oiseau mouche :
-Si jamais tu as besoin de moi laisse le moi savoir ; tu m’as sauvé la vie et ça je vais m’en souvenir. Adieu colibri.
L’oiseau mouche , encore abasourdi de ce qu’il viént de faire eut un grand éclat de rire et s’envole vers d’autres fleurs à butiner.
Quelques temps plus tard , par une belle journée d’été c’est au tour de la guêpe de fureter pour trouver sa pitance. Elle s’approche d’un buisson mais reste prudente car elle n’ignore pas que les Nephiles, araignées a la piqûre mortelle, installent leurs toiles dans ces environs. Tout en inspectant les lieux elle entend des cris et des battements accélérés d’ailes. Elle s’élève a la hauteur de la tête du buisson et y voit un oiseau qui de débat éperdument pour se défaire des fils excessivement collants de la toile d’un de ces monstres . Ce dernier avec ses grandes pattes velues et son corps orange ayant senti les vibrations se dirige vers le captif.
La guêpe ne faisant ni un ni deux va vers l’oiseau empêtré dans les cordages fatals. Tout de suite il reconnaît le colibri qui l’a sauvé d’une mort certaine quelques temps auparavant. Elle dit au colibri :
-C’est le temps de payer nos dettes colibri . Ne te débat pas trop vivement car tu vas te prendre encore plus et avec mes ailes laisse moi sécher cette colle .
Sitôt dit sitôt fait », le colibri réussit à se défaire étape par étape de l’emprise mortelle de la nephrine et enfin peut se libérer de l’etreinte assassine de la toile d’araignee. Au grand déplaisir de cette dernière. Mais n’ayant pas remarqué la guêpe, à son tour , se prit dans les fils visqueux de la toile et cette fois elle était bien prise . L’araignee comme sur des patins se glisse vers sa nouvelle proie s’epuisant a se débattre comme une forcenée. Trop tard la nephrine lui injecte son poison mais la guepe d’un geste désespéré lui plante son dard dans le flanc. La nephrine tombe de sa toile en laissant la guêpe emberlificoter dans des fils gluants. Ayant perdu son dard il ne lui retait qu’uns chose a faire et c’est mourir dignement. Elle sentit que quelque chose la soulevait et l’amenait. Elle sentit l’air sur ses antennes et entend le bruit d’une fontaine. C’est le colibri qui l’a transportée vers cet endroit calme et serein. Elle dit a l’oiseau mouche :
-J’ai essayé mon ami et c’est moi qui doit partir. Adieu mon ami et c’est vrai cette fois.
Le colibri lui dit :
-Laisse toi aller mon amie et merci de m’avoir sauvé.
Il lui ferma les yeux et la transporta dans un terrier non loin de l’arbuste meurtrier ou gisait la nephrine. Il donna sépulture aux deux insectes. Et s’envola.

Loan et madame Tchen restent pensives. Monsieur Tchen reprend :
-Alors Loan qu’en déduis tu ? Et si ton amie te demandait de l’aide ?
Toujours absorbée dans ses réflexions elle dit à Maître Tchen :
-Qui que ce soit qui soit dans les difficultés nous devons les aider. On ne sait jamais qui viendra à notre secours et qui pourrait nous aider. J’ai compris grand-père pour ce qui est de mon amie, je vais lui parler demain. Elle ne pourra sûrement pas me piquer et elle a un rire franc et enjoué. M. Tchen rajoute en grand sage :
-Il n’y a rien de plus beau que de donner sa vie pour ses amis .

Les oiseaux mouche en myriade viennent investir les plantes de madame Tchen.
La journée de fête s’annonce belle et joyeuse. Les invités arrivent.

Pierre Dulude
Les Ailes du Temps
7 mars 2015

 

 

Derniers commentaires

  • Abat commentaire sur Le dernier train.
    "Bonjour Monsieur, je viens de lire votre très beau texte intitulé Le dernier train. Je suis en train..."
  • LA FANETTE commentaire sur Ce matin...
    "bonjour Pierre Bien belle et émouvante histoire. Il est de fait parfois difficile d'expliquer la mo..."
  • kathy85 commentaire sur Ce matin...
    "Bonjour Magnifique et tellement émouvant que je n'ai pu me passer de le partager sur mon face book j..."
  • CILOU commentaire sur Des ténèbres vers la Lumière
    "Bonsoir, Cela fait un petit bout de temps que je n'étais pas venue te lire. Je le regrette car je re..."

Articles récents

L’enfant et le moine…

image

 

L’enfant et le moine…

L’allée bordée d’une myriade de fleurs multicolores laissent echapper des effluves suaves, des parfums. Les gaies bleus et les mésanges jouent furtivement à cache-cache. Leurs envols et leurs piqués sont dignes des as pilotes d’avion à réaction. Leurs chants égaient doucement l’atmosphere. Les roucoulis des uns et des autres enchantent le faîte des arbres. Il y règne un climat de serenitė,de douceur,de calme et de Paix. Un sympathique soleil matinal de printemps réchauffe les peaux sensibles et réconforte. Les doux rayons, comme une cascade d’eau chaude , deglutine tout en laissant une sensation de bien-être. Il fait bon vivre et respirer la beauté de cette Paix. Il y a encore quelques grillons retardataires qui ne sont pas endormis et continuent de frotter leurs ailes pour attirer une compagne encore indifférente et éloignée. La persévérance est avantageuse , se disent –ils . Tout au fond de cette allée, à terrain ouvert, trônent trois saules pleureurs qui se sont revêtus de leur plus beau atours printaniers. Leur manteau d’un vert tendre, sensible et délicat frissonne au gré de la légère brise de la saison.

Marchant d’un pas lent mais assuré Dom Cadieux s’avance vers la porte d’entree du Monastère ; il y attend un de ses amis d’enfance – avec qui il a toujours gardé contact- et sa petite fille Marie-Soleil ,qui elle , n’a que dix ans. Mais cet enfant est douée d’une intelligence ,souvent , déconcertante. Dom Cadieux aime beaucoup avoir des conversations avec cet enfant. Il voit en elle la personnification de son Maître Spirituel : le Christ. Tout ce qu’elle dit est d’une profondeur inouïe. Et tous les deux aiment se retrouver , quand les occasions se présentent, et depuis quelques années il y en a eu plusieurs au grand bonheur du Moine. La dernière fois qu’ils ont eu une discussion le sujet princal a été la vie monastique. Elle ne saisissait pas bien pourquoi un homme ou une femme choisissait ce genre de vie . Evidemment elle est influencée par ce qu’elle vit et voit autours d’elle.
Les gens, la télévision,les journaux ,l’école . Le monde du Monastère l’intrigue et elle a bien dit a Dom Cadieux qu’ellle voulait lui en reparler. Le religieux l’attend patiemment et avec une hãte de la voir et de voir son ami Serge.
Dans la rue une auto s’arrête face à la porte de métal du Monastère Et sans attendre d’aucun préambule ,Marie-Soleil ouvre la portière et se précipite dans les bras de Dom Cadieux. Il la serre dans ses bras et lui caresse les cheveux. L’enfant l’embrasse sur les joues. Serge descends de voiture et regarde son ami et sa petite fille s’echanger des sourires. Les deux homme se serrent la main et Dom Cadieux dit :
-Que la Paix soit avec vous deux , merci d’etre venus par cette belle journée de printemps.
Allons au Monastere nous allons nous asseoir sur la terrace et nous pourrons bavarder en toute tranquillité. Tenant Marie-Soleil par la main les deux homme et l’enfant se dirigent vers le portail d’entrée du jardin qui débouche sur l’aire de repos. Des chaises y sont disposées en cercle lors de la rencontre des moines entre eux. Ils s’installent les uns pres des autres. Dom demande à Serge s’ils avait fait bon voyage et le père répond :
-Oh tu sais ,Gérard, le traffic et les embouteillages…
Serge ne finit pas sa phrase que la petite rajoute :
-Et cette chaleur de l’asphalte ….c’est presque insupportable …
Les deux hommes rient de bon cœur .
Dom Cadieux continue :
-Toi Marie-Soleil ,ça va bien a l’école ,qu’as tu appris de nouveau depuis la dernière fois ? Je te pose toute une question hein ?
La fillette aucunement déconcertée prend un air d’assurance et affirme :
-Nous avons appris a faire la différence entre un bouddiste,un catholique,un islamique et d’autres religions; c’etait intéressant . Mais moi depuis que vous m’avez parlé de Jésus je reste fidèle à son enseignement.
Elle demande tout de go :
-Pourquoi portez vous ce vêtement noir? Vous avez toujours le même? Vous en avez pas d’autres ? Vous changez vous le dimanche ?
Le prêtre répond avec un ton patient :
-Tu vois Marie-Soleil , c’est notre habit monastique; notre habit de travail. Nous avons eu cet habit quand on a prononcé nos vœux , et pour moi ça fait très longtemps. Nous portons aussi une coule qui est plus large et pour les occasions spéciales telles les messes ou les fêtes. Ces habits ne nous appartiennent pas, elles appartiennent au Monastère et si jamais un jour je quitterais le Monastere je redonnerais ces habits au Monastere et ils me redonneraient mes vêtements avec lesquels je suis arrivé ici il y a plusieurs années.
La petite semble réfléchir et lance :
-Vous n’avez rien à vous ? Et votre stylo qui est dans votre poche et vos lunettes ?

-Non rien . Et si on doit posséder quelque chose nous devons le demander la permission au Père Abbé. Rien ne nous appartient nous apprenons à vivre le détachement du monde materiel ce qui n’est pas le cas dans le monde extérieur . Qu’en penses tu ?

La fillete d’un geste de tête approuve ces dernières affirmations. Elle rajoute :
-C’est quoi les vœux ?
Le moine réfléchit et de dit en lui même ´´ Je suis sur qu’elle va comprendré’´ Alors il se risque :
-Le premier vœux est la stabilité c’est à dire rester dans le même Monastere et la même congrégation. Le deuxième vœux c’est l’obeissance c’est a dire obéir aux supérieurs aux ordres reçus. Tu as un travail à faire ; tu le fais . Pas évident ca dans le civil. Les gens sont tellement rébarbatifs et égoïstes.
Et le troisième c’est la conversion des mœurs ou la conversion de vie . Ce vœux là comprends la pauvreté et la chasteté. Mais tout aussi ce qui nous est dit dans la Règle de Saint- Benoit. Tu connais la Règle, non ? Je t’en avais glissé un mot la dernière fois.
La petite fille ,surprise, lance :
-C’est une règle en pouce ou en centimètres ?

Les deux hommes éclatent de rire .

Dom Cadieux répond :
-Tu me fais bien rire . Non la Règle c’est un petit volume écrit par Saint-Benoit il y a très longtemps et que nous appliquons dans nos Monastères; les Monastères Bénédictins. Il y a plusieurs Communautés Religieuses qui l’ont adapté aussi. C’est notre guide écrit par St-Benoit. Je vais t’en donner une copie après le dîner, car vous allez dîner avec nous hein ? Nous irons manger du côté des invités et on y mange très bien .
La fillette dit avec assurance :
-Oui je sais que nous allons aller là,les femmes n’ont pas le droit d’aller sur le côté des moines. N’est-ce pas ? Et elle sourit.

Le moine rajoute :
-Est ce que ça répond à ta question sur les vœux?
La fillette hoche la tête et demande :
-Comment se fait –il que ce ne soit que presque tous des grands pères dans votre Communauté? Pourquoi il n’y a presque pas de jeunes? J’ai vu dans mes livres à l’école ou ils nous montrent d’autre sorte de Moines qu’il y en a beaucoup de jeunes et même des enfants . Et pourquoi, nous, nos églises sont vides et qu’ils en font des maisons pour les riches ?
Surpris par la question , Dom Cadieux réfléchit un petit instant et dit :
-Vois tu mon enfant ,ici au Québec les gens sont encore en révolte contre la religion et les Communautés Religieuses. Et ça dure depuis plusieurs années.
L’enfant coupe impoliement son interlocuteur – sous le regard désapprobateur de son père et lance :
-Mais qu’est ce qu’ils ont fait ? A l’école on nous dit toutes sorties de choses , pas toujours gentilles sur les Frères , les prêtres et les Églises. Est-ce que c’est vrai tout cela Dom Cadieux?

Le prêtre répond :
-Tu sais Marie-Soleil, les gens aiment colporter toutes sortes de choses et exagérer les autres choses. Oui il y a eu des abus mais il y a de ça plusieurs années. L’enseignement du Christ demeure et demeurera quand même. Les gens vont revenir aux enseignements spirituels. Ca ne sera peut-être pas la même chose mais nous allons y revenir.

Là les gens sont fou-fou; ils se lancent dans toute sorte de choses inimaginables et impensables qui les amènent nulle part. Ils sont comme des moutons sans berger et sans dirigeant. Ils ont délaissé la religion pour embrasser d’autre sorte de religions fausses qui les a fait tourner sur eux mêmes.
Ils ne voient plus les autres , d’ailleurs la société est comme ça : tout en fonction de l’individu, on ne pense plus aux autres. Il n’y a presque plus de charité et d’Amour.
La jeune fille semble satisfaite de la réponse du moine . Elle reprend :
-Mais il y en a des jeunes qui vont dans les autres Communautés. Pourquoi la vôtre se vide?
Dom Cadieux s’attendait à une réflexion semblable il dit :
Il y a plusieurs Communautés qui ont fermé leurs portes avec les années ,les gens vieillissent et il n’y a pas de relève. Mais un jour ça va revenir ,comme je te disais .
Voulez vous quelque chose à boire ? Il y a du thé glacé c’est rafraîchissant, je vais aller en chercher.
Marie-Soleil en profite pour aller explorer les alentours ,toujours sous le regard de son père. Dans un bosquet, à l’ombre du Monastere, elle découvre des chardronets enfouis , en quelque sorte , dans un nid. Elle ne veut pas les affrayer mais les petits oiseaux, flairant un danger s’envolent laissant derrière eux un nid avec quatre petits œufs non eclots. La fillette sais qu’il ne faut pas y toucher car les parents ne reviendraient pas au nid. Alors elle s’aproche pour voir la couvée elle n’a que soupir d’admiration. Son père lui demande ce qu’elle fait, elle lui dit alors :
-Je viens de découvrir un nid avec des œufs.
Son père lui dit de n’a pas les déranger que les parents vont revenir couver leur progéniture en gestion et s’ils sentent des odeurs étrangères ils vont délaisser le nid , les oisillons vont mourir. Elle dit a son père :
-Je sais, je sais .
Elle revient s’asseoir près de son paternel lorsque Dom Cadieux revient avec un plateau sur lequel une belle cruche pleine de bon thé glacé toute frimater de gouttelettes et trois verres. Il l’installe sur la table et sers ses invités. Il offre ,aussi, quelques biscuits au gingembre . Marie jette un coup d’oeil furtif vers le buisson et y voit revenir les oisillons vers leur nid, au grand plaisir de la petite fille . Son cœur se réjouit . Elle demande à Dom Cadieux :
-Quand vous faites vos prières à l’eglise ,après un çertain temps vous vous penchez par en avant , cherchez vous quelque chose par terre ?

Dom Cadieux rit gaiement et répond :
-Non ma petite nous ne cherchons pas quelque chose par terre ,tu me fais bien rire ,tu es une vraie joie pour moi merci Serge de me l’amener. Lorsqu’en fin de psaume nous faisons la Révérence, nous rendons hommage au Seigneur,nous sommes polis parce que çe sont les paroles du Seigneur que nous récitons. Alors nous nous inclinons. Par politesse et respect. Ça te va ?
Toujours souriant il demande à la fillette :
-Et toi que veux-tu faire plus tard ?
Sans réfléchir elle dit :
-Je veux devenir moinesse,tout comme vous Dom Cadieux.

Le moine et le père de Marie sourient à belles dents Dom répond :
-Pas moinesse , Marie , mais moniale c’est à dire Soeur Bénédictine. Et elles ont leur propre Monastère. Il y a un Monastere de Benedictines non loin de chez toi.
Si tu veux je peux communiquer avec la Mère Supérieure pour qu’elle te fasse visiter . Ton père devra attendre a l’extérieur car comme pour les hommes les femmes ne sont pas admises côté Monastere c’est la même chose pour les hommes dans un Monastere de femmes. C’est ainsi.
La cloche du Monastere sonne un genre de glas et Marie-Solieil demande à Dom Cadieux si c’est l’heure de la prière ,ce dernier répond :
-Oui c’est Tierce , un petit office du matin .
Marie reprend :
-Mais vous n’y allez pas , votre Père Abbé va vous chicaner et vous punir…
Dom Cadieux s’esclaffe et dit :
-Non le Père Abbé ne me puniera pas mon enfant nous sommes plus Moyen-Age. Je suis avec des invités et le Père Abbé en est au courant , d’ailleurs nous irons à la messe tout a l’heure . Tu aimes aller a la messe n’est ce pas et entendre les chants grégoriens?

Marie, toujours surveillant les oiseaux dans le bosquet répond :
-Oui lorsque les moines chantent je ferme les yeux et je m’imagine le vol d’un oiseau qui monte, descend, tournoie, donne des coups d’ailes et plane dans le ciel bleu. Je le sens dans son élément,son domaine. Je le suis avec les notes de musique et les tonalités c’est magnifique,doux et reposant.
Les deux hommes écoutent avec admiration la petite poétesse. Elle les regarde et sourit et dit :
-Bien qu’est çe que j’ai dit cette fois ?
Le Père Cadieux lui répond :
-C’est tellement beau çe que tu viens de dire ,comparer le chant grégorien au vol d’un oiseau c’est très poétique. Bravo ma petite .

Le temps avance et les conversations vont bon train. La cloche du Monastere annonce , cette fois, l’heure de la messe. Dom Cadieux invite ses invités à le suivre à La Chapelle.
Mais avant Marie-Soleil lui fait promettre de répondre à ses questions pendant le dîner.
Dom Cadieux lui promet avec un grand plaisir.. Tous les trois entrent dans le Monastère et suivent le cloître du public jusqu’à La Chapelle ou le Père Abbé s’est installé à l’orgue. Des ses doigts de virtuose les notes vont voler haut dans La Chapelle. Se retournant vers Marie-Soleil il lui fait un beau et invitant sourire, l’enfant est joyeuse et dit à Dom Cadieux :
-Il m’a reconnu ,il est gentil.
Les moines entrent en procession , deux par deux, suivis du Célébrant. Marie est attentive à tout ce qui y est dit…les yeux émerveillés de toutes ces belles couleurs et les oreilles enchantées de ces chants.

Suite …
PierreDulude
Les Ailes du Temps
St-Benoit du Lac
17 février 2015

 

 

 


Autonomie

 image

Autonomie…

Grand-maman, Mamie vient, voir vite. Viens voir ce que j’ai trouvé. Le petit Jason souriant à pleine dents blanches, l’œil pétillant et fier de sa trouvaille va chercher sa grand-mère par la main. Elle se laisse conduire par le gamin. Lui veut aller plus hâtivement, courir mais l’aïeule ne suit pas mais y parvient malgré son âge. L’enfant la mène directement où les vagues viennent finir de s’étaler. Une écume blanche s’avère subsister et recouvre le trésor de Jason. Il se penche et pousse du bout d’une branche qu’il a trouvé sur la grève, un petit crabe encore vivant. Jason soupire profondément tout en parlant au crustacé :
-Tu es encore en vie, toi, après un long périple je suppose. D’ou viens-tu ? Viens –tu des grandes profondeurs ou bien des hauts fonds ? On ne le saura jamais en plus je ne parle pas le langage de crabe. Sa grand-mère, en entendant cela rit aux éclats. Elle regarde son petit fils s’épivarder avec son crabe faiblard plus ou moins vivant. Il semble épuiser le petit crustacé.
Éloïse, la grand-mère, se penche près de son petit fils et lui demande :
-Que vas-tu en faire mon petit Jason ?
Le garçon la fixe dans les yeux et lui répond :
Je ne sais pas grand-maman, toi tu le sais ?
La grand-mère lui caresse les cheveux tout soyeux :
-Je crois que tu pourrais le remettre à l’eau pour qu’il continue sa vie de crabe. Qu’en penses-tu ?
Le garçon un peu déçu rechigne :
-Oui mais c’est moi qui l’ai trouvé ! Je vais le mettre dans un aquarium et je vais l’élever comme mon ami ce crabe à moi.
Jason met son petit étrille en sureté près d’une falaise et va à l’entrée de la plage, il lui semble avoir vu une bouteille vide de plastique lancée par un quelconque quelqu’un qui ne s’intéresse pas à l’environnement. Il prend son canif et coupe la bouteille en deux, il jette le reste aux ordures toujours sous l’œil attentif de sa grand-mère. Elle le trouve très autonome. Il va à la mer et remplit, ce qu’il reste du flacon, d’eau de mer.

Ce qui semble faire un bien énorme au petit crabe qui, lui, en arrache. Jason lève le bouteille hauteur de ses yeux pour examiner l’animal ainsi prisonnier. Éloïse lui demande alors :
-Tu ne crois pas que tu devrais le laisser aller ce petit crabe, Jason ? Tu sais il ne survirera peut-être pas. Il a été créé pour être en liberté au fond de la mer, et non dans un aquarium. Que dirais-tu, toi, si quelqu’un te tiendrais prisonnier ou enfermé dans une cage ? Je ne crois pas que tu aimerais cela .Comme je te connais tu voudras t’échapper et fuir au loin.
Jason réfléchit aux propos de sa grand-mère et lui réplique :
-Je crois que tu as raison, Mamie, et non je n’aimerais pas ça du tout être prisonnier ou sous le giron de quelqu’un en étant dépendant de cette personne. Je préfère ma liberté à toutes ces choses. Je ne me sentirais pas du tout bien dans ma peau et, oui, je voudrais fuir loin très loin de cette personne.
Éloïse n’en revenait pas de son étonnement et d’entendre son petit fils parler de la sorte.
Il avait murit avec le temps. Depuis la mort des ses parents il avait pris de l’age malgré ses douze ans. Lors de la lecture du testament des ses parents, il a refusé catégoriquement l’aide financière d’un de ses oncles en moyen. Il avait affirmé qu’il voulait vivre avec sa grand-mère et que tout l’argent laissé en fiducie lui servira plus tard.
Il se disait :
-J’ai le temps de vivre ce que j’ai à vivre et par après on verra.
Éloïse l’approuve complètement. Elle le prit sous son aile malgré son âge avancé. Jason n’en finissait plus de l’étonner.
L’enfant s’avance d’un pas rassuré vers les flots, il est pieds-nus .Il entre dans l’eau jusqu’aux genoux, se penche et dépose le minuscule crabe au fond de l’eau. Ce dernier ne demande que son reste et se redirige vers le large. Jason se sent noble dans son geste .Il reviens vers Mamie qui l’attends sur la rive. Ils vont, tous les deux s’assoir sur un petit banc de sable à quelques dizaines de mètres de l’océan. Le soleil se met de la partie amenant de doux rayons chauds et bienfaisants tout en coulant sur la peau. Jason s’adresse à sa grand-mère :
Mamie, crois-tu qu’il vivra le petit crabette même s’il a atterri ici sur la plage ?

Sa Mamie lui répond :
-On ne peut pas savoir mon petit Jason. On ne sait jamais ce qui peut nous arriver, tu sais, une journée tout va bien et le lendemain rien n’y fait on est malade et au lit. Et un autre jour tout va bien à nouveau. Je te félicite de l’avoir relâché tu sais c’est comme un oiseau dans une cage. J’ai beaucoup de difficultés avec les gens qui s’obstinent à les garder dans ce genre de prison. La beauté de l’oiseau se cache dans son vol. S’il ne vole plus il devient inutile. Et la liberté, aussi, peut se retrouver de cette façon, regardes.
Éloïse prend une poignée de sable et le tient serré dans sa main :
-Plus tu serres la main plus le sable ne peut s’échapper mais si tu ouvres la main le sable s’écoule comme il doit le faire, et c’est si doux entre les doigts. Tu sais les gens c’est aussi la même chose. Si tu essaies de les contrôlés ou de les manipuler un jour ou l’autre ils finiront par se révolter et partir. Aucun humain n’aime se faire conduire, dicter sa conduite ou se faire diriger contre son gré. Il y a des gens qui sont champions à faire cela, tu verras tu les reconnaîtras lorsque tu les verras ou rencontreras. Tiens-toi loin, très loin. Ne laisses personnes te diriger, l’homme est debout aujourd’hui ce n’est pas pour se remettre à genoux devant les autres.
Jason réfléchit profondément aux paroles de sa Mamie. Il se lève et se dirige vers la mer pour y tremper ses pieds. Tout en contemplant le flux et le reflux des vagues ses yeux se posent sur l’horizon lointain de cet océan bleu-vert. Des goélands chapardeurs viennent virevolter au dessus des flots. Leurs cris stridents enflamment le cœur de Jason. Il les regarde faire des vrilles pour ensuite frôler les flots à la recherche de nourriture. Jason pense à son petit crabe et ne désire pas du tout qu’il tombe dans le bec lacéré d’un de ces prédateurs dénués de remord.

Il se lève et va rejoindre sa Mamie qui baigne au soleil il lui dit :
-Tu sais Mamie, comme tu dis, si un jour je fais face à ce genre de personne je vais tout de suite le savoir .On ne peut pas les ignorer, je crois.

Sa Mamie s’adresse à lui tendrement :
-Oui tu vas les reconnaitre, ce sont des gens qui ne pensent qu’à eux. Ils font tout pour que tout reviennent à eux. Ils sont extrêmement égoïstes et manipulateurs. Ils sont subtils et ne laissent rien voir. Ils te comblent de petits cadeaux et d’intentions mais c’est toujours pour eux qu’ils font ça. Ils veulent te mélanger dans tes pensées, ton vécu et ta vie. Si un jour cela se produit dans ta vie, viens m’en parler si je suis toujours vivante, sinon parles en à quelqu’un. Ils ne veulent que subtiliser ton autonomie, te rendre dépendant d’eux. Ce sont comme des trous noirs de l’univers, ni plus ni moins .Ils vont te siphonner toute ton énergie à te rendre plus dépendant d’eux. Tu sais comme un parasite qui s’accroche sur le ventre d’un gros poisson.
Jason écoutait religieusement et demande à sa grand-mère :
-Mamie en as-tu déjà connu des gens comme ça ?
La grand-mère, posée, entre dans un profond silence et regarde son petit-fils qui attend sa réponse :
-Oui malheureusement mais je ne te dirai pas qui c’est personnel. Mais il faut se méfier de ce genre de prédateur mon enfant. Je ne veux pas te faire peur avec cela mais vaut mieux être prudent.
Les vagues se rapprochent de plus en plus c’est la marée montante. Jason et sa Mamie reculent vers les falaises pour ne pas être envahis par les flots. Du mur des falaises des hirondelles ont construit leur nid. Un va et vient constant les agite. On entend leurs rejetons piailler lorsqu’un des deux, du père ou de la mère reviennent avec la pitance. Quelques fleurs magnifiques pendouillent sur les rochers. Elles ont réussi à s’agripper à la vie et à survivre. Une corneille frondeuse s’approche un peu trop du couvoir d’un des couples d’hirondelles. Tout de go c’est l’alerte et aussi les vols en piqué vers l’intrus. Chacune leur tour les oiseaux plongent vers la voleuse noire qui fuit sans demander son reste. Elle ne peut pas lutter contre cette bande solidaire. Les hirondelles retournent à chacun son nid, le danger est passé.
Jason, curieux, redemande sa grand-mère pensive :
- Tu ne veux pas me le dire Mamie c’est qui celui que tu connais qui est comme ça ?
La Mamie réfléchit et murmure :
-Non mon petit Jason, d’ailleurs ça ne donnerait rien que tu le saches. Ces gens là ne veulent qu’on parle d’eux, alors nous allons cesser de parler de celle-là et nous parlerons autre chose. Qu’en penses-tu ?
Jason, un peu déçu acquiesce :
Tu as raison il y a tellement de belles choses ici en ce moment pourquoi ne pas en profiter. Tu sais je me baignerais volontiers mais je crains que l’eau soit trop froide pour ce temps ci de l’année.
Sa Mamie sourit et approuve la décision de son petit fils pas seulement pour la température de l’eau mais aussi par prudence. Il y a des courants assez puissants pour cette partie de plage .Des pancartes avertissent du danger .Jason se plante debout devant sa grand-mère et lui dit :
-Mamie je vais prendre une petite marche est-ce que tu viens avec moi ?
Éloïse lui répond :
-Non Jason, je vais rester ici au soleil mais ne t’éloigne pas trop. Il est presque midi et nous allons casser la croute dans moins d’une heure.

-Ne t’inquiète pas Mamie je serai de retour dans une demi-heure environ. Je veux aller explorer un peu plus loin vers ce mur de falaises là bas à gauche.
Sa Mamie regarde et vérifie qu’elle pourra le surveiller même s’il s’éloigne un peu. Elle se souvient que lorsque Jason était jeune, il partait comme ça à l’aventure sans en dire mot à personne. Ils l’ont cherché souvent et, souvent, aussi, ce sont les voisins qui le ramenaient. Une fois ce sont des policiers qui sont venus le reconduire à la maison au grand dam de ses parents.

Jason s’éloigne d’un pas alerte de sa Mamie. Il jette un regard furtif et sent les yeux de cette dernière se poser sur sa nuque. Il lui répond :
-Oui Mamie je vais être prudent.
Il sourit et continue son périple. Il marche allégrement dans les vagues qui viennent lui caresser les pieds..Il aime cette sensation. Il se penche et trouve une énorme écaille d’huitre toute blanche tachée de bleu. Il la rince dans l’eau de mer et contemple le nacre de l’ex maison d’un mollusque. Il la met dans sa poche et se dit :
-Souvenir !
Il déambule en trainant les pieds dans l’eau qui vient s’étaler sur la grève. Il se penche à nouveau et cette fois il ramasse un caillou blanc, tout blanc. Pas d’impuretés .Il le glisse dans sa poche et continue sa petite escapade. La plage est jonchée de cailloux, de coquillages et d’algues. Il remarque des fleurs d’algues de toutes les couleurs. Il en prendrait bien quelques unes mais il le sait qu’elles ne se garderont pas. Il arrive à un petit cumul d’eau de mer entre deux petites collines de sable parallèles à la mer. L’eau y semble accumulée depuis quelques temps. Il se risque et y met un pied ensuite l’autre. L’eau est chaude très chaude même. Le soleil a fait son œuvre .Quelle belle sensation se dit-il .
Il marche maintenant vers les falaises qui se dressent comme de vieux soldats au garde à vous. Il est impressionné par la hauteur et surtout la couleur d’un rouge vif terreux.
Tout le long de la falaise il y a de minuscules cavernes mais aussi d’immenses trous béants qui peuvent y loger un homme debout. Jason s’y risque mais ne va pas trop loin. Il se sent à l’abri .La caverne dégage une odeur forte de salin et d’eau de mer. Il respire à fond.Il ressort de la caverne et s’avance à nouveau vers la mer. Il se dit :
-C’est temps que je retourne, Mamie va s’inquiéter.
Il reprend donc le chemin par l’autre sens. En quelques pas il rejoint sa grand-mère qui sommeille au soleil sous un petit parasol. Jason s’approche tout doucement pour ne pas la faire sursauter. Il lui caresse la joue avec sa petite pierre blanche. Éloïse ouvre les yeux candidement et sourit à Jason .Ce dernier lui tend la petite roche.
Mamie est ravie. Elle prend la pierre et la roule dans ses mains gercées. Elle sent la douceur du caillou et dit :
-Merci mon petit Jason, ça me fait plaisir de l’accepter.
Jason lui montre aussi les trouvailles qu’il a fait sur la plage durant sa marche surtout l’énorme coquillage qu’il tend à sa grand-mère. Éloïse n’a qu’admiration pour ce trésor et elle en fait chaudement mention à son petit fils.
-Mamie j’ai faim. Est-ce qu’on va manger ?
La grand-mère se lève de sa chaise et plie son petit parasol et dit à Jason :
-Oui allons-y.
Le soleil darde maintenant. Les deux s’éloignent et leurs ombres les suit en s’agrandissant.
Pierre Dulude
Les Ailes du Temps
Iles de la Madeleine
23 décembre 2014.

 


Fable…

oiseau45(2)

Fable…

Les orchidées exhalent de leurs effluves toute la pièce. Leur parfum, mêlé à celui des  roses et l’encens produit une fragrance incomparable. L’odeur du thé au jasmin vient rajouter une touche magnanime à toute cette ionosphère. Maître Tchang attends depuis peu son disciple Li qui n’arrive jamais en retard. La musique de cithare chinoise coule tout comme une légère cascade dans un bois calme et serein. Il se verse une tasse de thé et le déguste prudemment car il est effervescent .Il savoure délicatement tout en humant les vapeurs du jasmin. Une tonalité de satisfaction le fait glousser de ravissement. Il aime ce thé. Il dépose sa tasse sur la petite table de bambou face à lui et consulte son livre de Yi-King. Il entend des pas dans l’escalier; c’est Li  qui grimpe les marches quatre à quatre de peur qu’il ne soit pas à l’heure. Maître Tchang le regarde pénétré dans la pièce tout en lui disant par un signe de la main de ralentir :

-Ne t’en fais pas mon garçon, tu n’es pas en retard c’est plutôt moi qui est en avance et prends un siège  face à moi s’il te plaît.

Li s’exécute tout en  restant silencieux, il attend pendant que son maître finisse sa lecture. Il regarde tout autours de lui et remarque les orchidées parées de leur robes toutes blanches, il se dit à lui-même :

-Quelles gracieuses fleurs et cette fragrance…

Toujours dans ses réflexions il regarde maître Tchang déposer son livre sur la table et  écoute ce qu’il a à dire. Le maître prend tout son temps comme à l’habitude. Il demande à Li :

-Et qu’as-tu fait ce matin depuis ton lever ?

 

Li lui réplique :

-Bien pour commencer, tout de suite après mon lever je me suis mis dans la position de Lotus et j’ai médité plus d’une demi-heure .Ensuite j’ai collationné de façon équilibré comme vous me l’avez enseigné. J’ai pris une douche et je suis venu directement ici.

Maître Tchang sourit pour donner son approbation. Il reprend :

-Et dans tes méditations qu’est ce qui en est ressortit ?

Li réfléchit et enchaîne :

-Le détachement de tout ce qui est matériel. Le non-attachement aux biens de la terre. S’accaparer des valeurs spirituelles, comme la bonté, le don de soi, la joie, la Paix, le bien et combien d’autres. Le donner sans espoir de retour et l’Aimer sans condition. Voilà grosso-modo ce qui en est ressortit maître.

Tchang le regarde avec admiration, son élève apprend bien et lui dit :

-Connais-tu la fable du hanneton et de la coccinelle ?

Li cherche dans sa mémoire et lui affirme :

-Non maître, je ne la connais pas celle-là, allez-vous me la raconter s’il vous plaît ?

Maître Tchang offre une tasse de thé à Li qui accepte avec plaisir, le thé du maître en est un d’un art japonais ancien et il est délicieux à outrance. Maître Tchang poursuit :

Il y a, il y a plusieurs centaines d’années, un hanneton gourmand, avare et très insécure vit au creux d’un arbre. Il a fait sa tanière à cet endroit la protégeant des prédateurs, des voleurs et escrocs de tout acabit qui pourraient  lui prendre ses provisions. Il défend bien son château fort. Sa caverne, bourrée de victuailles sent le renfermée et le moisi car il ne pouvait pas toujours garder au frais ses provisions qui pourrissent avec le temps .Il doit, souvent, se défaire de choses qu’il croit pouvoir conserver mais ces dernières deviennent si rassies avec le temps.

Dans son garde manger des fruits, légumes, insectes chapardeurs, noix et toutes sortes de victuailles aussi hétéroclites les unes que les autres font du hanneton un insecte riche.

Donc installé dans son antre qu’il surveille comme une sentinelle surveille sur son tour de garde, il ne laisse personne, pas âme qui vive, s’introduire chez lui.

Par une belle journée d’été une petite coccinelle de ton vert avec de petits pois rouges atterrit près de la mansarde du hanneton. Ce dernier, ayant senti les vibrations d’ailes, sort précipitamment de son trou pour effrayer l’intruse. Il tend ses mandibules défensivement.

La coccinelle effrayée fait quelques pas en arrière voyant ce monstre noir aux mâchoires d’acier s’approcher d’elle. Elle le supplie de ne pas lui faire de mal, qu’elle est là par erreur et qu’elle part sans demander son reste. Elle baisse ses antennes pour ne pas provoquer le hanneton menaçant. Celui-ci regarde avec mépris de toute sa grosseur la petite bête à Bon Dieu toute chétive et tremblante. Il fait encore quelques pas en direction de la coccinelle et s’arrête net car il voit bien qu’elle n’est pas une menace à sa grandeur et à son précieux avoir. Il lui dit :

-Que veux-tu coccinelle ? Es-tu venu dérober mes victuailles ? Es-tu venu manger mes provisions ou bien même me faire des problèmes ? Si c’est cela tu vas goûter de ms mâchoire .

La coccinelle, en entendant cette voix d’outre-tombe et creuse a peur :

-Non, non M. le hanneton je ne suis pas ici pour vous voler. J’ai atterri ici par erreur comme je viens vous le dire. Mais le hanneton n’écoutait pas.

Le gros insecte semble avoir un petit moment de pitié et essaie de rassurer la petite bête toute effrayée. Il reprend :

-Est-ce qu’il y a longtemps que tu n’as pas mangé ? Veux-tu des bons champignons ou quelques noix ? Je t’invite à entrer chez moi et tu pourras te servir comme tu le veux. Allez viens je ne te ferai pas de mal.

Le hanneton, de sa patte, entraîne la petite coccinelle hésitante à l’intérieur de sa cavité sombre. Il ne veut aucun mal  à la petite, pour une fois, pense-t-il, je vais faire le bien. Il pousse la coccinelle vers son garde-manger. Une odeur fétide s’en dégage et la coccinelle recule en se bouchant le nez. Elle demande au hanneton :

-Pourquoi gardez-vous toute cette nourriture qui est en état de putréfaction. Vous ne voyez pas que plus de la moitié n’est plus bonne qu’à jeter ?

Le hanneton, sur un ton grognard et insulté répond :

-Mais tout cela est bon je l’ai acquis dans mes tournées nocturnes, et diurnes.

Quelques fois je n’ai pas besoin d’aller quérir des provisions mais j’y vais pour faire des réserves pour ne rien manquer en cas de mauvais jours. Viens voir mes autres compartiments de nourriture, tu en seras étonnée.

Il entraîne la petite coccinelle dans des dédales de son terrier et tout en descendant l’odeur devient insoutenable. La coccinelle décide de revenir sur ses pas et d’aller prendre de l’air frais. Le hanneton la suit à quelques pas en arrière.

Une fois à l’extérieur la coccinelle qui respire à fond ne peut s’empêcher de dire au hanneton :

Mais qu’avez-vous donc à entasser autant de choses et de nourriture. Pourquoi est-ce  si important de thésauriser de la sorte ? Je ne comprends pas. Je vis simplement au jour le jour et une journée à la fois. Je n’accumule rien de tout cela. Je me promène de fleur en fleur en ayant tout le temps de quoi me nourrir et de bien vivre et en plus je suis libre d’aller ou je veux et quand je veux car je n’ai pas d’immondes paquets de nourriture à surveiller jour et nuit.

Le hanneton,  inconscient de son problème, son dada, dévisage la coccinelle de façon haineuse et lui dit :

-Dis-le donc que tu es jalouse de mon avoir de mes possessions ? Allez avoue ! Tu n’auras rien, tu m’entends tu n’auras absolument rien de tout cela.

La coccinelle, voyant le ton agressif du hanneton parle diplomatiquement :

-Non je ne suis pas jalouse de ton pécule, je n’en veux pas. À quoi me servirait tout ça je ne suis pas assez costaude pour le transporter ou bien même le défendre. Je crois, et je te dis cela avec toute amitié, que tu as un problème de surconsommation et que si tu continue tu vas te rendre malade.

Sur ces mots le hanneton se fait menaçant et s’avance rapidement vers la coccinelle, qui elle, s’envole vers le haut de l’arbre .Elle voit le hanneton tourner dans toutes les directions mu par sa colère. Ses ailes semblent si lourdes.

Maître Tchang regarde Li en lui disant :

Quelle est la morale de cette histoire mon cher Li ?

Li réfléchit et dit :

Que la liberté vaut tous les trésors de la terre. Que tout est relatif, tout finit par disparaître et finir en poussière. Comme dans ma méditation qui me disait de vivre le détachement de tout, tout abandonner. Il ne sert à rien d’accumuler les biens de cette terre. Et que l’humilité se cultive avec le temps.

Maître Tchang, satisfait de son élève lui sourit. Il est fier de son élève qui avance à grands pas dans la vie.

-Bravo cher petit Li, tu as très bien compris.

Sur ce, les deux adeptes du Bouddhisme s’inclinent devant un  buste de Bouddha souriant.

 

Pierre Dulude

Les Ailes du Temps

15 décembre 2014 


La fille et la mer…

Image de prévisualisation YouTube

 

La fille et la mer…

Articles plus anciens

Noel .

Tolérance.

Noel 2014

Après…

Pendant…

"Le regard des autres", 1er... |
Atelier permanent de lectur... |
Ilona, Mahée et Mila. |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | David Besschops
| professeur.de.français
| billierose